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Archives d’Auteur: Patiri Lambert

Prudence et Gestion : Le Message de Jésus

« Ecoutez ceci, vous qui écrasez les pauvres » !

intendantL’apostrophe d’Amos, le berger envoyé par Dieu pour dénonce la rapacité frauduleuse des possédants, n’a rien perdu de son actualité. Entre les riches et les pauvres, entre les pays riches et les « pays industriellement et technologiquement en arrière », le fossé ne cesse de s’élargir. De nouvelles formes de pauvretés apparaissent au jour le jour. Les paroles de Jésus, dans le récit évangélique de ce jour, font continuité avec l’avertissement d’Amos. Il nous faut redimensionner notre rapport aux biens, à l’argent qui est une puissance qui asservit le monde. Si pour m’enrichir, j’exploite les plus faibles ; s’i l’appât du gain nourrit en moi la morgue et le cynisme ; si je deviens esclave de ce que je possède : alors la richesse est devenue une idole vorace et je cours le risque d’y perdre mon âme. Il faut prier le Seigneur pour qu’Il nous aide à accueillir sans rougir le clin d’œil qu’il nous fait. Nous pourrons nous sauver, sauver ceux qui nous sont confiés, nous nous aiderons réciproquement à atteindre le salut.

La prière universelle ne remplace donc pas l’action. Elle suscite et nourrit notre engagement.

L’habitude de la prière universelle dans nos assemblées eucharistiques (suite…)

Comprendre la miséricorde au quotidien à travers l’exemple du Bon Samaritain

On peut a avoir appris beaucoup de la foi (la doctrine: ensemble de vérités à croire, professer, enseigner…) et ne pas croire, puisque le savoir peut être seulement intellectuel, académique. Ce qui est exprimé dans ce récit, c’est la charité, la miséricorde : être proche de celui qui en a besoin, même les ennemis (relations entre Juifs et Samaritains), avoir compassion de l’autre.

Aux temps de Jésus, l’interprétation de la Parole s’orientait surtout vers la doctrine (Je crois en un certain nombre de vérités de foi, de vérités dogmatiques). Jésus veut nous porter sur l’autre aspect de la foi (comme vertu, habitus à faire le bien). Il veut susciter en ses auditeurs le désir et la propension naturelle à faire le bien. Pour cela, il utilise l’allégorie: une espèce de métaphore narrative (en action) qui ne se limite pas à faire des comparaisons et à absoudre ou condamner. Jésus n’entre pas, en effet, dans les subtilités du judaïsme pour condamner ou absoudre le lévite ou le prêtre qui se rendaient au culte et qui ne devaient pas toucher du sang au risque ne plus participer au culte. La Parabole est assez neutre que Jésus laisse le jugement à son auditoire qui doit tirer des conclusions.

La parabole du Bon Samaritain à une visée didactique (au-delà de l’art de raconter en utilisant des éléments connus de l’interlocuteur = réalisme). Comment enseigne le récit ? C’est un exemple d’action qui a le pouvoir d’attraction de par sa beauté. Le récit crée une certaine MIMESIS, une imitation : « va et fais la même chose » si cela t’a plu. Par le pouvoir de la beauté admirée, on fait sien ce qui plaît. La question ici n’est pas : que dois-je faire? Puisque le scribe y a répondu. Mais la question fondamentale est: Qui est Dieu dont parle le scribe dans sa réponse? Il ne se pose pas cette question qu’il donne pour évidente et passe directement à la deuxième : Qui est mon prochain ? Qui dois-je aimer?

Le contexte global de la parabole: notre temps où l’humanité est défigurée par le péché; elle n’est pas morte, mais frappée.
Pour cela, elle a besoin :

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Comprendre les événements de notre Foi à travers l’expérience d’échec de Moïse

Appelé à purifier son son de justice
En lisant l’histoire de Moïse, nous le voyons qui doit fuir son pays d’adoption: l’Egypte. Voyant un fils d’Israël, c’est-à-dire un frère de sang, battu par un Egyptien, il a tué celui-ci. Le lendemain, il interpellait un Hébreu qui maltraitait son frère, et ce dernier menaça Moïse de dévoiler son forfait. C’est alors que Moïse dut fuir pour sauver sa vie. Arrivé en terre de Moab, le voici qui prend la défense des filles de Yéthro, manifestant à nouveau son ardeur pour la justice. Pourtant, sa vie est en échec : le fils adoptif de pharaon, élevé à sa cour, appelé aux plus hautes destinées, se trouve à paître le troupeau d’un prêtre idolâtre de Madian dans le désert du Sinaï.

On imagine sans peine, que Moïse devait brûler intérieurement de colère (les colères de Moïse sont redoutables : souvenons-nous de la manière dont il a détruit les premières tables de la Loi !) devant l’échec de sa vie qu’il orientait pourtant vers la défense de la justice. C’est précisément à ce moment, qu’il fait l’expérience déconcertante du Buisson Ardent, un buisson d’épines qui est lui aussi est en feu, mais qui ne se consume pas, parce qu’il ne brûle pas du feu de la violence, d’une justice toute humaine, mais du feu de l’amour divin. Du cœur de la flamme, Dieu s’adresse à lui pour lui révéler son Nom : « Je suis celui qui était avec tes pères, Abraham, Isaac et Jacob ; je suis avec toi, et je serai toujours au milieu de mon peuple, ce peuple que je veux délivrer de l’oppression qu’il subit en Egypte ».
Ce n’est pas en rendant la violence pour la violence, comme il l’avait fait jusqu’alors, que Moïse sera un défenseur de la justice. Dieu seul peut rendre juste, et il ne le fait pas en ayant recours à la violence : il rend juste en habitant au milieu de son peuple à la nuque raide, ce peuple qui ressemble lui aussi à un buisson d’épine dont il vaut mieux ne pas s’approcher si on veut éviter de se piquer ; mais un peuple aimé de Dieu, et qui doit découvrir que le Dieu de tendresse et de pitié

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