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LE PAPE ENCOURAGE LES EVEQUES BURUNDAIS EN VISITE AD LIMINA AU VATICAN

Le Saint-Père a reçu ce matin les évêques du Burundi ayant conclu leur visite Ad Limina, devant lesquels il a d’abord évoqué l’accord-cadre fixé entre le Saint-Siège et leur pays, « riche d’avenir pour l’annonce de l’Evangile ». Il a d’ailleurs encouragé ses hôtes à accroître leur présence « dans le dialogue social et politique, et à rencontrer sans hésiter les pouvoirs publics. Les personnes en charge de l’Autorité ont besoin de votre témoignage de foi et de votre annonce courageuse des valeurs chrétiennes. Elles doivent connaître davantage la doctrine sociale de l’Eglise, en apprécier la valeur et s’en inspirer dans la conduite des affaires publiques ». Votre pays, a-t-il poursuivi, « a connu dans un passé proche, de terribles conflits. Le peuple burundais est encore divisé, de profondes blessures ne sont pas encore refermées. Seule une authentique conversion des cœurs à l’Evangile peut incliner les hommes à l’amour fraternel et au pardon, car c’est dans la mesure où Dieu réussira à régner parmi nous que la vie sociale sera un espace de fraternité de justice, de paix et de dignité pour tous.

Le Pape salue les Evêques burundais (Photo News.va)

Le Pape salue les Evêques burundais (Photo News.va)

Visita ad limina

Visita ad limina

L’évangélisation en profondeur de votre peuple reste bien la première de vos préoccupations car pour réussir une véritable réconciliation l’Eglise a besoin de témoins qui soient profondément enracinés dans le Christ, de témoins qui mettent leur vie en accord avec leur foi… Outre une formation intellectuelle indispensable, les futurs prêtres doivent recevoir une solide formation spirituelle, humaine et pastorale. Ce sont les quatre piliers de la formation! En effet, c’est par toute leur vie, dans le quotidien de leurs relations humaines, qu’ils porteront l’Evangile à tous. Il ne doit pas y avoir dans le ministère sacerdotal de prédominance de l’aspect administratif sur l’aspect pastoral, ni une sacramentalisation sans autre forme d’évangélisation ».

Passant à la question des vocations, aujourd’hui fragiles, et aux personnes consacrées, le Pape a affirmé que « les nombreuses communautés nouvelles qui se forment ont besoin du discernement attentif et prudent » des évêques « pour garantir une solide formation à leurs membres et accompagner les évolutions qu’elles sont appelées à vivre en vue du bien de toute l’Eglise ».

Audience au Evêques Burundais.(Copyright L'OSSERVATORE ROMANO - Servizio Fotografico)

Audience au Evêques Burundais.(Copyright L’OSSERVATORE ROMANO – Servizio Fotografico)

Prélats du Burundi en Visite ad limina

Prélats du Burundi en Visite ad limina

Et pour conclure il a rappelé à ses hôtes que le Burundi « a connu une histoire récente difficile, traversée par la division et la violence, dans un contexte de grande pauvreté qui malheureusement perdure. Malgré cela, les efforts courageux d’évangélisation que vous déployez dans votre ministère pastoral portent de nombreux fruits de conversion et de réconciliation. Je vous invite à ne pas faiblir dans l’espérance, mais à aller courageusement de l’avant, avec un esprit missionnaire renouvelé, afin de porter la Bonne Nouvelle à tous ceux qui l’attendent encore ou qui en ont le plus besoin, afin qu’ils connaissent enfin la miséricorde du Seigneur ».

Tout le discours du Pape= cliquez ici

SOURCE: VIS
http://www.news.va/fr/news/ad-limina-aux-eveques-burundais

Communiqué de presse de la C.E.CA.B sur quelques questions d’actualité au Burundi

CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI
Secrétariat Général

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI SUR QUELQUES QUESTIONS D’ACTUALITE AU BURUNDI

1. Les questions qui nourrissent le débat politique aujourd’hui dans notre pays, surtout la question de la révision de la Constitution, sont des questions qui concernent tous les citoyens et dont la solution exige beaucoup de sagesse, pour éviter tout ce qui pourrait compromettre le processus de paix et de réconciliation en cours. C’est pour cette raison que la Conférence des Evêques Catholiques, réunie en session ordinaire de décembre 2013 a estimé opportun de s’exprimer sur certaines de ces questions.

A PROPOS DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION

2. Nous, Evêques de l’Eglise Catholique au Burundi, saluons l’heureuse initiative de l’Assemblée Nationale d’emprunter la voie du dialogue et de la concertation, en acceptant de remettre en débat l’opportunité des dispositions de la Constitution qui doivent être modifiées et l’orientation de ces modifications. De fait, comme la Constitution est la Loi Fondamentale qui est mère de toutes les autres lois du pays, elle doit être comme une base minimale sur laquelle tous les citoyens doivent s’entendre. Au temps où nous sommes, une Constitution qui serait adoptée sans dialogue ni consensus risquerait de compromettre notre processus de paix et de réconciliation. Mais pour que cette initiative de dialogue et de concertation porte ses fruits, nous recommandons vivement que les acteurs politiques dialoguent dans la confiance, en recherchant la vérité, en se respectant mutuellement ; en refusant de faire appel à la ruse et la tricherie politique et en s’engageant au respect de la parole donnée. Certes l’Assemblée Nationale, en tant qu’institution légitime, garde ses prérogatives de représenter le peuple, mais elle ne le remplace pas surtout quand elle lui a donné l’occasion de s’exprimer.

3. De notre point de vue, toute retouche à la Constitution doit tenir compte non seulement de la seule loi, mais aussi du fait que la Constitution qui régit notre Nation est une émanation des Accords d’Arusha dont on sait qu’ils ont été le fruit d’un long et laborieux dialogue de négociations entre les acteurs politiques, sous la facilitation des Médiateurs internationaux. Ces Accords ont privilégié la voie du consensus et du partage du pouvoir, afin que le pays ait la stabilité et la tranquillité, et que les populations des diverses ethnies et formations politiques sentent qu’elles ont toutes droit de cité dans leur pays.

4. Cette Constitution contient certaines dispositions prises à dessein pour remettre petit à petit le pays sur les rails. Ces dispositions sont notamment celles qui concernent le mode de gouvernement, la structuration des institutions, le mode d’adoption des lois, le partage du pouvoir. Ces dispositions et d’autres semblables sont toujours nécessaires, car les problèmes auxquels elles apportent des solutions tels que la monopolisation du pouvoir par un groupe, l’exclusion des autres à base des partis politiques ou des ethnies, le respect des mandats politiques, sont loin d’être complètement résolus.

5. Pour ce qui est de la modification de la constitution, au regard du climat politique actuel surchauffé qui ne favorise pas un dialogue serein sur des questions importantes et sensibles, nous estimons qu’il est sage de ne réviser que les seules dispositions dont le changement s’avère nécessaire pour permettre l’amélioration de la Loi électorale et l’entrée du pays dans la Communauté de l’Afrique de l’Est. D’autres dispositions pourront faire objet d’un large débat au cours de la prochaine législature. Ainsi, nous garderions l’actuelle Constitution simplement révisée.

6. Par ailleurs, aujourd’hui plus qu’hier, nous décourageons cette logique de confrontation entre les acteurs politiques qui est en train de s’installer, que ce soit au sein de la classe politique ou dans ligues des jeunes affiliés aux partis. Nous recommandons une fois de plus aux acteurs politiques de privilégier toujours la voie de la non-violence pour ne pas faire chavirer le pays dans de nouvelles violences, alors que les citoyens ne se sont pas encore remis des traumatismes de la guerre. Ne perdons jamais de vue d’où nous venons, les cicatrices de la guerre chez la plupart sont encore fraiches. La sagesse de nos ancêtres qui dit « Hakuzimira wozigura » (« Vaut mieux un long chemin qui aboutit à destination plutôt qu’un raccourci qui finit dans une impasse ») nous déconseille des raccourcis politiques. Même si la voie du dialogue et de la concertation semble laborieuse et longue, elle reste la meilleure voie pour résoudre efficacement et de façon durable les questions politiques.

A PROPOS DE L’OPPORTUNITE DE LA PRESENCE DU BUREAU DES NATIONS UNIES AU BURUNDI

7. Notre pays a déjà réalisé de bonnes performances dans divers domaines pour sortir de la crise qui l’a secoué, même s’il y a des mécanismes de la Justice Transitionnelle qui n’ont pas encore été mis sur pied, comme la loi sur la Commission « Vérité et Réconciliation » et la mise sur pied de ladite Commission. Nous devons toutes ces performances non seulement à la providence de Dieu, mais aussi à la détermination des citoyens, l’engagement des dirigeants, la recherche du consensus entre les acteurs politiques et l’appui du Bureau des Nations Unies au Burundi.

8. En considérant ce que ce Bureau des Nations Unies au Burundi a déjà fait pour faciliter le retour et la sécurité des politiciens exilés et ce qu’il est en train de faire en accord avec le Gouvernement pour ramener la confiance entre les acteurs politiques et faciliter un dialogue inclusif et constructif ; en tenant compte également du moment délicat dans lequel se trouve le pays, nous voyons que sa présence est non seulement utile mais aussi nécessaire.

9. Nous souhaiterions ardemment que ce Bureau reste actif dans le pays, pour continuer à appuyer le Gouvernement dans son souci de ramener la confiance entre les acteurs politiques, et dans une bonne préparation et organisation des prochaines élections, ainsi que dans tout ce qui a trait au processus de paix et de réconciliation.

Écoutez l’original en KIRUNDI :

Fait à Bujumbura, le 06 décembre 2013
Les Evêques de l’Église Catholique du Burundi
(Traduction de l’original en Kirundi)

Quelle logique du bien commun en politique ?

On a assiste souvent à des divergences de points de vue ente les hommes politiques qui ont été compagnons de route ou de lutte, mais ces divergences poussent souvent à des dissidences internes. Pour ceux qui avec moi en Italie, il y a deux jours que le PDL de Berlusconi s’est scindé en deux. Des divergences de vue s’observent au sein du pardi majoritaire au gouvernement de Letta. La Scelta Civica de Mario Monti vit le même scénario. Devrais-je parler du phénomène de « NYAKURIZATION » fréquent au Burundi ?

Pour qui comprend le Kirundi, un des couplets de ce chants de Mkombozi est plus qu’éloquent : « …bátānguje imigāmbwe barasaāngira ikaba fête ; hágeze kuryá ibihîye, hari abacîka Iskarioti Yuda ». Ecouter ! Ce qui est un peu incompréhensible, c’est que tout le monde dit que les choix sont fait pour le bien commun du peuple, mais il reste à savoir ce qui inspire de tels choix. Quelles sont les logiques qui peuvent être à la base de tout cela ? Comment est considérée la personne humaine pour laquelle on dit dépenser toutes les énergies pour son bien ? Parlons ici de deux logiques.

La logique arithmétique.

Beaucoup de politiciens ne considèrent la personne en tant que telle que quand elle peut influer négativement sur les résultats que l’on espère atteindre. Ils font des calculs et misent sur leurs intérêts en danger ou non. Le jeu est simple : voyez cette illustration : 10+10+0+5= 25. Ici, le zéro n’ajoute ni ne retranche rien au résultat. Si on remplaçait le zéro par un nombre négatif, on pourra calculer le résultat, et partant, les intérêts, jusqu’au moment où le résultat restera positif. Cette logique ne favorise pas la plénitude de la personne humaine qui doit être considérée en tant que telle, et non comme un moyen qui m’aide ou non à atteindre mes intérêts personnels. Quand certains hommes politiques ignorent certains groupes, parce qu’ils ne sont pas consistants, parce qu’ils sont minoritaires, cela ne diffère pas de cette logique mathématique qui ne vise que le bien-être du plus fort.

La logique personnaliste.

Elle peut être appelée logique réaliste parce qu’elle tient compte de la personne humaine en tant que telle. L’illustration mathématique serait la suivante : 10X10X0X5=O. Comme on le voit, elle exige de considérer tous et chacun dans l’ensemble de la société. Elle est donc celle d’un dialogue inclusif, un dialogue qui ne s’instaure pas parce l’autre est fort et peut menacer les résultats que j’attends tirer de l’exercice du pouvoir, mais parce que je suis conscient que la société se construit ensemble, en considérant même celui que j’estime qu’il n’a rien à apporter est une valeur dont je dois tenir compte. Je ne puis donc pas me permettre de l’ignorer sous prétexte que je vais lui faire du bien sans lui, parce qu’il n’a rien à contribuer. Au moins, sa contribution sera qu’il prenne part active à la mise en œuvre de ce qui aura été décidé pour sa société.

En définitive, tout le monde est concerné par tout ce qui touche le destin de sa société, même quand on estime qu’il n’a rien à y apporter ? Comment pourrait se concevoir une société où il y a ceux qui prétendent faire du bien à tous et pour tous sans y inclure tous ? Entendez-moi bien, considérer les points de vues de tous ne signifie pas arriver à harmoniser tout, parce qu’il y a des visions qui ne peuvent pas s’harmoniser. Mais comment le saura-t-on si on ne l’aura pas encore écouté et estimé à juste titre sa « contribution » ?