Accueil » Actu-Analyse (Page 32)
Archives de Catégorie: Actu-Analyse
Bubanza a reçu son Evêque Coadjuteur.
Voici en images et fichiers audio certains aspects des cérémonies d’Ordination épiscopale de Mgr Georges BIZIMANA comme Evêque Coadjuteur de Bubanza.
Au début de la messe, on a présenté celui qui a été élu pour cette mission.
On a alors lu sa lettre de nomination; la traduction en Kirundi était faite par l’Abbé Lambert NICITERETSE, Secrétaire Général de la C.E.CA.B.
Ecoutez:
Mgr Jean NTAGWARARA, Evêque de Bubanza, a lui aussi écrit une lettre qui a été lue aux fidèles et à toute l’assemblée présente.
Ecoutez-en le contenu: L’homélie du jour a été dite par l’Evêque Consécrateur, Mgr Gervais BANSHIMIYUBUSA, Evêque de Ngozi (diocèse d’origine de Mgr Georges) et Président de la Conférence Episcopale du Burundi. Les Archevêques de Bujumbura et Gitega était Co-consécrateurs. Ecoutez l’homélie du jour:
Dans ce fichiers audio, vous pouvez écouter le déroulement du Rite d’Ordination de Mgr Georges. Rite de la consécration épiscopale:
A la fin de la messe, Mgr Georges a adressé un discours à ceux qui étaient là.Ecoutez:
Que Dieu le protège et le garde, qu’il l’assiste de son Esprit pour qu’il puisse être Pasteur selon le cœur de Pasteur suprême.
Le Pape François est « un fils de l’Eglise ». Marche-t-il sans l’Eglise?contre l’Eglise ?
Le fait de concentrer le regard sur un arbre bizarre et curieux dans une forêt ne devrait pas empêcher la vision de toute la forêt qui lui donne prospective, c’est-à-dire le contexte. Malheureusement, c’est ce qui arrive souvent quand le domaine de l’information se concentre sur une personne comme c’est le cas du Pape François dont on ne cesse de décrire les actes de la « révolution Bergoglio ». S’agit-il vraiment d’une révolution ? Si révolution il y en avait, comment est-elle relayée par le monde des médias ? Quelles sont les clés principales pour comprendre les services d’informations publiées à ce sujet ? Avec cette petite réflexion, j’en évoquerai deux : le conflit comme ingrédient de la nouvelle journalistique et la fonction d’Agenda.
Le conflit comme news value.
Il existe un lien profond entre le journalisme et le conflit. On pourrait même dire que les journalistes « aiment » les conflits, les oppositions qu’ils trouvent bonheur, si pas facilité à présenter la réalité en tant que conflictuelle. Conflit: mot qui fait peur, surtout qu’il est souvent associé à la guerre, aux attaques terroristes, aux coups d’Etat,… Mais le conflit est en réalité présent dans beaucoup d’autres domaines. Quand on parle des conflits, outre que nous nous mettons en place de qui en vit les effets, il y a l’attention, sinon la tension et l’incertitude pour savoir l’issue.
Quand les médias parlent des sujets complexes comme l’Eglise, ils cherchent à simplifier la réalité pour se faire comprendre de tous. De là viennent souvent des simplifications dans la focalisation des discours et la chose la plus normale est créer des binômes polarisés comme : les bons /les méchants, vainqueurs/vaincus, nous/eux, conservateurs/progressistes etc.
C’est lors dans cette optique que sont données les nouvelles de l’action du Pape François avec des titre qui riment avec celui-ci : la nouvelle Eglise du Pape François (sous-entendue en opposition à celle vieille, qui ne s’adapte plus, donc dépassée !). Le cliché est celui des bons contre les mauvais. Le Pape veut tout changer, dans cette Eglise corrompue, pendant que les membres de cette Eglise ne veulent rien faire, ne veulent pas l’aider et il marche en solitaire comme le montre cette vidéo ci-dessus. On dirait qu’il est celui qui vient d’une autre planète, d’une autre « Eglise » pour sauver l’Eglise décadente. Mais, il l’a toujours répété, il est « Fils d l’Eglise !» Ce sont par ailleurs les mêmes cardinaux qu’on taxe de « corrompus » qui ont élu ce Pape « bon, sympathique,… » Oui, il est la fleur qui a fleuri au sein de ce jardin qu’est l’Eglise. S’il fait quelque chose, c’est parce qu’il est convaincu qu’il est fils de cette Eglise.
Bien sûr, ce n’est pas le fait de la focalisation qui en soi est mauvais, mais le fait d’oublier tout le contexte qui donne sens à ce qui se trouve dans le point focal de la nouvelle. Des comparaisons de pontificats ? Oui ! Des oppositions ? NON ! Chaque Pape est élu pour répondre à une mission, toujours la même, avec des défis liés chaque fois à la conjoncture du moment. Ainsi, Benoît XVI n’est pas inférieur à François, et ainsi de suite. Mais comment alors comprendre cette popularité que son prédécesseur n’a pas eu ? Parlons d’un élément.
Le Pape François : un Agenda setter.
C’est une théorie proposée par McCombs et Shaw en 1972 et qui désigne la façon dont les préoccupations des citoyens sont structurées par les médias, surtout les médias d’information. Ce sont les médias qui, le plus souvent décident de ce dont il faut parler, avec l’influence de certaines personnes influentes de la société. Ils éliminent certains sujets au profit d’autres, et on risque de dire que ce dont on ne parle pas n’existe pas. Pourtant, si tout était normal, de quoi parlerait-on? Il faut qu’il y ait quelque chose qui sorte du normal pour faire nouvelle. Comprenez: quand on parle de quelqu’un qui a commis un scandale, cela ne doit pas nous porter à oublier qu’on en a parlé parce qu’il est sorti de la marge par rapport à beaucoup d’autres qui sont « normaux ». Ainsi choisira-t-on de parler d’un avion qui a fini hors la piste d’atterrissage. Ce qui ne veut pas dire que seul cet avion aura décollé en ce jour!
Le Pape François, après s’être gagné la confiance des gens dès ses premiers instants du pontificat, est en train d’offrir des sujets dont il faut parler. Tenez ! Il ne le fait pas à la manière des médias qui, la plupart des temps, ne réussissent pas à dire aux gens ce qu’il faut penser, étant donné a complexité de la réalité. Les médias disent souvent à quoi il faut penser, se limitant à offrir des contre-propositions pour attirer l’attention et créer la tension, comme je le disais au premier point. Le Pape François, ne dit donc pas seulement ce à quoi il faut penser, mais comment il faut affronter la réalité.
A mon avis, la différence avec son prédécesseur (pour ne parler que de celui-là) aura été que ce dernier, a trouvé un agenda déjà fixé où il fallait dire quelque chose. Pensons aux différents scandales rapportés ici et là. Il a dit comment les affronter et il les a affrontés. Maintenant, le problème n’est plus de savoir comment les gérer. On regardera par exemple la réponse du Saint-Siège aux abus contre les mineurs.
Que se passe-t-il avec le Pape actuel. Les fondements ont été posés, et ils sont clairs. Il faut donc un autre pas. De la gestion des scandales ? On sait comment les gérer ! De la transparence économique ? Il faut continuer et parachever l’œuvre initiée par Benoit XVI. Cela ne peut alors passer inaperçu, surtout que le nouveau attire toujours la curiosité et fait nouvelle.
De son talent d’Agenda Setter, il a su imposer des thèmes même au niveau international : la prédilection pour les pauvres et la lutte contre les inégalités, la paix comme victoire à la guerre, la globalisation qui doit guérir de la culture de rejet, la mondanité, le mythe de la richesse et du confort matériel, etc. Il a su fixer son Agenda, que les puissants qui avaient l’habitude de le déterminer se trouvent comme obligés à parler de cela, à venir prendre photo avec lui et répéter qu’ils partagent sa vision. Hollande a récemment dit qu’il y a convergences de vision. Obama viendra pour parler de la paix, (malgré sa détermination heureusement abandonnée de résoudre militairement la question syrienne), la lutte contre la pauvreté, etc.
Cela signifie que le Pape minimise les autres aspects de la vie de l’Eglise ? Loin de là. Le terrain lui a été bien préparé pour qu’il ne se voit pas imposé un agenda. IL dit: « cela est un problème? Oui. Mais parlons d’abord de ceci qui me semble plus urgent, de ce problème, l’Eglise a déjà dit beaucoup, et moi, comme fidèle de cette Eglise, je partage pleinement sa ligne ». Comme ça répondait-il dans son vol retour de Rio de Janeiro.
Contre les clichés : être plus positifs et plus propositifs.
Les acteurs de la vie sociale sont souvent perçus d’une certaine façon par l’opinion publique, et les clichés qui leurs sont collés prennent une connotation péjorative, négative. C’est le cas de l’Eglise dont pas mal de gens retiennent qu’elle brandit un enseignement fait d’un recueil d’interdits. N’y avons-nous pas une part de responsabilité qui se rapporterait à notre façon pratique de raconter qui nous sommes ? Notre discours public ne fait-il pas obstacle à la compréhension, créant une tension entre l’expression et son contenu ? Face à cela, il faudrait changer de cap afin de ne pas continuer à alimenter certains clichés qui nous sont collés, souvent par notre responsabilité. E pour cela, être plus propositifs, plus positifs dans nos discours.
Les clichés sont des représentations collées à une personnes ou une organisation, représentations simplifiées et le plus souvent, de manière péjorative. La dimension réductrice du cliché répond en général à une difficulté ou limite de compréhension de l’autre, à une inquiétude face à la complexité de ce qui est perçu comme étranger ou difficile d’accès. L’Eglise, comme société humano-divine, n’échappe pas à la complexité quant à sa nature et son message. Il faut alors voir comment elle parle comment elle parle d’elle. S’agira-t-il d’inventer de nouveaux messages, de nouveaux contenus ? NON.
La clé de la compréhension réside par exemple dans la question de cadrage (Frame en anglais). Il y a une manière qui ne sert pas beaucoup au communicateur qui se limite à une présentation systématique et simplement pédagogique. SI cela ne débouche pas sur des histoires vraies, sur des visages concrets, les personnes n’auront rien retenu à la fin, malgré les efforts fournis pour articuler le message. Le cadrage est donc ce qui restera après qu’on aura oublié tous les détails du message. Et si à cela est liée une histoire, un visage, mieux sera la réminiscence.
La deuxième chose la distinction (qui n’est pas séparation) entre l’expression et son contenu. Les gens sont hypersensibles devant quelqu’un qui parle, surtout s’il parle de manière non positive, et par conséquent non propositive. Cela est vu comme une manifestation d’autorité et personne ne voudrait être dominé par qui que ce soit.
En ce qui concerne l’expression de la doctrine de l’Eglise, nous devons nous habituer à partir d’une situation positive. Loin de nous doivent être des affirmations, pourtant vraies, comme « l’Eglise condamne le péché, parce que ce dernier s’oppose au vrai bonheur ». Dans une petite affirmation comme celle-ci, deux mots répugnent : condamner, (s’) opposer. Il faudrait voir comment fonctionnent les publicités qui nous fascinent et arracher quelque chose de nos porte-monnaie. Jamais tu ne trouveras un spot qui dit : « tu veux maigrir ? Ne mange pas ceci ! » Cette interdiction risquerait de repousser. Par contre, on proposera ce qu’il vaut mieux manger. Dans cette optique, le Pape François est en train de re-cadrer le tir, non par un enseignement nouveau, mais par une autre façon de présenter le même mystère. A une série des comportements auxquels il dit « NON » dans Evangelii Gaudium, il ajoute une autre série des « OUI ». Pouvons-nous nous sentir valorisés quand on ne nous présenter que des interdictions, des condamnations, et que sais-je encore?
Sur ce modèles, les commandements pourraient être présentés autrement : « veux-tu être heureux ?». Tous diraient : Bien sûr ! Alors, voici le chemin. Il est donc différent d’énumérer un ensemble de code qu’il ne faut pas transgresser. Tu veux être heureux ? Sois fidèles à ta femme ≠ne pas commettre d’adultère.Tu veux bien arriver ? Voici les escaliers pour descendre, et voici la fenêtre pour sauter. Je suis cependant désolé qu’un tel ait sauté par la fenêtre et ça fait deux mois qu’il est hospitalisé. Les deux propositions ne produisent pas les mêmes résultats sur la psychologie de l’auditeur.
Quand alors on parle d’être positifs, cela ne revient pas à amadouer les oreilles des auditeurs. Simplement, nous devons connaître notre époque, répondre à ses attentes, non pas aux nôtres. C’est cela qui s’appelle en jargon médiatique ; l’ « Audience-Centric-Thinking » que nous développerons dans nos publications ultérieures. Jusqu’à quand serons-nous seulement vus comme autoritaires ?

















