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Le juste par sa fidélité vivra (Ha 2, 4).

Abbé Jean Claude MANARIYO

Abbé Jean Claude MANARIYO

Ne rougis pas du martyre de notre Seigneur ni de moi quand je suis en prison à cause de Lui (2 Tm 1, 8). Nous ne sommes que la main d’œuvre, nous avons fait ce que nous devions faire (Lc 17, 10)
La Parole de Dieu de ce dimanche nous dit que « le juste vivra par sa foi » (Ha 2, 4). Nous sommes dans les années 605-600 avant Jésus-Christ, le roi Nabuchodonosor venait de détruire l’Assyrie qui était cruelle aux yeux du Peuple de Dieu, lui-même était en train de devenir puissant et accablait Israël. Le prophète fait des plaintes devant Dieu demandant pourquoi Il y a tant de perversités. Dieu donne la réponse selon laquelle un jour, il sera clair que les bons et les méchants ne sont pas traités de la même manière, ceux qui restent fidèles seront sauvés.
La prière du prophète est semblable à celle que chacun de nous serait tenté de faire aujourd’hui : « Pourquoi tant d’injustices dans le monde ? », « Pourquoi, ô Dieu, tu ne punis pas mes (nos) adversaires ? », « Pourquoi les malfaiteurs sont-ils heureux alors que les justes sont malheureux ? », « Pourquoi, ô Dieu, il y a des personnes affamées alors que d’autres jettent la nourriture dans la mer ou dans l’océan ? », « Pourquoi, ô Dieu, tu ne me réponds pas alors que je t’invoque ça fait tant de jours ? », « Pourquoi, ô Dieu, pourquoi ? »
S’il y a des situations malheureuses dans le monde, ce n’est pas Dieu qui doit être incriminé. Elles sont dues, pour la plupart, à la méchanceté humaine. Il y aura un jour du jugement, attendons : « écris cette vision…, elle arrivera à son terme et ne décevra pas. » Oh, Seigneur, garde nous de vaciller ! Oh, Seigneur, puissions-nous être comptés parmi les justes qui vivrons par leur fidélité ! O Seigneur, puisse ton jour nous trouver nets et irréprochables ! O Seigneur, souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton Royaume !

Dans la deuxième lecture, l’apôtre Paul rappelle à Timothée qu’il faut réveiller et raviver le don de Dieu qu’il a reçu par l’imposition des mains et qu’il ne faut pas avoir peur du martyre. Ce qui est dit à Timothée est dit à chacun de nous : nous avons été baptisés, certains d’entre nous ont été confirmés, d’autres encore ont reçu d’autres sacrements. Tout cela constitue le don qu’il faut raviver. Nous sommes heureux si nous sommes fidèles car le juste vivra par sa foi (ou par sa fidélité) !

Faisons nôtre la prière des apôtres et servons Dieu et nos frères dans l’humilité: « Donne-nous un peu plus la foi ! » (Lc 17, 5). Le Seigneur répond en disant que par la foi tout est possible : l’arbre profondément enraciné dans la terre s’arracherait et irait se planter dans la mer ! (Lc 17, 6). Avec la foi, les miracles s’opèrent. Il nous faut un peu de foi, petite comme une graine de moutarde pour que les découragés reprennent l’espoir, pour que les pécheurs se convertissent, pour que les conflits s’arrêtent, pour que l’amour renaisse, pour ne plus avoir peur, pour ne plus être égoïstes, pour ne plus être pusillanimes, etc. Ce sont ceux-là les arbres à déraciner.
Oh, Seigneur, donne-nous un peu plus de foi !

Non abbiate alcun debito con nessuno, se non quello di un amore vicendevole.

Riprendo qua di seguito un commento-meditazione di Chiara Lubich per proporlo alla vostra meditazione di ottobre.

«Non abbiate alcun debito con nessuno, se non quello di un amore vicendevole; perché chi ama il suo simile ha adempiuto la legge» (Rm 13,8)

Nei versetti precedenti (Rm 13, 1-7) san Paolo aveva parlato del debito che noi abbiamo verso l’autorità civile (ubbidienza, rispetto, pagamento delle imposte, ecc.) sottolineando che anche l’assolvimento di questo debito deve essere animato dall’amore. Comunque, si tratta di un debito facilmente comprensibile, anche perché, in caso di inadempienza, si incorrerebbe nelle sanzioni previste dalla legge.
Partendo da qui, ora passa a parlare di un altro debito, un po’ più difficile da capire: è quello che, conforme alla consegna lasciataci da Gesù, noi abbiamo verso ogni nostro prossimo. E’ l’amore scambievole nelle sue varie espressioni: generosità, premura, fiducia, stima reciproca, sincerità, ecc. (cf Rm 12, 9-12).

«Non abbiate alcun debito con nessuno, se non quello di un amore vicendevole; perché chi ama il suo simile ha adempiuto la legge»

Questa Parola di vita ci mette in evidenza due cose.
Anzitutto l’amore ci viene presentato come un debito, cioè come qualcosa di fronte al quale non si può rimanere indifferenti, non lo si può rimandare; come qualcosa che ci spinge, ci incalza, non ci dà pace fintanto che non lo si sia pagato.

E’ come dire che l’amore scambievole non è un “di più”, frutto della nostra generosità, da cui a rigore di termini potremmo dispensarci senza incorrere nelle sanzioni della legge positiva; questa Parola ci chiede pressantemente di metterlo in pratica sotto pena di tradire la nostra dignità di cristiani, chiamati da Gesù ad essere strumenti del suo amore nel mondo.

In secondo luogo ci dice che l’amore scambievole è il movente, l’anima e il fine, verso cui tendono tutti i comandamenti.
Ne segue che, se vogliamo compiere bene la volontà di Dio, non ci si potrà accontentare di un’osservanza fredda e giuridica dei suoi comandamenti, ma occorrerà tenere sempre presente questo fine, che attraverso di essi Dio ci propone. Così, ad esempio, per vivere bene il settimo comandamento non ci si potrà limitare a non rubare, ma ci si dovrà impegnare seriamente per eliminare le ingiustizie sociali. Soltanto così dimostreremo di amare il nostro simile.

«Non abbiate alcun debito con nessuno, se non quello di un amore vicendevole; perché chi ama il suo simile ha adempiuto la legge»

Come vivere allora la Parola di questo mese?

Il tema dell’amore del prossimo, che essa ci ripropone, ha un’infinità di sfumature. Qui ne fisseremo soprattutto una, che ci sembra suggerita in modo particolare dalle parole del testo.
Se, come dice san Paolo, l’amore vicendevole è un debito, occorrerà avere un amore che ama per primo come ha fatto Gesù con noi. Sarà, quindi, un amore che prende l’iniziativa, che non aspetta, che non rimanda.

Facciamo, allora, così in questo mese. Cerchiamo di essere i primi ad amare ogni persona che incontriamo, alla quale telefoniamo, scriviamo, o con la quale viviamo. E sia il nostro un amore concreto, che sa capire, prevenire, che è paziente, fiducioso, perseverante, generoso.
Ci accorgeremo che la nostra vita spirituale farà un balzo di qualità, senza contare la gioia che riempirà il nostro cuore.

Eccovi in VIDEO questa parola che si meditaclicando su questo LINK;
                                                                           Chiara Lubich

« Augmente en nous la foi, Seigneur! »

Place Saint-Pierre (Rome)Aujourd’hui, l’Eglise nous propose une liturgie de la Parole qui nous rejoint, certes, dans nos questionnements, mais dont les réponses nous laissent plutôt perplexes.
Qui d’entre nous un jour de détresse n’a pas crié vers Dieu avec les paroles du prophète Habacuc ? La première partie de la réponse du Seigneur semble laisser annoncer une prochaine intervention divine spectaculaire, qui rétablirait le bon droit de l’opprimé. Mais le discours de Dieu change de ton et débouche sur une parole énigmatique : « Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité ».
Difficile de ne pas entendre dans ce verset une pointe de reproche. Disons que le Seigneur nous remet à notre place : accuser Dieu de ne pas intervenir en notre faveur est en effet à la limite de l’insolence. « L’âme droite » n’exige pas qu’on lui fasse justice, mais manifeste qu’elle est « juste » en demeurant fidèle contre vents et marées. L’âme droite n’est-elle pas celle qui peut répéter avec Esther ces paroles d’Antienne d’ouverture de la messe: « Tout dépend de ta volonté, Seigneur, et rien ne peut lui résister : c’est toi qui as fait le ciel et la terre et les merveilles qu’ils contiennent. Tu es le Maître de l’univers »? Nous n’avons pas à attendre de Dieu qu’il change le cours des événements ; par contre nous sommes invités à changer notre manière de les appréhender et de les vivre.

Une image me paraît suggestive :Quand on a un texte écrit en de très petits caractères qui font mal aux yeux, que doit-on faire ? A part que notre temps connaît une « évolution » du « touch screen » qui nous permet d’agrandir le texte sans aucun changement/adaptation de notre part, l’attitude normal est de chercher à changer notre mode de regarder le texte : ou on porte des lunettes, ou on essaie de se rapprocher du texte ce qui est dangereux pour la vision ! Mais une chose normale est de changer quelque chose de notre part, et non tirer sur la feuille pour adapter le texte à notre vision. Quel est le résultat ? On s’aperçoit que le texte « devient lisible », mais en réalité, c’est nous qui « devenons capables » de… Ainsi en serait-il des situations difficiles à comprendre : il faut les aborder avec un autre point de vue, avec une autre perspective, et à ce point, « mettre les lunettes » de la foi qui nous fait voir les choses comme Dieu les voit.

Comment pouvons-nous imaginer, ne fût-ce qu’un instant, que nous sommes livrés, impuissants, au hasard des événements ou à la malice des hommes ? Ce serait faire mentir le Christ qui nous assure que nos vies sont dans la main du Père, et que nul ne peut rien arracher de sa main (cf. Jn 10, 29).
Certes Dieu n’annule pas les causes secondes et ne peut rien contre la liberté des hommes mauvais. Mais la résurrection de Notre-Seigneur ne proclame-t-elle pas une fois pour toutes que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ? Une telle lecture n’est évidemment accessible que dans la foi ; c’est pourquoi il nous est sans doute bon de supplier avec les Apôtres : « Augmente en nous la foi ! » Quelle est la réponse de Jésus?Nouvelle surprise : la réponse de Jésus est tout aussi déconcertante que celle donnée par Dieu au prophète Habacuc. Que représente ce grand arbre qui est supposé nous obéir au nom de notre foi ? Et quel rapport avec la parabole par laquelle Notre-Seigneur illustre son propos ? Essayons d’y voir clair.
Dans la Bible, l’arbre solidement enraciné en terre (probablement un mûrier noir (sycomore) qui peut résister six siècles aux intempéries, dit-on) représente la vie ; la mer est toujours symbole de la mort. Jésus affirme donc que si nous avions de la foi gros comme la plus petite des graines potagères, nous pourrions faire fleurir la vie au cœur même des situations les plus désespérées.

Il est clair qu’un tel regard sur les événements ne peut procéder du « vieil homme », lui qui est devenu affreusement myope depuis que le péché l’a privé de la lumière de la grâce. Aussi ne peut-il évaluer les situations et les événements auxquels il est confronté, que sur l’horizon restreint de cette vie éphémère. La sagesse voudrait qu’il se laisse conduire par la main, comme un aveugle faisant confiance à celui qui voit. Hélas il n’en est rien : nous prétendons mener notre barque comme bon nous semble au risque de l’échouer sur les récifs des épreuves inévitables de nos vies.
Mais comment prendre autorité sur ce vieil homme auquel nous nous identifions spontanément ? Par la parabole du « serviteur quelconque », Notre-Seigneur nous répond : en nous appuyant par la foi sur un Autre, qui voit plus loin que nous, et qui s’est engagé à nous conduire au bon port : « Moi je suis la lumière du monde, proclame Jésus. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12).

Le bon sens exige que le matelot qui travaille dans la soute, obéisse aveuglément au capitaine qui dirige les manœuvres depuis le pont. On imagine mal que le soir le capitaine aille prendre la place des matelots, leur laissant le gouvernail alors qu’ils n’ont aucune compétence pour conduire le navire. L’obéissance du matelot n’a rien d’aliénant : elle résulte de la reconnaissance de la place et du rôle de chacun, dans la complémentarité des responsabilités et des missions.
Cette image illustre fort bien notre situation concrète : dans la barque de l’Église, chacun est invité à tenir son poste dans l’obéissance au capitaine, le Seigneur Jésus ressuscité, qui depuis le pont, dispense à chacun ses ordres afin que tous ensemble nous puissions arriver à bon port. La foi consiste à accueillir cette autorité suprême du Christ, dont les directives nous viennent par la voix de la hiérarchie qui répercute jusqu’à nous ce qui se dit sur le pont. « Les fonctions dans l’Église sont variées, mais c’est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous. Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. Le même et unique Esprit distribue ses dons à chacun, selon sa volonté » (1 Co 12, 4-11). Du haut au bas de l’échelle hiérarchique, tous sans exception nous devrions pouvoir dire en vérité : « Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir ». Saint Paul propose une autre image très parlante et que nous pouvons comprendre : celle de la multiplicité des membres d’un même corps et de l’indispensable coopération de chacun de ces membres aux activités du corps tout entier sous la direction de la tête : le Christ.

Deux dimensions indissociables de la foi : la première – la plus fondamentale – est une confiance absolue en Dieu, qui ne se laisse pas ébranler par les tempêtes de la vie. Notre capitaine est digne de confiance : il a traversé les grandes eaux de la mort et saura conduire notre barque jusqu’à l’autre rivage – à condition bien sûr que nous ne lui arrachions pas le gouvernail des mains. « Turi mū ndèége irí/igezé mu kirêré, ntimúgire ubwôba Umudérevá ní Yèézu », devrions-nous chanter chaque fois qu’il y a des tourments.
La seconde dimension de la foi consiste à reconnaître la nécessité d’obéir à celui qui désire nous conduire en lieu sûr. Cette « obéissance de la foi » (Rm 1, 5 ; 16, 26) se vit dans le contexte de la complémentarité des appels et des missions au sein de l’Église, que le Christ conduit par son Esprit.
A la lumière de ces quelques considérations, l’exhortation de saint Paul proposée en 2ème lecture, prend tout son sens : demandons à Dieu de « réveiller en nous » le don de l’Esprit dont nous avons été gratifiés au jour de notre baptême. « Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison ». Nous disposons ainsi dans la foi de la force nécessaire pour « prendre notre part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile », sans maugréer ni nous révolter ; nous disposons de l’amour qui permet de vivre le service dans un esprit de charité et d’unité ; nous disposons enfin d’une raison éclairée par l’Esprit, qui peut prendre autorité sur les revendications indues du vieil homme.

Prions ensemble en disant : « Seigneur Jésus, au terme de trois années de dur labeur, au cours desquelles tu t’es épuisé à labourer les terres rebelles de nos cœurs, tu ne t’es pas assis à table pour te faire servir, mais comme un “serviteur quelconque” tu as versé de l’eau dans un bassin, et tu t’es mis à laver les pieds de tes disciples. Puis prenant le pain, c’est toi qui les as nourris de ta propre chair : “Prenez et mangez en tous, ceci est mon Corps, livré pour vous”. Donne-nous d’entrer dans l’intelligence de la foi à la lumière de l’amour dont tu nous as aimés. Notre obéissance alors ne sera pas servile, mais procédera de notre volonté délibérée de nous livrer avec une infinie confiance à l’amour de Dieu, que tu nous invites à appeler “Père”. »