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Le bonheur, le Ciel, c’est Dieu lui-même au milieu de son peuple et en ses témoins : les saints. Amen. Gloire et louange à Dieu.

Quels sont donc nos sentiments en cette fête de Tous les Saints ? Joie de célébrer la sainteté de tant de nos frères et sœurs, tristesse de ne pas encore être ce que nous sommes appelés à devenir ? Saint Jean, dans la 2e lecture nous dévoile cet horizon entre espérance et frustration : « dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. » La vie chrétienne est toujours un entre-deux entre le don déjà fait par Dieu de sa sainteté et le temps qu’il nous faut, celui de notre vie, pour pleinement l’accueillir et devenir saints comme Lui est saint.
La Toussaint atteste qu’à la fin de notre existence terrestre la vie n’est pas détruite : elle est transformée. Tous nous sommes appelés à ressusciter un jour avec le Christ, à être associés à sa gloire éternelle, à son bonheur sans fin. « Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement ; mais nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est ». Avec tous les saints, c’est-à-dire tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont accepté de se laisser saisir et transformer par l’amour rédempteur, nous exulterons devant la face de Dieu : « … de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs,
Comme Zachée, qu’ils jubilent ceux qui se laissent trouver par Jésus, qui désire être l’hôte de notre cœur.

Chers amis,
Jésus continue sa marche vers Jérusalem et on se trouve aujourd’hui à la dernière étape : Jéricho. Nous sommes en cette ville, géographiquement la plus basse de toutes les villes. C’est de là qu’il faut monter : élever nos cœurs pour les tourner les le Seigneur, disons-nous au cours de la messe. Cette ville est l’image de notre condition. Nous ne pouvons monter à Jérusalem que si nous nous laissons trouver par Jésus. Oui, nous venons de loin, de très loin (Ewe Mana wankuye kure, chantons-nous en Kirundi). Nous pouvons alors fêter puisque chaque fois que nous répondons à l’invitation de Dieu qui veut demeurer chez nous, c’est la fête. C’est la fête puisque nous sommes chez nous, quand nous sommes chez Lui, Lui qui nous a créés, et qui nous donne la vie par sa bonté, sa miséricorde.
Aujourd’hui, l’Evangile met devant nous un exemple : Zachée. Son nom, « Zakkay », signifie « le juste ». Mais qu’est-ce qui est juste en cet homme pécheur ? Est-ce par moquerie ? Je pense que non. Notre problème sera celui de penser que nous sommes avant tout justes par notre mérite, per nos œuvres, par notre bravoure. Ce n’est pas cela. Nous sommes justes en celui qui vient vers nous, qui se charge de nos infirmités et qui nous rend juste. Il faut seulement se laisser rejoindre.
Zachée est sans doute un des personnages les plus connus et aussi les plus sympathiques des évangiles. Pourtant on ne peut pas dire que ce soit un homme très fréquentable – du moins au départ de son itinéraire. Il est non seulement collecteur, mais « chef des collecteurs d’impôts » c’est-à-dire l’intermédiaire entre les receveurs de taxes et l’administration romaine. Ce poste était fort envié, car il permettait de brasser pas mal d’argent ; mais celui qui l’occupait était ipso facto exclu de la société civile et religieuse juive, en tant que collaborateur direct de l’occupant. Les mendiants allaient même jusqu’à refuser l’aumône des collecteurs d’impôt pendant que d’autres crachaient par terre quand ils les avaient croisés sur le chemin !
Dans la constance dans notre vie de foi et d’obéissance, Dieu nous demande de nous tenir loin de toute logique mercantiliste.

La première lecture de ce 27ème dimanche du Temps ordinaire demande au juste la constance dans la foi. La délivrance, qui est un don de Dieu, est certaine pour celui qui demeure fidèle à la Parole de Dieu. Dans notre vie quotidienne, nous remarquons beaucoup de difficultés et beaucoup de souffrances « injustifiées », ou mieux, difficiles à comprendre. Il nous faut alors demander au Seigneur la fermeté dans notre foi, que nous avons reçue comme un don de Dieu et qui transforme notre vécu quotidien, notre vie de service à l’autre, notre vie de témoignage dans nos communautés de vie, comme l’apôtre Paul y exhorte Timothée dans la deuxième lecture.






