Évangéliser les aréopages contemporains

Accueil » Posts tagged 'Christ' (Page 6)

Archives de Tag: Christ

Les JMJ de Rio: une expérience de l’universalité de l’Eglise.

Quand je me préparais à venir à Rio de Janeiro, avec mon groupe des volontaires de l’Université Pontificale de la Sainte Croix, nous (les 19 étudiants et les 2 professeurs de la Faculté de Communication Sociale Institutionnelle à la sus-dite université) avons eu des formations sur le pays: sa politique, son économie, l’Eglise Catholique et les autres confessions et mouvements religieux au Brésil, sans oublier bien sûr les mots utiles pour tout voyageur en une terre et au milieu d’un peuple encore inconnus, bref, tout était prêt pour affronter cette nouvelle « aventure ». Au terme de trois semaines de travail, d’excursions, de partage des moments de joie avec mon groupe, je ne puis m’empêcher de faire une forme d’évaluation à veille du grand rendez-vous des Journées Mondiales de la Jeunesse. Mais alors, que faut-il dire? Que ne faut-il pas dire?

Un long voyage, très long…

Parti du « Collegio Leoniano » (Via Pompeo Magno 21 Rome) à 2heures du matin, je rejoignais les autres à Torre di Largo Argentina, devant la Librairie Feltrinelli et nous prîmes ensemble un taxi pour rejoindre les autres au Collège Pontifical Philippin.

Après la messe au Collège Philippin

Volontaires PUSC après la messe au Collège Philippin

Nous y avons célébré la messe pour confier au Seigneur notre voyage et notre « bonne aventure » de « Public Relations » aux JMJ. Vers 4h00, on partait vers l’aéroport international Leonardo da Vinci de Fiumicino. Toutes les formalités requises. A 6h30: Départ pour Amsterdam. Escale et attente de deux heures environs. On voyait circuler les agents de la police aéroportuaire en uniformes avec une inscriptions qui ferait croire à un Maréchal. un de ces compagnons me fit noter que tous avaient le même grade: tous sont des maréchaux? On se rendra compte par la suite que c’est peut-être l’appellation de leur métier. nous voici alors à bord du KLM Boeing 737 pour nous envoler vers Rio de Janeiro: un long voyage au dessus des eaux de l’Atlantique. Ce que j’avais étudié en géographie-physique concernant les fuseaux horaires se sont fait réalités en ce jours. Nous avons fait un voyage de « deux journées » sans connaitre de nuit. Difficile de comprendre? Pas du tout!. On quitta Amsterdam à 11heures pour arriver à Rio à 17h40. Je sais que ça ne se comprend pas encore. Tenez: la différence horaire est de 5 heures. Nous sommes donc arrivés à 22heures si l’on considère l’heure de Rome. Mais que s’est-il passé au juste.? On voyage en sous le soleil qui va vers son coucher si l’on considère le point de départ, pendant que le même soleil (si jamais il est le même!) annonce un jour qui point. Avant donc de finir le premier, on s’en éloigne plutôt pour en embrasser un autre qui se lève. Vous ne pouvez pas vous imaginer quelles perturbations psychiques, psychosomatiques… Pour ne donner qu’un seul exemple, on ne sait plus quels repas on mange au dessus de l’Atlantique toujours ensoleillé: petit déjeuner, déjeuner ou diner? selon quelle pont de référence?

« Rivière de Janvier » (Rio de Janeiro), notre destination…

Cristo Redentor do Rio de Janeiro

Cristo Redentor do Rio de Janeiro (Photo credit: Wikipedia)

Nous arrivâmes enfin en cette terre que Pedro Alvares Cabral découvrit au début des années 1500 et qu’il appela « terre de la Vera Cruz (vraie croix) et propriété de l’Ordre du Christ. Nous étions attendus par une équipe de volontaires dont certains sont à l’œuvre dès 2011.  On s’est pas trompé de destination. En effet, venant de l’Université de la Sainte Croix, arrivant dans ce pays de la Sainte Croix, la Vraie Croix, une inscription nous attendait: « SANTA CROCE ». On nous conduisit à la Paroisse qui nous abrite (Saint Jean Baptiste à Botafogo) d’où on voit la célèbre Statue du Christ Rédempteur, érigée sur le Corcovado. et qui nous voit réunit chaque matin autour de l’Autel pour célébrer le sacrifice eucharistique. Pour moi, c’est une grande joie quand je ré-entends  des voix et revois des personnes qui participent à la liturgie comme à la fête et non comme à une pénitence; selon le modèle que je vois souvet dans certaines des églises d’Europe.

L’Archidiocèse St Sébastien de Rio de Janeiro, hôte de la JMJ Rio2013

La ville de Saint Sébastien de Rio de Janeiro a reçu ce titre en 1595 après sa fondation par Estació de Sá. La ville a reçu comme un don, une église dédiée au jeune martyr Saint Sébastien, un des saints patrons de la JMJ Rio 2013 et patron de la cité et de l’Etat de Rio de Janeiro. Ainsi a commencé ce qui est actuellement l’archidiocèse de Saint Sébastien de Rio de Janeiro.

Cathédrale St Sébastien (Rio de Janeiro)

Cathédrale St Sébastien (Rio de Janeiro)

A la fin de l’année 2010, le diocèse, pour une population de 6 158 000 personnes, comptait 3 737 000 baptisés, ce qui correspond à 60% des habitants. Sur un territoire qui s’étend sur 1721km2, répartis en 117 quartiers, 269 paroisses sont actives, y compris la cathédrale de Saint Sébastien, qui compte 5 paroisses personnelles ( en fonction des langues ; anglais, polonais, allemand, chinois – avec une paroisse de rite orientale). Le diocèse compte ensuite 781 chapelles organisées en 7 vicariats territoriaux. Enfin, 4 basiliques mineurs et 7 sanctuaires, dont celui du Christ Rédempteur sont présentes sur le territoire.

La gestion pastorale du diocèse est placée sous la direction de l’archevêque Monseigneur Orani João Tempesta, avec la présence de 7 évêques auxiliaires. Le diocèse est également enrichi par la présence de diverses institutions catholiques : 3 hôpitaux, 89 écoles catholiques, l’Université pontificale catholique de Rio de Janeiro (PUC-Rio), l’Institut supérieur de culture religieuse, l’école Mater Ecclesiæ et 3 Séminaires pour la formations des futurs prêtres.

Brésil, pays des catholiques….

Avec 191 millions d’habitants, le Brésil est le pays avec la plus grande population catholique dans le monde – 123 millions de fidèles. Le recensement de l’Institut brésilien de géographie et de statistiques a montré qu’en 2010, les catholiques représentaient 64,6% de la population brésilienne. Une étude réalisée par le Centre de la statistique religieuse et de la recherche sociale (CERIS) et Promocat a démontré qu’il y a 276 ordres religieux et mouvements au Brésil, qui opèrent dans plus de 10.000 paroisses. En 2010, le pays comptait plus de 22.000 prêtres, 3.000 séminaristes et près de 33 386 religieuses. Les chrétiens sont alors « tous » engagés pour la réussite des JMJ. Chrétiens ici ne signifie pas seulement les seuls catholiques, mais aussi les chrétiens des autres confessions religieuses qui ont acceptés d’accueillir volontiers les volontaires et les pèlerins qui viennent du monde entier. C’est un geste louable d’ouverture à l’inconnu, étant donné que ce n’est ni l’hôte ou la famille d’accueil qui met en avant ses préférences.

Comme les autres donc, avec le peu de Portugais que nous avons appris, nous sous sommes appliqués à connaitre le refrain du bel hymne des JMJ qui se chante pendant toutes les messes. Vous ne m’en voudrez pas si je vous l’ai répété précédemment après le récent article qui parlait de sa traduction-adaptation en français.

les JMJ…

Equipe PUSC en réunion de travail

Equipe PUSC en réunion de travail

Nous sommes partis avec pour objectifs de collaborer comme volontaires au département de la Communication, un des multiples secteurs de l’organisation d’un si grand événement. Ainsi, le lendemain de notre arrivée fut consacré à la découverte de la ville, de son réseaux urbain des transports (bus, métro, tram) et des lieux d’activités qui allaient être les nôtres. le jour suivant, nous avons commencé notre activité, au 5ème et au 7ème étage du palais archiépiscopal situé près de la métro de Gloria. Notre tâche: traductions des manuels des journalistes, des volontaires et pèlerins, accréditations des journalistes, réalisations des interview selon les langues du site officiel des JMJ afin de compléter l’espace « audio’ qui n’avait presque rien, revues de presse internationale, selon nos langues que nous maîtrisons afin de savoir comment le monde voit les JMJ et ses attentes… Climat de convivialité, de travail en équipe…  Nous nous y sommes mis. L’esprit d’équipe n’a pas non plus mis de côté les repas en commun au moins une fois par semaine afin d’évaluer continuellement notre travail.

Le 15 du mois de juillet arrivaient alors en masse, par des centaines, pourquoi pas des milliers, tous les autres volontaire internationaux. Vous saurez que cet événement verra autour de 60.000 volontaires qui se mettront au service d’environ 2.000.000 de pèlerins qui prendront part aux JMJ.

Avec l’approche de la semaine cruciale, nous avons alors déménagé. Il nous faut alors « affronter » notre travail, accueillir et aider les professionnels de média (6.000 accrédités!) dans leur travail quotidien. Nous sommes arrivés dès le 15 juillet au Media Centre de Copacabana (tout près de la Plage où se célébrera la messe d’ouverture de la semaine des JMJ, de l’accueil du Pape par les pèlerins des JMJ et du Chemin de la croix. Cette semaine fut comme consacrée aux formations dans divers domaines et la mise des points sur les i pour ce qui manquait en vue du démarrage effectif des activités de communications et surtout de relations directes avec la presse internationale.

…le peuple carioca…

Nous y avons rencontré un peuple accueillant. Tout le monde te dit « bom dia » (bom-djiya)= bonjour, obrigado (a) (Merci) à chaque coin de rue. C »est un peuples à-avec certaine mentalités différentes de celles occidentales. Ce peuple attend alors l’arrivée du Pape François, premier de l’histoire de peuple latino-américain. Il est attendu, lui leur « star », lui le « Pape des pauvres » comme cela se lit et se voit  sur les quotidiens d’informations et les écrans des télévisions. On ne devrait pas non plus oublier les artistes, des plus connus jusqu’au « dernier » de ceux qui s’asseyent  sur la page  et qui cherchent à être créatifs en imitant les images de ce Pape bien-aimé du peuple carioca et à côté duquel (bien sûr ici je parle de l’image), chacun voudrait bien prendre une photo à mettre comme couverture sur son compte de facebook ou autre réseau social.

Dans l’attente de la semaine centrale de toutes les célébrations, événements centraux et spéciaux, voici en résumé les images des trois semaines de travail et de prise de contact avec le lieu.
1° Semaine Pusc aux JMJ
2° semaine PUSC aux JMJ
3° Semaine PUSC aux JMJ

Enfin, remettons-nous au travail. A bientôt.

« …au travail du Seigneur sans oublier le Seigneur du travail… »

Abbé Lambert RIYAZIMANA

Abbé Lambert RIYAZIMANA

Marthe accueille Jésus dans sa maison. C’est elle qui a ouvert sa maison, son intimité, et qui veut que Jésus reçoive les attentions dues. Marthe tient à bien recevoir Jésus… elle y tient tellement qu’ « elle est absorbée par les multiples soins du service »… et, dans son occupation, voulant que tout soit parfait, et probablement n’y arrivant pas (kwîta mu zîko », mais hélas ! elle commence à juger sa sœur qui est là, à ne rien faire. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Marthe est pleine d’énergie. Elle court d’un bout de la maison à l’autre, désireuse de s’assurer que tout soit comme il faut pour recevoir Jésus. C’est merveilleux de constater qu’elle ne s’est pas HABITUEE à la présence de Jésus chez elle. Sa présence n’est pas devenue pour elle quelque chose de normal. Au contraire, elle s’affaire, accaparée par de « multiples » occupations.

Un jour, on demanda aux petits garçons ce qu’ils feraient si une fois le Seigneur venait sur les nuées du ciel et que tout le monde se met en mouvement. Des réponses furent diversifiées : on en entendait qui iraient directement à l’Eglise pour prier, qui rentreraient à la maison, … Soudain, on s’aperçut d’un autre gamin qui n’avait rien dit et qui jouait tranquillement. On lui posa alors la même question, pensant qu’il ne l’avait pas entendue. Le gamin répondit : pensez-vous que je n’ai rien entendu ? Au contraire ! Je ne changerais rien de mes activités par la seule raison que les autres sont en mouvement. Pourquoi ? demanda-t-on. Parce que Jésus sait que je joue et que quand je joue très bien, cela le contente. Que peut-il attendre d’autre ? Que je regarde les autres ? On resta bouche bée pensant à la teneur de ces paroles….

Est-ce que je me suis habituée à la présence de Jésus dans ma vie ? Quelle est mon attitude pendant la messe ? Est-ce que je fais un effort pour lui montrer mon amour et mon affection en me recueillant et en gardant mon cœur tourné sur lui ?
Seigneur, cela ne te fait rien ? Bien que ce soit l’amour qui motive les actions de Marthe, elle ne peut pas s’empêcher de remarquer que sa sœur, Marie, est assise aux pieds de Jésus, à ne rien faire. « Pourquoi est-ce qu’elle ne m’aide pas ? » Est-ce que Marthe est jalouse ? Non, car Marthe pourrait tout aussi bien interrompre ses activités et s’asseoir auprès de Jésus ; elle sait qu’elle serait bien accueillie. Mais elle s’indigne de travailler alors que Marie ne fait rien.

Cette scène symbolise notre propre expérience : regarder les autres et leurs situations de vie au lieu de se concentrer sur notre relation avec le Seigneur. Si le Seigneur veut que je serve à table, ou que je reste assise à ses pieds, peu importe ! L’important n’est pas l’action en elle-même mais plutôt de faire ce que Jésus me demande.Est-ce que je veux obtenir la paix et la tranquillité d’âme propre aux disciples du Christ ? Alors, il faut renoncer à faire des comparaisons envieuses, et faire ce que le Seigneur ME demande. Il n’est pas nécessaire de s’inquiéter de savoir si les autres ont reçu « une meilleure part ».

Jésus lui dit que « une seule chose est nécessaire ». Le passage de Marthe et Marie est mis tout de suite après le passage du bon samaritain. Ceci n’est pas anodin, la chose importante est l’amour. Là où Marthe est corrigée par Jésus, avec tant de délicatesse, c’est dans l’amour : en servant Jésus ou en l’écoutant, l’important est qu’il y ait dans le cœur l’amour, et que ceci soit le point de départ de nos actions ; non pas le devoir, non pas les comparaisons. Marthe accueille Jésus, Marthe fait bien de s’occuper du service, mais Jésus est un hôte différent. Pour lui, le plus important n’est pas la perfection dans les choses extérieures, mais l’amour avec lequel nous agissons dans notre vie. En effet, pour notre cas, Marthe et Marie aiment toutes les deux le Seigneur, mais elles l’expriment de manière différente. « Marthe, qui préparait le repas du Seigneur, était occupée à faire beaucoup de choses, tandis que Marie a préféré trouver son nourriture dans ce que le Seigneur disait. D’une certaine manière elle a abandonné sa sœur, qui était très occupée, et elle s’est simplement assise aux pieds de Jésus pour l’écouter. Elle obéissait loyalement ce que le psalmiste a écrit, « Arrêtez, reconnaissez que moi, je suis Dieu ». (Psaume 46). Marthe s’indignait, Marie se régalait ; la première faisait face à beaucoup de choses,
la dernière se concentrait sur une seule chose. Les deux occupations étaient bonnes. »
(Saint Augustin, sermon 103). Et moi, comment est-ce que j’exprime mon amour pour le Christ ?

Une seule chose est nécessaire. Gardons-nous de mal interpréter cette parole de Jésus. Il ne propose pas un choix entre l’activité de Marthe et la contemplation de Marie. En fait, « une seule chose est nécessaire » signifie précisément que toutes nos actions au service de Dieu et des autres sont importantes quand elles sont faites par amour et non par comparaison à ce que font les autres. Pour cela, nous devons être connectés au Seigneur par la prière. Nous devons toujours être « connectés », Lui offrant continuellement notre cœur et notre intelligence, pour que tous nos efforts soient des vrais efforts d’amour. Nous devons faire attention à ne pas devenir si « occupé dans le travail du Seigneur que nous oublions le Seigneur du travail ». Cette relation se noue dans la prière. La prière est le fondement de notre apostolat car sans une relation avec la personne de Jésus-Christ, nous ne pouvons  rien faire. Dans la prière, nous devons surtout nous mettre à l’écoute du Seigneur et surtout pas le contraire, nous qui sommes habitués à nous agiter, à parler au Seigneur. Est-ce l’influence de notre temps gagné à la liberté « absolue » d’expression, liberté à la parole, à faire entendre ce que nous pensons, sans qu’il y ait d’autre part et par conséquent le devoir d’écoute ? Comme nous voudrions que nous soyons écoutés ! Est-ce le cas quand il s’agit de garantir ce droit à l’autre ? à l’Autre ? Apprenons à nous asseoir aux pieds du Seigneur, « ntitúbāmbagurike », et à écouter. Après nous pourrons agir comme il sied. Nous communiquerons le Christ à d’autres dans la mesure où nous l’aimons et nous l’écoutons

Change Seigneur ma façon de voir et de faire les choses. Corrige-moi, comme tu l’as fait avec Marthe. Tu es en moi Seigneur, je t’ai déjà accueilli dans mon baptême, et aujourd’hui je t’accueille à nouveau ! Fais ce qui te plaît, appelle-moi à aimer de plus en plus comme toi !

Jésus, notre Maître sur le chemin de Jérusalem à Jericho.

The Good Samaritan by Aimé Morot (1880) shows ...Le Christ nous donne un enseignement nouveau pour ce Dimanche où il nous donne un exemple de ce qui doit nous caractériser dans notre vie chrétienne. Il nous enseigne l’accomplissement de la loi, laquelle ne doit pas être considérée comme un fardeau, mais quelque chose qui « lubrifie » la vie humaine, la vie de la société humaine. En effet, notre monde en a tant besoin. C’est pourquoi l’Evangile nous parle d’une descente : « un homme descendait de Jérusalem à Jéricho ». Jéricho est justement le symbole de ce monde où, après avoir été chassé du paradis, c.à.d. de la Jérusalem céleste, Adam est descendu… Il s’agit donc d’un changement non de lieu, mais de conduite et de situation qui a fait son exil. Adam, qui avant jouissait d’un bonheur sans inquiétude. Dès qu’il s’est abaissé aux fautes de ce monde, (et nous savons que nous en commettons beaucoup), il y a rencontré des brigands. Ces larrons nous dépouillent de tout, à commencer par nos vêtements de la grâce spirituelle que nous avons reçue : ainsi nous sommes blessés, nous sommes laissés souvent à moitié mort. Heureusement que le bon Samaritain nous secourt toujours, nous rejoignant sur les routes de notre exil.

La route de Jérusalem à Jéricho existe encore de nous jours. Des gens portent atteinte à la dignité de la personne humaine (atâcaámirá gá !). Des personnes de bien sont malmenées ici et là. Ce qui est curieux, c’est que ce sont même des personnes de bien qui sont agressées : cette personne venait de la ville sainte : Jérusalem. C’est un lieu symbolique. Pourquoi alors cette personne ? C’est la question de tout un chacun : pourquoi suis-je agressé (e), pourquoi ne suis-je pas compris (e) ? pourquoi moi qui ne m’accuse de rien ? C’est la même question que pose le psalmiste et qui reçoit cette réponse : « les impies croissent comme l’herbe pour disparaître à tout jamais ».

Face à chemin qui descend de Jérusalem, des attitudes divergent. Les hommes que nous louons sur ce monde sont ceux qui prennent soin de ceux qui sont tombés dans les mains des bandits. C’est bien ! Mais ça ne suffit pas. Faut-il éviter que ces gens tombent dans ces pièges ! Mais hélas, au lieu même d’être ce bon Samaritain, c’est nous-mêmes qui tendons ces pièges. Quand commencerons-nous à éviter aux gens de tomber, si pas dans nos pièges, au moins dans ceux qu’on tendus les autres malfaiteurs ? Prenons l’exemple du bon Samaritain. Mais qui est-il ce dernier ?

D’une part, Jésus veut nous montrer que nos particularismes et nos ghettos de tous genres sont vides de sens. Il nous donne en exemple celui que la société met en dernière position : le samaritain. On ne mentionne même pas d’où il vient, ni où il va, pendant que les autres viennent du lieu saint, et donc, pourrait-on croire, ont été transformés par la sainteté du lieu de pèlerinage. Nous retrouvons alors le thème de la première lecture : le bien se trouve au cœur de tout homme qui écoute et agit selon les injonctions de sa conscience qui lui dit de faire le bien et d’éviter le mal. Que de fois nous avons cherché de faire taire cette voix qui nous est plus intime ? Cette parole met en question nos comportements qui souvent ne veulent voir que du bien au sein de notre groupe, de notre clan ou ethnie, de notre race… (Mettez-y ce que vous voulez). Nous sommes les meilleurs, les autres sont toute la méchanceté, ceux sont par ailleurs eux qui, depuis toujours, ne nous veulent pas du bien…). Le prêtre, le lévite ne sont-ils pas passés à côté ? Et qui s’est-il arrêté sinon celui de qui on ne pouvait rien attendre ? Ouvrons donc nos yeux, apprenons à voir le bien d’où qu’il vienne. Pour le bien dire, soyons CATHOLIQUES c.à.d. UNIVERSELS, ayons une vision plus grande, plus élargie, prenons une nouvelle vision des personnes, mêmes celles que nous avons déjà classées : regarde bien, tu n’en manqueras pas et c’est sûr, il y en a que tu as classées, peut-être pas par ta faute, mais parce que ta société te l’a fait ainsi avaler. Regarde ! Refais tes cadres (framing). Fais-toi violence et fais ce pas ! Tu me diras, si tu veux !

Par ailleurs, ce bon Samaritain n’est pas n’importe qui. Celui que le prêtre et le lévite avaient dédaigné, lui ne l’a pas dédaigné… Ce Samaritain descendait…: « Qui est descendu du ciel, sinon celui qui est monté au ciel, le Fils de l’Homme, qui est au ciel ? » (Jn 3,13). Effectivement, il est s’est approché de lui. C’est-à-dire qu’en acceptant de souffrir avec nous, il s’est fait notre prochain et qu’en exerçant la miséricorde envers nous, il s’est fait notre voisin ». Jésus est donc notre modèle. Oui, ce Samaritain n’a pas eu peur des conséquences probables.

Ici je me rappelle une scène qui se passa sous mes yeux à Bujumbura : un homme qui était pris de pitié a vu quelqu’un qui croupissait dans un caniveau et s’est approché pour lui demander ce qui lui était arrivé. D’un coup surgirent trois autres jeunes hommes qui le menacèrent en ces termes : rends directement tout l’argent que tu viens de prendre de sa poche (kumusopa), c’est sûr que c’est toi qui viens de lui faire du mal. Ces jeunes hommes ont failli lui dérober de tous ces biens, sous les yeux de la foule urbaine « indifférente » ou « impuissante » (moi y compris), n’eût été l’intervention des policiers qui étaient de passage. J’entendis alors ce  « rescapé » qui jurait de ne plus s’intéresser aux personnes en difficultés comme celle-là.

Voilà comment nous sommes, voilà comment nous agissons souvent, nous les hommes ! Certaines personnes, aux temps de la guerre qu’a connue notre région des grands lacs (Afrique), ne se sont-elles pas parfois éloignées des personnes trouvées mortes ou gravement blessées de peur d’être accusées d’en être responsables ? Je ne me tromperais pas si j’y répondais par l’affirmative.

Nous comprenons alors que le bon Samaritain qui n’a pas peur de secourir la personne en danger est bel bien Jésus, Lui qui ne se soucie pas des qu’en-dira-t-on. Sa présence au milieu de nous a pris en compte toutes les conséquences de notre péché, toutes les conséquences de nos pièges que nous nous tendons, les uns aux autres, comme le fit le scribe qui l’interrogea pour le mettre à l’épreuve. Prenons-le en exemple, les choses changeront. Pas d’alternative.

Père très saint, accorde-moi la grâce de savoir répondre rapidement et sans attendre de retour, avec joie et spontanéité aux besoins de la personne que je vois souffrir physiquement, moralement ou spirituellement, celle qui est « mon prochain ». Que je sache te servir en la servant. Amen.