Évangéliser les aréopages contemporains

Accueil » Actu-Analyse (Page 33)

Archives de Catégorie: Actu-Analyse

Entre «le discursivement possible» et la «vie concrète» : des comptes à rendre.

L'actrice Julie Gayet et le Président Fraçois Hollande

Julie Gayet, François Hollande, 2013 (Montage AFP/V.HACHE/T.SAMSON)

Nous vivons dans une époque qui exalte les droits humains et les libertés individuelles (Article 2 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) jusqu’à penser qu’il n’y a aucune institution sociale qui puisse limiter nos libertés. Cela n’est pas toujours vrai, du moment que celui qui enfreint à une convenance de la « moralité sociale » comme la fidélité conjugale, doit rendre des comptes à la société. C’est le cas récent du Président François Hollande dans sa relation avec Julie Gayet. Mais, que se passe-t-il au juste ? Tentons une explication.

La crise de l’Etat moderne comme système de gouvernement.

Le monde actuel vit une certaine crise de l’Etat moderne en tant que système de gouvernement.  Notre temps a hérité de ce système de cet Etat construit sur ses rapports avec chaque individu, dans ses libertés individuelles et cet individu n’est pas nécessairement lié à une structure sociale, à une famille. On pourrait peut-être penser, sans pourtant devoir entrer en détails, à la conception de Rousseau selon lequel « l’homme est par nature a-social » et surtout celle de Hobbes selon laquelle « l’homme est par nature anti-social» d’où la nécessité du Léviathan pour « imposer » la paix, pour ne pas dire la cohabitation pacifique dictée par les lois.

Vie privée pour les personnalités publiques ?

Qu’est)ce qui relève du domaine privée pour une personnalité publique? Notre temps peut-il fermer les yeux surtout quand on parle des 4 grands thèmes sur lesquels portent les crises institutionnelles: le sexe, le pouvoir, l’argent et le confidentiel? Que se passe-t-il? Tout est fait pour ne pas y échapper: regardez  ICI. Il est peu compréhensible qu’une société occidentale et occidentalisée comme celle française ne puisse pas tolérer le comportement de Hollande. Il y en a même qui demandent sa démission. Or, la « morale » sexuelle de cette société se résumerait ainsi : si deux personnes majeures se mettent d’accord pour une relation sexuelle, il semblerait que la société ne s’en occupe pas. Mais cela n’est pas absolument vrai.

Descendons et mettons les pieds sur la terre. Il est vrai qu’un « bisou » ne cause aucun problème en occident entre deux personnes. Mais, que dirait-on d’un professeur qui entrerait  en classe et commencerait à donner des « bisous » à toutes les filles de sa classe ? Sûrement, on dira qu’il transgresse les convenances admises par le sens commun. S’agirait-il d’une limitation de libertés?

Ce qui arrive avec l’onde médiatique sur le comportement du Président Hollande peut être compris en ce sens. Dans un pays comme la France où on feint que la famille n’est pas une institution importante, il paraîtrait un peu absurde que l’opinion s’insurge contre Hollande. Qu’on se détrompe donc. Il y a un lieu commun qui fait partie du tissu profond de chaque personne. La fidélité en « famille », même là où elle semble ne pas avoir de priorité, est une chose qui ne se laisse pas enfreindre sans en payer le coût. Un homme comme Hollande, même s’il cohabite avec Valérie Trierweiller n’a pas le droit, au nom même de la liberté à la vie privée dont jouit chaque citoyen, de se comporter comme si il n’était pas lié à aucune institution sociale qu’est la famille, fût-elle en crise en ce pays.

Vivre la liberté  ne signifie pas être des « monades » libres de toute référence institutionnelle sociale.

Selon moi, il semble qu’il y ait confusion entre ce qui est fondé seulement au niveau du discours et ce qu’est la vie réelle de la société.  Le sens commun ne peut pas tolérer tout acte au nom de l’exercice des libertés individuelles, quand celles-ci mettent en crise le sens commun et les bases de la société comme la famille. On retrouve alors la pensée de José Alfredo PERIS CANCIO selon laquelle : « une société de monades libres et intelligentes n’est pas la représentation vraie de l’humanité. Vivre ensemble exige un exercice de reconnaissance mutuelle à travers le don sincère de soi. » Les libertés que consacrent les droits de l’homme ne sont pas du type des sphères de liberté abstraite à concilier, mais des façons de comprendre le bien commun, les responsabilités  personnelles dans l’élaboration de ce bien. Ce ne sont donc pas des droits à une disposition illimitée des droits et des libertés. Les institutions comptent, en ce qu’elles sont, peut importe le sens qu’on veut leur donner, discursivement, en oubliant que « entre le discursivement possible et la vie réelle, il y a toujours un puits à combler » et nul ne peut l’ignorer impunément. Pour la cas de la France, qu’on ne s’illusionne pas, l’institution familiale est là et ne peut accepter quoi que ce soit au nom de la liberté personnelle détachée de toute référence morale.

Quand l’Eglise patiente avant d’entrer dans le débat.

On parle souvent de la lenteur de l’Eglise, du moins son magistère, quand les débats se chauffent en société, surtout quand il s’agit de la politique où toutes les parties se mobilisent, ceux qui sont au pouvoir et qui, naturellement veulent y rester et ceux qui y prétendent. Pourquoi alors cette «lenteur» ? S’agit-il au juste d’une lenteur ?

D’habitude, les débats se chauffent petit à petit. Mais les controverses sont une chose normale au niveau politique, puisque sans de telles confrontations d’idées, la politique n’existerait pas. Ceux qui ont des positions à soutenir durcissent le ton quand les jeux d’intérêts se profilent. C’est alors que l’on commence à recueillir les avis des acteurs sociopolitiques : la société civile, les médias commencent à sortir des édito à travers lesquels ils se rangent, sans oublier la parole de l’Eglise qui est et qui a une force morale indubitable. Je suis en train de suivre les appréciations des uns et des autres sur la contribution de la Conférence des Evêques du Burundi au sein du débat actuel, et certains disent qu’elle avait tardé à s’exprimer. Pourquoi alors il vaut mieux se retenir avant d’entrer dans le débat ? Comment y entrer ? De quoi faut-il tenir compte ? La matière est délicate, certes.

Partons d’un exemple banal : deux camps d’une controverses entre les prohibitionnistes et les anti-prohibitionnistes de la drogue. Les premiers voudraient pénaliser les trafiquants de la drogue et leurs clients tandis que les autres ne l’entendent pas ainsi. Le débat paraitrait facile, mais au regard de certains réseaux de drogues au sein desquels on trouve, je dirais par surprise, même des personnalités haut-placées au sein du pouvoir, il n’en est pas ainsi.

Se lancer dans une telle controverse exige un préalable : il faut connaître qui en a fixé les paramètres, les termes, les intérêts en jeu. Pour cela, il faut un recadrage, un «re-framing» du débat. Quand les termes du débat sont fixés d’une façon binaire (pour ou contre), avec des rôles et étiquettes prédéterminés, il faut prendre un peu de distance pour plus de perspicacité. Cela aide à reformuler les termes du débat, à envisager d’autres options qui sont ignorés ou dissimulés par les intervenants au sein du débat. Pour reprendre notre exemple, est-ce que le débat sur le mal de la drogue se réduit seulement au pour et au contre ? Ne faut-il pas penser à mettre en doute les paramètres mêmes du débat et explorer d’autres pistes ? Récupérer les drogués, leur insertion sociale, la dignité de ces personnes qui ne sont souvent considérées que comme des délinquants sans aucune valeur, …

Pour cela, il nous convient de bien évaluer ce qu’on appelle «la lenteur» des institutions ecclésiales, surtout au sein des débats politiques animés. J’estime que la pose des termes du débat et la compréhension des enjeux qui sont derrière les débats, qu’ils soient dissimulés par les intervenants ou ignorés de ces derniers : il s’agit d’un recadrage du débat, d’un re-framing. Il s’agit d’une pré-persuasion qui ne se limite pas seulement au contenu du débat, mais essaie d’en saisir le cœur, le nœud. Est-ce toujours cette raison ou bien une autre similaire qui nous pousse à ne pas parler directement ou bien c’est une fausse prudence qui inspire réticence du moment qu’on ne fait rien entre-temps pour comprendre un peu plus ? Ne se garde-t-on pas de parler en espérant que le feu s’éteigne plus tôt au lieu de se mettre à analyser la situation pour y intervenir si cela se retenait nécessaire ? Que vous en semble ?

L’Abbé Georges Bizimana est nommé Evêque Coadjuteur de Bubanza.

Evêque Coadjuteur de BUBANZA (Burundi)

Evêque Coadjuteur de BUBANZA (Burundi)

Félicitations au Diocèse Catholique de Bubanza (Burundi) auquel le Saint-Père vient de donner comme Pasteur, l’Abbé Georges Bizimana du clergé du Diocèse de Ngozi en qualité d’Evêque Coadjuteur. Nous lui souhaitons bon Ministère et nous prions pour la fécondité pastorale de son Ministère. Mgr Georges était jusqu’à présent Recteur du Grand Séminaire de Jean Paul II de Gitega (Theologicum) en même temps chargé de la Commission nationale de la promotion des Vocations.

L’abbé Georges BIZIMANA, récemment nommé Evêque coadjuteur de Bubanza est néle 12 Mars 1965 à la colline Nyabibuye, commune Butaganzwa, paroisse Buraniro, province Kayanza, diocèse Ngozi. Il est fils de Monsieur Gateranya Charles et de Mme Barankeca Marguerite (déjà décédée).
De 1971 à 1979, il fait l’école primaire à Buraniro ;
De 1979 à 1983, il fait le cycle inférieur des humanités au séminaire de Mureke ;
De 1983 à 1986 il fréquente le cycle supérieur au Lycée Don Bosco de Burengo, en section scientifique B et obtient son diplôme homologué des Humanités générales. En 1986, il entre au Grand Séminaire Saint Curé d’Ars de Bujumbura qu’il termine avec un baccalauréat en philosophie en 1989.
En 1989 il entre au grand Séminaire de Burasira suivre une formation théologique jusqu’en 1993. Cette même année, il va continuer cette formation théologique au Grand Séminaire Jean Paul II de Gitega qu’il termine avec un baccalauréat en théologie en 1994.
Il est ordonné prêtre le 20 Août 1994 par SE Mgr Stanislas Kaburungu, à la paroisse Buraniro.

Après son ordination, l’abbé Georges  Bizimana se voit confier les tâches de professeur et de directeur d’internat au petit séminaire de Mureke jusqu’en 1997. Dès Octobre 1997, il est nommé vicaire de la Paroisse Gasenyi  jusqu’en janvier 2001. Dès Janvier 2001 à Septembre 2002, il est nommé curé de la Paroisse Mubuga. Dès septembre 2002 jusqu’en septembre 2004, il se voit confié la chancelerie à l’Evêché de Ngozi, tâche qu’il accomplit en même tant que l’aumônerie du noviciat des sœurs Bene Mariya. En plus, il est chargé des vocations au niveau du diocèse de Ngozi.

A côté de tout cela, l’abbé Georges a beaucoup contribué dans la composition des chants liturgiques surtout qu’il est doué en composition  musicale et au piano.
En 2004, son Evêque envoie l’abbé Georges à Rome pour suivre la formation doctorale en Théologie Morale. Il obtient son Doctorat en 2008. Le thème de sa thèse doctorale est en rapport avec  l’apostolat des communautés ecclésiales de base comme voie d’enseigner la justice et le pardon en vue de la réconciliation des burundais.

Dès son retour en 2008, il est directement nommé professeur au grand séminaire Jean Paul II de Gitega.
Depuis  le 1er Octobre 2010, l’abbé Georges est nommé Recteur du Grand séminaire Jean Paul II de Gitega. Son diocèse lui a confié la mission de la formation des prêtres.  Il venait d’être nommé directeur du Centre des vocations au niveau National.

Il maîtrise la langue Kirundi (sa langue vernaculaire); le Français, l’Italien. Il est aussi à l’aise en anglais.

Voici sa nomination ici   Nomination Mgr Georges Bizimana  en Format PDF à télécharger.