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La soif du cœur : de la soif du désert à la rencontre avec Dieu et de la rencontre à la mission vers les autres.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


Dans le désert, les Hébreux torturés par la soif et le doute interpellent Moise : « donne-nous de l’eau à boire ». L’eau jaillit du rocher désaltéra les corps épuisés, mais plus encore, elle apparut à Israël comme un signe de la présence de Dieu parmi les siens. Au cours de la longue traversée du désert, les Hébreux ont expérimenté combien est difficile la conquête de la liberté et comment, à la moindre difficulté, on est tenté de revenir à l’esclavage antérieur. Moise fut souvent pris à partie par un peuple découragé et faillit plus d’une fois être mis à mort par ceux-là même qu’il voulait libérer. A travers lui, c’est à Dieu que s’en prenaient les Hébreux, le mettant à défi d’accomplir sa promesse. Pourtant, le Seigneur n’a cessé de nourrir et d’abreuver ce peuple rebelle, manifestant que lui seul peut combler l’espérance de ceux qui ont faim et soif de justice, de liberté et d’amour.
Parfois, nos efforts se heurtent à l’apathie ou à l’ingratitude de ceux que nous voudrions aider ou aimer. Nous découvrons-nous alors proche de Dieu?

Le cri du désert : quand la soif devient doute


Le peuple d’Israël a soif. Et dans le désert, la soif n’est pas un petit inconfort ; c’est une question de vie ou de mort. Ce qui est frappant dans le livre de l’Exode, c’est la rapidité avec laquelle la fatigue physique se transforme en crise spirituelle. Ils demandent : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, ou n’y est-il pas ? » Dans nos trois lectures, la soif ne se limite pas à un besoin physiologique. Elle devient le cri de l’existence, l’expression de notre désir le plus profond. Pourquoi avons-nous soif ? Et surtout, vers qui nous tournons-nous pour étancher cette soif ?
C’est le doute qui nous guette tous quand l’épreuve dure. Quand nos « citernes » sont vides, quand nos efforts semblent stériles, nous sommes tentés de regarder en arrière, vers nos esclavages passés, plutôt que vers la promesse de Dieu. Mais Dieu répond à la révolte par un don. Il fait jaillir l’eau du rocher. Ce rocher, c’est le signe que Dieu ne nous abandonne jamais à notre sécheresse, même quand nous murmurons contre Lui.

La Samaritaine : la rencontre des deux soifs

L’Évangile de Jean nous transporte d’un désert de sable à un désert intérieur : celui d’une femme au puits de Jacob. C’est l’heure de la plus grande chaleur, l’heure où l’on est seul. Regardez l’humilité de Dieu : Jésus, fatigué du chemin, demande à boire. Celui qui est la Source de la Vie se fait mendiant. Pourquoi ? Parce que pour nous donner son eau, il doit d’abord rencontrer notre soif.
Le dialogue avec la Samaritaine est un chef-d’œuvre de délicatesse. Jésus ne commence pas par un sermon, mais par une requête. Il l’aide ensuite à descendre en elle-même. Cette femme a eu cinq maris. Ces « maris » représentent ses tentatives humaines, souvent désespérées, de combler un vide infini par des choses finies. C’est aussi l’image de nos propres idoles, de nos attachements qui nous laissent toujours la gorge sèche.
Notons que Jésus ne la condamne pas. Il ne l’humilie pas. Il met simplement en lumière la vérité de sa vie pour qu’elle puisse enfin accueillir une soif plus grande : celle de l’Esprit Saint. La Samaritaine, transformée par cette rencontre, laisse là son seau. Elle n’en a plus besoin. Elle court vers les autres pour témoigner. Elle devient missionnaire. La femme qui était venue à l’heure la plus chaude pour éviter le regard des autres devient celle qui va chercher tout le village pour le conduire à Jésus.

L’Espérance qui ne déçoit pas

Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, nous offre la clé pour interpréter ces moments de désert. Il nous parle de cette espérance qui « ne déçoit pas ». Pourquoi ne déçoit-elle pas ? Parce qu’elle n’est pas fondée sur nos propres forces, sur notre capacité à être parfaits ou sur notre réussite. Elle est fondée sur l’amour de Dieu qui a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint.
Paul nous rappelle une vérité bouleversante : « Alors que nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. » Notre confiance ne repose pas sur ce que nous faisons pour Dieu, mais sur ce que Dieu a fait, fait et fera pour nous. Dans nos déserts, nous ne sommes pas seuls, car l’amour de Dieu nous précède toujours.

    Quelle est votre soif aujourd’hui ?

    Frères et sœurs, ce troisième dimanche de Carême nous pose une question directe : Qu’est-ce que vous cherchez aujourd’hui ? Peut-être êtes-vous fatigués, comme les Hébreux. Peut-être doutez-vous de la présence de Dieu dans votre vie. Peut-être portez-vous le poids de vos recherches vaines, de vos « puits » qui ne vous ont pas comblés.
    Sachez que Jésus est assis là, au bord de votre puits, aujourd’hui. Il ne vous demande pas d’être parfaits pour venir à lui. Il vous demande simplement de lui laisser une place. Il vous propose cette eau vive : son amour, son pardon, sa paix. Ne fuyez pas votre soif. Ne la cachez pas. Présentez-la à Jésus. Car là où vous avez le plus soif, c’est là précisément que Dieu veut faire jaillir sa source.


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