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Archives d’Auteur: Patiri Lambert

Christ-Roi de l’univers : sa royauté élève l’homme et le libère. Elle se vit et s’accueille dans la foi.

Le fait de dominer et de soumettre les hommes a été et reste une tâche difficile. Les tyrans le savent plus que quiconque, puisqu’ils passent tout leur temps à réfléchir sur les moyens de protéger leur pouvoir afin que personne ne puisse les en écarter. Il s’agit des préoccupations que Jésus n’a pas eues puisqu’il n’avait pas à conquérir un pouvoir quelconque. Il a tout reçu d’en haut, et pour l’éternité. Il n’a pas besoin de recevoir des honneurs, ni étouffer des rébellions puisque le meilleur témoignage de sa royauté est la dignité et la liberté de l’homme qu’il veut libérer du péché et le rendre à lui-même, dans une relation plus intime avec soi-même, avec Dieu et avec le prochain.

Dans le chapitre 7 du livre de Daniel que nous avons lu comme première lecture, (suite…)

Rassure-nous devant les épreuves, en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement d notre Seigneur Jésus-Christ.

Les signes de la fin des temps
HomélieDans la Bible, il y a des moments où le peuple d’Israël fait l’expérience de la souffrance et de la persécution à cause de sa foi en Dieu. Dans ces moments-là, ils espèrent voir la fin de leurs tourments quand Dieu punira ceux qui les font souffrir et qu’il récompensera ses fidèles serviteur pour leur endurance. Le jour de cette délivrance est appelé « le Jour du Seigneur ». Les prophètes ont toujours aidé le peuple à prendre conscience que ce jour ne sera pas un jour de pénitence seulement pour les ennemis d’Israël, mais qu’Israël sera également puni pour ses infidélités à l’alliance. (Voir Am5,18-20 ; Joël 2,1-2 ; So1,14-18 etc).

Avec le livre de Daniel, nous avons un nouveau genre littéraire qui fait son apparition dans la Bible, celui des apocalypses. Le livre de Daniel fut rédigé pendant la persécution d’Antiochus Epiphane, prince de Syrie, contre les Juifs, entre les années 167-165 av.J.C. Pour n’avoir pas voulu renier leur foi, beaucoup de juifs sont morts martyrs.  L’extrait que nous avons dans la première lecture annonce la fin prochaine de la désolation qu’un roi païen a fait régner dans le lieu saint. Avec un tel langage, (suite…)

Le bonheur ou le Ciel, c’est Dieu lui-même vivant au milieu de son peuple et en ses témoins : « les saints » que nous célébrons en ce jour solennel de la Toussaint.

La sainteté chrétienne aurait-elle quelque chose de sectaire ? En effet les textes liturgiques de la Toussaint ont recours principalement au vocabulaire de la pureté pour exprimer le mystère de la sainteté. Or celui-ci peut être assez trompeur. Beaucoup de réformes dans l’histoire de l’Eglise recourant à la logique de la pureté sont devenues progressivement des sectes composées de membres où l’on se considérait comme des purs séparés de l’impureté des masses : que l’on songe au montanisme de Tertullien au III° siècle ou encore aux cathares au XIII°. La recherche de la pureté peut donc avoir quelque chose de très ambigu et de non évangélique. Il faut donc bien comprendre le lien qui existe entre pureté et sainteté pour ne pas tomber dans une conception désincarnée et pharisienne de l’appel universel à la sainteté. Mais où trouver ce lien ? Peut-être dans le regard…

Ce sont les béatitudes qui nous mettent sur la bonne piste. Jésus proclame dans l’évangile le bonheur des cœurs purs : « Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu. » La pureté dont il s’agit est celle du cœur, donc de la personne dans toutes ses dimensions. Cette pureté a des conséquences sur le regard. Celui qui a le cœur pur reçoit la promesse de voir Dieu. Jésus précise plus loin dans le sermon sur la montagne que l’œil est la « lampe du corps » (6,22) qui laisse passer la lumière et rend le corps lumineux. La pureté qui caractérise la sainteté serait donc une qualité d’ouverture du regard qui permet à la lumière de passer et ainsi de voir. « Par ta lumière, nous voyons la lumière » chante le psalmiste (Ps 36,9). Les saints ont un regard droit et ouvert par lequel la lumière de la foi s’engouffre et leur donne de voir un autre niveau de réalité : ils sont capables de contempler l’œuvre de Dieu au long des jours. Alors que nous, souvent, notre regard est étroit, marqué par la suspicion, la méfiance ou le jugement envers les autres ; notre champ de vision est ainsi très limité et nous ne voyons pas la réalité.

La Toussaint atteste qu’à la fin de notre existence terrestre la vie n’est pas détruite : elle est transformée. Tous nous sommes appelés à ressusciter un jour avec le Christ, à être associés à sa gloire éternelle, à son bonheur sans fin. « Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement ; mais nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est ». Avec tous les saints, c’est-à-dire tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont accepté de se laisser saisir et transformer par l’amour rédempteur, nous exulterons devant la face de Dieu : « … de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : “Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau !” ». Oui, tous ceux qui se laissent transformer parce que les béatitudes ne peuvent pas être une conquête humaine, mais un don de Dieu que nous accueillons chaque jour. Et il ne s’agit pas de penser que c’est une réalité que nous renvoyons à plus tard, dans l’au-delà, puisque Jésus nous en parle en utilisant aussi bien le présent que le futur.

 Ainsi, les lectures de cette solennité de la Toussaint (suite…)