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Joseph, modèle de l’apôtre qui expérimente et annonce le Règne de la paix.

Joseph-sold-slaveryEn ces jours, l’Eglise nous présente l’épisode de Joseph dans son long voyage depuis le chapitre 37 du livre de la Genèse. Nous appuyant sur les lecture de ce jour (14ème jeudi du T. ordinaire), nous pouvons le prendre comme modèle d’un apôtre de la paix et cela à plus d’un titre. Il a fait une expérience de Dieu comme un pèlerinage de justice, dans l’espérance, espérance considérée comme un amour qui crée et donne la paix.

Les apôtres sont envoyés pour proclamer que le règne de Dieu est au milieu des gens. Il s’agit d’un royaume de paix. La mission commence par le souhait de la paix. Les premières paroles de Jésus à ses apôtres après sa résurrection sont « la paix soit avec vous ». Ne vous laissez pas intimider par votre passé, votre fuite devant le scandale de ma mort, dépassez votre trahison à mon égard,… leur signifiait Jésus. Puis, il les envoie en mission. L’apôtre annonce la Bonne Nouvelle de la paix qui, (suite…)

La famille, malgré ses difficultés, reste le lieu de la manifestation de la sollicitude de Dieu.

NoelLe dimanche qui suit directement la fête de Noël, l’Eglise nous fait célébrer la solennité de la sainte famille. Elle célèbre le fait que le Fils de Dieu lui-même a voulu initier sa course au sein d’une famille normale, qui mène sa vie dans cette contrée retirée de la Galilée: Nazareth. La Providence aurait pu choisir d’autres circonstances pour accomplir le mystère de la Rédemption ; mais elle a voulu honorer en tout premier lieu la famille domestique de sa visite, pour signifier à toutes les générations sa suréminente dignité, comme fondement de la « famille de Dieu » (Ep 2, 19) et de toute société humaine.
Au cœur des lectures de ce jour où nous fêtons la Sainte Famille, modèle des familles chrétiennes, se situe l’enfant, don de Dieu, signe d’Alliance.

Oui, Dieu s’est inséré dans notre histoire, en se soumettant à tout ce que la loi prescrit. En effet, ce n’est pas par hasard que Luc parle de la loi 5 fois dans ce petit extrait (quand arriva le jour fixé par la loi, …sacrifice prescrit,…selon ce qui a été écrit,…accomplir les rites prescrits,…lorsqu’ils eurent accompli: Cfr v.22, 22, 24, 27, 39). La famille de Jésus, nonobstant les circonstances particulières dans lesquelles cet enfant divin est né, ne se dérobe pas à la loi. Jésus lui-même s’alignera comme tout le,monde pour recevoir le baptême de Jean, puisqu’il faut accomplir tout selon la justice.

Ainsi la famille humaine devient le lieu de la manifestation de Dieu. Elle peut approcher le divin. En cet épisode, nous avons une famille normale qui se rend à Jérusalem. Le message est venu de Jérusalem (pensons à l’annonce la naissance de Jean Baptiste qui advient au temple, et le Baptiste passera sa vie dans le désert). Jésus et sa famille font le chemin inverse. Ils partent de ces lieux normaux et oubliés vers Dieu dans on temple. Tout le monde peut alors avoir accès auprès de Dieu, mêmes les plus pauvres. C’est en premier lieu pour eux que le royaume de Dieu est venu.

Qui sont ces oubliés? Ils sont ici représentés par ces vieux: Siméon et Anne. Simeon et Anne représentent toutes ces personnes que notre société ne considère plus. Ce sont ces derniers qui viennent accueillir Jésus, et non pas grands prêtres, qui pourtant connaissaient les Écritures. Rappelons-nous des bergers, ces hors-la-loi (pour le sabbat) qui en savaient même pas ce qui se passait dans la société. Qu’avons-nous fait de nos vieux, toujours seuls au milieu de nos cités désertiques?

Ils sont représentés par l’enfant Jésus, e ce qu’est devenu l’enfant de nos jours: « objet » de convoitise et de contradiction, maintenant qu’on revendique le droit d’avoir des enfants et le droit de les éliminer quand on veut. La menace qui pèse sur la vie de l’enfant, fruit et incarnation de l’amour, n’est-elle pas la preuve irréfutable que notre société a perdu le sens du mystère de la personne humaine ? Lorsqu’un groupe humain revendique conjointement le « droit » à l’enfant et le « droit » de l’éliminer, il reconnaît ouvertement qu’il ne considère plus cet enfant comme une fin en soi, mais simplement comme un moyen au service de la satisfaction des désirs des parents.

Ils sont représentés par ce couple de pauvres (Marie e Joseph) qui ne peuvent pas de payer la bête pour offrir le sacrifice. « Si la femme est incapable de trouver la somme nécessaire pour une tête de petit bétail, elle prendra deux tourterelles ou deux pigeons »(Lv12,8). Ces deux pauvres se contentent du minimum: des colombes. Ce couple représente tous ces couples et familles incertaines du lendemain et qui n’arrive pas à joindre les deux bouts du mois.

Ils sont représentés par ceux qui sont en proie aux incertitudes et doutes, quand bien même ils sont intelligents comme Nicodème qui ira trouver Jésus, de nuit (Jn 3), qui se rangera sans peur pour lui au sein du Sanhédrin (Jn 7) et qui n’hésitera pas à dépenser en achetant des arômes pour la sépulture de Jésus (Jn 19); ils sont ces riches inquiets qui n’ont plus rien à perdre comme Zachée et qui ne se préoccupent pas des qu’en-dira-t-on (il n’hésitera pas à grimper le sycomore bien qu’il soit chef- natwe dupfira ikoti!).

Ils sont représentés par ceux qui n’ont pas de parole dans le concert des nations alors que les destinataires du salut sont de toutes les nations, bien que Jésus soit aussi la gloire d’Israel. Personne n’est exclu de la grâce qu’apporte le Seigneur, bien que nous soyons tentés à ériger des barrières entre les personnes, toutes créées à l’image du même Dieu, le Père de tous.

Oui , cette fête nous donne vraiment le sens de la venue de Dieu au sein de notre vie quotidienne. En même temps, elle nous implique et suscite notre engagement pour la famille, pour la vie, pour les pauvres et les oubliés et les marginaux de notre société.

Sommes-nous capables de reconnaître ce Dieu qui vient chez nous, même en ces situations non moins déconcertantes? Certainement, il faut la foi pour que Siméon puisse voir le Sauveur d’Israel et du monde en cet enfant qui ne peut même pas se tenir débout et qu’il faut prendre dans les bras. Il faut d la foi comme celle d’Abraham dont parle la première et la deuxième lecture pour croire en des promesses humainement irréalisables. Seul celui qui se laisse ouvrir les yeux par l’Esprit (nommé trois fois en ce texte) peut voir l’invisible. Pensons seulement au pain eucharistique que nous recevons!! Il faut de l’espérance comme celle à laquelle l’auteur de l’épître aux Hébreux appelle les chrétiens découragés et fatigués d’endurer les situations difficiles. Sur la route de la foi, les échecs et les retards dans la réalisation de la promesse peuvent devenir des moyens s’approfondir sa foi, à l’image d’Abraham qui a cru contre toute espérance.

Dieu notre Père, ton Fils est entré dans une famille pour nous faire entrer dans ta communauté d’amour. Avec Syméon et Anne, laisse-nous te bénir car nous avons vu notre Sauveur, lumière pour éclairer les nations. Que l’Esprit Saint fasse de nous une vivante offrande à ta gloire.

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2014

Index

 Chers frères et soeurs,

Aujourd’hui encore, très nombreux sont ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ. C’est pourquoi la mission ad gentes demeure une grande urgence, à laquelle tous les membres de l’Église sont appelés à participer, parce que l’Église est, de par sa nature même, missionnaire : l’Église est née « en sortie ». La Journée missionnaire mondiale est un moment privilégié durant lequel les fidèles des différents continents s’engagent par la prière et par des gestes concrets de solidarité à soutenir les jeunes Églises des territoires de mission. Il s’agit d’une célébration de grâce et de joie. De grâce, parce que le Saint Esprit, envoyé par le Père, offre sagesse et force à ceux qui sont dociles à son action. De joie, parce que Jésus Christ, le Fils du Père, envoyé pour évangéliser le monde, soutient et accompagne notre œuvre missionnaire. C’est justement sur la joie de Jésus et des disciples missionnaires que je voudrais offrir une icône biblique, que nous trouvons dans l’Évangile de Luc (cf. 10, 21-23).

1. L’Évangéliste raconte que le Seigneur envoya les soixante-douze disciples deux par deux, dans les villes et les villages pour annoncer que le Royaume de Dieu s’était fait proche et pour préparer les personnes à la rencontre avec Jésus. Après avoir accompli cette mission d’annonce, les disciples revinrent pleins de joie : la joie est un thème dominant de cette première et inoubliable expérience missionnaire. Le Divin Maître leur dit : « Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. A cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : “Je te bénis, Père” (…) Puis, se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : “Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !” » (Lc 10,20-21.23).

Ce sont les trois scènes présentées par Luc. D’abord, Jésus parla aux disciples, puis il s’adressa au Père avant de recommencer à parler avec eux. Jésus voulut faire participer les disciples à sa joie, qui était différente et supérieure à celle dont ils avaient fait l’expérience.

2. Les disciples étaient pleins de joie, enthousiastes du pouvoir de libérer les personnes des démons. Toutefois, Jésus les avertit de ne pas se réjouir tant pour le pouvoir reçu que pour l’amour reçu : « parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux » (Lc 10, 20). En effet, l’expérience de l’amour de Dieu leur a été donnée ainsi que la possibilité de le partager. Et cette expérience des disciples est un motif de gratitude joyeuse pour le cœur de Jésus. Luc a saisi cette jubilation dans une perspective de communion trinitaire : « Jésus tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint », s’adressant au Père et lui rendant gloire. Ce moment de joie intime jaillit de l’amour profond de Jésus en tant que Fils envers Son Père, Seigneur du ciel et de la terre qui a caché ces choses aux sages et aux intelligents mais qui les a révélées aux tout-petits (cf. Lc 10, 21). Dieu a caché et révélé et, dans cette prière de louange, ressort surtout le fait de révéler. Qu’est-ce que Dieu a révélé et caché ? Les mystères de son Royaume, l’affirmation de la seigneurie divine en Jésus et la victoire sur satan.

Dieu a caché tout cela à ceux qui sont trop pleins d’eux-mêmes et prétendent déjà tout savoir. Ils sont comme aveuglés par leur présomption et ne laissent pas de place à Dieu. Il est facile de penser à certains contemporains de Jésus qu’il a avertis à plusieurs reprises mais il s’agit d’un danger qui existe toujours et qui nous concerne nous aussi. En revanche, les “petits”  sont les humbles, les simples, les pauvres, les marginalisés, ceux qui sont sans voix, fatigués et opprimés, que Jésus a déclarés “bienheureux”. Il est facile de penser à Marie, à Joseph, aux pêcheurs de Galilée et aux disciples appelés le long du chemin, au cours de sa prédication.

3. « Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir » (Lc 10, 21). L’expression de Jésus doit être comprise en référence à son exultation intérieure, où le bon plaisir indique un plan salvifique et bienveillant de la part du Père envers les hommes. Dans le contexte de cette bonté divine, Jésus a exulté parce que le Père a décidé d’aimer les hommes avec le même amour qu’Il a pour le Fils. En outre, Luc nous renvoie à l’exultation similaire de Marie : « mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 47). Il s’agit de la Bonne Nouvelle qui conduit au salut. Marie, en portant en son sein Jésus, l’Évangélisateur par excellence, rencontra Elisabeth et exulta de joie dans l’Esprit Saint, en chantant le Magnificat. Jésus, en voyant la réussite de la mission de ses disciples et, ensuite, leur joie, exulta dans l’Esprit Saint et s’adressa à son Père en priant. Dans les deux cas, il s’agit d’une joie pour le salut en acte, parce que l’amour avec lequel le Père aime le Fils arrive jusqu’à nous et, par l’action de l’Esprit Saint, nous enveloppe, nous fait entrer dans la vie trinitaire.

Le Père est la source de la joie. Le Fils en est la manifestation et l’Esprit Saint l’animateur. Immédiatement après avoir loué le Père, comme le dit l’Évangéliste Matthieu, Jésus nous invite : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger » (11, 28-30). « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours »(Exhort. ap. Evangelii gaudium, n.1).

De cette rencontre avec Jésus, la Vierge Marie a eu une expérience toute particulière et elle est devenue « causa nostrae laetitiae ». Les disciples par contre ont reçu l’appel à demeurer avec Jésus et à être envoyés par lui pour évangéliser (cf. Mc 3, 14) et ils sont ainsi comblés de joie. Pourquoi n’entrons-nous pas nous aussi dans ce fleuve de joie ?

4. « Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 2). C’est pourquoi l’humanité a un grand besoin de puiser au salut apporté par le Christ. Les disciples sont ceux qui se laissent saisir toujours plus par l’amour de Jésus et marquer au feu de la passion pour le Royaume de Dieu, afin d’être porteurs de la joie de l’Évangile. Tous les disciples du Seigneur sont appelés à alimenter la joie de l’Évangélisation. Les Évêques, en tant que premiers responsables de l’annonce, ont le devoir de favoriser l’unité de l’Église locale dans l’engagement missionnaire, en tenant compte du fait que la joie de communiquer Jésus Christ s’exprime autant dans la préoccupation de l’annoncer dans les lieux les plus lointains que dans une constante sortie en direction des périphéries de leur propre territoire, où se trouve le plus grand nombre de personnes pauvres dans l’attente.

Dans de nombreuses régions, les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée commencent à manquer. Souvent, cela est dû à l’absence d’une ferveur apostolique contagieuse au sein des communautés, absence qui les rend pauvres en enthousiasme et fait qu’elles ne sont pas attirantes. La joie de l’Évangile provient de la rencontre avec le Christ et du partage avec les pauvres. J’encourage donc les communautés paroissiales, les associations et les groupes à vivre une vie fraternelle intense, fondée sur l’amour de Jésus et attentive aux besoins des plus défavorisés. Là où il y a la joie, la ferveur, le désir de porter le Christ aux autres, jaillissent d’authentiques vocations. Parmi celles-ci, les vocations laïques à la mission ne doivent pas être oubliées. Désormais, la conscience de l’identité et de la mission des fidèles laïcs dans l’Eglise s’est accrue, tout comme la conscience qu’ils sont appelés à jouer un rôle toujours plus important dans la diffusion de l’Évangile. C’est pourquoi il est important qu’ils soient formés de manière adéquate, en vue d’une action apostolique efficace.

5. « Dieu aime celui qui donne avec joie » (2 Co 9, 7). La Journée missionnaire mondiale est également un moment pour raviver le désir et le devoir moral de participer joyeusement à la mission ad gentes. La contribution économique personnelle est le signe d’une oblation de soi-même, d’abord au Seigneur puis à nos frères, afin que l’offrande matérielle devienne un instrument d’évangélisation d’une humanité qui se construit sur l’amour.

Chers frères et sœurs, en cette Journée missionnaire mondiale, ma pensée se tourne vers toutes les Églises locales. Ne nous laissons pas voler la joie de l’évangélisation ! Je vous invite à vous immerger dans la joie de l’Évangile et à alimenter un amour capable d’illuminer votre vocation et votre mission. Je vous exhorte à faire mémoire, comme dans un pèlerinage intérieur, du « premier amour » avec lequel le Seigneur Jésus Christ a réchauffé le cœur de chacun, non pas pour en concevoir un sentiment de nostalgie mais pour persévérer dans la joie. Le disciple du Seigneur persévère dans la joie lorsqu’il demeure avec lui, lorsqu’il fait sa volonté, lorsqu’il partage la foi, l’espérance et la charité évangélique.

À Marie, modèle d’évangélisation humble et joyeuse, adressons notre prière, afin que l’Église devienne une maison pour beaucoup, une mère pour tous les peuples et qu’elle rende possible la naissance d’un monde nouveau.

Du Vatican, le 8 juin 2014, Solennité de la Pentecôte.

François (suite…)