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La Croix du Christ : don de soi et fondement d’une communauté de vie nouvelle et de service fraternel

Chers frères et sœurs,
En ce Vendredi Saint, le silence de nos églises s’unit au silence du Calvaire. Nous sommes rassemblés en ce jour non pas pour célébrer des funérailles, mais pour contempler le mystère d’un amour qui va jusqu’au bout.

Le Prêtre et la Victime

Les lectures de ce jour nous révèlent l’identité profonde de celui qui meurt sur la Croix. Il est :
– Le Serviteur Souffrant : Isaïe nous a dépeint ce « Christ avant le Christ », cet homme de douleurs qui porte nos maladies. La doctrine de la substitution vicaire est ici centrale : il n’est pas puni pour ses fautes, mais il prend sur lui le poids de nos propres égarements.
– Le Grand Prêtre : La lettre aux Hébreux nous rassure : Jésus n’est pas un Dieu distant. Il est le Grand Prêtre qui a partagé et partage nos faiblesses. Sa mort n’est pas un échec, mais l’acte sacerdotal ultime où le prêtre et la victime ne font qu’un pour sceller une alliance éternelle.

La Victoire dans l’Abaissement

Dans l’Évangile de Jean, la Passion n’est pas une défaite. Remarquez que Jésus avance librement : « C’est moi », dit-il au jardin des Oliviers. Nourrissons notre vie spirituelle en contemplant:

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En compagnie de Jésus-Christ et de nos frères et sœurs, engageons-nous pour un monde juste et réconcilié.

IMG_9034L’évangile de Marc associe à Jésus tenté dans le désert les personnages qui figurent dans les récits de la création : l’esprit, le tentateur, les bêtes sauvages, les anges. Ce sont les hommes qui ont transformé en désert ce jardin des origines. Il dépend alors de chacun de nous, mais aussi de nos entreprises collectives, que ce monde défiguré redevienne une terre habitable et fraternelle. Les 40 jours du Carême renvoient à l’épreuve du déluge qui ne fut pas la fin de tout, mais une renaissance et un nouveau départ, comme le dit la 1ère lecture, autrement dit, un baptême avant la lettre comme nous le fait méditer la 2ème lecture. En effet, comme l’arche a sauvé Noé du déluge, ainsi la croix et la résurrection de Jésus-Christ ont sauvé tous les hommes de la domination de la mort et du péché. Telles sont les mots d’encouragement de l’apôtre Pierre qui s’adresse à une communauté meurtrie par la souffrance, et qu’il veut reporter aux origines de sa force et son espérance : Dieu n’oublie jamais celui qui se confie à lui, même dans les dures épreuves.
Emprisonnée dans le cercle infernal de la souffrance, de la maladie, de la mort et du péché, l’humanité n’a cessé d’espérer et de lutter pour qu’un jour vienne où le mal à l’œuvre dans le monde soit vaincu. Nul homme pourtant n’y est parvenu. Le peuple de Dieu maintenait vivante cette espérance

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« Si quelqu’un n’a pas de pitié pour son semblable, comment peut-il supplier Dieu pour ses propres fautes ? » (Ben Sirac le Sage).

IMG_8098Aux yeux du sage qui s’exprime dans la première lecture, il existe un lien étroit entre le pardon humain et le pardon divin : «Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? » Cette logique, Jésus la prend pleinement à son compte dans l’évangile de Matthieu. Alors que Pierre pensait faire preuve d’une grande magnanimité en évoquant un pardon renouvelé sept fois, Jésus demande à ses disciples la démesure et l’excès. Pourquoi ? Parce que telle est l’attitude de Dieu envers nous. La parabole du serviteur impitoyable est un commentaire dramatique de la demande du Notre Père : «Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à son débiteurs. » Je ne puis invoquer le pardon de Dieu si je poursuis mon frère de ma vindicte.

Dans la première lecture, Ben Sirac le Sage insiste sur le fait que la norme de la conduite humaine c’est d’abord jugement de Dieu : l’homme sera jugé avec la mesure qu’il aura utilisée pour ses frères. S’il se venge, s’il entretient sa rancune, s’il n’a pas de pitié, comment peut-il espérer le pardon et la guérison de ses fautes ? Mais la norme de la conduite du peuple élu est surtout l’Alliance du Seigneur. Parce qu’il a choisi Israël pour son peuple, qu’il lui a commandé de vivre dans l’amour fraternel, (suite…)