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L’expérience de la miséricorde de Dieu dépasse de loin ce que nous pouvons penser et comprendre.

S’ouvrir au futur de Dieu

Abbé Lambert RIYAZIMANA

Toute l’histoire du peuple de la Bible est parcourue par un souffle orienté vers l’avenir, une attente et une espérance sans cesse renaissantes. Dans la première lecture, qui remonte à la fin de l’exil, l’évocation du passé le plus prestigieux (le passage de la mer Rouge) est assimilée à un carcan si elle détourne le regard du nouvel exode projeté par Dieu. Dans l’épître aux Philippiens, Paul prolonge l’espérance d’Israël lorsqu’il présente le Christ ressuscité comme l’avenir d’une humanité régénérée. Voilà une excellente clé pour relire l’épisode de la femme adultère dans l’évangile de Jean. Ce récit met face à face les tenants du passé (scribes et pharisiens) et Jésus, qui ouvre aux hommes un avenir tout autre. Lapider quelqu’un, c‘est lui refuser tout avenir, ne pas admettre que quelqu’un peut s’améliorer ; comprendre et pardonner, c’est lui permettre de revivre. C’est nous retrouver nous-mêmes, qui avons été pardonnés et qui devons apprendre à pardonner.

La méditation des lecture du dimanche passé pouvait aussi nous porter à comprendre que le sacrement de la réconciliation se vit en vue de la miséricorde que nous sommes appelés à accueillir, et non la honte de nos propres péchés, puisque le fils prodigue n’a même pas pensé au repentir de ses péchés, mais au futur qui pouvait changer sa vie. En effet, la mémoire est spirituellement importante, pourvu qu’elle ne nous bloque pas dans notre passé, mais nous relance vers un futur meilleur, fût-ce aussi comparable à celui auquel aspirait le fils prodigue : pouvoir manger au moins au fruit de la sueur de son front, comme un ouvrier journalier. Ainsi, dans le sacrement de la réconciliation, la reconnaissance de notre péché doit nous projeter vers le futur, celui de l’homme qui aura accueilli le don gratuit de la miséricorde de Dieu.

L’oracle d’Isaïe que nous écoutons dans la première lecture suit un cheminement (suite…)

La miséricorde de Dieu ne se mérite pas. Elle est pure gratuité.

00011545Le livre de Josué comme celui des Juges, et des Rois, a été composé au cours de la captivité à Babylone. La catastrophe de 587, avec la prise de Jérusalem, la destruction du Temple et la déportation a été une terrible épreuve pour le Peuple Juif. Celle-ci a provoqué une réflexion théologique à la lumière de l’enseignement des prophètes pour aboutir à la formulation de la foi juive. Avec la lecture de ce dimanche, nous sommes au début de la conquête de la terre promise enfin atteinte. En effet, le Carême est un temps où, dans le désert de notre existence ici bas, avec ses difficultés, se craintes et ses infidélités, nous découvrons la proximité de Dieu qui, nonobstant tout ce qui peut lui faire obstacle, nous guide vers notre Terre Promise. On a traversé le Jourdain en revivant ce que les pères avaient vécu lors du passage de la mer Rouge. Et on célèbre la Pâque, réalisant ce que Moïse avait dit :  » Quand vous serez entrés dans la Terre que Yahvé vous donnera, vous observerez ce rite.  » (Exode, 12, 25)

On est alors bien arrivé dans cette terre d’abondance. La seconde lecture nous dit :  » Le monde ancien s’en est allé. Un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu. » Ce passage de la lettre de Paul a été choisi en lien avec l’évangile d’aujourd’hui. Par le baptême, nous sommes devenus des créatures nouvelles. Nous sommes déjà dans le monde nouveau de la résurrection. Mais le péché est là, qui malheureusement, défigure notre image de fils de Dieu. Comme le père du prodigue, Dieu veut nous rétablir dans notre dignité de baptisés. Il veut nous  » réconcilier « , autrement dit nous remettre en communion d’amour avec Lui et avec nos frères. Remarquez combien de fois (suite…)

Reconnaitre notre misère et accueillir ton pardon, telle est notre justice, ô Dieu d’amour et de miséricorde.

Pharisien et PublicainPour nous aider à méditer la Parole de Dieu de ce quatrième samedi du cheminement du Carême (Samedi de la 3ème Semaine), Jésus nous entretient aujourd’hui sur la façon de bien prier. Il choisit d’inventer une petite parabole décrivant une situation très contrastée. Jésus rassemble dans le temple, au même moment, celui qui est prétendu par tous, à commencer par lui-même, comme juste et pieux et celui qui est unanimement considéré comme le type des pécheurs publics. Jésus nous montre un pharisien et un publicain.  Pour un observateur « ordinaire », les deux hommes que le Christ nous présente pourraient sembler presque identiques, car ils se trouvent au même endroit et font la même chose : tous les deux sont « montés au temple pour prier » (Lc 18,10). Mais au-delà des apparences, au plus profond de leur conscience personnelle, les deux hommes diffèrent radicalement : l’un, le pharisien, a la conscience tranquille, alors que l’autre, le publicain —collecteur d’impôts— est inquiet car il ressent de la culpabilité.

Dans le passage que nous contemplons, nous voyons que dans une personne se trouve un nœud de trois cordes, si bien qu’il est impossible de le défaire en négligeant l’une ou l’autre. La première nous relie à Dieu ; la deuxième aux autres ; et la troisième à nous-mêmes. Notons bien ceci : ceux auxquels s’adresse Jésus « étaient convaincus d’être justes et méprisaient tous les autres » (Lc 18,9), de sorte qu’ils priaient mal. Les trois cordes vont toujours ensemble ! Comment les mettre correctement en relation ? Quel est le secret pour défaire le nœud ? La conclusion de cette parabole incisive nous le dit : l’humilité. Comme sainte Thérèse d’Avila l’expliquait : « L’humilité, c’est la vérité ».

La prière du premier est une longue action de grâce. « Il ne demande rien ». C’est (suite…)