Évangéliser les aréopages contemporains

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Archives d’Auteur: Patiri Lambert

«Ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence»

IMG_20171231_144240Aujourd’hui, contemplons, comme continuation du Mystère de l’Incarnation, l’insertion du Fils de Dieu dans la communauté humaine par excellence, la famille et l’éducation progressive de Jésus par Joseph et Marie. Comme dit l’Évangile, « Jésus progressait en sagesse, en statut et en grâce devant Dieu et devant les hommes» (Lc 2,52). Le livre de Siracide, nous rappelle que « Car le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il fortifie le droit de la mère sur ses fils » (Si 3,2). Jésus a douze ans et manifeste la bonne éducation reçue dans la maison de Nazareth. La sagesse qui montre, sans aucun doute, l’action de l’Esprit Saint, mais aussi l’indéniable bon savoir éducateur de Joseph et Marie. L’angoisse de Marie et Joseph met en évidence leur empressement à éduquer Jésus et leur présence affectueuse.

Il n’est pas nécessaire de faire de grands raisonnements pour voir qu’aujourd’hui, plus que jamais, il est nécessaire que la famille assume avec force la mission éducatrice que Dieu lui a confiée. Les pères et mères chrétiens doivent éduquer depuis le Christ, source de sagesse et de connaissance. On peut difficilement trouver un remède aux défaillances de l’éducation au foyer. Tout ce qui ne s’apprend pas dans la maison ne s’apprend pas dehors, si ce n’est avec grande difficulté. Jésus vivait dans la maison de Nazareth en apprenant naturellement à être vertueux comme l’étaient constamment Joseph et Marie : esprit de service envers Dieu et envers les hommes, la pitié, l’amour du travail bien fait, la sollicitude des uns pour les autres, la délicatesse, le respect, l’horreur du péché… Les enfants, pour grandir comme des chrétiens, ont besoin de témoignages, et si ceux-ci viennent des parents.

Il est nécessaire que nous allions tous chercher aujourd’hui la sagesse du Christ (suite…)

Noël : joie pour les saints, joie du pardon pour les pécheurs et joie de la vie pour les païens.

Noël: un Dieu qui me rencontre dans ma vie concrète.

Quand on pense à notre temps, quand on écoute ce qu’on en dit, on souligne le fait qu’il est devenu trop dur, que les temps anciens étaient plus beaux, plus paisibles, calmes… Peut-être qu’on ne prend pas le temps pour bien y penser. Saint Luc, au moins, y a pensé et nous a fait un récit, ( dans un cadre, vraiment pas beau!!!) de Noël : un pays sous occupation romaine, une famille d’immigrés qui doivent se rendre dans leur contrée pour se faire recenser, un recensement qui vise à bien compter les personnes et leurs avoirs pour maximiser les taxes,…

Qui plus est, un Dieu déconcertant qui rompt tous les protocoles en naissant fragile, mendiant notre attention comme le fait tout nouveau-né qui ne peut rien de lui-même, un Dieu en dehors des schèmes mentaux de la puissance comme celle d’un empereur qui se fait proclamer divin ( « Augustus » = Sebastos en grec= digne d’adoration) et qui, pourtant, a peur qu’on lui usurpe le pouvoir tel que sont ceux qui ont le pouvoir cherchent à tout prix à s’y maintenir,… De tout ceci et bien d’autres choses encore, comment ne pas dire que la Parole de Dieu est toujours actuelle, qu’elle a quelque chose à nous dire, quiconque que nous soyons, de conditions aisées tels les hôtes de l’auberge qui prennent toutes les chambres ou bien comme la famille de Joseph et Marie qui n’a pas eu droit aux soins les plus élémentaires?

Et pourtant, le ciel et la terre se sont donnés rendez-vous chez eux et chez nous, dans une telle situation. Les cieux se déchirent et la gloire du Seigneur illumine la nuit d’une Palestine ainsi meurtrie pas une situation socio-politique non différente de la nôtre. Dieu a fait irruption dans notre histoire, la gloire de Dieu habite notre terre.

Oui, tout ceci est pour moi, tout ceci est pour toi. Reprenons les mots merveilleux de Saint Léon le Grand et faisons-les nôtres :  » exulte le saint puisque la récompense est proche, jubile le pécheur parce que le pardon lui est offert, et que le païen reprennent courage parce qu’il est appelé à la vie ». Cette théophanie est pour toi, qui te reconnais en ces personnes. Y a-t-il encore doute?

A qui s’adresse cette vraiment théophanie ? Aux autres? A quelque roi ou grand prêtre ?

L’empereur Octave Auguste est bien trop occupé par son recensement de la planète. D’ailleurs pourquoi s’intéresserait-il au ciel puisqu’il s’est auto-proclamé «divin empereur ».
Peut-être les messagers de Dieu viennent-ils délivrer quelque message aux Grands Prêtres ? Mais ces messieurs n’aiment pas beaucoup être bousculés dans leurs habitudes. A vrai dire, depuis qu’un des leurs (Zacharie) a cru avoir bénéficié d’une vision durant son service dans le sanctuaire, ils sont plutôt méfiants. De l’avis des chefs religieux, le ciel prend un peu trop de libertés ces temps-ci : les interventions divines échauffent les esprits, et réveillent les exaltés. Rien de tel pour agacer les Romains qui sont déjà assez énervés comme ça avec le recensement.

Mais alors pour qui les Anges se sont-ils déplacés ?

On ose à peine le dire : pour porter un message à « des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux ». Quand on pense à la réputation de ces hommes frustres et peu versés dans les Écritures, on croit rêver. Dieu s’adresserait-i en premier à ces gens qui ne respectent même pas le sabbat (puisqu’ils sont toujours derrière leur troupeau), ces gens qui sont méprisés de tous, ces marginaux qui ne savent pas ce qui se passe dans la société, ces gens aux mœurs peu louables, ces pécheurs?

Si encore les Envoyés du Très Haut venaient les reprendre sur leur manque de piété ou de fidélité à la Loi ; mais il n’en est rien : les bergers sont choisis pour accueillir de la part de Dieu une « bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur ».

Nous ne mesurons sans doute pas ce que cette situation a de choquant : non seulement le ciel ne respecte ni la hiérarchie ni le protocole, mais il s’adresse à des gens de croyance et de mœurs douteuses pour annoncer l’avènement du Messie ! Comment les responsables religieux pourraient-ils donner quelque crédit à de telles sornettes ? Et dire qu’ils n’en sont qu’au début de leurs surprises ! Car l’aventure qui commence cette nuit est la plus déconcertante de toute l’histoire de l’humanité.

Ainsi donc le Messie de Dieu serait annoncé à des bergers quelque part au fin fond de la Palestine. Et où est-il donc ce Messie ? Va-t-il descendre des cieux porté sur les nuées et entouré d’une multitude d’Etres célestes ? Pas du tout ! « Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » ! Le « Messie », le « Seigneur », le « Sauveur », « couché dans une mangeoire », « car il n’y avait pas de place dans la salle commune pour sa mère qui devait enfanter ».

Dieu a clairement choisi son camp. Entre les grands de ce monde qui déploient insolemment leur luxe et exercent orgueilleusement leur pouvoir, et les petits qui sont privés de l’hospitalité élémentaire et sont obligés de chercher un abri au milieu des animaux, il n’hésite pas. Dans sa liberté souveraine, le Sauveur du monde a voulu naître d’une jeune fille de modeste condition, donnée en mariage à un artisan d’un village inconnu de Galilée appelée Nazareth. C’est dans ce foyer apparemment quelconque, que « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ».

Nous sommes avertis : si le Seigneur est venu pour « nous apprendre à rejeter le péché et les passions d’ici-bas », il faut s’attendre à ce qu’il bouscule nos habitudes et nos façons trop humaines de penser.

A vrai dire, c’est à une nouvelle naissance qu’il nous invite, afin de « vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux ». L’aventure qui commença cette nuit-là risque donc de nous entraîner très loin, si du moins nous persévérons à la suite de cet « enfant qui nous est né, de ce fils qui nous est donné ». Car « pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien », le « Prince de la paix » n’hésitera pas à « se livrer pour nous, afin de nous purifier et de nous racheter de toutes nos fautes ». « Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers » pour ceux qui accueillent la Révélation déconcertante de sa gloire dans un petit enfant.

Cette nuit-là, le Seigneur est venu et a planté sa tente au milieu de son peuple, prêt (puisque la tente suggère la mobilité, le toujours provisoire) à se mouvoir avec nous sur nos routes quotidiennes ; « sur ceux qui habitent le pays de l’ombre, sur l’humanité qui marche dans les ténèbres, une lumière resplendit ». Saurons-nous la discerner et l’accueillir ? Notre temps est donc le temps favorable, et il n’est jamais tard pour l’accueillir afin qu’il illumine nos ténèbres, nos zones les plus obscures de notre vie. Je prends du temps pour penser à les bassesses. Suis-je prêt(e) à les lui montrer? Et à accepter qu’il fasse quelque chose, qu’il bouscule mes sécurités, mes habitudes, mes protocoles?

Avec les bergers mettons-nous en route : l’Enfant-Dieu nous attend au fond de l’étable de nos vies. Puissions-nous nous y unir à l’adoration de Marie et Joseph, et chanter avec les Anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Célébrons dans la joie l’avènement de notre salut et de notre rédemption. Célébrons le jour de fête où, venant du grand jour de l’éternité, un grand jour éternel s’introduit dans notre jour temporel et si bref.

L’Avent : un temps favorable pour discerner afin d’accueillir Dieu dans notre histoire concrète.

Se préparer à la rencontrer le Seigneur au cœur de notre vie quotidienne.

Abbé Lambert RIYAZIMANAComme pour le 1er dimanche, non plus les lectures de ce deuxième dimanche de l’Avent ne focalisent notre attention sur la naissance de Jésus à laquelle nous devons nous préparer. On peut comprendre le pourquoi de cela quand on lit les collectes du missel romain : ‘‘Fais que notre engagement dans le monde ne soit pas pour nous obstacle dans le cheminement vers ton Fils’’ ou bien, dans la collecte alternative : ‘‘redresse tes sentiers dans nos cœurs et aplanis les montagnes de l’orgueil’’ (traduction libre du missel en Italien). Préparer Noël, c’est aussi ne pas fuir notre engagement dans la vie quotidienne, évidemment sans que cela puisse nous détourner de la vraie destination : la Communion avec le Christ, notre Sauveur. Ainsi, nous pourrons chanter à haute voix : « Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et pieds sur la terre, pour ceux qui s’efforcent d’accomplir sa volonté ».

Jésus, vrai homme, dans notre histoire événementielle réelle.

L’épisode de l’Evangile que nous lisons en ce deuxième dimanche nous porte chronologiquement au-delà de la naissance de Jésus. Nous nous trouvons au seuil du ministère public de Jésus, déjà adulte. Jean Baptiste parle de celui qui est prêt à se manifester aux foules et les exhorte à s’y préparer. Luc nous fournit beaucoup de références chronologiques, politiques, géographiques que nous pouvons retracer historiquement. Il nous parle des personnages de notoriété publique, mais aussi (suite…)