Évangéliser les aréopages contemporains

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Archives d’Auteur: Patiri Lambert

Le Christ ressuscité est la manifestation de la plénitude de la miséricorde de Dieu.

A LambertLe désir de Dieu de voir l’homme libre traverse toutes les difficultés de l’histoire de l’humanité et triomphe en cette nuit de la veillée pascale. En Jésus-Christ, l’homme retrouve l’image de Dieu qu’il avait perdue en cédant aux séductions du « serpent », l’image perdue à cause de l’infidélité du peuple d’Israël et de nous-mêmes quant à nos engagements baptismaux et autres, ou bien quand il cède aux faux ordres des puissants (ceux qui peuvent nous promettre ceci ou cela pourvu que nous collaborions à leurs sales besognes). A travers le tombeau vide, nous voyons la misère de l’homme qui arrive et touche le cœur de Dieu : la misère cède place à la miséricorde (misère au cœur– cordis) de Dieu.

Cette miséricorde se manifeste depuis le commencement. Dieu ne se désintéresse pas de ce qu’il a créé. Il regarde ce qu’il a fait et le trouve beau (cfr la première lecture : Gn 1,1.26-31). Le patriarche Abraham fut le premier à faire expérience de cette miséricorde, comme nous le lisons dans la 2ème lecture de cette veillée pascale (Gn22, 1-18). Il s’est rendu compte que ce Dieu n’est pas inhumain et cruel. Il a vu un Dieu qui veut libérer l’homme de n’importe quel type d’oppression, même celle qui dériverait d’une religion qui prétend aux sacrifices trop lourds à supporter. Ainsi, Dieu libéra Isaac de la main de son Père qui voulut le donner en sacrifice en l’immolant. Il n’avait pas encore compris que (suite…)

« Victoire, tu règneras, ô Croix, tu nous sauveras ».

VendrediSaintPar la figure du Serviteur souffrant, on revit l’image du sein stérile de Sara : une image d’une tristesse qu’on ne peut combler, une expérience de l’inutilité des promesses non réalisées. Comme il est arrivé à Abraham et Sara sa femme, c’est de cette infertilité que Dieu fera naitre une multitude des sauvés. Le salut peut donc germer même là où l’on ne s’y attendait pas. Nous ne devons donc perdre tout espoir en face de nos échecs répétitifs, puisque même le désert peut fleurir, le sein de la stérile pouvant enfanter. « S’il se remet en sacrifice, de réparation, mon serviteur verra une descendance, il prolongera ses jours », nous dit Isaïe.

La lettre aux Hébreux nous fournit une image souvent oubliée ou à laquelle l’on ne fait pas attention : celle d’un Jésus qui tient beaucoup à sa vie et qui ne veut pas la perdre. Nous nous rappelons aussi qu’au mont des Oliviers, il prie pour que son Père éloigne le Calice de la Passion, si cela est possible. C’est alors que l’on comprend la valeur de son geste : un geste d’obéissance au Père dont il fait la volonté. Ceci signifie alors que le fait d’être des chrétiens ne signifie pas que nous devenons des héros. Bien au contraire. Nous sommes ceux qui s’efforcent et cherchent à mettre leur confiance en Dieu, jusqu’à la fin, dans nos moments tragiques. Et ces moments tragiques abondent dans notre vie : des échecs à la sainteté à laquelle nous sommes appelés, aux échecs de nos projets temporels et humains, des échecs de la vie relationnelle et quotidienne, etc. La vie nous semble aller à contre-courant ce que l’on souhaiterait, mais cela (suite…)

Bien vivre le Jeudi Saint nous engage dans la culture de l’amour et du service de l’autre.

Dieu nous libère du péché en convertissant notre cœur.
IMG_8986Du retour de l’exil en Babylone, le peuple d’Israël devait expérimenter une expérience dure. Même s’ils étaient libérés de l’esclavage d’un peuple étranger, ils n’étaient pas encore totalement libres des chaines de l’injustice, de la corruption, et surtout, la pauvreté qui dérivait du fait qu’ils avaient été absents au pays pour longtemps. Il fallait tout reconstruire et en cela, des difficultés, aussi compréhensibles, ne manquent pas. Les pays qui sortent des crises et guerres en ont l’expérience. C’est dans cette perspective que le Seigneur leur promet une libération totale. En effet, ce ne sont pas les structures qui changent la situation, elles ne sont qu’un premier pas. La libération que leur promet le Seigneur s’enracinera dans le cœur des personnes qui doivent faire fonctionner ces structures. Il ne s’agit donc pas de changer de régimes, de structures sociales, politiques, ecclésiastiques même, mais de changer le cœur des hommes et femmes de notre temps. Il s’agit de s’inscrire dans une autre logique, celle que nous tracent les lectures d’aujourd’hui, dans la la messe in Cœna Domini

Ce changement est ardu. S’il est facile de considérer l’œuvre de Dieu dans notre passé, comme nous pouvons nous le remémorer, il est difficile de le voir dans notre présent, puisque beaucoup de facteurs nous empêchent d’avoir une vision claire de la réalité. Bien plus difficile est encore considérer Dieu comme celui qui vient et donc quelqu’un auquel nous pouvons dédier notre vie, notre futur.

Jésus n’est pas seulement un Maître de la Parole, il est aussi Témoin.

Dans les films dramatiques dignes de leur nom, il arrive un moment dans lequel le protagoniste fait un discours touchant, qui donne le ton ou même le titre à tout le récit. La vie et la prédication de Jésus ne sont pas pourtant un film dramatique. En effet, dans les derniers instants qu’il a passé avec ses disciples, Jésus ne s’est pas contenté de leur faire une harangue formidable. Il leur a confié et demandé un engagement concret et l’a illustré d’une manière on ne peut plus éloquente : il leur donne l’exemple.

IMG-20160529-WA0001L’évangéliste Jean choisit de (suite…)