Accueil » Actu-Analyse » Points de vue (Page 10)
Archives de Catégorie: Points de vue
Quelle logique du bien commun en politique ?
On a assiste souvent à des divergences de points de vue ente les hommes politiques qui ont été compagnons de route ou de lutte, mais ces divergences poussent souvent à des dissidences internes. Pour ceux qui avec moi en Italie, il y a deux jours que le PDL de Berlusconi s’est scindé en deux. Des divergences de vue s’observent au sein du pardi majoritaire au gouvernement de Letta. La Scelta Civica de Mario Monti vit le même scénario. Devrais-je parler du phénomène de « NYAKURIZATION » fréquent au Burundi ?
Pour qui comprend le Kirundi, un des couplets de ce chants de Mkombozi est plus qu’éloquent : « …bátānguje imigāmbwe barasaāngira ikaba fête ; hágeze kuryá ibihîye, hari abacîka Iskarioti Yuda ». Ecouter ! Ce qui est un peu incompréhensible, c’est que tout le monde dit que les choix sont fait pour le bien commun du peuple, mais il reste à savoir ce qui inspire de tels choix. Quelles sont les logiques qui peuvent être à la base de tout cela ? Comment est considérée la personne humaine pour laquelle on dit dépenser toutes les énergies pour son bien ? Parlons ici de deux logiques.
La logique arithmétique.
Beaucoup de politiciens ne considèrent la personne en tant que telle que quand elle peut influer négativement sur les résultats que l’on espère atteindre. Ils font des calculs et misent sur leurs intérêts en danger ou non. Le jeu est simple : voyez cette illustration : 10+10+0+5= 25. Ici, le zéro n’ajoute ni ne retranche rien au résultat. Si on remplaçait le zéro par un nombre négatif, on pourra calculer le résultat, et partant, les intérêts, jusqu’au moment où le résultat restera positif. Cette logique ne favorise pas la plénitude de la personne humaine qui doit être considérée en tant que telle, et non comme un moyen qui m’aide ou non à atteindre mes intérêts personnels. Quand certains hommes politiques ignorent certains groupes, parce qu’ils ne sont pas consistants, parce qu’ils sont minoritaires, cela ne diffère pas de cette logique mathématique qui ne vise que le bien-être du plus fort.
La logique personnaliste.
Elle peut être appelée logique réaliste parce qu’elle tient compte de la personne humaine en tant que telle. L’illustration mathématique serait la suivante : 10X10X0X5=O. Comme on le voit, elle exige de considérer tous et chacun dans l’ensemble de la société. Elle est donc celle d’un dialogue inclusif, un dialogue qui ne s’instaure pas parce l’autre est fort et peut menacer les résultats que j’attends tirer de l’exercice du pouvoir, mais parce que je suis conscient que la société se construit ensemble, en considérant même celui que j’estime qu’il n’a rien à apporter est une valeur dont je dois tenir compte. Je ne puis donc pas me permettre de l’ignorer sous prétexte que je vais lui faire du bien sans lui, parce qu’il n’a rien à contribuer. Au moins, sa contribution sera qu’il prenne part active à la mise en œuvre de ce qui aura été décidé pour sa société.
En définitive, tout le monde est concerné par tout ce qui touche le destin de sa société, même quand on estime qu’il n’a rien à y apporter ? Comment pourrait se concevoir une société où il y a ceux qui prétendent faire du bien à tous et pour tous sans y inclure tous ? Entendez-moi bien, considérer les points de vues de tous ne signifie pas arriver à harmoniser tout, parce qu’il y a des visions qui ne peuvent pas s’harmoniser. Mais comment le saura-t-on si on ne l’aura pas encore écouté et estimé à juste titre sa « contribution » ?
Repensons le discours sur la régulation des naissances
Je participais un jour dans un séminaire sur la santé maternelle et la procréation (je n’ose pas dire la reproduction comme il était dit au cours du séminaire, étant donné que l’homme ne se reproduit pas, mais participe à la création, donc procrée) et il y a de cela un peu plus de deux ans. Un des médecins du ministère de la santé publique du Burundi exposa de motifs de ce limiter seulement à deux enfants, étant donné que l’acception général est de ne pas dépasser ce seuil. « Voyez comment on fabrique les tables manger, lançait-il. Elles sont faites pour 4 personnes, c.à.d. mari et femme et deux enfants ». Certains se laissaient convaincre pendant que je restais sur ma soif pour être convaincu. Puis il ajoutait que même dans des films, on est habitué à voir des couples avec deux enfants. Devrais-je ajouter l’argument « malthusien » que les ressources ne correspondent plus au nombre de personnes qui existent ? Tout cela ne convainc vraiment pas. Mais, voyons-le de plus près.
La conférence des Evêques Catholiques du du Burundi (C.E.CA.B) a publié une réflexion à propos de la maternité et de la paternité responsable. Vous pouvez le lire ici. Contrairement à ceux qui pensent que les Eglises chrétiennes, et en particulier, l’Eglise Catholique, sont natalistes et donc ne se rendent compte des enjeux qui son suscités par une procréation irresponsable, ou peu responsable, pour être plus clémént, je pense qu’il faut se rendre à l’évidence qu’il n’en est pas ainsi. Mais venons-en aux « arguments » susmentionnés.
Je commencerais par le dernier qui est proprement malthusien. On a toujours évité d’affronter la question et prendre le taureau à bras les cornes. Est-ce vrai que les ressources du monde tarissent pendant que la population s’accroit au jour le jour ? Est-ce vrai qu’il n’y a plus de nourriture suffisante pour nourrir tous ? Est-ce « vraiment » vrai la population constitue un frein au développement ? Il faut, pensé-je, bien poser la question.
Il y a deux semaines, la Rai (chaîne TV publique italienne) publiait des observations qui m’ont laissé à penser. Chaque Italien jette en moyenne 200 kg/an de nourriture qu’il ne parvient pas à consommer, au moment où il y a des peuples qui meurent de faim. Pensez que l’Italie a une population de plus de 60 millions. Faites le calcul et dites-moi combien de tonnes on jette chaque année, et seulement en Italie ! Je ne parle pas de la France, de l’Allemagne… Je ne parlerais pas non plus des Etats Unis d’Amérique où on vient d’introduire une taxe pour les gens obèses -je veux dire trop grasses- qui coûtent beaucoup aux infrastructures par le seul fait qu’ils mangent beaucoup, deviennent malades ou usent vite les routes ou les tapis roulant qui ne sont pas fait pour supporter de tels poids ! Face à cela, la publicité gagne beaucoup quand elle invite à « jeûner » (bien que le jeûne chrétien soit vu comme anachronique, médiévale et donc dépassé !) pour maigrir. De ce qui précède, je pense qu’il faut poser la question de la distribution équitable des ressources que le bon Dieu a mis à la disposition de tous. Des biens ? Il y en a en abondance. Mais le partage se fait encore désirer, au moins le partage des capacités pour que chacun puisse travailler avec succès et manger le fruit du travail de ses mains.
Quant aux deuxième, à savoir la progéniture qui se trouve dans les films, je pense qu’il (ce médecin du Minisanté) n’a fait qu’exploiter notre ignorance en la matière, si connaissait vraiment le pourquoi de cela, ou bien, dans le cas contraire il aura succombé à l’ignorance commune. Maintenant, comme professionnel de la communication, je sais désormais pourquoi on dépasse rarement deux enfants pour un film. Il suffit de faire quelques leçons d’écriture de scénographies pour comprendre. Là prévaut surtout la question du prix de production du film, parce qu’avoir plus de deux enfants rendrait lourde les préparations, les récitations et la photographie ! Un tel argument que je n’ai pas pu réfuter en son temps n’a pas sa consistance. Mais l’on retient que qui veut gagner la bataille dans une discussion la mène au terrain des topoi (TOPOS = lieux communs, ce qui est admis universellement sans se poser aucune question à propos, parce que ce qui est fréquent devient normal, et ce qui est normal détermine en définitive la norme !).
Pour ce qui est de la table de la salle à manger, ce sera le même raisonnement. Il faut circonscrire chaque expérience dans le temps et dan l’espace. J’ai une petite expérience dans les familles des pays d’Europe (Italie, Autriche…) et d’Amérique latine (ex. le Brésil) où il n’en pas le cas. Après m’être rendu compte de la façon est préparée la table de la salle à manger, je suis resté à m’interroger d’où est venue une telle pratique au Burundi : faire une table pour seulement quatre personnes. En tous cas, l’expérience de ces pays susmentionnés contredit totalement l’hypothèse de notre médecin. Que faut-il alors retenir ?
Ne faut-il pas reposer la question en d’autres termes, trouver d’autres arguments ? Je ne fais ici que susciter la réflexion, parce que la question est d’un sérieux tel qu’il ne faut pas jaser. Paternité/paternité responsable signifie avoir seul deux enfants ? Et pourquoi par exemple le couple Obama/Michel a seulement deux enfants ? Je n’y répondrais pas en disant qu’ils ne capables d’en éduquer que deux. La question est à poser autrement. Est-ce question de mode om question de vérité existentielle ? En tous cas, le débat n’est pas à précipiter !
N’ayons pas peur des médias, les papes nous servent de bon exemple.
Avant de conclure mon article du 17 Aout de cette année sur l’univers digital comme espace et opportunité d’évangélisation, j’ai parlé des dangers dont beaucoup ont peur quand il faut se jeter dans cet univers de la communication. Mais cela partait de notre initiative, sans que quelqu’un nous pousse à répondre. S’il est dur pour nous de prendre l’initiative, je m’imagine combien il sera pénible de devoir répondre à une requête d’un journaliste, surtout s’il n’est pas de notre camp, de notre obédience.
En ces derniers jours, je suis resté longtemps à m’interroger sur la valeur des dernières interventions de nos deux Papes, le Pape François et le Pape Émérite, Benoît XVI, qui écrivent et répondent via le quotidien la Repubblica. Le pourquoi de ces quelques lignes? Simple: je ne puis m’empêcher de considérer que cela a servi de coup d’envoi, sinon « ré-envoi » de ceux qui ont peur d’affronter ce « monstre » qu’est ma presse. Je voudrais livrer ici quelques considérations.
Sur l’avion du retour des J.M.J de Rio de Janeiro, le Pape François a parlé aux journalistes de sa « peur » d’affronter la presse, une peur qui s’est effacée petit ) petit au cours de la conversation qu’il a tenue avec eux. Il leur a confié qu’il les a trouvés par contre sympathiques… Ainsi affronta-t-il tant de questions, librement (je n’ose pas dire à l’improviste!). Mais cela à été toujours de la sphère du normal. Qu’un pape donne une interview, des journalistes sont témoins de cela. mais que le Pape réponde à un athée, dans un journal qui n’est pas « Osservatore Romano » ou assimilés, mais dans Repubblica, cela a suscité beaucoup d’interrogations. Cela fut accru par le fait que le Pape Émérite fit de même quelques jours après en répondant à un mathématicien athée, via le même journal qui n’est pas beaucoup clément, du moins à mon avis, envers l’Église Catholique. Quelles leçons pouvons-nous en tirer?
J’en ai entendu et j’en connais qui tremblent quand ils entendent qu’un journaliste veut les voir, veut parler avec eux. Ils commencent à s’interroger sur ce qu’ils auraient combiné (c.à.d fait de mal) pour qu’ils attirent l’attention des journalistes. mais je pense qu’il nous faut profiter de l’occasion pour dire un mot qu’il vaut la peine de dire, étant donné que ce journaliste ne pourra pas retourner à la rédaction sans le matériel nécessaire pour son service. Tu ne diras rien, peut-être, par « fausse précaution », mais tu n’empêcheras pas les autres de dire ce qu’ils pensent et « ce qu’ils pensent que tu aurais dit ». Les deux Papes, en entrant en dialogue avec le monde (même celui athée!), ils n’ont fait que répondre à l’invitation de Saint Pierre qui nous demande d’être toujours prêts à rendre le raison de notre foi à ceux qui ne le demande (1 Pierre 3,15).
Il y a ensuite le danger, ou mieux, la peur d’être critiqué. J’estime qu’il est question de mémoire, étant donné que nous sommes souvent ds hommes de « courte mémoire ». Quand est-ce qu’une intervention du Pape n’a pas fait objet d’analyse, de critique, souvent même peu courtoises? Pensons-nous que ce soit le choix de s’exprimer par le canal d’un journal laïc (au sens occidental du terme) qui est à la base des réactions? Loin de là. par ailleurs, beaucoup sont revenus sur cette ouverture d’esprit qui va trouver l’autre dans son milieu de vie, de travail: il s’agit, pour reprendre les termes du Pape, de « sortir jusque dans les périphéries existentielles de la vie« . Qu’on se détrompe donc. Ce n’est pas le fait de parler au micro du journaliste qui fait réagir, mais la nature même du message qui dérange, peu importe la manière dont tu le livre.
En concluant, je pense qu’une invitation nous est lancée de la part de l’Église: n’ayons pas peur de parler, de témoigner de nos convictions de chrétiens, fût-ce devant le micro du journaliste. Ce dernier est en avant tout préoccupé de recevoir du matériel pour écrire, pour parler. Avez-vous jamais vu sortir un journal avec des pages vides, ou bien entendu un édition d’informations où l’on s’excuse parce qu’il n’y a pas eu de nouvelles à raconter? SI tu ne dis rien, les autres le diront à ta place et souvent même contre toi-même. Pourquoi alors avoir peur quand le Pape nous y devance et se donne pour exemple?








