Accueil » Parole de Dieu (en Kirundi) » Temps Ordinaire
Archives de Catégorie: Temps Ordinaire
Le temps de la patience divine et de la croissance invisible

Frères et sœurs en Christ,
C’est une joie de nous rassembler aujourd’hui, sous le regard aimant de Dieu. Les textes de ce dimanche nous plongent au cœur d’une réalité quotidienne : la coexistence du bien et du mal, la patience de Dieu et notre propre fragilité humaine.
À travers la parabole du bon grain et de l’ivraie, Jésus utilise des images agricoles qui résonnent fortement ici, dans notre région, terre de cultures et de collines verdoyantes. Face à la tentation des serviteurs d’arracher tout de suite la mauvaise herbe, le Maître répond avec sagesse : « Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson. »
La puissance de Dieu se révèle dans sa Miséricorde
Le premier enseignement de cette liturgie bouscule nos représentations humaines du pouvoir. Pour nous, la puissance se déploie souvent par la force ou le jugement immédiat. Le livre de la Sagesse nous montre que pour Dieu, c’est exactement le contraire : sa force est le fondement de sa justice, et c’est parce qu’Il domine toutes choses qu’Il épargne toutes choses.
Dieu n’est pas un juge pressé d’exterminer les pécheurs que nous sommes. Sa souveraineté absolue s’exprime par une indulgence patiente.
Sur son trône de la Croix, le Christ inaugure le Royaume basé sur l’humilité et la miséricorde

Frères et sœurs bien-aimés,
Nous voici au terme de l’année liturgique, rassemblés pour célébrer la solennité de notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers. Lorsque nous entendons le mot « Roi », notre esprit imagine spontanément la gloire, le pouvoir, le trône d’Or, et la force des armées, comme le roi David dans la première lecture, oint et reconnu par toutes les tribus d’Israël.
Pourtant, la Parole de Dieu de ce dimanche nous place devant le plus grand des paradoxes. Quel est le trône du Christ-Roi ? La Croix. Quelle est sa couronne ? Les épines. Quel est son sceptre ? Les bras étendus de l’Amour qui pardonne. L’Évangile nous montre le Christ au sommet du Calvaire, moqué et insulté par les chefs et les soldats : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » (Lc 23, 35).
C’est là, dans cette faiblesse assumée, que nous découvrons la vérité et la puissance de sa royauté.
Naaman et le Samaritain : leçons d’humilté, de foi et de gratitude de la part des païens.

Universalité du salut en Jésus-Christ.
L’Evangile de Saint Luc qui nous accompagne le long de cette année liturgique nous rappelle constamment le caractère universel et universaliste du salut en Jésus-Christ. Au moment où nos communautés nationales, régionales, nos familles, et différents groupements risquent de nous enfermer sur nous-mêmes, Luc nous ouvre l’esprit, lui qui aurait vécu dans une société multi-ethnique et multiculturelle. Il nous montre un Jésus qui ne fanatise pas avec le racisme, les divisions de toutes considérations. En effet, Jésus se rend à Jérusalem en traversant la Samarie, province méprisée et excommuniée par les habitants de Jérusalem (Voir Jean 4,9).
En effet, après l’an 722 av.J.C, la Samarie avait été repeuplée d’un ramassis d’esclaves : des populations de toutes origines, un mélanges de races, cultures, croyances religieuses et peut-être des incroyants. Des hérétiques ! Ne vous rappelez-vous pas que même les apôtres de Jésus voulaient faire descendre du feu sur les Samaritains ? N’étaient-ils même choqués de trouver Jésus






