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Jésus est le nouveau temple: point de marchandage: tout est gratuité, pure grâce.

C’est un même souffle prophétique qui anime les préceptes du Décalogue et le récit des marchands chassés du Temple. Dans les deux cas, il est question de la fidélité à l’Alliance. Or, l’idolâtrie menace toujours le cœur de l’homme. En confondant commerce et religion, les contemporains de Jésus transforment le Temple en «maison de trafic». Mais l’évangile de Jean se distingue des synoptiques en faisant remarquer que Jésus «parlait du Temple de son corps». Désormais, la maison de Dieu parmi les hommes n’est autre que le corps de Jésus, c’est-à-dire à la fois son humanité et le corps ecclésial que forment ses disciples. Détruit par les hommes, puis relevé par Dieu, le corps de Jésus révèle l’éminente dignité de tout être vivant. En lui éclate la folie de l’amour dont Dieu aime les hommes. Tel est le vigoureux message de l’épître d’aujourd’hui.

templeL’évangile nous présente Jésus qui chasse les marchands du Temple de Jérusalem. Jésus ne joue aucun rôle dans la hiérarchie religieuse du Temple et la demande des juifs est naturelle : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? » N’ayant aucune charge dans le Temple, il devait être accrédité directement par Dieu comme son envoyé à travers un signe.

La réponse de Jésus va donner alors la clef de lecture de l’épisode tout entier : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » Et Jean d’expliquer qu’il était en train de parler de son corps. Le Temple c’est Jésus lui-même, Jésus qui sera crucifié et qui ressuscitera le troisième jour.
Voilà la grande nouveauté : le Temple, le lieu où Dieu se rend présent et où l’homme peut rencontrer Dieu c’est Jésus le crucifié, ressuscité d’entre les morts, vivant à jamais.

Jésus est un Temple totalement pur où il n’y a de place pour aucun marchandage mais où tout est gratuit, pure grâce. Jésus, en fait, que ce soit avec son Père ou avec ses frères, vit la logique du don, de la gratuité et de la liberté de l’amour authentique. Ne pouvons-nous pas penser à la raison pour laquelle il se montre un peu plus clément par rapport aux marchands des colombes, offrande des pauvres, qui ne peuvent pas prétendre beaucoup de Dieu puisqu’ils n’offrent pas grand-chose, comme le firent jadis ses parents ? Et Jésus aime jusqu’au point le plus extrême, jusqu’à donner sa vie pour ses amis.

Après la résurrection, les disciples, illuminés par l’Esprit Saint, ont compris que la passion de Jésus pour la maison de Dieu s’est exprimée dans sa passion à lui : en souffrant, en mourant et en ressuscitant, il a construit la nouvelle maison de Dieu, le Temple nouveau et indestructible. Dès lors, tout homme aura accès au Père « en Christ », en étant en lui comme dans un temple. En effet, la page de l’Evangile passe te temple (ὶέρoν -iéron) à sanctuaire (ναος=naos), c.à.d le lieu de la présence de ce Dieu. C’est donc son corps qui constitue le lieu par excellence de la présence divine. Nous retrouvons les mots du prologue de Saint Jean qui nous parlent d’un Dieu qui plante sa tente (Shekinah à laquelle fait allusion le verset 14 du prologue de saint Jean) au milieu des hommes (Καὶ ὁ λόγος σὰρξ ἐγένετο καὶ ἐσκήνωσεν ἐν ἡμῖν). Ce sanctuaire, où les prêtres ne pouvaient entrer qu’une seule fois par an, peut désormais disparaître, son rideau peut se déchirer (Mt 27,51) et tous ceux qui le veulent peuvent y avoir accès.

Nous avons ici ce qui constitue l’ossature de toute vie chrétienne que nous trouvons exprimée dans la liturgie eucharistique à travers ces paroles prononcées par le prêtre au moment de l’élévation : « Par Lui (le Christ), avec Lui et en Lui, à toi Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit… » Celui qui veut entrer dans le Temple doit entrer en Jésus. Il doit entrer non pas animé par un esprit mercantile, mais par l’esprit de Jésus, l’Esprit de l’Amour gratuit pour le Père et pour ses frères en humanité.

Nous aussi nous avons sans doute à chasser les vendeurs du temple : refuser toutes les formes de religiosité qui sont, plus ou moins ouvertement, des relations de donnant-donnant avec Dieu. Cela est typique des religiosités naturelles où l’on doit sacrifier quelque chose à Dieu pour obtenir en retour ses faveurs. Ce n’est pas alors notre Père céleste que nous adorons mais une idole, adoration qui peut cacher une idolâtrie que nous nous portons à nous-mêmes. Car Dieu est alors instrumentalisé, réduit à un moyen pour atteindre nos fins. C’est ici qu’il nous faut réentendre ces paroles de la première lecture : « Tu ne te feras aucune idole, car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux”.

Mais comment tromper le Seigneur qui connaît mieux que nous-mêmes ce qui habite le fond de notre cœur! La liturgie de ce jour nous invite à lui demander de débarrasser nos cœurs de toute intention de marchandage dans notre relation à son Père et notre Père. En effet, nous devons bien reconnaître combien il nous est difficile de faire le bien gratuitement sans penser avoir des droits sur Dieu et exiger en retour quelques faveurs.

« De tout temps, Seigneur, Dieu vivant, les hommes ont cru devoir t’enfermer dans leurs temples et leurs rites. Mais ton seul Temple au milieu des hommes, c’est le corps de ton Fils, l’assemblée vivante de tes enfants animée par l’Esprit Saint. Manifeste ta présence parmi nous Manifeste ta présence parmi nous celui d’un cœur pauvre et confiant, qui vit au rythme de ta gratuité. Toi qui me fais la grâce de me savoir aimé en toi gratuitement et de pouvoir alors renoncer à mes vains calculs humains – qui ne cessent de renaître en moi sous des formes toujours nouvelles et inattendues – pour entrer dans la liberté de l’amour: Béni sois-tu ! »

Les yeux fixés sur Jésus-Christ, dans la foi, engageons-nous pour un monde réconcilié.

L’évangile de Marc associe à Jésus tenté dans le désert les personnages qui figurent dans les récits de la création : l’esprit, le tentateur, les bêtes sauvages, les anges. Ce sont les hommes qui ont transformé en désert ce jardin des origines. Il dépend alors de chacun de nous, mais aussi de nos entreprises collectives, que ce monde défiguré redevienne une terre habitable et fraternelle. Les 40 jours du Carême renvoient à l’épreuve du déluge qui ne fut pas la fin de tout, mais une renaissance et un nouveau départ, comme le dit la 1ère lecture, autrement dit, un baptême avant la lettre comme nous le fait méditer la 2ème lecture. En effet, comme l’arche a sauvé Noé du déluge, ainsi la croix et la résurrection de Jésus-Christ ont sauvé tous les hommes de la domination de la mort et du péché. Telles sont les mots d’encouragement de l’apôtre Pierre qui s’adresse à une communauté meurtrie par la souffrance, et qu’il veut reporter aux origines de sa force et son espérance : Dieu n’oublie jamais celui qui se confie à lui, même dans les dures épreuves.

Emprisonnée dans le cercle infernal de la souffrance, de la maladie, de la mort et du péché, l’humanité n’a cessé d’espérer et de lutter pour qu’un jour vienne où le mal à l’œuvre dans le monde soit vaincu. Nul homme pourtant n’y est parvenu. Le peuple de Dieu maintenait vivante cette espérance en attendant le jour où Dieu lui-même viendrait prendre en main la lutte des hommes contre le mal, où il manifesterait son règne.

La Bonne Nouvelle: Dieu nous a pas abandonnés.

Telle est la Bonne Nouvelle que Jésus annonce : l’heure est arrivée où Dieu se mêle aux hommes pour que l’amour ait le dernier mot sur la terre, l’heure du « règne de Dieu est là ». Avant de montrer cet amour de Dieu à l’action dans la vie de Jésus le Libérateur, Marc nous présente les signes de la victoire prochaine : en Jésus notre frère, l’homme a vaincu Satan et vit dans un univers réconcilié, paix avec les bêtes sauvages, en communion avec Dieu dont les
anges viennent le servir. C’est le signe d’une réconciliation cosmique, anticipation de l’eschatologie où « le loup habitera avec l’agneau, … le petit enfant jouera sur le repaire de l’aspic,… » (Isaïe 11,1-9); c’est l’accomplissement de l’alliance scellée entre Dieu et Noé et dont l’arc-en-ciel est le signe.

Comme Adam, Jésus nous est présenté au milieu des animaux et des anges qui le servent. Comme Adam aussi, il est tenté par Satan. A la différence d’Adam, il ne se laisse pas vaincre de la peur et de la mort et ainsi reprend et sauve l’hérédité de Jean-Baptiste qui est déjà tombé, tête haute cependant, dans les mains des ennemis de la vérité.

«Notre Père,… nous laisse pas succomber à la tentation…»

Dans le langage courant, le mot «tentation» est souvent dévalué, infantilisé. Être «tenté», c’est, pour un enfant, avoir envie de faire ce que les parents ont interdit» : voler et manger de la confiture, des bonbons… voler de l’argent… Pour les adultes, formés par une éducation de tabous, être tenté, c’est, habituellement, «avoir envie de faire des choses sexuelles défendues»… Dans l’évangile, la tentation, c’est autrement sérieux que cela ! La tentation fondamentale porte sur la «foi», ou la «nonfoi» en Dieu. La vraie tentation est liée au «baptême», c’est une tentation propre de Dieu.

Chrétiens coptes tués par l'ISIS

Chrétiens coptes tués par l’ISIS (2/2015)

Les juifs, premiers auditeurs de Jésus… et les premiers chrétiens, au moment où Marc écrivait ce récit de tentation… et nous, aujourd’hui… avouons que nous sommes souvent déçus par ce Dieu qui devrait se montrer un peu plus ! Dans le Notre Père, on ne parle pas « des tentations », mais de « la tentation ». Cette «tentation» est fondamentale, constante : nous sommes tentés de mépriser ce Jésus, ce Fils de Dieu, dont la qualité de Messie est si peu évidente, en particulier au moment où il meurt sur la croix, au moment où il laisse ses fidèles succomber à tant de barbarie humaine.  Au plein de la guerre civile entre Burundais, on a vu circuler un livret des Témoins de Jéhovah qui s’intitulait : « Abantu b’Imana baroye hehe » ? (Mais où sont allés les hommes de Dieu) et cela semblait logique, vue la cruauté dont certains se sont rendus coupables. Mais au fond, la question pouvait être posée autrement : « Au juste, où était Dieu au cours de cette folie » ? Et c’est cette dernière question qui fut posée au Rwanda voisin où l’on chante : « Mana ube hafi, maze utabare isi yawe…. Aho ibyo byose byaba ga, wari he ? » (Ô Dieu, dépêche-toi à sauver ta terre… Où étais-tu quand tout ceci se déchaina).

Au fond, c’est nous, le peuple des «croyants», qui tentons Dieu, en lui demandant d’être autre que ce qu’il a choisi d’être : un Dieu caché… «La tentation biblique par excellence, c’est de « demander à Dieu des miracles» : qu’il sorte de sa cachette ! «Au désert, vos pères m’ont tenté et provoqué… Quarante ans, cette génération m’a déçu» (Psaume 94, 9). «Que de fois, ils m’ont bravé au désert… de nouveau ils tentaient Dieu» (Psaume 77, 40-41). Il me vient en tête cette belle mélodie de la liturgie de heures du Carême : « Dans le désert, je cherche ta face, dans le désert loin da la rumeur,… Au Dieu caché, tu veux parler à mon cœur » ! « Les juifs demandent des miracles, et les Grecs recherchent la sagesse, mais nous, nous prêchons un messie crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens» (1Co 1,22-23).

Que ton Esprit nous accompagne tout au long de ce temps du renouveau, Dieu notre Sauveur, pour que nous résistions à la tentation  de saccager le merveilleux jardin que tu nous a confié. Rends-nous attentifs à la Parole de Jésus, ton Fils et notre frère en qui nous croyons et espérons arriver là où tu nous attends. Ainsi soit-il.

« Au plein milieu de nos tempêtes, Seigneur tu es là,…au cœur de nos vies ».

IncendieUn jour, une maison d’une famille prit feu. Tout le monde réussit à se mettre à l’abri, excepté le plus petit des fils qui ne put sortir. Il dormait profondément. Il fut réveillé par le feu et la fumée qui le suffoquaient. Il se réveilla et se dirigea vers la fenêtre, en pleurant. C’était au 2ème étage. Le papa de l’enfant ne vit autre solution pour sauver son fils sinon celle de demander que son fils se jetât directement de la fenêtre en ses bras.
– Je ne te vois pas à cause de la fumée et des flammes ! Je ne peux donc sauter !
– Je te vois, moi, et cela suffit ! Saute vite ! Laisse-toi venir même si tu ne me vois pas !

Dans de cas pareils, ils nous arrive de faire des intégrales sur la proximité de Dieu. Je ne le sens pas proche, donc, il n’est pas là ! C’est la conclusion facile. Nous oublions que Dieu nous secours, ou mieux, partage ce que nous vivons, ce qui nous éprouve. Il n’est pas là pour tenir des discours raisonnés. Cela, il l’a pleinement réalisé en Jésus-Christ qui est venu partager notre vie, avec tout ce que nous vivons de joyeux ou de pénible. L’extrême de tout cela, c’est la mort à laquelle il ne s’est pas dérobé ; au contraire, il l’a affrontée et en a donné une nouvelle signification.

L’histoire de Job nous rappelle que le Seigneur est proche, que Dieu est présent au fond de nos abîmes. Il est bon de se le rappeler. En effet, notre souffrance peut être telle que tout le champ de notre conscience soit tout occupé par elle, au point que notre regard sur Dieu est marqué par cette souffrance. Il nous est méconnaissable. Notre souffrance défigure Dieu. On ne le voit même plus.

Que faut-il faire devant la souffrance qui frappe l’homme ? La liturgie de ce jour nous en parle en donnant des points de vue différents. Par le personnage de Job, la Parole de Dieu nous montre le comportement du vrai croyant, qui est sûr de la proximité de Dieu dont Jésus est l’image parfaite comme nous le raconte l’Evangile de ce jour. A travers Job et Jésus, la Bible nous présente deux attitudes fort différentes à l’égard du malheur. D’un côté, c’est le cri douloureux et désabusé de l’homme cruellement éprouvé, qui n’attend plus rien de la vie. De l’autre, c’est Jésus qui a décidé de se battre contre le mal et la souffrance. Ce faisant, Jésus discerne parfaitement le piège à éviter, c’est-à-dire la séduction que exercer les prouesses d’une guérisseur. Il ne se laisse pas griser par le succès et c’est en cela que consiste aussi sa liberté. Il fuit la foule de Capharnaüm comme il fuira plus tard l’enthousiasme de ceux qui veulent en faire leur roi ; il ne fuira pas cependant quand on viendra l’arrêter.

La première lecture nous parle de Job, un homme riche et juste qui est éprouvé par la souffrance. Il est visité par trois amis qui proposent des explications : ils sont porteurs d’une approche traditionnelle sur le mal qui est interprété comme une rétribution au péché commis, ou bien un événement a valeur didactique et éducatif. Job ne le voit pas ainsi et c’est pourquoi la douleur qu’il éprouve le pousse même à l’extrême : maudire le jour de sa naissance. En effet, la situation est telle qu’on peut rapidement et facilement, dans ces conditions, être happé par le découragement, l’angoisse et la perte du goût de vivre. Par exemple Job, dont on mesure l’exaspération dans la première lecture, n’a eu droit qu’à l’incompréhension et à la raillerie, et ce, dans son entourage immédiat (à commencer par sa propre femme) parce qu’il ne maudissait pas le Seigneur dont on rendait responsable de tous ses maux. A la fin du livre, répond mais ne donne pas la réponse attendue par l’homme sur la question : pourquoi le mal ? Il s’agit seulement d’une manifestation de sa toute-puissance devant laquelle Job ne peut que confesser sa petitesse.

Lisant le livre de Job en commençant par les derniers chapitres, il est donc possible de reconnaître la légitimité de la protestation de l’homme face à la souffrance. La protestation est avant tout signe de l’espoir que quelqu’un pourrait entendre le cri et accourir. Qui pourrait crier s’il n’espère pas qu’il puisse susciter une réaction tout autour ? Ensuite, il s’agit du prolongement de la relation avec le Seigneur : c’est une des modalités de « se dire » et de dire ce qu’on est en train de vivre et ainsi revendiquer une lutte qui ne se résigne pas au triomphe du mal contre l’homme et contre Dieu.

En face du mal, il est plus difficile, surtout quand on souffre soi-même, d’admettre qu’on n’a pas de réponse. Il est difficile d’accueillir avec respect cette crise et compatir, comme nous avons le cas des interlocuteurs de Job qui cherchent à expliquer, rationaliser, au lieu de compatir, admettant qu’on n’a pas toujours une explication.

Job a le sens de l’image qui touche. Il compare l’homme à un esclave qui ne subsiste que par un travail forcé, qui peine sous la charge sans qu’elle ne lui apporte de sécurité pour l’avenir ni de satisfaction pour le présent. Pourtant, au milieu de cette nuit de l’absurde, une lumière jaillit : « Souviens-toi ! », «Souviens-toi, Seigneur » ! Ce sont les premiers mots de la prière d’Israël… « Souviens-toi Israël, le Seigneur est Un ». Ce sont les mots qu’on retrouve dans bon nombre de psaumes. Au cœur de sa détresse, Job tutoie donc Dieu et lui demande de se souvenir de son amour, de son Alliance. « Souviens-toi, ma vie n’est qu’un souffle », c’est-à-dire « Seigneur, vois ma faiblesse, souviens-toi aujourd’hui car demain il sera trop tard ».

Dans une telle impasse, Job nous révèle qu’il reste toujours une issue, il existe un chemin vers Dieu, dont la porte d’entrée est notre sens inné de l’absurdité de la souffrance. Notre être qui s’insurge contre la souffrance est justement celui que Dieu atteint. Le cœur en révolte contre le mal subi est celui qui a un passé en commun avec le Bon-Dieu et qui peut lui dire dans l’intimité : « Souviens-toi de ton amour ».

Au terme de l’évangile, Jésus ouvre un chemin où nous sommes tous invités à le suivre. Là est sans doute le plus grand enseignement à mettre en œuvre pour notre semaine à venir. Tout ce que Jésus a fait est destiné à être imité par ses disciples. Les demandes que nous lui adressons sont sans doute légitimes, notre attente d’être relevés comme la belle-mère de Simon est grande, mais nous ne vivrons de la joie de la résurrection que lorsque nous saurons modeler l’emploi du temps de nos journées sur cette journée ordinaire de Jésus que saint Marc vient de nous raconter. On ne peut pas vivre de lui sans vivre comme lui. Nous n’aurons sans doute pas à marcher à travers le pays ni à résister aux assauts de la ville entière, mais nous reconnaîtrons la présence du ressuscité quand à tout instant de nos journées nous serons tout tournés vers Dieu et vers nos frères, Dieu rencontré dans la prière, nos frères aidés à se mettre debout et à retrouver la dignité des fils de Dieu, la joie de servir notre maître. Car ce dont nous avons le plus besoin n’est pas d’être soulagés de nos souffrances, mais d’être sauvés. Or voici qu’il vient en nos maisons celui qui porte le salut, accueillons-le.

Seigneur, que ton Esprit nous rende discrets et courageux quand bien même nous sommes frappés par l’épreuve. Qu’il nous apprenne à résister aux attraits morbides de toute exploitation du malheur d’autrui. Que Saint Paul nous serve d’exemple pour que nous puissions nous faire tout à tous. Ainsi soit-il.