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Sur son trône de la Croix, le Christ inaugure le Royaume basé sur l’humilité et la miséricorde

Frères et sœurs bien-aimés,
Nous voici au terme de l’année liturgique, rassemblés pour célébrer la solennité de notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers. Lorsque nous entendons le mot « Roi », notre esprit imagine spontanément la gloire, le pouvoir, le trône d’Or, et la force des armées, comme le roi David dans la première lecture, oint et reconnu par toutes les tribus d’Israël.
Pourtant, la Parole de Dieu de ce dimanche nous place devant le plus grand des paradoxes. Quel est le trône du Christ-Roi ? La Croix. Quelle est sa couronne ? Les épines. Quel est son sceptre ? Les bras étendus de l’Amour qui pardonne. L’Évangile nous montre le Christ au sommet du Calvaire, moqué et insulté par les chefs et les soldats : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » (Lc 23, 35).
C’est là, dans cette faiblesse assumée, que nous découvrons la vérité et la puissance de sa royauté.
Jésus est « le bon Pasteur », » le Vrai Pasteur », « l’Unique Pasteur » su troupeau que nous sommes.

L’évangile de ce quatrième dimanche nous présente une parabole que nous connaissons bien, avec un vrai berger, un faux, des brebis, un loup… Mais si nous écoutons attentivement ce que nous dit Jésus à travers cette parabole, nous pourrions être surpris par l’espérance qui s’en dégage pour l’Église actuelle, dans un monde sécularisé.
En effet, Jésus nous présente deux Curriculum Vitae ; le sien, et celui de ses brebis.
Et ces deux Curriculum Vitae nous indiquent une véritable espérance pour l’avenir du christianisme au sein de notre société sécularisée.
Pour le comprendre, lisons ces deux C.V :
Celui de Jésus : le-bon-pasteur :
Lire la suite: Jésus est « le bon Pasteur », » le Vrai Pasteur », « l’Unique Pasteur » su troupeau que nous sommes.1) Jésus se présente comme étant « le bon pasteur, le vrai berger » : il y a une redondance, une insistance, que le grec de l’évangile rend bien, et avec laquelle Jésus nous dit qu’il est le berger, le pasteur au sens où il n’y en pas d’autres ! Pierre, qui se tient probablement tout à côté de Jésus dans ce dialogue avec les notables juifs, revient sur ce point, dans le livre des Actes des Apôtres qui était la première lecture aujourd’hui : « sous le ciel, aucun autre Nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver ». Aucun. « Chefs du peuple et anciens, dit encore Pierre dans le passage que nous venons d’écouter, sachez-le donc, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le Nom de Jésus le Nazaréen », et « en nul autre que lui », que les brebis sont conduites vers les prairies de la Vie.
2) Ce n’est pas tout : Jésus se présente à tout le peuple d’Israël comme étant « le bon », « le vrai », au sens où personne d’autre que lui ne prend autant soin de ses brebis. Il a donné sa vie pour elles. Il n’a pas fait défection au moment de la Passion, car « le vrai berger donne sa vie pour ses brebis », dit Jésus. Contrairement au berger qui, en fait, n’est rien d’autre qu’un mercenaire au service de lui-même…
3) Enfin, « le bon pasteur, le vrai berger », c’est-à-dire le berger qui connaît ses brebis une par une. Il n’est pas le Chef d’un vague troupeau où les brebis seraient plus ou moins nombreuses, où elles seraient plus ou moins anonymes ; il connaît au contraire chacune d’entre elle par son propre nom. Si l’on est attentif à cette disposition du Cœur de Jésus pour ses brebis, nous pouvons même y déceler un véritable motif de fierté de sa part, tant Jésus n’hésite pas à insister sur son attention toute particulière pour chacune de ses brebis. « Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé, dit Jésus avec aplomb dans le discours sur le pain de vie : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés » (Jn 6, 39). Et de rajouter dans sa prière au Père, à la fin de son dernier repas pris avec les Apôtres : « j’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie » (Jn 17,12). Ce n’est pas tout : « je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés », trouvons-nous encore en Jn 18,9, quand Jésus est sur le point de souffrir sa Passion. Le regard que Jésus-le-bon-Berger porte sur ses brebis est un regard personnel, un regard aimant, un regard protecteur.
Le C.V des brebis :
Le C.V des brebis, quant à lui, fait ressortir qu’aux yeux du berger, ces brebis ne sont pas des ruminants passifs et dénuées d’intelligence. Elles sont au contraire bien vivantes et très en lien avec leur berger :
Car si « je connais mes brebis, dit Jésus, mes brebis me connaissent », elles écoutent ma voix – et moi (Jésus) je donne ma vie pour elles. Il y a donc une connaissance mutuelle qui s’établit entre le pasteur et ses brebis. Pour les brebis, connaître le berger est une affaire d’écoute, et donc de temps. L’exemple de la vie des apôtres montre bien qu’il faut aux brebis du temps, de la persévérance, de la clairvoyance, et même des expériences d’échec (pensons à toutes les fois où les apôtres se trompent, en ne comprenant pas ce que leur dit Jésus !), pour apprendre qui est leur Berger, et qui il n’est pas.
De plus, dans l’évangile de Jean, les verbes « connaître » et « aimer » sont très proches : quand les brebis écoutent leur berger, elles apprennent à le connaître et à le suivre, et plus elles le connaissent, plus elles l’aiment, car Jésus est infiniment aimable.
Enfin, les brebis portent une part de l’identité du bon berger. Pourquoi ? Parce que le berger est lui-même un agneau : « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (selon la définition de Jean le Baptiste en Jn 1,29). Connaître quelqu’un suppose de reconnaître chez lui quelque chose de co-naturel, quelque chose de familier. Et depuis l’Incarnation du Verbe, c’est chose faite… Les brebis sont à l’image de l’Agneau : aimantes et pleines de vie !
Alors, pourquoi ces deux Curriculum Vitae sont-ils porteurs d’espérance pour l’Église de aujourd’hui, dans son contexte sécularisé ? Eh bien, ces deux Curriculum Vitae présentés par le Christ font valoir combien le christianisme se comprend comme la foi en une relation interpersonnelle, au sein du troupeau, entre le berger et chacune des brebis, et non pas comme une religion au sens habituellement retenu par nos contemporains, c’est-à-dire en un sens de religion astreignante, de religion empêchant la joie de vivre. La foi catholique n’est pas un ensemble de « préceptes humains » (pour reprendre l’expression de Jésus lui-même dans les évangiles synoptiques) , un ensemble de normes de conduites, avec ses codes alimentaires ou vestimentaires, un ensemble de pratiques rituelles sans lien avec l’amour qui se donne… Le christianisme est la foi en une Personne vivante, en un Berger qui donne au christianisme quelque chose d’unique ; plein de joie, plein de vie. Soyons-en les témoins ! C’est ce que l’Église nous demande aujourd’hui, en cette 61e journée mondiale de prière pour les vocations, à travers la voix du pape François dans son message pour ce dimanche : « Appelés à semer l’espérance et à construire la Paix ». Face à « l’avancée menaçante d’une troisième guerre mondiale par morceaux », le pape François rappelle que « nous sommes tous appelés à donner corps et cœur à l’espérance de l’Évangile ». C’est depuis soixante ans que ce dimanche est consacré à la prière des catholiques du monde entier pour les vocations. C’est en 1964 en effet, en plein concile Vatican II, que le pape Paul VI a instauré cette journée mondiale de prière.
Prions donc pour les vocations : vocations à l’union conjugale, en n’oubliant pas qu’un mariage plein de joie et plein de vie, enraciné dans le sacrement du mariage, est un formidable témoignage pour les brebis égarées, et un vrai réconfort pour les brebis en difficulté au sein du troupeau. Vocations au sacerdoce, vocations à la vie religieuse.
Marie Mère de Dieu. Bénédictions et Paix du Ciel sur tous les hommes, de toutes les nations, à travers la simplicité de la Nativité.

Le premier jour de l’année est dédié à la solennité de Marie Mère de Dieu. Il est aussi la Journée Mondiale de prière pour la paix et nous sommes habitués à méditer les messages que les Souverains Pontifes adressent aux fidèles catholiques et à toutes les personnes de bonne volonté. Cela ne saurait être séparé de Noël où nous chantons avec les anges, la gloire de Dieu et la paix qui se déverse sur le monde. Oui, l’incarnation signe le temps de la paix, malgré la simplicité des récits de la naissance de Jésus, Prince de la paix. A travers cette simplicité même, descendent sur l’humanité et la création entière les bénédictions de Dieu, les grâces de Dieu, la paix de Dieu.
Toute la narration de la naissance de Jésus dans l’Évangile est pleine de pauvreté et de simplicité. Jésus est né dans une mangeoire pour animaux,






