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« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait »

Nous sommes au terme de l’année liturgique. En ce dernier dimanche du temps ordinaire, nous célébrons la solennité de Jésus-Christ roi de l’univers. Cette fête fut instaurée par le pape Pie XI le 11 décembre 1925 par l’encyclique «Quas Primas» pour «ramener et consolider la paix par le règne du Christ», après les affres de la 1ère guerre mondiale. Les dirigeants du monde d’alors comme ceux d’aujourd’hui, ne parviennent pas à assurer la paix. Si l’on vit des accalmies, ce sont des trêves, des peurs inspirées par l’équilibre des forces, des cohabitations pacifiques,… Le Pape nous propose la royauté du Christ comme celle pouvant nous donner la paix intérieure et extérieure.

A la fin de chaque année, on est souvent appelé à faire une sorte de bilan pour voir d’où on est parti, et où on est vraiment arrivé. C’est pour cela que les lectures de la solennité du Christ-Roi de l’Univers nous mettent devant les comptes de notre comportement de la vie quotidienne. Il nous faut souligner » vie quotidienne », puisque, à lire le récit du jugement dernier, nous voyons qu’il y a ceux qui ont fait du bien chaque jour, sans se préoccuper de quoi que ce soit, et qui entendent le Maître leur dire, et à leur surprise : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait ».

La liturgie de cette solennité nous met devant deux images: le Roi et le Pasteur. Nous avons deux titres qui ne se limitent pas seulement à nous présenter deux faces de la personne du Christ. Entre les deux titres du Christ, nous y lisons l’entière histoire du salut. C’est ainsi que nous clôturons l’année liturgique par cette sorte de passage en revue (bilan) de notre cheminement au cours de cette année. Nous nous rendons compte d’une certaine répétition des thèmes dans ces lectures. La première partie de la liturgie de la Parole (1ère lecture et le psaume responsorial), nous avons la prédominance de l’image de Pasteur. Dans la deuxième lecture et dans l’évangile prévaut l’image du Christ-Roi.

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Disponibilité de Marie à l’écoute de Jésus : ne pas devenir si occupé par « le travail du Seigneur » jusqu’à oublier « le Seigneur du travail ».

L’Évangile de ce jour nous présente deux figures bien connues des chrétiens : Marthe et Marie. Et on les identifie rapidement, en les opposant, aux actifs et aux contemplatifs. Marthe serait celle qui sait être efficace, réaliser une tâche utile, tandis que Marie saurait prendre le temps d’écouter Jésus, la Parole de Dieu. Et selon que nous sommes plus sensibles aux besoins matériels immédiats ou aux biens spirituels, on justifiera l’un et critiquera l’autre. Si on en reste à cette analyse simple, trop simple, la réflexion de Jésus à Marthe est incompréhensible, voire injuste. « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas retirée. » A plusieurs reprises, pourtant, Jésus nous invite à une charité active, notamment quand il nous prévient : « Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 7,21).

Le passage de Marthe et Marie est mis tout de suite après le passage du bon samaritain que nous avons médité dimanche passé. Ceci n’est pas anodin, la chose importante est l’amour. Là où Marthe est corrigée par Jésus, avec tant de délicatesse,

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Solennité de Pentecôte: l’Esprit Saint ouvre les frontières et réchauffe les cœurs. Au fantasme de l’uniformité, l’unité dans la diversité.

Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent :la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.
Le récit de la Pentecôte, dans le livre des Actes des Apôtres, fait d’abord un état d’un coup violent de vent. Ne fallait-il pas un souffle puissant pour secouer des esprits figés et délier les langues muettes ? Une pluie de feu n’était-elle pas nécessaire pour embraser ces disciples glacés par la peur ? Seul l’Esprit de Dieu pouvait faire sortir ces hommes traqués de leur refuge. L’énumération des 12 provinces de l’empire symbolise la mission universelle des apôtres, ce qui est aussi la véritable signification du prodige des langues. Loin d’enfermer, l’Esprit de Dieu ouvre ; il manifeste la générosité de Dieu dans la chatoyante diversité des dons. Au fantasme de l’uniformité obligatoire (ce qui demeure une obsession pour certains), illustré par la tour de Babel, le souffle Créateur de la Pentecôte oppose une unité à construire dans le respect des différences, par le dialogue et la réconciliation. Quand cela se passe-t-il ? L’Evangéliste Jean nous répond : le premier jour de la semaine. Avec l’Esprit que Dieu donne, une nouvelle création voit le jour. C’est une nouvelle Genèse. « Le premier jour de la semaine » : nous sommes loin de la pesante obligation de la messe dominicale qui est perçue par certains sous l’aspect juridique. Il s’agit d’une nécessité vitale : Dieu nous recrée par son souffle ! A la première création, « Dieu souffla dans les narines de l’homme un souffle de vie »(Gn2,7). A la dernière création,

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