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Celui qui reconnait sa pauvreté d’être et se confie à Dieu trouve le vrai bonheur.
Nous avons déjà rencontré le prophète Jérémie (voir la 1ère lecture du 4ème dimanche du temps ordinaire, le 28 janvier). La lecture de ce jour est un court poème de type sapiential qui reprend un thème souvent exprimé dans la Bible : la comparaison entre ceux qui mettent leur confiance en Dieu, les « justes » et les « impies » qui mettent leur confiance uniquement dans les valeurs terrestres. En lisant ce texte, il faut nous rappeler le sens des mots « chair » et « cœur » : la « chair » en tant que partie prise pour le tout désigne l’homme dans sa faiblesse et ses limites de créature. Le « cœur » est l’organe de la décision, le lieu de la responsabilité. Historiquement ces thèmes ont été développés à l’époque où la séduction de la civilisation grecque menaçait les valeurs de sagesse de la Thora. Le psaume 1 choisi pour ce dimanche développe le même thème que la première lecture. C’est une invitation qui nous est faite méditer aujourd’hui les valeurs l’évangile pour les vivre au quotidien. Il faut admettre notre faiblesse pour demander l’aide du Seigneur afin qu’il fortifie notre cœur en vue des décisions responsables, pour notre croissance.
Dans l’évangile que nous méditons en ce dimanche, du chapitre 5 dont nous avons lu le début dimanche dernier, nous passons au chapitre 6, verset 17. Depuis la pêche miraculeuse, il s’est passé beaucoup de choses : la guérison d’un lépreux puis celle du paralytique de Capharnaüm qui provoque une discussion sur le pouvoir qu’a Jésus de remettre les péchés, l’appel de Lévi (Matthieu) et enfin l’appel des 12 apôtres. Jésus redescend de la montagne avec les siens, entouré d’une foule nombreuse venue pour (suite…)
« La parole du Seigneur est parfaite qui redonne vie. La charte du Seigneur est sûre qui rend sages les simples ».
Les textes bibliques de ce dimanche insistent très fortement sur l’importance de la Parole de Dieu dans la vie des croyants. Cette parole nous rejoint dans ce que nous vivons, y compris dans les situations les plus désespérées. C’est ce que nous découvrons en écoutant la première lecture le livre de Néhémie. Nous sommes en 398 avant Jésus Christ. Le peuple d’Israël revient de 50 ans d’exil sur une terre étrangère ; les repères religieux se sont effondrés ; le temple de Jérusalem a été détruit. Les nations voisines sont toute puissantes et elles le font sentir. Alors, on se pose la question : Où est-il notre Dieu?
« …au plein milieu de nos tempêtes, Seigneur, Tu es là »
Un roi perse, probablement Artaxerces II domine sur tout le proche orient. Il décide de reconnaître officiellement la religion des Judéens. Mais il veut connaître ce qui en fait l’essentiel. Pour répondre au désir du roi, un scribe, Esdras, va rédiger un exposé de la foi d’Israël sous la forme d’une histoire « sainte », une histoire théologique. Il le fait à partir d’un certain nombre de documents oraux ou déjà écrits mais en les adaptant à la nouvelle situation du Peuple de Dieu. Son travail est à l’origine de ce que sera la Thora juive, notre Pentateuque. Les livres bibliques d’Esdras et de Néhémie nous résument les événements qui ont suivi l’édit de Cyrus après 538… Le passage lu ce dimanche évoque la lecture solennelle de la « Loi » ou la « Thora ». Rédigée en hébreu, elle a besoin d’être traduite et expliquée car le peuple ne comprend plus l’hébreux. Il parle l’araméen qui sera la langue même de Jésus. Notons la double réaction du peuple : il pleure et il se réjouit. Il pleure parce qu’il se rend que compte que cette Loi qui exprime l’amour de Dieu pour son peuple n’est pas respectée. Il se réjouit car (suite…)
« Et le troisième jour, il se fit des noces à Cana, en Galilée… »
Si on lit attentivement le récit des noces de Cana, plusieurs détails sont frappants, et d’abord cette histoire de vin qui manque. Pour un premier signe de Jésus, n’attendrait-on pas plutôt quelque chose de vital : le pain, l’eau, la santé, la vie ? Le manque de vin ne menace aucunement la survie des convives, ni même leur soif possible, puisqu’il y a de l’eau. Il ne menace pas la vie, mais il menace la fête. Il menace l’« euphorie » permise, voire offerte, et même prescrite aux convives d’une noce villageoise. Et donc il menace la réputation d’un hôte qui n’a pas su prévoir avec suffisamment de générosité la quantité de vin nécessaire. Et quand on sait l’importance que revêt l’hospitalité en Orient, la cause est grave. On comprend alors que la mère de Jésus, attentive et compatissante, puisse s’en émouvoir.
La symbolique de l’alliance et des noces
La noce, le mariage se réfère à l’alliance de Dieu avec son peuple. On sait que c’est un thème régulièrement utilisé par les prophètes bibliques. Dieu y est présenté comme l’époux fidèle, inconditionnel, et Israël est la fiancée, ou l’épouse, qui donne des coups de canif dans le contrat. Mais les prophètes bibliques, qui sont sévères avec le peuple auquel ils s’adressent rappellent aussi que Dieu ne résilie jamais son alliance. Or à cette noce qui nous occupe aujourd’hui, il va manquer du vin. Dans une certaine lecture que l’on a fait de ce texte, ce manque signale l’insuffisance du judaïsme à répondre à l’alliance. Dans le même sens, note un exégète, il n’y a que 6 jarres, 6 étant un chiffre d’incomplétude parce que bien sûr on attend la septième. Plus de vin, seulement six jarres, suffisamment d’eau pour la purification, mais pas assez pour la transformation en vin. On se trouve là au fondement de la théologie chrétienne traditionnelle, qui a voulu montrer l’incomplétude de l’Ancienne Alliance pour démontrer la nécessité de la Nouvelle Alliance. Le système religieux juif, avec ses rites de purification, et dans la scène suivante, avec ses marchands du Temple, est présenté comme à bout de souffle, et ce vin qui manque et qui est pourtant nécessaire, il symbolise déjà le sang du Christ, c’est-à-dire la nouvelle foi chrétienne.
Mais qu’en est-il sur le plan spirituel ?
Cette question nous touche de plus près encore que les autres, car finalement, pour (suite…)
