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La chute d’un prêtre. Ce qu’en pense l’Abbé Roland-Gosselin (de Versailles)

Krzysztof Charamsa. C’est le nom de ce prêtre polonais de 43 ans, membre de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qui a fait ce samedi matin son coming out. Les médias intéressés par ce genre de nouvelles se précipitent et se rengorgent. Pour eux, c’est une joie : enfin, un prêtre avoue qu’il est homosexuel, qu’il a un compagnon et mieux encore, il précise que beaucoup de prêtres le sont mais n’osent pas l’avouer. Le coup médiatique est parfait. Un théologien, qui plus est de la Doctrine de la foi (l’ancienne Inquisition !), avoue qu’il est homosexuel à la veille de l’ouverture du Synode pour la famille !
Ce prêtre, je le connais : il a été mon professeur à l’Université Grégorienne de Rome. Il intervient dans le cadre d’un petit groupe de travail pour aider les étudiants à réaliser une synthèse dogmatique au terme de leurs années d’étude en baccalauréat canonique. Je garde un bon souvenir de son enseignement : cela n’est évidemment pas remis en cause.
Cette provocation, car c’en est une, pose cependant plusieurs questions.
A la veille du synode pour la famille
La première question est le cas personnel de ce prêtre. Qu’il soit homosexuel ou qu’il se reconnaisse comme tel n’est pas ce qui est d’abord mis en cause. En revanche, qu’il reconnaisse vivre en couple, qu’il revendique manquer à la chasteté, qu’il n’assume pas d’être fidèle à l’obligation du célibat prise le jour de son ordination diaconale, est un point beaucoup plus douloureux. Qu’en plus il s’autorise à entrer dans le jeu médiatique pour être une icône de la presse à la veille de l’ouverture du Synode sur la famille….
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Synode sur la famille: la mémoire médiatique, sinon la nôtre, n’est pas de longue durée.
L’idée de fond du synode dont le premier pas a été cette assemblée synodale extraordinaire est la famille comme évangélisatrice et comme noyau de la société. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est l’origine même de ce synode extraordinaire. Il est le fruit du synode sur la nouvelle évangélisation. Les pères synodaux avaient considéré la famille comme agent principal d’évangélisation. C’est pour cela qu’il est posé un pas de plus vers le synode ordinaire des Evêques qui se teindra en octobre 2015 avec comme thème : la vocation et la mission de la famille dans le monde contemporain. Pourtant, les informations qui sont parvenues a beaucoup d’entre nous risquent de ne pas avoir transmis cette idée d’une famille qui a une vocation et une mission, vu que beaucoup ont cru entendre que les travaux n’ont été que discussion sur les problèmes du contexte actuel caractérisé par l’instabilité de la famille. Il faut alors savoir s’orienter.
Comment s’orienter dans le flux d’informations?
Beaucoup ont navigué à vue, au sein d’une situation qui était présentée comme plus ou moins préoccupante. Telle est l’attitude de beaucoup de personnes qui ne savent plus quoi prendre ou quoi laisser, d’autant plus que les informations qui se publient ici et là sèment la confusion. On ne peut plus savoir quel est le thème central du synode.
Il s’est créé un climat de confusion qui ne naît pas du manque des conversations, mais un écart entre le synode des médias et les pères synodaux. C’est la même situation dont le Pape Emérite parlait à son clergé en Carême 2013 sur le Concile Vatican II qui a eu une sorte de double: les discussions se tenaient d’une part entre les Pères conciliaires dans les salles, d’autres part, les médias faisaient un autre concile par des commentaires, non seulement pour informer, mais aussi pour faire pression et influencer ceux de l’intérieur. Serait-on exempts d’un tel climat? Au contraire.
Quels médias alors suivre, si on ne peut plus se tenir à l’écart de l’information qui circule encore plus vite que jamais? En cela, il fait savoir qu’il y a médium et médium. Tous n’ont pas les mêmes intérêts, tous n’ont pas le même agenda.
De toutes façons, pour être bien informé sur ce qui se passe (dans pour autant négliger ce que disent les autres!), la règle est simple: il faut choisir les sources qui sont en syntonie (symphonie) avec les objectifs du synode. Il ne faut pas oublier que pour le cas présent, tous les médias n’ont pas eu accès à la salles des activités, ce qui fait qu’ils se contentent des résumés de la journée (briefings) faits par la salle de presse du Saint-Siège et certaines interviews faites à quiconque veut les délivrer. Ceci fait alors comprendre le fait que certaines informations sont publiées, ou bien pour forcer à rectifier ou dire ce qu’on en pense, ou pour provoquer, ou pour influencer l’opinion à l’intérieur ou à l’extérieur en nourrissant des attentes à devoir combler.
Ces médias sont donc de deux niveaux principaux.
- Médias généralistes, commerciaux dont beaucoup ne sont pas outillés pour comprendre le langage et le sens de ce qui se passe. C’est la principale source de la confusion diffusée, et celle-ci se nourrit de l’ignorance en la matière et cela oriente mal l’opinion publique dans et sur le synode.
- Médias spécialisés et blogs: on y trouve des analyses et informations sur ce qui se passe au synode. Il faut connaitre son arrière-fond pour comprendre ce qui se passe vraiment.
Quant à la carte de navigation, il y a ceux qui se permettent d’être plus interprètes de la pensée du Pape, les journalistes ne servant que de catalyseurs. On pourrait voir avec intérêt le portail mercatornet.com montre les points d’encrage pour ce synode. Dans la même ligne, celui qui a suivi certaines sources d’informations a su naviguer dans ce flux d’éléments. Il s’agit notamment des médias comme : l’Avvenire, quotidien de la Conférence épiscopale italienne et qui rapporte ce qui se passe vraiment ; Catholic News Service pour le monde anglo-saxon, le Canal TV Salt and Light: qui a suivi les travaux de l’intérieur de la salle sans oublier les journalistes de Zénit et de la Radio Vatican. Il a été aussi bénéfique de suivre certaines personnes bien informées et bien intentionnées sur les réseaux sociaux. Entre autres, citons @FrancisXRocca, @TweetingPriest, Vatican Insider. @Spadaro, etc.
Le synode et l’opinion publique et l’opinion publiée (médiatique).
Le Vatican II avait vu une dichotomie quant à son déroulement, le synode actuelle allant jusqu’à la « trichotomie » : le synode effectif dans la salle des rencontres, le synode tel que vécu à travers les points de presses journaliers et le synode tel que présenté par les médias en tant qu’ « agender setters » et leaders d’opinion. Nous avons été et nous sommes devant un synode pour l’opinion publique dans l’Eglise. Le fait de mettre en jeux les points centraux comme l’Eucharistie, le mariage, …, des penseurs et des officiels ont pensé et rendu publiques des réflexions. Ceci est devenu « nouvelle » à la une de l’actualité, mieux que ne le seraient les prédications dominicales. Qu’on ne s’en préoccupe pas donc. Dans un contexte politique, une panne prédispose les personnes à écouter: certains parlent d’un buisson ardent avec des épines, qui se retient donc l’attention. Cependant, ces discussions n’étaient pas nouvelles, ce qui est nouveau est qu’elles se répètent mais dans un autre contexte. Les cardinaux Kasper et Ratzinger en avaient parlé en 94 mais cela n’avait pas suscité l’attention. Moment favorable alors pour que nous renforcions la vraie doctrine, maintenant que l’opinion est mobilisée et prédisposée pour écouter.
Une chose importante a échappé à la communication officielle du Synode : on a pas réussi à contrer l’attention sur la famille. La discussion s’est déplacée sur des points non centraux. Cela a fait voir aussi des divisions fortes dans l’Eglise, sur l’autorité de qui parle. Certains ne se sont même pas reconnus dans le texte rédigé à la fin de la première semaine. La confusion a été grande, voire mondiale: quel niveau d’autorité avait le document ? Les attentes journalistiques ont-elles été assouvies?
Le synode a ouvert des opportunités à cueillir.
On a réussi à faire penser et faire parler tout le monde. Comment communiquer les défis en ce temps de confusion. Evidemment, il faut relier tout cela avec le synode sur la nouvelle évangélisation, qui a mis la famille au sein de la dynamique. Pourtant oublié! La communication est toujours contextuelle. Il ne faut pas non plus oublier que les journalistes demandent ce qui les tient à cœur, et mettent un agenda parallèle. Il faut alors souligner notre apport : Expliquer la dynamique, le mécanisme: un débat à bien mener, non seulement pour informer, mais pour que nus revenions sur l’essentiel de la vocation et la mission de la famille.
Ici, vous pouvez écouter l’interview que j’ai eue avec Mgr Gervais BANSHIMIYUBUSA, Évêque de Ngozi et Président de la Conférence Épiscopale du Burundi, à la fin du Synode.
Pape François: le double « frame » de la communion des divorcés remariés.
Un double « frame » – une communication déformée- règne à propos des intentions que l’on prête au Pape sur la communion des divorcés remariés. La mise au point de l’abbé Dominique Fabien Rimaz.
Une confusion et une pression médiatique (probablement interne à l’Eglise) régnent sur cette grave question. Leurs origines sont très complexes, mais concernent indubitablement la communication. Une des premières formes de la Charité est la Vérité, sans oublier que sa communication fait partie de cette même Vérité.
Parler de ce grave sujet implique de se souvenir que des personnes souffrent. L’Eglise est comme un hôpital de campagne dit le Pape François. Le baume de la grâce et l’auteur même de toutes les grâces, Jésus Christ, soignent les douloureuses blessures. La pastorale devient alors l’art de mettre les âmes en relation avec Dieu.
Un frame consiste à majorer un aspect pour reléguer dans l’ombre une autre dimension de la question.
Certains sites et blogs, qui étaient de très bonnes sources pour comprendre les propos précis et millimétrés de Benoît XVI, sèment la confusion doctrinale. Ainsi, il est faux de projeter sur le Pape François une quelconque confusion. Comment un homme qui a passé des milliers d’heures à confesser pourrait-il être infidèle à l’enseignement du Christ ? Les principaux blogs et sites qui récupéraient le Pape Benoît XVI sont devenus fort critiques et distants vis-à-vis du Saint-Père. Pourtant, à part la communication, pour nos deux Papes c’est calotte blanche et blanche calotte.
Les grands médias réussissent parfois à faire du Pape François un bon sujet commercial. Dès lors, ils ne vont pas tirer à boulets rouges sur leur propre idole. Benoît XVI ne jouissait pas d’une telle ferveur médiatique.
Le tout premier frame provient de ce jeu d’opposition.
Second frame: le Synode et la communion ne concernent que les divorcés remariés
Après ce jeu d’opposition virtuel entre les deux Papes, le second frame semble concerner le prochain synode et la communion. Le prisme est celui des divorcés remariés.
– Or, le prochain Synode va parler de la crise de la famille, qui est une question beaucoup plus large. Bien évidemment, le drame du divorce, la souffrances des personnes seront au coeur des discussions.
– L’accès à la communion dépasse très largement la question des personnes divorcées et remariées. La communion nous concerne tous ! Nous avons cette fâcheuse tendance à regarder la paille dans l’oeil de notre voisin, sans voir la poutre qui empêche notre oeil de bien voir rappelle Jésus.
La question fondamentale est celle-ci: suis-je en état de grâce pour recevoir la sainte Communion ? Avant d’aller communier, l’Eglise met sur nos lèvres cette belle phrase: « Seigneur je ne suis pas digne de tu viennes sous mon toit, mais dis seulement une parole et je serai guéri ».
Cette parole murmurer à notre conscience peut-être: d’attendre la confession pour aller communier; de prier pour un changement de vie, une plus grande conversion et de ne pas aller encore communier; de s’avancer pour être préservé de toutes chutes, par la grâce même de Dieu.
La focalisation sur les personnes divorcées remariés conduit parfois à une stigmatisation blessante. Le Pape en est parfaitement conscient ( lire ci-dessous )
Divorcés remariés, Interview du Pape François dans l’avion, retour de la Terre Sainte
» je n’ai pas aimé que de nombreuses de personnes, y compris d’Eglise, des prêtres, aient dit “ah, le synode, pour donner la communion aux divorcés remariés“. Et ils sont allés là. J’ai vu combien tout se réduisait à une casuistique. Non, la chose est plus large. Aujourd’hui, nous le savons tous, la famille est en crise. Elle est en crise mondiale. Les jeunes ne veulent pas se marier, ou ils ne le font pas, ou ils vivent ensemble. Le mariage est en crise, la famille aussi.
Et je ne voudrais pas que nous tombions dans cette casuistique : on peut, on ne peut pas. Pour cela je vous remercie encore d’avoir posé la question, parce que cela me donne l’opportunité de clarifier tout cela. Le problème pastoral de la famille est très, très large. Et l’on doit étudier cas par cas. Le pape Benoît XVI a dit une chose 3 fois sur les divorcés remariés qui m’aide beaucoup. Une fois dans le Haut Adige, une fois à Milan et lors de l’ultime consistoire public : étudier les procédures de nullité matrimoniale parce que certaines peuvent être expédiées ou sont pour quelques personnes, étudier la foi avec laquelle la personne va se marier, et clarifier que les divorcés ne sont pas excommuniés et sont très souvent traités comme des excommuniés. C’est une question grave ».
(…)
Le Cardinal Bergoglio reçut un prêtre de son diocèse qui lui parlait de sa grande préoccupation pour la rectitude doctrinale. Bergoglio lui répondit: « C’est en effet très important mon fils ! Sais-tu si les personnes se sentent aimés par ton cœur de prêtre ? »
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