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Hymne officiel des JMJ Rio2013



Panoram Cristo Redentor, Bahia de Guanabara, P...

Panoram Cristo Redentor, Bahia de Guanabara, Pão de Açúcar e Botafogo, Rio de Janeiro, Brasil. (Photo credit: Wikipedia)

Voici la traduction proposée par le groupe de la P.U.S.C présent au département de communication des JMJ a Rio de Janeiro.

Depuis toujours je suis marqué avec le signe du Rédempteur/Sur le petit mont de Corcovado qui/embrasse le monde avec son amour.

Refrain/ Le Christ nous invite/“Venez mes amis”  /                               Le Christ nous envoie/ »Soyez missionnaires”

Jeunesse, printemps/Espérance de l’aube/Qui écoute cet appel/accueille le don de croire/Qui nous a donné la terre et le monde ainsi/Seulement le bien et la paix ne doivent pas avoir une fin.

Du lever au coucher du soleil/Notre maison n’a pas de porte/Notre terre n’a pas de barrière/Sans limite est notre amour/Dispersés dans le monde/Nous conservons la même hardeur/C’est ta grâce qui nous soutient/Qui nous maintient fidèle à Toi Seigneur.

Entendant Ton appel:/“Allez ! de toutes les nations, un peuple uni pour moi vos cœurs”/Annoncez Ton Evangile/À toutes personnes et transformez le vieil homme/En homme nouveau/Un monde nouveau qui doit arriver.

Dites à tous : le royaume de Dieu est proche.

Abbé Jean Claude MANARIYO

Abbé Jean-Claude MANARIYO

Chers frères et sœurs dans le Christ, méditons ensemble la Parole que Dieu nous donne aujourd’hui en nous arrêtant sur ces quelques thèmes.

– La joie apportée par le Règne de Dieu.
– La fierté du Chrétien est la croix du Christ
– Le Seigneur choisit d’autres missionnaires

Dans la première lecture, le prophète Isaïe demande aux Israélites de se réjouir avec Jérusalem, car le Seigneur vaincra les nations païennes unies contre son peuple et par la suite il les sauvera et les réunira à son peuple nouveau. Cet oracle est adressé aujourd’hui à nous. La liturgie de ce dimanche chante la bonne nouvelle, qui apporte la joie à toute la création : « Dieu a rompu son silence, Dieu a parlé, Dieu existe. Ce fait, en tant que tel, est salut. Dieu nous connaît, Dieu nous aime, Il est entré dans l’histoire ». L’antienne d’ouverture nous rappelle la dynamique chrétienne qui célèbre l’amour du Seigneur au banquet eucharistique, au milieu de son temple, pour ensuite aller sur toute la terre et proclamer sa louange (Ps. 47, 10-11). Nous pouvons dire que ce dimanche est le jour de l’annonce joyeuse de l’Évangile. Le Seigneur nous invite à accueillir cette annonce avec un esprit renouvelé, il nous « évangélise » au contact avec la parole et l’eucharistie, pour que nous devenions « bonne nouvelle » pour notre famille, nos amis, pour la société.Il y a vraiment un motif de se réjouir parce que l’unité se compose entre nous et Dieu et ainsi nous sommes dans le Règne d’amour, de vérité, de justice et de paix. Pour les Israélites, il s’agissait de la victoire sur les ennemis terrestres et le rétablissement de Jérusalem. Pour nous aujourd’hui, il s’agit de la victoire sur le péché. Avec le péché, il n’y pas de paix. Mais avec la grâce, la paix est parfaite.
C’est pour cette raison que saint Paul nous dit que la fierté du chrétien est dans la croix du Christ. Parmi les Galates, il y avait des chrétiens venus du Judaïsme qui obligeaient les autres de se faire circoncire selon la rescription de la Loi juive. En cela, saint Paul voit un double danger : le fait d’oublier que le Salut est gratuit et le fait de se faire élite intellectuelle. L’homme ne peut pas être sauvé par l’observance extérieure de la Loi, mais par la foi au Christ (Ac. 4, 17). Par ses propres efforts, il ne peut rien faire qui lui mériterait le Salut. D’autre part, le fait de se faire élite intellectuelle par l’étude de la Loi au milieu de l’Empire romain pourrait étouffer l’appartenance à un Christ crucifié, et ainsi on aurait perdu l’entrée dans le Royaume de Dieu.
Dans l’évangile, nous voyons Jésus qui choisit soixante-dix (ou soixante-douze) autres disciples pour leur donner une mission après celle des douze. En quoi consiste leur mission ? Jésus leur a dit : « Guérissez leurs malades et dites- leur : ‘Le Royaume de Dieu est maintenant tout proche de vous !’ (v.9). Le chiffre de soixante-dix (ou soixante-douze) a une valeur symbolique. Il se rapportait aussi aux nations païennes comme aux soixante-dix anciens associés à la mission de Moise (Nb. 11, 16-17). Cette mission préfigure donc la tache de l’Eglise jusqu’à la fin du monde : évangéliser toutes les nations (Mt. 28, 19). Qui (qu’est-ce que) est l’Eglise ? C’est nous-mêmes. C’est nous qui devons donner la guérison de l’âme à ceux qui n’ont pas encore découvert que le Royaume de Dieu et sa miséricorde leur sont proches. En rendant visite aux malades physiques par exemple, nous manifestons ainsi que nous formons avec eux une famille qui s’occupe d’eux, et incarnons l’amour de Dieu pour eux. Certes, nous ne devons pas remplacer les médecins dans les hôpitaux, même si ceux-ci doivent soigner les malades avec un esprit chrétien. Mais quand nous rendons visite aux malades, nous contribuons à leur guérison, car le découragement et le désespoir qui accablent certains, ne sont pas moindres comme maladie. Les médicaments qu’ils reçoivent à l’hôpital leur font du bien, mais à eux seuls, ne suffisent pas.

Je dialoguais un jour avec des médecins et ceux-ci me disaient qu’on peut bien faire le diagnostic d’une maladie et prescrire les soins qu’il faut, et que même le malade peut observer soigneusement ce qu’a dit le médecin. Pourtant, poursuivaient-ils, malgré les effets curatifs des médicaments, il peut ne pas guérir de sa maladie, si le médecin l’a mal accueilli au premier contact.

Ce ne sont pas seulement les malades physiques que nous devons approcher, mais aussi les malades mentaux, et toute personne en situation de détresse. Étant créé corps et esprit, chacun a besoin de l’affection des autres. C’est nous qui devons nous occuper de ce domaine affectif par la charité que le Christ nous a enseigné en se sacrifiant lui-même pour nous. En témoignant de notre foi par les œuvres de charité, nous manifesteront le Royaume de Dieu parce que nous n’agissons pas seuls, mais Dieu agit en nous. Les démons seront chassés, notre nom sera inscrit dans le livre de la vie et heureux serons-nous.

Abbé Lambert RIYAZIMANA

Abbé Lambert RIYAZIMANA

Il y a une chose que nous ne devons pas oublier: le Seigneur nous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Cela veut ire que ce n’est pas par notre force que les choses changeront. Le royaume de Dieu ne s’impose pas dans la violence. Effectivement, il n’y a pas de joie quand les gens sont violents. Jésus acceptait de tourner en arrière dimanche passé (lisez cela ici)  face à l’opposition des Samaritains qui barraient la route à quiconque se dirigeait vers Jérusalem! Au contraire, c’est notre douceur qui doit interroger le monde. Que voudrait alors dire « donner votre seconde jour à qui vous fait une gifle sur la première »? Comme au jeu de Judo ou de Karaté, chaque champion cherche de surprendre et déconcerter son adversaire en faisant juste ce à quoi il ne s’attendait pas! Que serait cette compétition dans laquelle tous les mouvements sont programmés? Je me rappelle que nous faisions cela au secondaire lors des pièces de théâtre. Là, c’était le jeu pour ne pas faire du mal au coéquipier.Notre douceur ‘d’agneaux au milieu des loups’ nous fera secouer la poussière de nos pieds à ceux qui ne nous auront pas accueillis. Noter une chose: ce ne sera pas une démission, puisque l’annonce sera faite de toutes façons: sachez, nonobstant votre refus, que le royaume de Dieu est arrivé à vos portes. Il faut alors comprendre que nous devons naviguer à contre-courant, au sein de notre époque qui ne peut contrarier personne (turi ba NTIRUMVEKO != Nta guhandwa ku rurimi ikirenge kiriho! etc.) quand nous pensons que nous ne serons pas écoutés. La démission est cela, et le Seigneur nous recommande la douceur et la détermination: n’ayez pas peur de secouer la poussière, dites ce qui ne pas pas, mais ne vous attardez pas à contraindre les personnes. A la fin, c’est le Seigneur qui touche le cœur et qui convertit, nous n’aurons faits que construire des ponts en annonçant son royaume.

C’est  aussi notre manière de nous contenter de l’essentiel, du peu qui nous est offert qui doit interroger ce monde de consommation. Voyez vous mêmes combien de fois nous rencontrons des gens qui ne s’arrêtent presque jamais à mâcher quelque chose. Il faut toujours un « jojo », un bonbon dans la bouche. Je m’en rends de plus en plus compte ici dans les pays européens. Je pense que cela risque de devenir même une « maladie » si nous ne faisons pas attention!

Prions alors ensemble par ces mots: « Seigneur, prends la place centrale dans nos assemblées dominicales, nos familles et nos vies et fais-nous participer de ton désir ardent d’habiter dans les cœurs de tous les hommes. Toi, oh Christ, sagesse du Père, qui trouves tes délices avec les fils des hommes, fais-nous nous réjouir quand nous te verrons caché dans l’hostie et te recevoir chez nous, pour que la paix habite dans nos cœurs. Ainsi, vivant dans la joie de ta présence, nous pourrons la transmettre partout par notre présence qui sera ta présence en nous et par nous-mêmes. Amen ».

 de Jean-Claude & Lambert.

 

Courageux, patients et libres, cheminons avec Jésus.

Abbé Lambert RIYAZIMANA

Abbé Lambert RIYAZIMANA

Nous continuons à cheminer avec le Jésus de Luc qui nous conduit de la Galilée des nations à Jérusalem où s’accompliront les faits de notre rédemption et d’où partiront ceux qui en auront fait l’expérience pour l’annoncer au monde entier. Notre vie chrétienne est un cheminement avec Jésus, un cheminement qui ne manque pas de discipline que nous recevons du Maître qui nous appelle et nous confie une mission. Pendant une dizaine de chapitres que nous allons lire, apprêtons nos esprits, soyons sportifs pour ne pas nous scandaliser de la radicalité de l’enseignement du Christ qui nous demande de faire une grande et forte expérience de courage, ouverture et liberté. En effet, pour Jésus, il n’ y a ni disciple, ni entrée dans le royaume sans une expérience de liberté, si on n’est pas libre de l’opinion courante, si on n’est pas encore arrivé à prendre à contrepied ce que notre milieu trouve comme normal, excuse et comprend. Allons, partons, écoutons Jésus, mettons-nous en déplacement, non tant topographique, mais surtout spirituel.

Le courage du disciple : « j’ai rendu mon visage dur comme pierre… » (Isaïe 50,7)

Le passage de l’Evangile d’aujourd’hui commence à préciser que les temps sont accomplis. Rien de hasard. Jésus est conscient de ce qu’il attend à Jérusalem. C’est pourquoi « il prit avec courage la route de Jérusalem ». On n’a pas donc à être naïf, il faut prendre au sérieux notre cheminement. Le texte grec de Luc dit qu’ « il durcit son visage pour se diriger vers Jérusalem ». Devant ce danger, on n’a pas à « serrer les fesses » (avoir peur), mais « serrer les dents » (Kuryá umutíma amênyo, ni kó bavugá mu Kiruúndi), faire preuve de détermination. Être, chrétien, c’est aussi savoir prendre une grave décision pour la vie. Une invitation est faite a tous : regarder en face chacun ses difficultés, les combats qu’il a à mener, nos impasses « insurmontables » selon notre jugement… Pourquoi nous laisser aller ? Pourquoi vivre la loi du moindre effort ? Il faut par contre « durcir notre visage, serrer les dents, pour tenir coûte que coûte à la suite de notre Maître. Je dois être sûr : « le Seigneur est avec moi, je ne céderai pas car j’ai rendu mon visage dur comme pierre, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50,7). Sachant que toute vie, malgré les difficultés et les peurs, est une montée avec Jésus vers Jérusalem, tout s’illumine d’une lumière nouvelle. Il nous faut alors faire un autre pas.

Patience chrétienne, ouverture « catholique ».

On pourrait penser que les hostilités entre peuples ou les résistances à l’œuvre du salut sont modernes. Elles sont vieilles comme le monde. La Samarie qui se trouve entre la Galilée et Jérusalem sert d’occasion pour Jésus afin de donner une leçon sur la patience de Dieu et l’ouverture d’esprit. « …On refusa de le recevoir…veux-tu que nous ordonnions que le feu du ciel tombe pour les détruire ?» Nous savons que le temple des Samaritains construit sur le mont Garizim rivalisait avec celui de Jérusalem. Encore des rivalités au Nom de Dieu ! Jésus n’entre pas pourtant dans ces fanatismes. Nous le voyons respecter tous, donner les Samaritains en exemple: la Samaritaine de Jean 4, le bon Samaritain (Luc 10, 30), la reconnaissance du lépreux guéri (Luc 17, 16) etc. il nous faut alors un autre regard sur ceux qui ne pensent pas comme nous, non seulement en matière de foi, mais aussi dans la vie quotidienne. Notre époque a beau parler de tolérance politique, idéologique, mais oublie de donner l’exemple de celui qui l’a bien vécue plus que tous ceux qui en parlent : c’est Jésus.

Oui ! Les religions ont été souvent fanatiques (et ce n’est pas fini !), surtout celles qui se présentent comme une révélation d’un Dieu unique. C’est le cas des textes de l’Ancien testament. Aujourd’hui, Jésus nous nous enseigne à ne pas confondre la cause de Dieu avec la nôtre, ni avec les intérêts de notre communauté religieuse. C’est pourquoi, dans sa patience, il choisit de se replier, de partir pour un autre village. Il attend la disponibilité des hommes. La vérité de Dieu ne s’impose pas seulement comme une lumière éblouissante, mais aussi comme une étoile polaire.

Je me rappelle un épisode de 1995-6, dans une des Chapelles de Bujumbura. De « pieuses » femmes, celles qui ne manquent aucun chapelet du rosaire, dépassées par les violences qui ensanglantaient la ville, étaient en train de prier. Pendant la prière universelle, une d’elles formula cette prière : « Seigneur, ces jeunes « sans échec/sans défaite » (je me rappelle plus desquels elle a parlé) qui tuent les gens, pourquoi ne les extermines-tu pas ? Nous t’en prions Seigneur ». Le prêtre qui présidait la célébration se hâta à conclure, mais vous pouvez penser quelles furent les difficultés quant à la formulation de la collecte qui rassemblait des prières avec une telle intention ! Ne vous en faites pas ! La dame a dit haut ceux que nous pensions a voix basse : je n’accuse personne. Cela diffère-t-il de l’intention des fils du tonnerre ?

On n’a pas donc à nous demander pourquoi Dieu n’écrit pas visiblement son Nom dans le ciel pour que tous puissent le voir, il nous respecte. C’est le modèle de la patience chrétienne qui se manifeste en Jésus. Je m’interroge alors sur mes impatiences… devant mes propres péchés ou les offenses que j’encaisse…devant les lenteurs de la « bureaucratie ecclésiastique… On n’a pas à nous enfermer dans nos ghettos de pensées, en condamnant tous ceux qui ne pensent pas comme nous : ici je pense à mon pays, le Burundi, où certains vivent dans la crainte de mourir à cause de leurs idées. On soit se reconnaître catholique, ouverts à la diversité qui est une richesse. Avec ce pas nous pouvons alors suivre Jésus qui nous appelle.

La liberté du disciple.

Au moment où on refuse d’accueillir Jésus, en voici un qui se propose. On se surprend que Jésus n’accepte pas la proposition. Pourquoi ? La vocation est  un oui à Jésus qui appelle, c’est un oui à cheminer avec Lui. L’appel vient de Dieu : «ce n’est pas vous qui m’avez pas choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis» (Jn 15,16).  C’est l’expérience de la première lecture. Le Seigneur dit à Elie: «Tu oindras Élisée, fils de Chafat, comme prophète à ta place. » L’initiative appartient à Dieu et vient de Dieu, qui ne discute pas avec Elisée. « Le Seigneur ne va pas demander Elisée s’il en a l’envie ou pas: ne serait pas logique de le lui demander. Effectivement, l’interpellé peut accepter ou refuser. «Permets-moi d’abord… laisse-moi d’abord faire mes adieux… »

Ici on s’aperçoit de la radicalité de l’appel du Christ qui engage notre liberté. Jésus va jusqu’à dire que celui qui  n’a pas découvert le règne de Dieu est un « mort ». Celui qui n’a pas le souci des choses de Dieu ne vit pas, au sens fort. Paroles dures. Révélation de la seule vraie vie, celle de Dieu, celle du Règne de Dieu.

Ce service du royaume exige donc des priorités même en face des demandes légitimes. Les demandes des deux derniers appelés sont « raisonnables » : ils ont fait un planning qui serait : d’abord mes affaires personnelles, ensuite les affaires de Dieu. Au seuil de cet été, Jésus me fait un clin d’œil  sur mon emploi du temps. Quelle est mon échelle des valeurs ? Quelle est la hiérarchie de mes urgences ? Une chose est sûre : pour être libre et répondre à l’appel du Seigneur, il faut « laisser tomber les chaînes de nos anciens esclavages » (Gal 5,1). Mais alors, lesquels sont les miennes ?