Comme Zachée, qu’ils jubilent ceux qui se laissent trouver par Jésus, qui désire être l’hôte de notre cœur.

Chers amis,
Jésus continue sa marche vers Jérusalem et on se trouve aujourd’hui à la dernière étape : Jéricho. Nous sommes en cette ville, géographiquement la plus basse de toutes les villes. C’est de là qu’il faut monter : élever nos cœurs pour les tourner les le Seigneur, disons-nous au cours de la messe. Cette ville est l’image de notre condition. Nous ne pouvons monter à Jérusalem que si nous nous laissons trouver par Jésus. Oui, nous venons de loin, de très loin (Ewe Mana wankuye kure, chantons-nous en Kirundi). Nous pouvons alors fêter puisque chaque fois que nous répondons à l’invitation de Dieu qui veut demeurer chez nous, c’est la fête. C’est la fête puisque nous sommes chez nous, quand nous sommes chez Lui, Lui qui nous a créés, et qui nous donne la vie par sa bonté, sa miséricorde.
Aujourd’hui, l’Evangile met devant nous un exemple : Zachée. Son nom, « Zakkay », signifie « le juste ». Mais qu’est-ce qui est juste en cet homme pécheur ? Est-ce par moquerie ? Je pense que non. Notre problème sera celui de penser que nous sommes avant tout justes par notre mérite, per nos œuvres, par notre bravoure. Ce n’est pas cela. Nous sommes justes en celui qui vient vers nous, qui se charge de nos infirmités et qui nous rend juste. Il faut seulement se laisser rejoindre.
Zachée est sans doute un des personnages les plus connus et aussi les plus sympathiques des évangiles. Pourtant on ne peut pas dire que ce soit un homme très fréquentable – du moins au départ de son itinéraire. Il est non seulement collecteur, mais « chef des collecteurs d’impôts » c’est-à-dire l’intermédiaire entre les receveurs de taxes et l’administration romaine. Ce poste était fort envié, car il permettait de brasser pas mal d’argent ; mais celui qui l’occupait était ipso facto exclu de la société civile et religieuse juive, en tant que collaborateur direct de l’occupant. Les mendiants allaient même jusqu’à refuser l’aumône des collecteurs d’impôt pendant que d’autres crachaient par terre quand ils les avaient croisés sur le chemin !
Dans la constance dans notre vie de foi et d’obéissance, Dieu nous demande de nous tenir loin de toute logique mercantiliste.

La première lecture de ce 27ème dimanche du Temps ordinaire demande au juste la constance dans la foi. La délivrance, qui est un don de Dieu, est certaine pour celui qui demeure fidèle à la Parole de Dieu. Dans notre vie quotidienne, nous remarquons beaucoup de difficultés et beaucoup de souffrances « injustifiées », ou mieux, difficiles à comprendre. Il nous faut alors demander au Seigneur la fermeté dans notre foi, que nous avons reçue comme un don de Dieu et qui transforme notre vécu quotidien, notre vie de service à l’autre, notre vie de témoignage dans nos communautés de vie, comme l’apôtre Paul y exhorte Timothée dans la deuxième lecture.
L’appel universel au salut inspire la confiance et l’engagement responsable et courageux pour entrer par la porte étroite. C’est une urgence de changer de mentalité et d’entrer dans la logique du Royaume.
« Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés» (1 Tm 2,4).
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite… Beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas » Je cite aussi ce que dit Jésus sur le même sujet, en Matthieu 7 : « Entrez par la porte étroite. Large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui s’y engagent. Mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie, il en est peu qui le trouvent. » Nous connaissons tous ces paroles. Le Salut, serait-ce une question de chiffres ? Nous aussi, nous posons à Jésus la même question que la personne de cet Évangile. Nous voudrions savoir qui va être sauvé. Si cette préoccupation était du temps de Jésus, on ne peut pas dire que notre temps n’en soit pas concerné. La tentation de réserver des places aux paradis existe bel et bien, pour nous, pour les nôtres,… Qu’avons-nous à l’esprit chaque fois que nous divisons le monde, nos sociétés en deux: le « NOUS » identifié évidemment à ceux qui font le bien, les nôtres qui ont des qualités, et « LES AUTRES » qui ne font que se tromper,… N’est-ce pas un mode de se réserver des postes aux premiers rangs du paradis? Nous voudrions être rassurés sur nos chances à gagner la vie éternelle car la perspective d’être perdu à tout jamais est vraiment effrayante. Comme il serait affreux de vivre un bonheur, loin de nos familiers, de nos amis les plus chers mais qui (suite…)







