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« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait ».
Nous sommes au terme de l’année liturgique. A la fin de chaque année, on est souvent appelé à faire une sorte de bilan pour voir d’où on est parti, et où on est vraiment arrivé. C’est pour cela que les lectures de la solennité du Christ-Roi de l’Univers nous mettent devant les comptes de notre comportement de la vie quotidienne. Je dis bien « quotidienne, puisque, à lire le récit du jugement dernier, nous voyons qu’il y a ceux qui ont fait du bien chaque jour, sans se préoccuper de quoi que ce soit, et qui entendent le Maître dire, et à leur surprise : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait ». Rappelons nous de la méditation que je proposais dimanche passé où les deux premiers serviteurs se sont mis au travail comme si de rien n’était, n’étant pas en premier lieu préoccupés des risques et périls de la fortune qui leur avait été confiée. Dans le cas contraire, ceux qui ont omis ces petits gestes sont surpris d’avoir été distraits. Peut-être qu’ils se disent qu’ils n’ont fait du tort à personne ! Mais, il ne suffit pas de ne rien avoir fait de mal, il faut avoir fait quelque chose de bien. Que de péchés d’omission dans notre vie de tous les jours, nous limitant à ne rien faire de mal aux gens, sans pour autant poser de gestes charitables envers ceux qui en ont besoins !
Revenons à notre bilan annuel. Au commencement de l’année liturgique, nous étions invités à abaisser notre regard vers un Enfant déposé dans une mangeoire ; au terme du cycle, nous devons lever les yeux vers celui qui vient avec puissance, le Roi de gloire, le Seigneur des Seigneur, le Juge des vivants et des morts. En effet, il nous dit qu’il vient « dans sa gloire, avec les anges, pour siéger sur son trône de gloire ». En parcourant les Evangiles tout au long de l’année, il nous a cependant fallu nous rendre à l’évidence : Jésus n’entend pas cette royauté à la manière dont nous la concevons : « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être le premier sera votre esclave. Ainsi le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mt 20, 25-28).
Les lectures de la liturgie de ce jour nous précisent encore les modalités de cette royauté hors de l’ordinaire. Qui donc est ce roi qui va lui-même rechercher la brebis égarée, qui rassemble le troupeau dispersé, qui veille personnellement sur lui, le protège et le délivre ; qui s’occupe de chacune de ses brebis selon son besoin particulier ? (Cfr la 1ère lecture). L’image du roi-pasteur est empreinte d’une sollicitude et d’une tendresse qui tranche avec le mépris hautain affiché par certains de nos dirigeants. Sachons qu’Ezéchiel parle dans un contexte dur : celui de l’exil. La cause avait été les rêves de grandeur et de puissance qui habitaient les rois qu’Israël s’était donnés qui n’ont fait que conduire le peuple vers la captivité. Nous le savons, quand il y a des malheurs qui accablent un peuple, c’est d’abord les plus petits qui en payent le prix. Ces pauvres d’Israël doivent payer les conséquences de cette mauvaise politique des grandeurs. Ezéchiel encourage le peuple meurtri, en envisageant un nouveau régime politique, dont le roi sera Dieu lui-même, pasteur de son troupeau. Le voilà alors proche de son peuple, et qui s’implique en sa faveur ; un peuple dont il prend lui-même soin, « le menant vers les eaux tranquilles et le faisant reposer sur des près d’herbe fraîche », comme nous le dit le psaume responsorial.
C’est donc à la lumière de cette tendresse attentive du pasteur qu’il faut comprendre l’exaltation de la royauté guerrière de celui qui triomphe de la mort après avoir détruit toutes les puissances. L’humilité du Roi vainqueur n’est d’ailleurs pas démentie, puisque sa victoire n’est pas au profit de son exaltation personnelle : nous lisons en effet que lorsque « tout sera achevé, il remettra son pouvoir royal à Dieu le Père », afin que « Dieu soit tout en tous ». Lorsque Jésus exerce le ministère de Juge universel, il parle encore au nom de son Père qui à travers lui prononce la sentence. Quels sont les critères-guides de cette sentence. Aucune allusion à une confession de foi. Ce sont leurs œuvres de miséricorde en faveur des plus petits qui témoigneront pour nous et qui nous pour nous de confession de foi. Quant à ceux qui se déclarent pour le Christ devant les hommes, « il ne leur suffit pas de dire “Seigneur, Seigneur !” pour entrer dans le Royaume des cieux : il faut aussi qu’il fasse la volonté du Père qui est aux cieux » (Mt 7, 21).
Au bout du compte, ce sont donc bien les œuvres de charité qui sont déterminantes, tant il est vrai que « celui qui n’agit pas, sa foi est bel et bien morte » (Jc 2, 17). Or ce qui frappe de prime abord, c’est le caractère « ordinaire » des actions rapportées : nourrir un affamé, vêtir un démuni, accueillir un étranger, visiter un malade ou un prisonnier, rien de tout cela n’est hors de notre portée. Si le service des démunis attire la bienveillance divine, c’est précisément parce qu’il est gratuit : ceux qui en bénéficient auraient en effet bien du mal à nous l’offrir en retour. C’est en cela qu’il entre dans la logique du Royaume, qui est celle de l’amour (nécessairement) gratuit. L’accès au Royaume n’est pas une récompense pour bons et loyaux services ; la pleine communion avec Dieu sera l’accomplissement de ce qui est déjà commencé dans le cœur de ceux qui ont écouté la voix de leur conscience et sont entrés en solidarité concrète avec leurs frères dans le besoin. Oui heureux sont-ils, car les œuvres qu’ils accomplissent ainsi dans l’Esprit de charité, purifient leurs cœurs et leur permettront au jour du jugement de voir Dieu ; et de le voir précisément sous les traits de ceux en faveur desquels ils se sont mis en peine. Le jugement que nous pouvons remettre à plus tard est en réalité un événement permanent. C’est aujourd’hui le jour du jugement. A la fin, nous nous serons jugés nous-mêmes ; Dieu ne fera que dévoiler ce qui était caché dans chacune de nos journées. La vie éternelle est déjà commencée.
Oui, « tout ce que vous avez fait – ou omis de faire – à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». L’identification entre le Christ et chacun de « ces petits » qu’il appelle « ses frères » est inouïe. Le Fils de Dieu s’est tellement uni à notre humanité, qu’il est personnellement concerné par le sort de chacun d’entre nous. Nous avions souligné que si les bons serviteurs de la parabole de la semaine passée poursuivent généreusement leur travail, c’est tout simplement parce que leur Maître n’a pas quitté la demeure de leur cœur. Cette semaine nous apprenons que non seulement les bons serviteurs que nous devrions être, demeurent en communion d’amour avec leur Seigneur, dans l’Esprit, mais qu’ils peuvent même continuer à le servir physiquement dans chacun de leurs frères, particulièrement les plus démunis.
Ceci révèle donc une incroyable présence de Dieu, une présence du Christ qu’on pense souvent absent et qu’on se met à vivre comme s’il n’existait pas. A l’accomplissent de toute l’Histoire, Jésus va nous la résumer en parlant de lui (qui est l’Alpha et l’Omega de notre histoire !). Dans la multitude de ceux que nous avons rencontrés, Lui seul existait, et surtout en ceux qui avaient besoin de mon intervention charitable : « j’avais faim, j’avais soif, j’étais nu, j’étais malade, j’étais en prison, j’étais étranger, émigré, … », mais aussi, « j’éprouvais l’angoisse et la solitude, j’avais le visage triste et avais besoin de ton sourire et tu m’as donné un peu de ton temps ; le curé cherchait des mamans et des papas pour la catéchèses des enfants, et tu t’es engagé même si cela te prenait du temps et que les enfants n’écoutaient même pas ; mes supérieurs ne savaient plus qui envoyer dans cette zone pastorale ou communauté que tous craignent et je ne me suis pas senti trahi ou abandonné quand on m’y a envoyé ; mes concitoyens avaient besoin d’être bien gouvernés et défendus de la corruption et je me suis engagé en politique, en syndicats,… ». Quel est le bilan que je peux établir alors à la fin de cette année liturgique ? Comment ai-je participé à la royauté du Christ ? Y participer, en effet, c’est lutter avec lui contre toute les puissances du mal : soigner ou visiter les malades, briser la solitude de quelqu’un, épauler ou conseiller un jeune ou un couple inquiet pour son avenir, rendre un peu d’espérance aux familles éprouvées par le deuil,… Quel mal puis-je ainsi combattre ? Ou bien, nous en restons là, en spectateurs, avec la conscience que nous ne faisons rien de mal à personne, comme cet anecdote (en Italien !)
« Dieu notre Père, ton Fils, victorieux du péché et de la mort, règne désormais sur l’Univers. Mais c’est un roi serviteur qui lave les pieds de ses disciples, un berger qui part à la recherche de la brebis perdu. Il est celui qui se présente aujourd’hui à nous sous les traits des frères et sœurs démunis avec lesquels nous cheminons sans les voir. Aide-nous afin que nous décidions aujourd’hui et chaque jour, de notre éternité, car tu ne demeures qu’en ceux qui aiment, c’est-à-dire ceux qui ne ferment pas leur cœur aux appels de détresse, mais acceptent de perdre joyeusement leur vie au profit de ceux qui la réclament. »
La Sainte Trinité : mystère et « réalité historique » d’un Dieu qui aime et qui sauve l’homme.
Puisque Dieu a envoyé son Fils dans le monde, il nous est désormais possible de contempler et de suivre un homme qui aime à la manière de Dieu. Il est venu, non pas pour nous juger, mais pour nous sauver, apprenons-nous de Lui. En effet, le jugement passe au crible les faits et les gestes du justiciable, et la sentence est réputée ajustée aux mérites ou aux torts de chacune des parties. Le salut, par contre, est une offre gratuite (qui requiert évidemment la foi de la part du pécheur) mais qui est accordée à celui-ci en dépit de ses faiblesses. Voilà en germe, ce que l’Eglise a entendu comme Mystère de la Trinité : le Dieu que Jésus appelle Père, et dont il nous dit qu’il enverra l’Esprit, est un Dieu qui sauve par amour. Il n’est autre que le « Dieu tendre et miséricordieux » qui, d’après la 1ère lecture, s’est révélé à Moïse. C’est de Dieu de tendresse qu’a prié Moïse, pour qu’Il accompagnât la marche des hommes vers la liberté, sachant que l’amour et le pardon de Dieu viendraient à bout de nos têtes dures.
« Dieu a tant aimé le monde… »
Nous sommes devant des « faits » et non pas des concepts philosophiques compliqués. L’exemple de Nicodème qui représente les milieux intellectuels juifs est éloquent : bien qu’il soit Maître de doctrine, il ne comprend pas. La Trinité n’est pas d’abord un casse-tête
intellectuel, mais elle une réalité simple : Dieu est amour. Dieu a tant aimé le monde que sa Parole s’est faite l’un de nous en la personne de Jésus. Il s’agit des faits, des actes précis de l’histoire, dans un coin du monde précis, localisable…
Pour cela, notre credo n’est pas une suite d’idées, mais une suite d’évènements : Dieu a crée, Jésus a été conçu du Saint-Esprit, a souffert, est mort, est ressuscité… Oui, le mystère de la Trinité est un des trois principaux mystères de la foi chrétienne – avec le mystère de l’incarnation et celui de la rédemption. C’est le mystère le plus englobant, celui qui nous révèle l’origine et la fin de toutes choses ; mais nous ne pouvons nous élever à une telle hauteur qu’en nous appuyant sur les deux autres. Car tout ce que nous affirmons de Dieu, nous l’apprenons de son Fils Jésus Christ.
Nos célébrations ne sont pas des fêtes d’idées, d’idéaux : nous ne fêtons pas la justice, la liberté, la fraternité, l’égalité, … L’évangile n’est pas non plus un traité doctrinal comme le sont certains traités de théologie ou de philosophie, mas un récit relatant des évènements dont l’acteur est Dieu.
« Dieu a tant aimé le monde… »
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique. Désormais, tout homme est appelé à prendre position devant ce geste d’amour de Dieu en la personne de Jésus-Christ. Il est venu, non pour juger, mais pour sauver. Ce sont les hommes qui portent sur eux le jugement, ce n’est pas Dieu qui condamne. Celui qui fait le mal refuse l’amour qui aurait éclairé sa vie ; celui qui agit selon la vérité vient au Christ, et sa vie est illuminée. Comme le serpent de bronze dressé sur un mât dans le désert guérissait les Hébreux des morsures des scorpions s’ils le regardaient avec foi, ainsi un regard d’amour et de foi vers Jésus élevé sur la croix sauvera les hommes de la mort. C’est donc devant la croix que chacun décide de son propre jugement.
« Dieu a tant aimé le monde… »
Dieu a pris les devant, il a aimé le premier, toute l’initiative part de son côté. Il faut la réponse de la part de l’homme. L’enjeu de la réponse est extrêmement grave : il s’agit de vivre ou de mourir: question de vie ou de mort.C’est un dilemme rigoureux : ou bien… ou bien…dans un cas on ne vit pas, dans l’autre, on vit et il n’y a pas de voie moyenne. C’est une attitude couteuse pour notre temps qui exalte les négociations, les compromis, un temps du relativisme qui repousse des affirmations radicales. Comme chrétiens, notre comportement devrait aider, sauver parce nous sommes disciples de Jésus, Sauveur. Avoir un amour sauveur signifie d’abord être réaliste et lucide sur les insuffisances et les péchés qui défigurent nos frères (et nous-mêmes !)…, mais aussi miséricordieux pour les aider à s’en sortir et leur donner une chance de renouveau. Ne pas juger… mais SAUVER.
Notre exemple est l’amour de Dieu, un amour qui sauve. L’amour de Dieu n’est pas un amour passif. Il est activement à notre recherche. « Le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous ; étant ennemis, nous fûmes réconciliés à Dieu par la mort de son Fils » (Rm 5, 8 et 10). C’est un amour qui ne connaît aucune limite ; c’est un amour qui cherche toujours à se montrer. À chaque instant, le Seigneur nous donne la possibilité de gagner le bonheur éternel.
Seigneur, accorde-nous de vivre avec humilité sous ton regard. Apprends-nous à voir ta présence dans notre vie et à chercher ton visage dans tout ce que nous pensons, tout ce que nous disons, et tout ce que nous faisons. Que, par notre joie et notre charité délicate, nous soyons un signe évident de ton amour pour tous nos frères et sœurs !
« C’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé,… c’est par ses blessures que nous sommes guéris ».
Pour découvrir qui est Jésus, il faut oser nous mettre à sa suite sur les chemins de sa Pâque, et contempler avec les yeux de la foi, la gloire du Fils de Dieu qui resplendit au cœur même de la déréliction de sa Passion d’amour.
Mieux que tous les autres évangélistes, Jean souligne la manière dont Jésus domine ceux qui semblent disposer de lui. C’est Jésus et lui seul qui dirige les événements selon les desseins du Père, les menant à leur parfait accomplissement. Si l’évangéliste insiste ainsi sur la souveraine liberté de Notre-Seigneur, c’est pour souligner qu’il vit sa Passion comme une offrande d’amour. Judas n’a même pas besoin de livrer son Maître : celui-ci se présente lui-même : « Qui cherchez-vous ? ». Bousculade imprévue ? Surprise devant la sérénité et la maîtrise de celui qu’ils viennent arrêter ? Ou mystérieuse terreur religieuse ? Quoi qu’il en soit, les gardes et les soldats « reculent et tombent à terre », se prosternant sans le vouloir devant la majesté de leur victime.
Comme « le Bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis », Jésus protège les siens et les met à l’abri : « Si c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci ». Saint Jean commente : « C’est ainsi que devait s’accomplir la parole que Jésus avait dite : “Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donné” ». Par contre pour lui-même, Notre-Seigneur refuse toute protection : au fougueux Simon-Pierre qui dégaine l’épée, il ordonne : « Remets ton glaive au fourreau ! La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? ».
Anne, Caïphe, Pilate, tous sont impressionnés par la dignité et la maîtrise de soi de cet étrange prisonnier devant lequel ils n’ont d’autre recours que la violence. Mais ni les insultes, ni les menaces, ni les tortures ne viennent à bout de la paix de cet enchaîné qui se révèle infiniment plus libre que ses juges et que ses bourreaux : «Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en-haut». Ces hommes ne sont que les instruments d’un dessein qui les dépasse infiniment ; par leur cruauté et leur injustice : ils sont sans le savoir les artisans de leur propre salut. «C’étaient en effet nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris», avons-nous lu dans la 1ère lecture.
C’est donc là, au pied de la Croix, qu’il nous faut demeurer avec lui, afin d’apprendre de Dieu lui-même qui nous sommes à ses yeux, le prix que nous avons pour lui. «Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé. Ce jour-là une Source jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem en remède au péché et à la souillure » (Za 12, 10. 13, 1) : que le flot de tendresse jaillissant du Cœur du Christ chasse toute culpabilité et toute angoisse devant sa souffrance et sa mort. Elles sont nôtres les blessures de l’Agneau : comment nous les reprocherait-il, puisqu’il nous les offre pour que nous y trouvions la guérison.
Oui, c’est homme bafoué, défiguré, déconsidéré, transpercé,… qui ouvre à l’humanité une voie de sortie de toute la misère et de la nuit opaque du péché. Oui, aujourd’hui, avec Jésus bafoué marchent sur le chemin de la croix tous les hommes bafoués par notre monde : ceux quine savent pas se défendre, ceux qui n’ont pas l’instruction et qui ne savent pas même ce à quoi ils ont droit et qui sont donc manipulés, ceux qui font les frais du progrès technique et économique déséquilibré qui asservit l’homme et le déshumanise, ceux qui croupissent dans les prisons ou qui en sortent sans pouvoir trouver du travail,… Oui ! Aujourd’hui, avec les hommes déconsidérés : le cadre et l’ouvrier qu’on chasse du travail et qu’on déclasse, les filles-mère laissées pour compte et rejetées par la société, les jeunes traités d’asociaux alors qu’ils sortent des écoles pour vivre le chômage, … Oui ! Avec Jésus défigurés, tous les hommes défigurés : les hommes et les femmes abîmés par l’alcool, la drogue, la prostitution, les enfants dévitalisés par la malnutrition,… Oui ! Avec Jésus transpercé, tous les hommes transpercés : ceux que nos guerres, nos rébellions, les accidents des routes et du travail qui sont souvent dus à la négligence des uns ou des autres, les enfants maltraités dans leurs corps ou leurs âmes, surtout par ceux qui devraient les protéger (les maitre (sse)s d’écoles, les deuxièmes épouses après la mort de leurs mères,… Ils sont tous victimes du péché du monde que Jésus est venu enlever au prix de la mort : dans sa passion, il s’est voulu solidaire de ceux qu’il venait sauver. Oui ! C’est parce qu’il a crié vers Dieu en disant : « pourquoi m’as-tu abandonné ? » qu’il est proche de ceux que la misère ou la souffrance poussent jusqu’au bord du désespoir. C’est parce qu’il a crié en disant « Mon Dieu ! Mon Dieu ! » que nous sommes assuré que notre cri arrivé jusqu’à Dieu. Son espérance, de même que la nôtre, ne peuvent pas être vaines.
«Venez, faisons de notre amour comme un encensoir immense et universel, prodiguons cantiques et prières à celui qui a fait de sa Croix un encensoir à la divinité, et nous a tous comblé de richesses par son Sang » (saint Ephrem).







