« Lazare, sors ! » : Victoire de la Vie sur nos tombeaux.

Frères et sœurs bien-aimés dans le Christ, nous voici rassemblés dans cette magnifique cathédrale de Ngozi, portés par le souffle du Carême qui nous conduit vers la Pâque. Les lectures de ce jour nous placent au cœur du drame humain : la confrontation entre la mort qui fige et la Vie qui libère.
Dans l’Évangile, nous entendons ce cri déchirant de Marthe et Marie : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » C’est le cri de celui qui souffre sur son lit d’hôpital, de la mère qui pleure son enfant, du paysan dont la récolte a séché. C’est une plainte qui semble dire que Dieu arrive trop tard. Mais aujourd’hui, la Parole de Dieu vient nous dire que pour le Seigneur, il n’est jamais trop tard.
La promesse d’Ézéchiel : Dieu ouvre nos tombeaux
Le prophète Ézéchiel (Ez 37, 12-14) s’adresse à un peuple en exil, un peuple qui a tout perdu et qui se compare à des ossements desséchés dans une vallée. Ils disent : « Notre espérance est détruite. » Pourtant, la réponse de Dieu
La soif du cœur : de la soif du désert à la rencontre avec Dieu et de la rencontre à la mission vers les autres.

Dans le désert, les Hébreux torturés par la soif et le doute interpellent Moise : « donne-nous de l’eau à boire ». L’eau jaillit du rocher désaltéra les corps épuisés, mais plus encore, elle apparut à Israël comme un signe de la présence de Dieu parmi les siens. Au cours de la longue traversée du désert, les Hébreux ont expérimenté combien est difficile la conquête de la liberté et comment, à la moindre difficulté, on est tenté de revenir à l’esclavage antérieur. Moise fut souvent pris à partie par un peuple découragé et faillit plus d’une fois être mis à mort par ceux-là même qu’il voulait libérer. A travers lui, c’est à Dieu que s’en prenaient les Hébreux, le mettant à défi d’accomplir sa promesse. Pourtant, le Seigneur n’a cessé de nourrir et d’abreuver ce peuple rebelle, manifestant que lui seul peut combler l’espérance de ceux qui ont faim et soif de justice, de liberté et d’amour.
Parfois, nos efforts se heurtent à l’apathie ou à l’ingratitude de ceux que nous voudrions aider ou aimer. Nous découvrons-nous alors proche de Dieu?
Redescendre de la montagne : Mission et service des autres

Le Carême est une aventure du cœur
Frères et sœurs,
Nous voici au deuxième dimanche de notre marche vers Pâques. Si le premier dimanche nous a menés au désert pour affronter nos tentations, ce deuxième dimanche nous hisse sur une montagne. Le Carême n’est pas un repli triste sur soi-même ; c’est un déplacement. C’est l’aventure de ceux qui acceptent, comme Abraham et les apôtres, de perdre leurs vieux repères pour gagner une lumière nouvelle.
1. L’appel au départ : la confiance d’Abraham
Tout commence par une parole de rupture : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père. » (Genèse 12). Imaginez Abraham. Il a 75 ans. Il a ses habitudes, son confort, sa sécurité. Et Dieu lui demande de tout laisser pour une destination… inconnue. Pourquoi ? Parce que la bénédiction de Dieu ne se trouve pas dans l’immobilisme, mais dans la marche. Quel enseignement pour nous : le Carême nous demande : « Qu’est-ce que tu dois quitter aujourd’hui ? » Ce n’est peut-être pas ta maison physique, mais peut-être une habitude toxique, un jugement sur les autres, ou cette fausse sécurité que nous mettons dans l’argent ou le contrôle. Comme le dit le Psaume 32, mettre sa confiance en Dieu, c’est accepter que c’est Son amour qui nous garde en vie, et non nos propres citadelles.
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