Accueil » Posts tagged 'Eglise' (Page 6)
Archives de Tag: Eglise
Quand l’Eglise patiente avant d’entrer dans le débat.
On parle souvent de la lenteur de l’Eglise, du moins son magistère, quand les débats se chauffent en société, surtout quand il s’agit de la politique où toutes les parties se mobilisent, ceux qui sont au pouvoir et qui, naturellement veulent y rester et ceux qui y prétendent. Pourquoi alors cette «lenteur» ? S’agit-il au juste d’une lenteur ?
D’habitude, les débats se chauffent petit à petit. Mais les controverses sont une chose normale au niveau politique, puisque sans de telles confrontations d’idées, la politique n’existerait pas. Ceux qui ont des positions à soutenir durcissent le ton quand les jeux d’intérêts se profilent. C’est alors que l’on commence à recueillir les avis des acteurs sociopolitiques : la société civile, les médias commencent à sortir des édito à travers lesquels ils se rangent, sans oublier la parole de l’Eglise qui est et qui a une force morale indubitable. Je suis en train de suivre les appréciations des uns et des autres sur la contribution de la Conférence des Evêques du Burundi au sein du débat actuel, et certains disent qu’elle avait tardé à s’exprimer. Pourquoi alors il vaut mieux se retenir avant d’entrer dans le débat ? Comment y entrer ? De quoi faut-il tenir compte ? La matière est délicate, certes.
Partons d’un exemple banal : deux camps d’une controverses entre les prohibitionnistes et les anti-prohibitionnistes de la drogue. Les premiers voudraient pénaliser les trafiquants de la drogue et leurs clients tandis que les autres ne l’entendent pas ainsi. Le débat paraitrait facile, mais au regard de certains réseaux de drogues au sein desquels on trouve, je dirais par surprise, même des personnalités haut-placées au sein du pouvoir, il n’en est pas ainsi.
Se lancer dans une telle controverse exige un préalable : il faut connaître qui en a fixé les paramètres, les termes, les intérêts en jeu. Pour cela, il faut un recadrage, un «re-framing» du débat. Quand les termes du débat sont fixés d’une façon binaire (pour ou contre), avec des rôles et étiquettes prédéterminés, il faut prendre un peu de distance pour plus de perspicacité. Cela aide à reformuler les termes du débat, à envisager d’autres options qui sont ignorés ou dissimulés par les intervenants au sein du débat. Pour reprendre notre exemple, est-ce que le débat sur le mal de la drogue se réduit seulement au pour et au contre ? Ne faut-il pas penser à mettre en doute les paramètres mêmes du débat et explorer d’autres pistes ? Récupérer les drogués, leur insertion sociale, la dignité de ces personnes qui ne sont souvent considérées que comme des délinquants sans aucune valeur, …
Pour cela, il nous convient de bien évaluer ce qu’on appelle «la lenteur» des institutions ecclésiales, surtout au sein des débats politiques animés. J’estime que la pose des termes du débat et la compréhension des enjeux qui sont derrière les débats, qu’ils soient dissimulés par les intervenants ou ignorés de ces derniers : il s’agit d’un recadrage du débat, d’un re-framing. Il s’agit d’une pré-persuasion qui ne se limite pas seulement au contenu du débat, mais essaie d’en saisir le cœur, le nœud. Est-ce toujours cette raison ou bien une autre similaire qui nous pousse à ne pas parler directement ou bien c’est une fausse prudence qui inspire réticence du moment qu’on ne fait rien entre-temps pour comprendre un peu plus ? Ne se garde-t-on pas de parler en espérant que le feu s’éteigne plus tôt au lieu de se mettre à analyser la situation pour y intervenir si cela se retenait nécessaire ? Que vous en semble ?
Trois pontificats, trois profils, trois types de défis,…

« On venait voir J.Paul II, on venait écouter Benoît XVI, on vient toucher François » (Card. Tauran)
En ces jours, beaucoup ont parlé des innovations que le Pape François est en train d’opérer au sein de l’Eglise, en cherchant à l’opposer à son prédécesseur comme s’il ne s’agissait pas de deux ouvriers de la même vigne du Seigneur. Faut-il savoir que le Seigneur sait susciter des pasteurs qui sachent répondre aux défis de chaque époque. En effet, le temps de l’enthousiasme de la foi qu’a vécu le Pape Jean Paul II n’est pas celui du déclin de cette enthousiasme et du relativisme caractéristique de l’époque de Benoît XVI, et bien sûr différent de celui du pape François qui a besoin d’une Eglise qui, consolidée en son identité, est appelée à aller à la rencontre du monde pour lui porter la joie de la foi qui l’anime.
Jean Paul II et l’enthousiasme de la foi en Occident.
Ce Pape a été celui de la réception du Concile Vatican II. En son temps, on vivait en occident, un enthousiasme suscité par l’aggiornamento de Vatican II, bien que cela eût porté certains groupes à voir une Eglise envahie par un esprit moderniste. Ensuite, comme défis, on aura toujours à l’esprit l’existence d’une Europe divisée politiquement en deux ! Lui même a du vivre dans environnement malsain du communisme polonais. Avec la chute du mur de Berlin, des gens commencent à croire au changement et à la force de ce pasteur. On reconnaitra les foules des jeunes dont il fallait nourrir la foi lors des rencontres mondiales (les JMJ), les voyages apostoliques et beaucoup d’écrits (encycliques, exhortations apostoliques et post-synodales, des lettres,…), tout cela pour essayer de donner forme à cette foi qui devait se frayer un chemin au milieu d’une confusion incroyable. Oui, le défi était de pouvoir canaliser les enthousiasmes suscités ici et là.
Benoît XVI, pape de (à) la parole de maître.
Compte tenu du déclin de l’enthousiasme ruiné par le relativisme, dans un monde aux « valeurs démocratiques » qui mettent au même pied d’égalité toutes les opinions, Benoît XVI sut voir, ou mieux, Dieu suscita en lui ce dont le monde avait besoin : un enseignement qui fait la part des choses. Son choix fut celui de la parole, de la prédication, de l’enseignement, du discours public. Pour ne citer que quelques exemples, on se souvient des thèmes traités par la trilogie de ses encycliques, les discours qu’il a tenus devant les parlements des pays qu’il a visité, etc. En tout cela, il a su montrer que la foi ne va pas contre les valeurs, au contraire, elle les assume et les élève en les purifiant de ce que l’humain seul ne peut réaliser. Il aura su montrer que la foi est toujours raisonnable dans ce monde. Je ne voudrais pas m’étendre sur sa préoccupation à la purification intérieure de l’Eglise dont l’image et l’identité étaient discréditées par les scandales.
François, pape dont la personnalité trace le chemin.
Les choses étant claires, il faut les mettre en pratique. Nous devons d’abord savoir que ce n’est pas le consensus de la majorité qui fait qu’une vérité soit telle, puisque la vérité possède en elle-même sa « consistance ». On connaît bien désormais ce qu’i faut savoir, la foi en cela dépendant d’une adhésion libre. Nous sommes alors e face d’un pontificat surtout pastoral. Le langage corporel, le comportement serein et simple, doux, cependant décidé du pape François est un don que Dieu a fait à son Eglise. Sa personnalité trace l’exigence d’une Eglise non autoréférentielle, étant donnée qu’elle n’est pas son propre centre, le vrai centre de tout étant le Christ ; une Eglise qui prend même de risque de sortir jusqu’à connaître des accidents de parcours ; une Eglise cohérente avec ce qu’elle est réellement : une communion ouverte à tous ceux qui veulent y entrer, fussent-ils pécheurs, faibles et non corrompus ; une Eglise qui donne sa vrai valeur au matériel. C’est pour cela que la Pape s’attèlera à en finir avec le cléricalisme, à montrer l’urgence est « d’être une Église qui trouve de nouvelles routes, qui est capable de sortir d’elle-même et d’aller vers celui qui ne la fréquente pas, qui s’en est allé ou qui est indifférent ; inviter à renoncer à une rigidité passéiste puisque celui qui aujourd’hui ne cherche que des solutions disciplinaires, qui tend de manière exagérée à la “sûreté” doctrinale, qui cherche obstinément à récupérer le passé perdu, celui-là a une vision statique et non évolutive, à savoir parler directement au peuple de Dieu en en reconnaissant l’importance et l’apport du laïcat…
Faut-il alors passer notre temps à comparer les trois pontificats en termes de bon, moins bons, etc. ? Est-ce vraiment logique de nous enfermer dans ces comparaisons comme si l’on disait aux enfants d’une même famille : ton frère est plus… (mettez-y ce que vous voulez !) que toi ? Ou bien il faut situer chaque action dans son contexte, puisque, et j’en suis convaincu, Dieu sait voir les besoins de l’humanité et y pourvoit chaque fois selon ce dont nous avons besoin.
Une Exhortation pour retrouver la joie et le souffle de l’Evangile.
Dans son Exhortation apostolique Evangelii Gaudium qu’il a donnée au peuple de Dieu en la solennité du Christ-Roi de l’Univers, en même temps clôture de l’année de la Foi, le Pape François rappelle le centre de toute notre vie de Chrétiens: « Ne nous éloignons pas de la résurrection de Jésus, ne nous donnons jamais pour vaincus, arrivera ce qui arrivera (N°3). L’Église du Pape François se fait compagnon de route de nos contemporains en recherche de Dieu et désireux de le voir ». Tel est le nerf central de toute évangélisation d’une communauté, d’un peuple qui se reconnaît avoir une même destinée et qui est appelé à marcher ensemble. Le document se compose de 288 numéros divisées en cinq chapitres à savoir: La transformation missionnaire de l’Église, Dans la crise de l’engagement communautaire, L’annonce de l’Évangile, Tout le peuple de Dieu annonce l’Évangile, La dimension sociale de l’évangélisation, Évangélisateurs avec l’Esprit.
Voici ci-après la synthèse que nous propose la rédaction française de la radio Vatican.
Une Exhortation pour retrouver la joie et le souffle de l’Evangile.






