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Nous sommes envoyés pour témoigner et délivrer de ce qui aliène l’homme.

L’évangile et la première lecture de ce dimanche parlent d’un envoi en mission par le Seigneur.
Le texte du prophète Amos nous emmène au 8e siècle avant Jésus-Christ. Il nous faut faire un peu d’histoire. Après la mort de Salomon, le royaume a été divisé en deux, au sud, le Royaume de Juda avec Jérusalem et au nord le Royaume d’Israël. Le règne d’Israël est riche. Le roi donne salaire aux prêtres. Le prêtre Amasias a peur que la prédication d’Amos puisse changer les choses en sa défaveur. En effet, la richesse apparti ent à une minorité qui exploite les pauvres. La religiosité est tintée d’hypocrisie. Dans ce royaume du Nord, pour éviter que les habitants ne soient attirés par le temple de Jérusalem, les rois ont fait élever deux temples : l’un à Dan, tout au Nord, près des sources du Jourdain, et à l’autre Béthel, tout au Sud. Et ils ont fait ériger des veaux d’or sur les autels de ces temples. Le Seigneur a envoyé un prophète pour dénoncer l’idolâtrie dans lequel le peuple est entrainé et les injustices sociales commises par les rois. Il a choisi Amos, un propriétaire terrien, éleveur de troupeau, vivant tout proche de Jérusalem, dans le Royaume de Juda.

Quand Amos se présente à Béthel, il est en position de faiblesse. Venant du Royaume de Juda, il est un étranger en ce Royaume du nord. De plus comme il a quitté ses biens, il se retrouve sans appui, pauvre de tout. Par contre la précarité de sa situation le rend totalement libre pour parler au nom de Dieu, ce qui est précisément le rôle du prophète. On ne peut le soupçonner de défendre ses intérêts ; s’il parle, c’est parce que le Seigneur l’a envoyé. Il s’oppose donc à Amazias, prêtre du sanctuaire de Béthel et dénonce l’idolâtrie du culte de sanctuaire. Nous avons entendu Amazias lui répondre : « Toi, le voyant, va-t-en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du Royaume. ». « Temple royal » ? Non, Béthel est un nom qui signifie « maison de Dieu »… et non « maison du roi. » Amos poursuit : « le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël ». J’ai obéi, je suis parti, sans savoir où cela allait me mener. De fait, après qu’il eut délivré la parole de vérité, le prêtre Amazias ne l’écouta pas et le chassa de Béthel.

Huit siècles plus tard, nous assistons dans l’évangile à un autre envoi en mission. Jésus appelle les douze apôtres et les envoie deux par deux. Le Christ les oblige à un état de pauvreté réel. Pas de besace qui contienne un morceau de pain pour le lendemain, ni une pièce d’argent pour la route. Pas de tunique de rechange. Ils doivent partir sans aucun avoir, sans moyen de puissance, comme Amos a du quitter son village. Jésus tient manifestement à cette pauvreté, à cet abandon dans la main de Dieu. Par contre Il « leur donne autorité sur les esprits impurs ». L’expression est difficile pour nous. Dans le langage de l’époque, nous pouvons comprendre que, pour cette première mission, Jésus donne capacité à ses apôtres de libérer de tout ce qui peut empêcher d’accueillir le Royaume, cause physique, psychique ou spirituelle. Il leur confère un pouvoir de libération. Telle est la bonne nouvelle dont ils ont à se faire les témoins, en actes.

De nos jours, on fait bien des procès d’intention aux chrétiens dès qu’ils annoncent le nom de Jésus, on dénonce vite leur manque de respect et leur prétention à détenir la vérité. En fait, la véritable évangélisation n’est pas un endoctrinement, mais une délivrance. Annoncer l’Évangile, c’est permettre d’accéder à la vérité qui rendra libres pour écouter Jésus et le suivre sur le chemin de la charité. C’est en partie pour cela que Jésus envoie les disciples deux par deux. La loi mosaïque spécifie qu’un témoignage n’est valide qu’attesté par deux témoins. Ceux que Jésus envoie sont donc des témoins. Mais témoins de quoi ? Du cœur de l’évangile, de l’amour. En les envoyant deux par deux, Jésus enseigne à ses disciples que leur façon de vivre doit être la première à parler de l’évangile. Ils doivent être reconnus pour ce qu’ils sont, les disciples de Jésus-Christ, à la façon dont ils s’aiment, comme des frères en Christ. Le Sauveur les envoie deux par deux, pour figurer que le précepte de la charité a un double objet: l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et aussi parce qu’il faut deux termes pour que la charité puisse avoir lieu. Il nous enseigne encore par là que celui qui n’a pas la charité pour le prochain ne doit en aucune façon se charger du ministère de la prédication.

Ils partirent et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Nous ne sommes pas libérés de ce qui nous emprisonne, nous ne devenons pas libres pour aimer, sans renoncer à notre moi, à cet égocentrisme qui nous colle à la peau, bref sans nous convertir. Si à travers ses témoins, toujours faibles et fragiles, Jésus appelle et offre la vie, si son message trouve dans le cœur humain de profondes résonances et suscite un désir, il reste à préférer cette vie à d’autres biens enviables et à dire non à d’autres sollicitations. Encore faut-il choisir, encore faut-il se convertir.

L’évangile continue : »Ils expulsèrent beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient. » Cette toute première mission connut donc un franc succès, de par la grâce du Seigneur. Mais en d’autres passages l’évangile nous montre que l’envoi en mission par le Seigneur n’est pas assuré de succès, du moins de résultat dans l’immédiat. Jésus lui-même, l’envoyé du Père pour le salut du monde, connut l’échec dans sa prédication dans les villes de Bethsaïde et de Chorazaïn autour du lac de Tibériade.

L’important n’est pas de réussir mais d’entendre la parole de Dieu qui appelle tous les chrétiens à témoigner de Jésus, d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que par la prière, dans une chambre de malade. Entendre la Parole, consignée dans l’Écriture, lui obéir et croire que le Seigneur ne nous demande que de faire ce que nous pouvons faire, d’oser le faire. Lui, il est capable de se servir du petit peu que nous lui aurons offert pour, à son heure, se faire reconnaitre et aimer. Béni soit Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ !

«Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison». Ne nous laissons pas abattre par l’échec.


La succession des termes « patrie, parenté, maison » est une réminiscence de la vocation d’Abraham (cf. Gn 12,1) qui a consenti à des ruptures pour répondre à son élection. Dieu promet à Abraham une surabondance de bénédiction non pas seulement pour lui, mais pour tous ceux qui le béniront (cf. Gn 12,3). Le don de Dieu passe par l’élection, c’est-à-dire par une relation unique, personnelle et irremplaçable avec lui. Mais cette relation privilégiée est ouverte à tous ceux qui s’en émerveillent.

Face à l’élection de quelqu’un, il y a en effet deux attitudes possibles : la joie ou la jalousie. Caïn a jalousé Abel au lieu de se réjouir de ce que Dieu prenait en compte le cadet méprisé et il s’est condamné à une vie malheureuse. A l’inverse, tous ceux qui se réjouissent de l’élection d’Abraham participent aux bénédictions qui lui sont données par Dieu afin que toutes les familles de la terre aient accès par lui à la bénédiction.
Jésus, en qui le Père a mis tout son amour, est l’élu par excellence. La foi en Jésus, c’est-à-dire la reconnaissance de son élection comme Fils unique de Dieu, offre à tous ceux qui croient la grâce de participer à son élection en devenant enfants de Dieu.

Comme Abraham, Jésus a quitté son pays, sa parenté et sa maison pour répondre à l’appel de Dieu. Il a fait l’expérience, lors de son baptême par Jean le Baptiste, d’une autre origine, non plus humaine, mais divine. Cela l’a conduit au désert, puis à l’annonce du règne de Dieu. Sa famille a bien tenté de le ramener au village quand ils ont estimé qu’il avait perdu la tête et que cela pouvait être dangereux pour eux, mais Jésus leur a opposé une fin de non-recevoir (Mc 3,21.31-35). Nous sommes souvent aussi tenter de le ramener à notre mesure quand nous estimons que ce qu’il nous demande nous pousse à des ruptures, à de nouveaux comportements non admis pas la mode et le politiquement correct. Mais Jésus ne se laissera pas faire, non plus pour nous.

A présent, il y revient de son plein gré pour leur apporter à eux aussi l’heureuse annonce du Règne de Dieu. Mais le choc de la nouveauté représentée par sa sagesse et ses miracles s’avère insupportable au regard de son origine humble, voire méprisable. Son métier de menuisier est certes honorable, mais cela ne le prédisposait pas à une telle sagesse. Quant à sa famille, ce sont des gens modestes. Ses frères, nommés avec précision, sont des inconnus à l’exception de « Jacques, le frère du Seigneur », qui jouera un rôle dans l’église primitive. S’ils sont nommés « ses frères », c’est la manière orientale de dire: les gens de sa parenté, comme il en est le cas au Burundi et dans certaines cultures africaines.

« N’est-il pas le charpentier, le fils de Mrie… »
En outre, l’expression « le fils de Marie » constitue une forme de moquerie. Le fait de référer la filiation à la mère et non au père n’avait lieu que pour une fille-mère. La mort de Joseph ne suffit pas à justifier une telle appellation, car même dans ce cas on continuait à signifier la filiation en référence au père. Le père est encore ignoré lorsque Jésus est désigné comme le charpentier et non comme le fils du charpentier. Jésus est un fils sans père, et en son temps, sa naissance n’avait-elle pas fait scandale ! Comment admettre alors qu’il soit élu par Dieu ? Jésus se voit dans l’impossibilité de faire des miracles à cause de leur manque de foi. Les habitants de Nazareth se privent ainsi de la bénédiction dont il est porteur en refusant de se mettre à l’écoute de sa sagesse et de reconnaître ses œuvres.

Ainsi pouvons-nous comprendre le fait qu’il soit « méprisé dans son pays, sa famille et sa propre maison ». Ce mépris nait souvent d’une question que nous nous posons en face de ces prophètes que nous côtoyons : « Comment se fait-il que le frère dont je connais l’histoire, que la sœur ou la collègue dont je connais les défauts et dont je pouvais prévoir les actions et les réactions puissent aujourd’hui tenir des propos qui me renvoient à la vérité de ma conscience »? Et c’est cela qui nous intrigue généralement chez le prophète. Nous n’acceptons pas la nouveauté du discours qui sort de sa bouche, parce que nous l’avons enfermé dans un carcan. Son histoire pour nous détermine son avenir. Alors qu’avec Dieu toute histoire n’est qu’un point de départ vers une réécriture nouvelle. Le prophète est certes fils d’un lieu et d’une époque, mais à la différence des autres, il se met à l’écoute de Dieu de telle sorte qu’il n’a plus le même regard sur les mêmes évènements. Sa perception du monde devient tout autre.

Il suffit à ce niveau de nous laisser éclairer par l’exemple du prophète Élie, après avoir faire l’expérience de Dieu sur le Mont Carmel, il fut invité par Dieu non pas à continuer de fuir les évènements qu’il craignait, mais à retourner au cœur de ces évènements. Les réalités historiques qu’il fuyait n’ont pas changé, mais renouvelée dans sa relation à Dieu, sa perception de l’histoire devient également nouvelle.
Cela ne signifie pas qu’il devient immunisé contre le péché et contre les faiblesses, ou qu’il ne sera plus confronté à des contradictions. Bien au contraire, il fera toujours l’expérience de sa faiblesse, il lui arrivera comme le prophète Jérémie de se plaindre à Dieu, ce qui est tout à fait normal. Mais la force du prophète réside dans le fait qu’après avoir faire l’expérience de sa faiblesse, il retourne en prière comme saint Paul, et là il entend la voix du Seigneur murmurer en ses oreilles, « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ».

Même après cet échec d’accueil de la part de ses compatriotes, Jésus ne se laisse pas abattre, « il repart ». Ainsi nous invitent les deux autres lectures qui nous parlent, dirions-nous, de « la spiritualité de l’échec ». Nous sommes donc invités à ne pas céder au découragement devant l’effort de notre conversion qui n’avance pas, devant le refus de nos enfants qui ne nous écoutent pas et nous prennent comme des « gens dépassés, non-adaptés pour leur temps », devant les collègues qui ne partagent pas notre façon de voir les choses et notre manière d’agir,….

Sommes-nous déterminés à ne pas nous laisser abattre par nos échecs?

« …ma fille, ta foi t’a sauvée… ». Le vrai miracle est celui de la foi en Jésus-Christ avant celui de la guérison.

Dans l’évangile d’aujourd’hui nous sont présentés deux récits de guérison, imbriqués l’un dans l’autre : celui de la fille du chef de la synagogue interrompu par celui d’une femme hémorroïde qui subrepticement vient toucher la frange du manteau de Jésus.

Les deux guérisons ont quelque chose en commun et de scandaleux.

  • Le premier scandale c’est concerne la mort d’une jeune fille, puisque voir un jeune nous fait penser à la promesse d’une vie qui se développe; il est donc inconcevable qu’une telle vitalité puisse ainsi se rompre (gukényuka comme le disent les Ecritures)
  • Le deuxième est celui auquel nous sommes tous confrontés: la femme qui perd progressivement la vie (le sang est naturellement et symboliquement signe de la vie= gusēsa amaráso) est l’image plus éloquente de l’humanité même qui, dès la naissance, procède jour après jours vers la mort. Cela nous tourne le cœur. Une invitation à revoir le sens de nos anniversaires: ne risquent-ils pas d’être des calmants pour oublier cette finitude de la vie? Il est indigeste et scandaleux que l’on avance toujours vers la mort! Mais, on meurt comme on a vécu (Igíti kigwa iyó gihēngámiye). Retour aux textes.

La foi nous invite aux gestes audacieux, aux ruptures.

Tant Jaïre que la femme bénéficiaire de la guérison, tous deux ont un désir ardent d’une intervention salvifique de Notre-Seigneur, Jaïre en faveur de sa fille, la femme pour elle-même. Les deux n’y vont pas de la même façon. En effet, devant des situations limites, l’homme peut s’enfermer dans un mutisme du désespoir ou dans la prière. L’évangile nous montre deux modes du deuxième aspect : la prière manifeste de Jaïre et le monologue intérieur de la femme. Une rupture se remarque chez les deux qui ne tiennent plus comptes des limites sociaux ou cultuels: le chef de la synagogue se tourne vers un simple prédicateur itinérant tandis que la femme fait un geste grave contre la pureté en touchant Jésus, rendant ce dernier impur par conséquent (cfr. Lv 15,19-25). Qui sait combien elle a rendus impurs en fendant la foule? Les deux veulent vivre leurs situations limites devant Dieu, peut importe les qu’en-dira-t-on. Et ceci provoque Dieu qui agit. Jésus fera de même : il parlera publiquement avec la femme. Plus encore, il touchera le cadavre de la jeune fille: ceci était le geste qui rendait le plus impur.

Le vrai miracle, c’est donc la foi et non seulement la guérison.

Pour le cas de cette femme, dont l’audace doit servir d’exemple au chef de la synagogue qui se voit exhorté à ne pas craindre et avoir la foi, Jésus n’est pas le premier acteur de la guérison: inconsciemment, une force sort de lui. Il s’en rend seulement compte. C’est pourquoi il dit à la femme, déjà guérie : « ma fille, ta foi t’a sauvée= wākíze, wārókotse ». C’est ce que nous retrouvons dans l’épisode des lépreux chez Saint Luc: dix sont guéris, mais un seul est sauvé de par sa foi. (Lc 17, 11-19). Qui dit alors « salut » dit aussi mouvement de « foi » et c’est cela le vrai miracle. Que de fois nous nous précipitons à demander des guérisons qui ne sont que manifestations de notre foi, le vrai miracle! Mais aussi, le nom du chef de la synagogue n’est pas choisi par hasard : Jaïre (Ya’ir) signifie: celui qui illumine, celui qui réveille. La femme qui entend que Jésus se rend chez Jaïre pour guérir quelqu’un en est illuminée. Elle veut bénéficier de la guérison avant que le Maître ne s’éloigne.

Croire, c’est donc bien oser toucher Jésus, c’est cheminer avec Jésus.

Cette femme a cru qu’un simple contact discret, sans qu’il soit besoin de « déranger le maître », suffirait à libérer en sa faveur la puissance divine de guérison qui reposait sur lui. Et il en a été ainsi. Le chef de la synagogue, lui, n’en est pas encore là dans son cheminement de foi. Il est venu tout d’abord au-devant de Jésus pour le prier de venir « imposer les mains à sa fille pour qu’elle soit sauvée (de la mort) et qu’elle puisse continuer à vivre » et ensuite, il a eu besoin d’être exhorté par le Seigneur au combat contre le doute et à la persévérance dans la confiance : « Ne crains pas, crois seulement ». La foi de la femme hémorroïsse est donc bien proposée en exemple à Jaïre, une foi qui est instantanément exaucée, parce qu’elle établit en communion avec la personne du Sauveur.

L’efficacité de la foi ne vient pas de ses modalités extérieures ou intérieures mais du fait qu’elle rend possible de façons diverses le contact avec le Seigneur. A travers ce contact, sa force vitale passe à travers nous et opère, de mille et une façons, le salut. Elle est libération des divers maux qui paralysent notre vitalité jusqu’à l’éteindre totalement. Pour nous aujourd’hui, l’Eucharistie et la Parole nous ouvrent avec une force toute particulière le contact avec Jésus : à nous de choisir entre un rapprochement stérile, comme celui de la foule qui le tire de tout côté, et un « toucher » en vérité, dans la confiance et dans la certitude de trouver la vie. Et c’est un risque que nos participations aux célébrations puissent rester stériles, malheureusement !

Si l’humanité atteinte par le péché est à la fois une femme mère qui se meurt et une jeune fille endormie dans la mort spirituelle, comme la fille du chef de la Synagogue, la foi, l’espérance et l’adhésion aimante en la puissance de la résurrection du Christ peuvent la sauver et la réveiller.

« Reveille-toi, lève-toi, debout »

Le temps de Saint Marc était un temps difficile pour les chrétiens à cause de la persécution. Il se vivait une situation de mort toujours imminente. Une situation humainement insupportable. Les contemporains de Saint Marc avaient besoin d’entendre cette parole: « elle n’est pas morte! ». Oui, tout n’était pas encore fini. Il était possible de se réveiller et d’illuminer le monde malgré les vents contraires.

Aujourd’hui, le Seigneur veut te dire que tout n’est pas fini pour toi. Le monde pourrait te marginaliser (12 ans d’exclusion de la femme hémorroïse, 12 ans de la jeune fille qui allait connaître chaque mois des jours d’exclusion à cause des menstruations). Il faut alors découvrir en nous nos situations-barrières, nos situations mortelles et les exposer à Jésus qui rend la vie même aux morts. Même avec de mauvaises nouvelles qui parlent de la mort comme celle de la fille de Jaïre, Jésus nous dit d’avoir foi en lui. On pourrait même se moquer de nous. Ce n’est pas encore le temps de nous décourager. La mort dont parle la première lecture n’est pas celle physique puisque cette dernière appartient à la condition humaine. Elle est celle causée par le péché dont l’auteur est Satan, l’adversaire de Dieu et des hommes. Même Satan n’aura pas le dernier mot. Souvenons-nous que Marc écrit à la communauté post-pascale qui a connu la résurrection du Christ.

Réveillons-nous. Laissons-nous toucher par Jésus. Nous vivrons de Lui. En effet, il ordonna qu’on donne à manger à la jeune fille. Oui, les vivant se nourrissent. Les chrétiens vivent du pain de la vie. Quand Jésus nous tire de la mort du péché, nous sommes admis à la table de l’eucharistie.

« Seigneur, voilà l’admirable échange que tu nous donnes à contempler dans l’évangile de ce jour et qui se prolonge pour nous à chaque Eucharistie. Ô Christ, nous voulons t’apporter nos vies fragiles et blessées, marquées par le péché, par des exclusions de toutes sortes et que tu accueilles dans ta grande bonté. Merci de nous donner en retour ta vie de Ressuscité. »