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« Aujourd’hui, si nous entendons sa parole, ne fermons pas notre cœur… » (Psaume 94)
Si Jésus a fasciné bon nombre de ses auditeurs, s’il a même inquiété les autorités de son pays au point de s’attirer le verdict de mort, cela est à mettre au compte du rayonnement exceptionnel qui émanait de lui et qui transparaît, aujourd’hui encore, à chaque page de l’évangile. A la synagogue de Capharnaüm, Jésus « parlait avec autorité ». La liturgie de ce dimanche nous convie à relire dans cette perspective les paroles adressées par Dieu à Moïse : « c’est un prophète comme toi que je susciterai du milieu de leurs frères ; je mettrai mes paroles dans sa bouche ». Des messagers de cette trempe, notre temps en a criant besoin. Or, la parole du prophète se vérifie dans son témoignage de vie ; elle s’affermit dans la docilité à l’Esprit Saint de Dieu, et c’est pour cela qu’elle doit être écoutée. Sommes-nous toujours disposés à écouter ? Tournons notre regard vers Jésus, tournons-le vers Capharnaüm pour voir comment ses habitants s’y tiennent.
Capharnaüm : symbole même de la Galilée des païens, comme on le méditait il y a quelques jours. Capharnaüm, zone maritime avec un port au commerce florissant, ce lieu de passage, de mélanges de races, de croyances, de comportements, de niveaux de vie (aisée ou moins aisée,…) : voilà où l’urgence du salut porte Jésus. Nous le remarquons dans l’usage de aussitôt. Il ne faut plus alors repousser à plus tard, il faut enseigner, proclamer une parole qui instruit et libère l’homme de la captivité du péché.
Suivons-les (Jésus et les 4 disciples qu’il a déjà appelés) qui pénètrent dans Capharnaüm. Jésus n’est plus seul. C’est un groupe de 5 hommes. Désormais, Marc nous les montrera toujours ensemble. Par cette réalité, nous voyons déjà la réalité de cette Eglise, communauté appelée à faire ce que Jésus et ses disciples vont faire : annoncer le Règne de Dieu, Règne qui peut jamais pactiser avec le mal là où il arrive. C’est ce qui arrive dans la synagogue. La présence du Règne de Dieu est vite reconnue : tout le monde admire ce maître qui parle avec autorité, puisqu’il ne cite personne d’autre : il est lui-même le référent de ce qu’il dit. Nous le savons en Saint Matthieu : « on vous a dit… moi je vous dis ». C’est même cette autorité que reconnaît cette personne possédée par un esprit mauvais. Arrêtons-nous y un instant.
Nous sommes en présence d’un cri qui explose du silence admiratif et contemplatif du sermon de Jésus : « que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint de Dieu ». Et c’est VRAI !! Mamma mia, diraient les Italiens !! Que se passe-t-il au juste ?
Trois choses peuvent nous retenir.
D’abord, la présence d’une personne possédée dans un espace sacré. Comment cela est-il possible avec toutes les prescriptions qui regardaient la pureté rituelle et la fréquentation des lieux sacrés ? C’est clair : seule la présence de Jésus est le gage de la préservation de nos sanctuaires, et surtout du sanctuaire qui nous est plus intime, c’est-à-dire notre cœur. Ne sommes-nous pas semblables à ces lieux sacrés chaque fois que nous sommes attachés aux ritualités extérieures sans vraiment y impliquer Jésus
De deux : cette personne était silencieuse. Seule la présence et la parole de Jésus mettent en surface ce qui réellement l’habite. La parole de Dieu nous libère, mais cette libération n’est pas indolore. Il n’est jamais doux découvrir le mal qui nous habite, surtout quand ce sont les autres nous le font savoir. Aux ordres de Jésus, il y a réactions de rébellion, de cris et de résistances. Pensons un peu à nos réactions, manifestes ou intérieurement ruminées, quand quelqu’un nous montre un défaut qu’il faut corriger. N’en a-t-il pas résulté, pour certains cas, des inimitiés entre ceux qui étaient jadis amis ? N’y a-t-il pas souvent résistance quand bien même nous savons que ce qui nous est dit est vrai ? Sommes-nous disponibles à être corrigés, aidés pour nous améliorer ? Ne pensons pas que la scène soit seulement une scène purement biblique.
De trois : l’esprit impur connaît Jésus plus que ces disciples. Nous savons en effet comment est construit l’Evangile selon saint Marc : il retrace un cheminement des disciples qui ne comprennent pas qui est Jésus, et celui-ci est souvent amené à les rabrouer de leur incrédulité et manque de foi. Nous savons que cette confession sera pleine aux pieds de la croix, quand le centurion romain, de surcroit, un païen, confessera la Seigneurie de Jésus en voyant comment il meurt. « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » ! Il faut de temps en temps se méfier de ces « déclamations rapides » qui ne viennent pas d’une expérience vraie mûrie au cours d’un cheminement. Il faut accepter de suivre Jésus, écouter sa parole, cheminer avec lui. Il faut accepter de quitter nos idées préconçues sur ce maître itinérant, qui nous invite toujours au voyage, c’est-à-dire à être toujours prêts à embrasser la nouveauté de Dieu. Les habitants de Capharnaüm s’étonnaient… Quand plus rien ne m’étonne de la Parole de Dieu, quand je perds tout enthousiasme à entendre chaque fois une nouveauté de la part de Dieu, il faut me mettre en question. Une telle monotonie paisible qui ne me trouble plus en rien pourrait être ruine de mon âme.
C’est pour cela que cette « confession » de l’esprit mauvais n’en est pas une : il s’agit d’une déclaration contre la présence de Jésus. Pour cela, ces esprits demandent (dans les épisodes parallèles ou similaires) de s’éloigner de Jésus. Ils ne veulent en aucun cas entretenir une relation avec lui, bien qu’ils reconnaissent sa Seigneurie. Encore une fois, il s’agit d’une réaction présente en notre vie, chaque fois que nous connaissons la vérité, sans vouloir nous y engager personnellement : cela est difficile, ça nous coûte. Combien de fois avons-nous entendu des personnes qui estiment qu’aller à la messe du dimanche est une bonne chose, mais que le dimanche est un jour pour se reposer, faire du sport, tisser les amitiés, … après toute une semaine de travail ? et bien d’autres cas du genre.
Aujourd’hui encore Jésus nous libère du mal, nous remets à nous-mêmes. Jésus, c’est deux choses : ce sont les « paroles », un enseignement toujours nouveau, un message pour l’humanité. Jésus, c’est aussi « des signes », actes de la présence du Règne de Dieu au milieu des hommes, actes qui réalisent ce qu’ils signifient : des sacrements. N’oublions pas que le sacrement du baptême, nous avons aussi été exorcisés par Jésus e ce signe sacramentel est permanent, puisqu’il s’actualise dans chaque eucharistie où Jésus nous parle, nous sauve du mal. Puissions ne jamais oublier de nous mettre à son écoute, et de nous laisser rejoindre et transformer par sa présence. Ainsi soit-il.
A la suite de Jésus, proclamons: »Le Royaume de Dieu est parmi nous ».
La parabole de Jonas met en valeur le repentir immédiat des habitants de Ninive. De son côté, l’apôtre Paul avertit les chrétiens de Corinthe que leur conversion ne souffre pas d’être ajournée, puisque le temps est limité et que ce monde passe. La double scène de vocation rapportée par l’évangile de Marc s’inscrit dans ce même climat d’urgence. Phrases brèves, abruptes, qui traduisent une exigence radicale : le disciple comprend qu’il lui faut quitter sur-le-champ sa profession et sa famille. Aujourd’hui encore, des hommes et des femmes acceptent de se vouer corps et âme à la tâche qu’ils ont librement choisie en réponse à un appel de Dieu. Ceux-là sont prêts à quitter tout ce qui s’avère incompatible avec le don qu’ils ont fait d’eux-mêmes.
Visitant la Parole de Dieu, les trois lectures de la liturgie de ce jour sont traversées par une urgence : Jonas proclame que Ninive sera détruite si elle ne se convertit pas dans les plus brefs délais. Saint Paul rappelle aux chrétiens de Corinthe que « le temps est limité, car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer » ; en d’autres termes : demeurons libres de toute attache afin d’être prêts à partir à chaque instant. Le Psalmiste demande à Dieu de lui « enseigner ses voies, de lui faire connaître sa route, de lui montrer son chemin », témoignant par cette triple insistance qu’il n’attend qu’un signe pour prendre le départ. Le crescendo au fil des lectures culmine dans l’Evangile, aussi est-ce à partir de lui que nous approfondirons cette liturgie de la Parole.
Le Baptiste est arrêté ; il n’est pas prudent de rester en Judée : Jésus rentre dans sa Galilée natale. Il va centrer son activité sur les bords du lac de Génésareth, plus précisément sur la rive nord-ouest. La Galilée des nations est le lieu privilégié de l’activité de Jésus ; il ne la quittera que pour vivre sa Passion à Jérusalem. Puis au matin de Pâques, c’est à nouveau dans cette région ouverte sur le monde, que le Ressuscité donnera rendez-vous à ses disciples (Mc 16, 7). Cette Galilée des nations, terre des païens, devait susciter en nous certaines attitudes. Il s’agit d’une terre marginale, éloignée de la ville sainte. L’éloignement n’est pas seulement géographique, mais aussi religieuse, vue son histoire des invasions assyriennes qui avaient entrainé un mélange des peuples, avec les païens qui y habitaient. Là où on ne s’attend rien de bon/beau, c’est là que Jésus livre d’abord son message de salut : le royaume de Dieu est parmi vous. Dès le départ, l’Eglise est donc appelée à fréquenter les périphéries existentielles. En choisissant de prêcher «en Galilée des païens», Jésus fait un acte missionnaire : il cherche le contact… Et Marc souligne cette option, lui qui écrivait son évangile à Rome, dans la mouvance de Pierre, et pour des convertis venus du paganisme.
Ne nous arrive-t-il pas, au contraire, de nous enfermer dans nos milieux chrétiens, de redouter le contact du «monde», de vivre en ghetto ? Jésus, lui, allait au devant du monde à évangéliser… cherchait les lieux où il pourrait rencontrer l’étranger, celui qui ne pense pas comme nous, le «païen». Ne nous arrive-t-il pas de classer ces personnes qui ne sont pas, ne pensent pas comme nous ? Sommes-nous vraiment catholiques? Et ces personnes, n’ont-elles pas été jadis nos ennemis ? Dans la 1ère lecture, Jonas est envoyé vers Ninive, capitale de l’empire assyrien qui a fait souffrir tant le peuple israélite, cette ville symbole même du monde païen, endurci, loin de Dieu. Jonas y proclame une seule journée et les Ninivites se convertissent. ATTENTION ! Ce n’est pas Dieu qui s’en étonne, mais Jonas, et donc derrière lui, le peuple élu qui, même au temps de Jésus, ne digérera pas qu’il s’adresse aux pécheurs, aux publicains, aux païens. Ne pensons pas que nous sommes très différents en ceci!! Point d’illusions!
Jonas arrive à Ninive après avoir fait un parcours de conversion, mais une conversion non encore mûre. Le message du livre de Jonas est claire : tout le monde peut changer, se convertir et cela est l’œuvre de la miséricorde de Dieu qui s’étend à tous sans exception. Notre conversion n’est pas alors et seulement le fait de nous détourner des péchés pour ne plus les commettre. Il nous est même presque impossible, au moins pour moi qui suis entrain d’écrire. Il s’agit plutôt d’élargir notre vision, pour épouser celle de Dieu. Il faut nous libérer de l’image que nous avons de Dieu. Pour cela, il faut l’écouter, il faut nous mettre en chemin derrière Celui qu’il nous a envoyé afin d’apprendre de Lui. Il faut chaque fois accepter de quitter nos positions, nos conceptions figées : ce n’est pas pour rien que Jésus sera un Maître itinérant !! Suivons-le et écoutons sa proclamation.
L’évangéliste précise d’emblée que la proclamation faite par Jésus est une « Bonne Nouvelle » venant de la part « de Dieu ». Le résumé de sa prédication se résume en deux sentences : « Les temps (kairos) sont accomplis », c’est-à-dire le temps de l’attente est terminé, le bon moment, l’heureux événement que vous attendiez, est enfin arrivé. « Le Règne de Dieu est tout proche » : voilà le message de grâce que Jésus est venu apporter aux hommes. «Convertissez-vous » ; ou encore : « tournez-vous vers la réalité nouvelle qui s’annonce, fût-ce au prix de ruptures avec le monde ancien, voué à disparaître. Et : « croyez à la Bonne Nouvelle » ; s’il s’agit de « croire », c’est donc que la venue du Règne, ne s’impose pas avec l’évidence d’une réalité sensible. Il faudra discerner son avènement aux signes que Jésus en donne, et adhérer à la nouveauté radicale qui s’annonce dans le secret. Ce qui suppose de se tenir à proximité du Maître, de l’écouter, de l’observer, d’épier ses moindres faits et gestes, afin de ne pas gâcher cette occasion unique de réintégrer le dessein de Dieu au-delà de la fracture du péché, qui nous avait aliénés de notre condition filiale.Vue l’importance de l’enjeu, il n’y a pas de temps à perdre, car « il est limité ».
Sans transition, Saint Marc nous invite-t-il à emboîter le pas au Rabbi qui commence sa vie itinérante. Sa première initiative consiste à former le noyau du futur groupe de ses disciples. Première surprise : contrairement à la tradition, c’est le Maître qui appelle ses disciples. De plus, il ne les choisit pas dans le cercle des scribes ou autres spécialistes de la Loi qui résident à Jérusalem, mais parmi les pécheurs du lac de Galilée. Notons qu’il les choisit en couple. La suite du Christ est un effet un cheminement communautaire avec Jésus au centre. Ceci nous exige de développer une capacité relationnelle qui constitue la maturité humaine et qui est souvent oublié par un faux spiritualisme : « moi et mon Dieu, tout est au fixe. Je ne fais du tort à personne, je ne me mêle pas dans les affaires d’autrui,… ».
Avons-nous encore une telle disponibilité ? La seconde lecture veut nous aider à répondre à cette question en nous proposant un examen de conscience sur la manière dont nous réagissons aux événements qui nous affectent, sur notre attachement aux biens de ce monde, voire même sur nos relations avec nos proches : « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ » (1 Co 3, 22-23).
L’appel des premiers disciples constitue l’action inaugurale du ministère public de Jésus, qui résume toute sa mission : Notre-Seigneur est venu nous appeler à sa suite pour nous arracher à « ce monde qui est en train de passer », et conduire nos pas au chemin d’éternité. Le chrétien se définit avant tout comme un disciple du Christ, qui met toute sa vie dans le rayonnement de sa lumière, se nourrissant de son Pain eucharistique, afin de lui être configuré dans une existence semblable à la sienne.
« “Dirige-moi Seigneur, par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse” (Ps 24), et accorde-moi la force d’une sincère conversion. Comme aux habitants de Ninive, comme aux premiers disciples de Jésus, donne-nous d’entendre ta voix, d’épouser ta vision et de répondre à ton appel, et, s’il le faut, de tout quitter pour nous mettre à ton service. »
La famille, malgré ses difficultés, reste le lieu de la manifestation de la sollicitude de Dieu.
Le dimanche qui suit directement la fête de Noël, l’Eglise nous fait célébrer la solennité de la sainte famille. Elle célèbre le fait que le Fils de Dieu lui-même a voulu initier sa course au sein d’une famille normale, qui mène sa vie dans cette contrée retirée de la Galilée: Nazareth. La Providence aurait pu choisir d’autres circonstances pour accomplir le mystère de la Rédemption ; mais elle a voulu honorer en tout premier lieu la famille domestique de sa visite, pour signifier à toutes les générations sa suréminente dignité, comme fondement de la « famille de Dieu » (Ep 2, 19) et de toute société humaine.
Au cœur des lectures de ce jour où nous fêtons la Sainte Famille, modèle des familles chrétiennes, se situe l’enfant, don de Dieu, signe d’Alliance.
Oui, Dieu s’est inséré dans notre histoire, en se soumettant à tout ce que la loi prescrit. En effet, ce n’est pas par hasard que Luc parle de la loi 5 fois dans ce petit extrait (quand arriva le jour fixé par la loi, …sacrifice prescrit,…selon ce qui a été écrit,…accomplir les rites prescrits,…lorsqu’ils eurent accompli: Cfr v.22, 22, 24, 27, 39). La famille de Jésus, nonobstant les circonstances particulières dans lesquelles cet enfant divin est né, ne se dérobe pas à la loi. Jésus lui-même s’alignera comme tout le,monde pour recevoir le baptême de Jean, puisqu’il faut accomplir tout selon la justice.
Ainsi la famille humaine devient le lieu de la manifestation de Dieu. Elle peut approcher le divin. En cet épisode, nous avons une famille normale qui se rend à Jérusalem. Le message est venu de Jérusalem (pensons à l’annonce la naissance de Jean Baptiste qui advient au temple, et le Baptiste passera sa vie dans le désert). Jésus et sa famille font le chemin inverse. Ils partent de ces lieux normaux et oubliés vers Dieu dans on temple. Tout le monde peut alors avoir accès auprès de Dieu, mêmes les plus pauvres. C’est en premier lieu pour eux que le royaume de Dieu est venu.
Qui sont ces oubliés? Ils sont ici représentés par ces vieux: Siméon et Anne. Simeon et Anne représentent toutes ces personnes que notre société ne considère plus. Ce sont ces derniers qui viennent accueillir Jésus, et non pas grands prêtres, qui pourtant connaissaient les Écritures. Rappelons-nous des bergers, ces hors-la-loi (pour le sabbat) qui en savaient même pas ce qui se passait dans la société. Qu’avons-nous fait de nos vieux, toujours seuls au milieu de nos cités désertiques?
Ils sont représentés par l’enfant Jésus, e ce qu’est devenu l’enfant de nos jours: « objet » de convoitise et de contradiction, maintenant qu’on revendique le droit d’avoir des enfants et le droit de les éliminer quand on veut. La menace qui pèse sur la vie de l’enfant, fruit et incarnation de l’amour, n’est-elle pas la preuve irréfutable que notre société a perdu le sens du mystère de la personne humaine ? Lorsqu’un groupe humain revendique conjointement le « droit » à l’enfant et le « droit » de l’éliminer, il reconnaît ouvertement qu’il ne considère plus cet enfant comme une fin en soi, mais simplement comme un moyen au service de la satisfaction des désirs des parents.
Ils sont représentés par ce couple de pauvres (Marie e Joseph) qui ne peuvent pas de payer la bête pour offrir le sacrifice. « Si la femme est incapable de trouver la somme nécessaire pour une tête de petit bétail, elle prendra deux tourterelles ou deux pigeons »(Lv12,8). Ces deux pauvres se contentent du minimum: des colombes. Ce couple représente tous ces couples et familles incertaines du lendemain et qui n’arrive pas à joindre les deux bouts du mois.
Ils sont représentés par ceux qui sont en proie aux incertitudes et doutes, quand bien même ils sont intelligents comme Nicodème qui ira trouver Jésus, de nuit (Jn 3), qui se rangera sans peur pour lui au sein du Sanhédrin (Jn 7) et qui n’hésitera pas à dépenser en achetant des arômes pour la sépulture de Jésus (Jn 19); ils sont ces riches inquiets qui n’ont plus rien à perdre comme Zachée et qui ne se préoccupent pas des qu’en-dira-t-on (il n’hésitera pas à grimper le sycomore bien qu’il soit chef- natwe dupfira ikoti!).
Ils sont représentés par ceux qui n’ont pas de parole dans le concert des nations alors que les destinataires du salut sont de toutes les nations, bien que Jésus soit aussi la gloire d’Israel. Personne n’est exclu de la grâce qu’apporte le Seigneur, bien que nous soyons tentés à ériger des barrières entre les personnes, toutes créées à l’image du même Dieu, le Père de tous.
Oui , cette fête nous donne vraiment le sens de la venue de Dieu au sein de notre vie quotidienne. En même temps, elle nous implique et suscite notre engagement pour la famille, pour la vie, pour les pauvres et les oubliés et les marginaux de notre société.
Sommes-nous capables de reconnaître ce Dieu qui vient chez nous, même en ces situations non moins déconcertantes? Certainement, il faut la foi pour que Siméon puisse voir le Sauveur d’Israel et du monde en cet enfant qui ne peut même pas se tenir débout et qu’il faut prendre dans les bras. Il faut d la foi comme celle d’Abraham dont parle la première et la deuxième lecture pour croire en des promesses humainement irréalisables. Seul celui qui se laisse ouvrir les yeux par l’Esprit (nommé trois fois en ce texte) peut voir l’invisible. Pensons seulement au pain eucharistique que nous recevons!! Il faut de l’espérance comme celle à laquelle l’auteur de l’épître aux Hébreux appelle les chrétiens découragés et fatigués d’endurer les situations difficiles. Sur la route de la foi, les échecs et les retards dans la réalisation de la promesse peuvent devenir des moyens s’approfondir sa foi, à l’image d’Abraham qui a cru contre toute espérance.
Dieu notre Père, ton Fils est entré dans une famille pour nous faire entrer dans ta communauté d’amour. Avec Syméon et Anne, laisse-nous te bénir car nous avons vu notre Sauveur, lumière pour éclairer les nations. Que l’Esprit Saint fasse de nous une vivante offrande à ta gloire.






