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Etre chrétien, c’est croire en la « justice » de Dieu et son « salut » pour tous les hommes.
En ce 20ème dimanche du temps ordinaire, la succession chronologique des trois lectures est pleine d’enseignement qui nous demandent de revoir notre façon de considérer les personnes. L’oracle prophétique qui nous est d’abord rappelé devrait irriter, sinon choquer les Juifs après l’exil. Voilà un peuple qui avait une conscience de son élection et qui venait de subir les pires outrages de la part de ses ennemis et auquel le prophète annonce que le Dieu d’Israël accueillera dans on Temple les étrangers qui seront devenus ses serviteurs. Un demi millénaire plus tard l’apôtre des Gentils (païens) Paul mettra en garde les chrétiens de Rome contre le complexe de supériorité que pourrait leur inspirer leur conversion là l’Evangile, comparée à la « désobéissance des fils d’Israël ». Et le tout s’illumine d’une lumière nouvelle dans l’Evangile où Jésus exauce la prière d’une cananéenne, descendante de ceux qui voulaient empêcher au peuple de Dieu de s’établir dans la terre promise, et ainsi Jésus ouvrant une brèche que l’Eglise apostolique ne cessera d’élargir. En effet, elle CATHOLIQUE (universelle) par vocation, cherchant d’embraser et embrasser toutes les cultures en en assumant ce qu’elles ont de meilleur. Quelles sont les valeurs de notre monde moderne qui attendent d’être assumées par l’Evangile ?
Ainsi donc, la liturgie de ce jour nous interpelle non seulement sur nos divergences religieuses, mais également sur nos innombrables exclusions au nom de nos différences, que nous ne parvenons pas à intégrer. Depuis que le péché est entré dans le monde, ces différences sont perçues comme des menaces, qu’il faut à tout prix éliminer. Le geste de violence meurtrière de Caïn n’a cessé de se reproduire tout au long de l’histoire : que de sang versé par jalousie envers la bénédiction divine reposant sur le prochain, dans l’oubli de celle qui repose sur nous. Que de jalousie dans nos cœurs ! Certes Israël avait reçu de Dieu une mission particulière en tant que fils aîné parmi les peuples ; mais cette élection – comme toute élection – implique aussi la responsabilité de partager le don confié. Le Seigneur distribue ses grâces entre tous, afin que tous puissent participer au service du bien commun en partageant ce qu’ils ont reçu. Tout don se pervertit lorsqu’il est approprié d’une manière individualiste pour nourrir la vaine gloire ou le pouvoir de celui qui l’a reçu.
Dans l’Evangile que nous avons entendu, Jésus vient d’avoir une controverse musclée avec les pharisiens sur la notion de « pur et impur » telle qu’elle ressort de « la tradition des anciens ». Comme il a « scandalisé » ses interlocuteurs (Cfr Mt 15, 12), Jésus se retire donc prudemment dans la région de Tyr et de Sidon, terre « impure » par excellence où ses détracteurs ne le suivront pas. Sans doute veut-il faire le point avec ses disciples – élevés à la synagogue, c’est-à-dire à l’école des pharisiens – sur son enseignement quelque peu anticonformiste, pour ne pas dire révolutionnaire. Tout porte à penser que la rencontre avec la femme syro-phénicienne prolonge la réflexion sur les conceptions légalistes concernant la pureté. En fait Jésus se rend à un rendez-vous : l’heure est venue d’accomplir la pédagogie divine concernant les rapports entre Israël et les païens. Et pour être sûr que les témoins puissent dégager le sens de l’événement, le Christ va se situer explicitement dans la lignée prophétique, dont il va porter à terme les enseignements sur ce sujet.
La Cananéenne dont parle l’Evangile appartient au peuple chassé de la Terre que Dieu avait donné à Israël. Elle descendante des anciens ennemis de la réalisation du projet divin sur Israël. Quels sont mes anciens « ennemis » ? Evidemment si je ne les considère pas encore ainsi !! La prière qu’elle adresse à Jésus témoigne cependant d’une étonnante connaissance de la tradition juive : le titre « Seigneur, fils de David » suggère même une ébauche de foi, comme le confirme sa demande, puisqu’elle attend de Jésus qu’il prenne autorité sur le démon qui tourmente sa fille, ce qui est un pouvoir proprement divin. En feignant ignorer la prière de cette femme, puis en repoussant sa demande sous prétexte qu’il n’est « envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël », Jésus adopte dans un premier temps le comportement des prophètes anciens. Ceux-ci s’adressaient en effet exclusivement au peuple élu, qu’ils étaient chargés de ramener en priorité le dans la fidélité à l’Alliance. Paul lui-même, dans ses voyages missionnaires, s’est d’abord adressé aux Juifs. C’est par leur désobéissance qu’il s’est tourné vers les païens. Jésus n’a pas non plus été bien accueilli par tous les siens, en commençant par les responsables du culte.
Le silence de Jésus a sans aucun doute également une portée pédagogique il veut obliger ses disciples à s’interroger : cette femme païenne, habitant en terre étrangère, mais témoignant par sa foi naissante qu’elle est visitée par Dieu, est-elle « impure » en raison de son appartenance raciale, ou au contraire, faut-il juger de sa « pureté », c’est-à-dire de la qualité de sa relation à Dieu à partir de « ce qui est sorti de sa bouche et qui provient de son cœur » (Mt15, 8) ? Une autre leçon pourrait être illustrée par l’exemple d’un barrage : en montagne, le barrage semble arrêter les eaux…mais provoque leur montée jusqu’à ce qu’elles soient capables de produire des prodiges. Ainsi, l’expression de la foi de la cananéenne est montée : la voici qui se prosterne et qui appelle Jésus, comme dans une invocation liturgiques dont ne sont pas capables beaucoup de juifs : Seigneur, viens à mon secours. Nos épreuves nous aident-elles à faire monter le niveau de notre relation avec Dieu ? Ou au contraire, nous sombrons dans le découragement !
A vrai dire, les disciples ne semblent pas avoir perçu le problème : leur seul souci est que le Maître donne au plus vite « satisfaction » à cette femme, pour couper court à une situation franchement embarrassante. Pensez donc : un Rabbi juif poursuivi par les cris d’une païenne : quel scandale ! Si les chefs religieux apprenaient cela à Jérusalem, ils auraient beau jeu de le diffamer. Autrement dit, les disciples demeurent tout aussi enfermés dans leur a priori et leur formalisme religieux que les pharisiens qu’ils redoutent. Tout comme la Samaritaine, cette femme cananéenne a perçu intuitivement le mystère de la personne du Christ. Elle sait bien que le pain de sa Parole est destiné aux enfants d’Israël, puisque « le salut vient des Juifs ». Mais elle a deviné que ces enfants font preuve de bien peu d’appétit pour la nourriture que Jésus leur offre en abondance : le Rabbi ne viendrait pas en terre païenne s’il ne fuyait pas ses coreligionnaires. Aussi ajoute-t-elle avec assurance : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » – le terme « petits chiens » ne désigne pas les chiens errants, objet de mépris, mais les animaux domestiques qui jouissaient de la faveur de leur maître.
Jésus jubile donc : « Femme, ta foi est grande ». Par sa disponibilité à l’action de l’Esprit Saint, la femme syro-phénicienne accède au même héritage que les fils d’Abraham : « héritière de Dieu, héritière avec le Christ », elle dispose en son nom propre de la victoire du Seigneur sur le démon. Elle préfigure ainsi la multitude des païens convoqués eux aussi à la Table du Royaume, conformément à la promesse que Dieu prononça par la bouche du prophète Isaïe : « Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l’amour de son nom et sont devenus ses serviteurs, je ferai bon accueil à leurs holocaustes et à leurs sacrifices », comme nous avons entendu dans la 1ère lecture. Certes, « le salut vient des juifs », mais il ne leur est pas réservé : la « justice » de Dieu et son « salut » sont pour tous les hommes. Tous sont appelés au bonheur dans la maison de l’unique vrai Dieu, dont Jésus nous révèle le visage de Père. Désormais les portes du Royaume ne s’ouvrent plus par la circoncision, mais par la foi au « Seigneur, fils de David.
« Père très saint, réveille en nous la conscience de tes dons et de la responsabilité qui en découle pour nous qui en sommes bénéficiaires. Ne permet pas que nos peurs ou nos jalousies fassent obstacle à ton dessin de salut. Ouvre nos yeux sur nos complicités avec l’indifférence et l’égoïsme de ce monde, et donne-nous de dénoncer avec courage les attitudes d’exclusion préconisées autour de nous. »
IDOMINIKA YA 20 YO MU MWAKA (Umwâka A)
IGISOMWA CA MBERE
Ivyo dusoma mu gitabu c’Umuhanuzi Izaya (56, 1. 6-7)
Abana ba kavantara nzobajana ku murambi mweranda wanje
Ng’iri iriyazwe n’Umukama : Kurikiza ukuri, ukore ubutungane, kuko urukiza rwanje ruri hafi y’gushika, kandi ubutungane bwanje nuri hafi y’ukwiserura.
N’abana b’akavantara bêmeye gukurikira Umukama ngo bamukorere, bagakunda izina ryiwe, bakamubera abasavyi, ntibakengera umusi w’isabato, kandi bakagumya inanga ry’isezerano ryanje, abo nzobajana iwanje ku murambi mweranda. Nzobanezereza mu ngoro yanje nyeranda, inkuka zabo n’imbagwa zabo nzozakiriza yompi kuri altari yanje, kuko ingoro yanje izokwitwa « Ingoro abantu bose basengeramwo. »
IZABURI 66 (67), 2-3.5.6-8
Icit : Intara nizimenye yuko uri Imana, nizivyemere zose hamwe
Canke: Alleluya
Imana n’itugirire imbabazi, n’iduhezagire!
Inyonga zawe nizituboneshereze,
inzira yawe na yo n’imenyekane kw’isi,
intara zose nizimenye ko uri Umukiza.
Intara nizivyine zihimbarwe,
kuko uca urubanza rutunganye kw’isi;
uratwara ibihugu mu butungane,
ukayobora neza intara zo kw’isi yose.
Intara nizemere yuko uri Imana,
nizivyemere zose hamwe!
Imana n’ihezagirwe yongere isengwe
Kuva iyo isi iva ikagera.
IGISOMWA CA KABIRI
Ivyo dusoma mw’ibaruwa Umutumwa Paulo yandikiye Abaromani (11, 13-15. 29-32)
Imana iratanga ikongera ikitorera
Ncuti zanje,
ndabibabariye mwebwe, mwa banyamahanga : ndi umutumwa ku banyamahanga, ndatera iteka ibanga nashinzwe ; ivyo vyose ndabigira ngo kumbure ab’iwacu bavyure umwikomo, mbone gukiza bamwe muri bo. None, ko aho bigirijweyo ariho isi yaciye isubira kwuzura n’Imana, umusi bazogarukira ho hazoba iki ? Nta kindi atari izuka mu bapfuye !
Na none, Imana iratanga ikongera ikitorera, ntisubiza inka mw’igabiro. Nk’uko na mwebwe kera mwari mwaragambarariye Imana, none ubu mwagiriwe ikigongwe kubera ubugambarazi bwabo, niko na bo nyene ubu bagambarariye Imana kubera ikigongwe mwagiriwe, kugirango na bo nyene ubu bakigiriwe. Imana yarugaranye abantu bose mu bugambarazi, kugira ngo ishobore kubagirira ikigongwe bose.
IKURU NZIZA
Alleluya, alleluya.
Yezu yariko arigisha Inkuru Nziza y’Ubwami,
kandi agakiza n’ubumuga n’indwara zose z’igihugu.
Alleluya.
Ivyo dusoma mu Nkuru Nziza yanditswe na Matayo (15, 21-28)
Ewe wa mukenyezi, ukwemera kwawe ni kunini
Umusi umwe,
Yezu yari agiye amarora i Tiri na Sidoni. Hanyuma haza umukenyezi w’i Kanahani avuye muri ico gihugu, ashira ijwi hejuru avuga ati : « Ngirira ikigongwe, Mukama, Mwana wa Dawidi, akigeme kanje shetani yakishe. » Yezu ntihagira ico amwishura. Abigishwa biwe bamwegereye baramusaba bati : « Mwirukane adukure induru inyuma. » Yezu asubizayo ati : « Nta bandi banzanye atari intama z’Israeli zatakaye. » Nya mukenyezi amwegereye, aramupfukamira, avuga ati : « Ntabara se Mukama. » Yezu aramwishura ati : « Ntibikwiye ko umukate w’abana wohabwa utubunda. » Nya mukenyezi asubizayo ati : « Ni ivy’ukuri, Mukama ; ariko, utubunda turarya utuvunguka dukorotse tuva ku meza ya ba shebuja. » Yezu amwishura ati : « Ewe wa mukenyezi, ukwemera kwawe ni kunini ! Nibikubere rero nk’uko wipfuza. » Kuri iyo saha nyene, wa mwigeme wiwe aca arakira.
Monseigneur Joseph Martin, Evêque Missionnaire au Burundi
Mgr Joseph Martin est né à Saint Remy-lez-Chimay, le 29 Avril 1903. Entré chez les Pères Blancs à l’âge de seize ans, il a été ordonné prêtre le 29Juin 1926 à Carthage (Tunisie). Il commença son travail missionnaire au Burundi. Il a fondé les paroisses de Busiga, Murehe et Musenyi. Il fut ordonné Evêque à Namur le 30 Novembre 1946, et devint le 1er Evêque du Diocèse de Ngozi et Fondateur de la Congrégation des Sœurs du Cœur Immaculé de Marie ( dite Bene-Mariya). C’est donc en 1958 qu’il a donné jour à la Congrégation dont la mission principale est de sanctifier les familles du monde.
En 1961, il fonda le second Diocèse à Bururi. Après sa démission en fin 1973, il redevint Vicaire de paroisse à Gitaramuka. Après 50 ans de travail généreux au Burundi, il passa les cinq dernières années de sa vie à Heusy-Verviers. Missionnaire « combattant », il aima passionnément jusqu’à sa mort la mission qu’il tenait de Dieu et de l’Eglise. Dans les discours avec ses filles nous trouvons des mots qui vont de paires avec ce qu’Il était réellement. Voyons quelques uns :
Deux des aînées de notre Petite Congrégation des Bene-Mariya sont allées lui demander s’Il allait fonder une Congrégation pour elle parce que déjà aspirantes, aidées par Les Filles de Joseph et de Marie (dites Dames de Marie). Il leur demanda si c’est la Maîtresse qui leur avait dit de venir, et comme réponse : « Revenez demain, et priez. »
Le lendemain, elles sont à nouveau là, à la fois un peu inquiètes mais confiantes et lui dirent : « Nous voulons entrer dans le ‘‘muryāngo’’ que tu veux fonder. » Il répondit : « Etes-vous prêtes à vous oublier vous-mêmes ? Si vous n’êtes pas prêtes à vous oublier entièrement pour Notre Seigneur et pour les autres, allez chercher ailleurs…Réfléchissez et priez, et vous me répondez plus tard. »
Sa foi confiante en Dieu, en Marie et en Saint Joseph, sa piété profonde, ont été le secret de son apostolat et de son amour pour les autres. Cela fut manifesté dans ses écrits différents et ces discours. Alors qu’il avait déjà rédigé la Lettre de demande d’autorisation de Fonder une nouvelle congrégation qui date du 22 Décembre 1955, le 27 du même mois écrit à Monseigneur le Délégué Apostolique à Léopoldville : « Quelque soit la décision du Saint-Siège, je tiens, dès à présent, à protester de notre entière et filiale soumission aux moindres désirs de Rome, assurés que seule cette attitude marquée au coin de la Foi en l’Eglise peut nous apporter la bénédiction d’En haut et la Paix. »
Or, c’était l’année où, loin de créer de nouvelles congrégations, on en venait à la fusion de congrégations existantes. Ce qu’il n’a pas caché ni aux postulantes ni à la Mère Godelieve. Il fallait que tous s’y mettent par la prière. Un jour, la Mère Godelieve (1ère Maîtresse des Bene-Mariya) lui demanda : « Et si Rome refuse ? Qu’est-ce qu’on fera ? » Il a répondu : « Mon Dieu, je n’en sais rien du tout. Je ne me suis même pas posé la question. On verra bien, le moment venu. Allez de l’avant sans vous en inquiéter le moins du monde. Je ne veux surtout pas que les postulantes perdent un brin de leur joie, quoi qu’il arrive.
La réponse arrive le 31 Mars 1956, Cadeau de Saint Joseph. Il dit, après un Magnificat : « Fasse la Sainte Vierge que ses Filles n’oublient jamais que leur existence même reste conditionnée à la fin propre et à l’esprit de leur Institut : la sanctification de la famille dans l’esprit chrétien pour le service et l’exaltation de la grande famille qu’est l’Eglise du Christ. »
Il était une âme de prière. Le 10 Février 196, Il écrit à ses Filles : « Tout cela est œuvre de grâce, mais grâce qui se greffe sur une Foi et des convictions profondes. Convictions qui s’établiront, en oraison, dans la spiritualité ignatienne ». Notre Père était une personnalité très attaché à tous, profond, simple, et qui jusqu’au dernier jour de sa vie, anima de son rire et de sa foi joyeuse. Il est décédé à Heusy-Verviers, le 13 Juin 1982.
Ceci n’est qu’un petit résumé venant des Bene-Mariya. Mais on est sûr qu’il y a beaucoup d’autres choses sur « Notre Père ». Là où Il a grandi, là où Il a étudié, là où Il a œuvré, auprès de ceux qui l’ont côtoyé, là où Il a passé ses dernières années…
La Congrégation des Bene Mariya est la fille-aînée du Diocèse de Ngozi. Avec leur charisme de « faire fleurir l’esprit chrétien dans les familles », leur spirituaité ignatienne, leur devise « Charité – Obéissance – Joie », les Sœurs Bene Mariya sont déjà présentes dans tous les Diocèses du Burundi. Elles sont aussi missionnaires dans le diocèse de Kigoma en Tanzanie, dans deux diocèses en France, dans deux diocèses d’Italie, et partout ailleurs où elles rayonnent de leur spiritualité dans l’apostolat que leur confie la congrégation comme les études dans diverses universités au Burundi, au Bénin, aux Etats Unis d’Amérique, en France,…
Par Sœur Odette HABIMANA, Bene Mariya.









