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« Lazare, sors ! » : Victoire de la Vie sur nos tombeaux.

AU FIL DU TEMPS (Articles publiés)


Frères et sœurs bien-aimés dans le Christ, nous voici rassemblés dans cette magnifique cathédrale de Ngozi, portés par le souffle du Carême qui nous conduit vers la Pâque. Les lectures de ce jour nous placent au cœur du drame humain : la confrontation entre la mort qui fige et la Vie qui libère.
Dans l’Évangile, nous entendons ce cri déchirant de Marthe et Marie : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » C’est le cri de celui qui souffre sur son lit d’hôpital, de la mère qui pleure son enfant, du paysan dont la récolte a séché. C’est une plainte qui semble dire que Dieu arrive trop tard. Mais aujourd’hui, la Parole de Dieu vient nous dire que pour le Seigneur, il n’est jamais trop tard.

La promesse d’Ézéchiel : Dieu ouvre nos tombeaux

Le prophète Ézéchiel (Ez 37, 12-14) s’adresse à un peuple en exil, un peuple qui a tout perdu et qui se compare à des ossements desséchés dans une vallée. Ils disent : « Notre espérance est détruite. » Pourtant, la réponse de Dieu

est d’une puissance inouïe : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir. » Remarquons bien, frères et sœurs, que Dieu ne promet pas simplement de « réparer » nos vies, il promet de nous faire sortir de ce qui nous enferme. Le tombeau, ce n’est pas seulement le trou dans la terre ; c’est aussi le tombeau du découragement, de la rancœur qui nous ronge le cœur, ou de la pauvreté qui nous enlève notre dignité. Dieu promet de mettre son Esprit en nous pour que nous vivions enfin. Parfois, à Ngozi, dans nos familles ou nos projets, nous ressentons ce dessèchements. Dieu ne demande pas aux os de se relever seuls. Il dit : « Je vais ouvrir vos tombeaux ». La résurrection n’est pas un effort humain, c’est une initiative divine. Dieu s’intéresse à ce qui est « mort » en nous.

L’Esprit du Christ : une force de résurrection

Saint Paul, dans sa lettre aux Romains (Rm 8, 8-11), nous donne la clé de cette transformation. Il ne nous parle pas d’une récompense lointaine après la mort, il nous parle d’une réalité présente : « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous… il donnera aussi la vie à vos corps mortels. »
Cela signifie que si vous êtes baptisés, vous portez en vous une « batterie » divine, une énergie de résurrection. À Ngozi, comme partout ailleurs, nous sommes parfois tentés par la « chair », c’est-à-dire par l’égoïsme, la division ou la corruption. Mais Paul nous assure que l’Esprit nous rend capables de vivre autrement. Être chrétien, ce n’est pas attendre de mourir pour aller au ciel, c’est laisser le ciel descendre dans nos corps mortels pour transformer notre manière d’aimer et de servir dès aujourd’hui.

Le miracle de Lazare : l’appel à la liberté totale

L’Évangile de Jean (Jn 11, 1-45) nous montre la mise en pratique de cette promesse. Regardez Jésus : il pleure. Il n’est pas un Dieu distant ; il est ému par notre douleur. Il partage notre douleur. C’est un Dieu proche, qui connaît le poids de nos larmes à Ngozi. Mais ses larmes ne sont pas celles du désespoir, elles précèdent le miracle. Jésus pleure. Devant le tombeau de Lazare, Jésus pose trois actes qui doivent inspirer notre vie de foi :
« Enlevez la pierre » : Jésus demande notre collaboration. La pierre, c’est notre manque de foi, nos jugements sur les autres, nos « à quoi bon ? ». Enlevez ces obstacles pour que sa voix puisse entrer.
« Lazare, sors ! » : C’est un ordre de création. La voix de Jésus traverse les ténèbres. Aujourd’hui, il vous appelle par votre nom. Il dit : « Toi, sors de ta peur ! Toi, sors de ton addiction ! Toi, sors de ton isolement ! De ton tombeau de la haine, de l’alcool, du désespoir ou de la corruption!
« Déliez-le, et laissez-le aller » : C’est la mission de la communauté chrétienne. Lazare est vivant, mais il est encore entravé par les bandelettes du passé. Nous avons besoin les uns des autres pour être totalement libres. Notre rôle, à nous paroissiens de cette cathédrale, est de s’entraider à retirer nos liens de péché pour marcher debout. Nous devons nous aider mutuellement à retirer nos bandelettes, à retrouver notre dignité.

Devenir des témoins de la vie

Frères et sœurs, cette célébration n’est pas un simple rappel historique. C’est une actualité. En sortant de cette cathédrale tout à l’heure, ne rentrez pas dans vos anciens tombeaux.
Portons en nous cette certitude : le Christ est la Résurrection et la Vie. Si nous croyons en Lui, même si nous traversons des moments de « mort » apparente, nous vivrons. Que l’Esprit Saint nous donne la force de témoigner, par nos actes de charité et notre joie, que le tombeau est vide et que la vie a triomphé.

Seigneur Dieu, tu ne nous as pas faits pour la mort mais pour la vie éternelle. Accueille favorablement les prières de ton peuple. Que ton Esprit Saint nous transforme et nous fortifie, afin que nous marchions avec assurance vers la joie de la Pâque. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


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