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« Augmente en nous la foi, Seigneur! »
Aujourd’hui, l’Eglise nous propose une liturgie de la Parole qui nous rejoint, certes, dans nos questionnements, mais dont les réponses nous laissent plutôt perplexes.
Qui d’entre nous un jour de détresse n’a pas crié vers Dieu avec les paroles du prophète Habacuc ? La première partie de la réponse du Seigneur semble laisser annoncer une prochaine intervention divine spectaculaire, qui rétablirait le bon droit de l’opprimé. Mais le discours de Dieu change de ton et débouche sur une parole énigmatique : « Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité ».
Difficile de ne pas entendre dans ce verset une pointe de reproche. Disons que le Seigneur nous remet à notre place : accuser Dieu de ne pas intervenir en notre faveur est en effet à la limite de l’insolence. « L’âme droite » n’exige pas qu’on lui fasse justice, mais manifeste qu’elle est « juste » en demeurant fidèle contre vents et marées. L’âme droite n’est-elle pas celle qui peut répéter avec Esther ces paroles d’Antienne d’ouverture de la messe: « Tout dépend de ta volonté, Seigneur, et rien ne peut lui résister : c’est toi qui as fait le ciel et la terre et les merveilles qu’ils contiennent. Tu es le Maître de l’univers »? Nous n’avons pas à attendre de Dieu qu’il change le cours des événements ; par contre nous sommes invités à changer notre manière de les appréhender et de les vivre.
Une image me paraît suggestive :Quand on a un texte écrit en de très petits caractères qui font mal aux yeux, que doit-on faire ? A part que notre temps connaît une « évolution » du « touch screen » qui nous permet d’agrandir le texte sans aucun changement/adaptation de notre part, l’attitude normal est de chercher à changer notre mode de regarder le texte : ou on porte des lunettes, ou on essaie de se rapprocher du texte ce qui est dangereux pour la vision ! Mais une chose normale est de changer quelque chose de notre part, et non tirer sur la feuille pour adapter le texte à notre vision. Quel est le résultat ? On s’aperçoit que le texte « devient lisible », mais en réalité, c’est nous qui « devenons capables » de… Ainsi en serait-il des situations difficiles à comprendre : il faut les aborder avec un autre point de vue, avec une autre perspective, et à ce point, « mettre les lunettes » de la foi qui nous fait voir les choses comme Dieu les voit.
Comment pouvons-nous imaginer, ne fût-ce qu’un instant, que nous sommes livrés, impuissants, au hasard des événements ou à la malice des hommes ? Ce serait faire mentir le Christ qui nous assure que nos vies sont dans la main du Père, et que nul ne peut rien arracher de sa main (cf. Jn 10, 29).
Certes Dieu n’annule pas les causes secondes et ne peut rien contre la liberté des hommes mauvais. Mais la résurrection de Notre-Seigneur ne proclame-t-elle pas une fois pour toutes que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ? Une telle lecture n’est évidemment accessible que dans la foi ; c’est pourquoi il nous est sans doute bon de supplier avec les Apôtres : « Augmente en nous la foi ! » Quelle est la réponse de Jésus?Nouvelle surprise : la réponse de Jésus est tout aussi déconcertante que celle donnée par Dieu au prophète Habacuc. Que représente ce grand arbre qui est supposé nous obéir au nom de notre foi ? Et quel rapport avec la parabole par laquelle Notre-Seigneur illustre son propos ? Essayons d’y voir clair.
Dans la Bible, l’arbre solidement enraciné en terre (probablement un mûrier noir (sycomore) qui peut résister six siècles aux intempéries, dit-on) représente la vie ; la mer est toujours symbole de la mort. Jésus affirme donc que si nous avions de la foi gros comme la plus petite des graines potagères, nous pourrions faire fleurir la vie au cœur même des situations les plus désespérées.
Il est clair qu’un tel regard sur les événements ne peut procéder du « vieil homme », lui qui est devenu affreusement myope depuis que le péché l’a privé de la lumière de la grâce. Aussi ne peut-il évaluer les situations et les événements auxquels il est confronté, que sur l’horizon restreint de cette vie éphémère. La sagesse voudrait qu’il se laisse conduire par la main, comme un aveugle faisant confiance à celui qui voit. Hélas il n’en est rien : nous prétendons mener notre barque comme bon nous semble au risque de l’échouer sur les récifs des épreuves inévitables de nos vies.
Mais comment prendre autorité sur ce vieil homme auquel nous nous identifions spontanément ? Par la parabole du « serviteur quelconque », Notre-Seigneur nous répond : en nous appuyant par la foi sur un Autre, qui voit plus loin que nous, et qui s’est engagé à nous conduire au bon port : « Moi je suis la lumière du monde, proclame Jésus. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12).
Le bon sens exige que le matelot qui travaille dans la soute, obéisse aveuglément au capitaine qui dirige les manœuvres depuis le pont. On imagine mal que le soir le capitaine aille prendre la place des matelots, leur laissant le gouvernail alors qu’ils n’ont aucune compétence pour conduire le navire. L’obéissance du matelot n’a rien d’aliénant : elle résulte de la reconnaissance de la place et du rôle de chacun, dans la complémentarité des responsabilités et des missions.
Cette image illustre fort bien notre situation concrète : dans la barque de l’Église, chacun est invité à tenir son poste dans l’obéissance au capitaine, le Seigneur Jésus ressuscité, qui depuis le pont, dispense à chacun ses ordres afin que tous ensemble nous puissions arriver à bon port. La foi consiste à accueillir cette autorité suprême du Christ, dont les directives nous viennent par la voix de la hiérarchie qui répercute jusqu’à nous ce qui se dit sur le pont. « Les fonctions dans l’Église sont variées, mais c’est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous. Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. Le même et unique Esprit distribue ses dons à chacun, selon sa volonté » (1 Co 12, 4-11). Du haut au bas de l’échelle hiérarchique, tous sans exception nous devrions pouvoir dire en vérité : « Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir ». Saint Paul propose une autre image très parlante et que nous pouvons comprendre : celle de la multiplicité des membres d’un même corps et de l’indispensable coopération de chacun de ces membres aux activités du corps tout entier sous la direction de la tête : le Christ.
Deux dimensions indissociables de la foi : la première – la plus fondamentale – est une confiance absolue en Dieu, qui ne se laisse pas ébranler par les tempêtes de la vie. Notre capitaine est digne de confiance : il a traversé les grandes eaux de la mort et saura conduire notre barque jusqu’à l’autre rivage – à condition bien sûr que nous ne lui arrachions pas le gouvernail des mains. « Turi mū ndèége irí/igezé mu kirêré, ntimúgire ubwôba Umudérevá ní Yèézu », devrions-nous chanter chaque fois qu’il y a des tourments.
La seconde dimension de la foi consiste à reconnaître la nécessité d’obéir à celui qui désire nous conduire en lieu sûr. Cette « obéissance de la foi » (Rm 1, 5 ; 16, 26) se vit dans le contexte de la complémentarité des appels et des missions au sein de l’Église, que le Christ conduit par son Esprit.
A la lumière de ces quelques considérations, l’exhortation de saint Paul proposée en 2ème lecture, prend tout son sens : demandons à Dieu de « réveiller en nous » le don de l’Esprit dont nous avons été gratifiés au jour de notre baptême. « Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison ». Nous disposons ainsi dans la foi de la force nécessaire pour « prendre notre part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile », sans maugréer ni nous révolter ; nous disposons de l’amour qui permet de vivre le service dans un esprit de charité et d’unité ; nous disposons enfin d’une raison éclairée par l’Esprit, qui peut prendre autorité sur les revendications indues du vieil homme.
Prions ensemble en disant : « Seigneur Jésus, au terme de trois années de dur labeur, au cours desquelles tu t’es épuisé à labourer les terres rebelles de nos cœurs, tu ne t’es pas assis à table pour te faire servir, mais comme un “serviteur quelconque” tu as versé de l’eau dans un bassin, et tu t’es mis à laver les pieds de tes disciples. Puis prenant le pain, c’est toi qui les as nourris de ta propre chair : “Prenez et mangez en tous, ceci est mon Corps, livré pour vous”. Donne-nous d’entrer dans l’intelligence de la foi à la lumière de l’amour dont tu nous as aimés. Notre obéissance alors ne sera pas servile, mais procédera de notre volonté délibérée de nous livrer avec une infinie confiance à l’amour de Dieu, que tu nous invites à appeler “Père”. »
Méditation pour le XXV° Dimanche du T.Ordinaire.
La Parole de Dieu de ce dimanche nous éclaire comme elle le fait toujours. Après avoir entendu ou lu cette Parole, souvenons-nous toujours de ceci :
– Nous sommes invités à vivre dans la justice.
– Nous sommes invités à prier pour tout le monde.
– Dieu est Unique et Jésus-Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes.
– Le salut destiné à tous.
– Faites-vous des amis avec ce maudit argent = aider les pauvres pour entrer dans le Royaume de Dieu.
– Les fils du monde tirent plus de profit de leurs semblables que ne le font les enfants de la lumière
– Nous ne pouvons pas en même temps servir Dieu et l’argent
Nous devons vivre dans la justice pour avoir la paix et être sauvés
Dans la première lecture extraite du livre du Prophète Amos, nous avons entendu l’oracle contre les injustices sociales. Ici, il s’agit de :
– L’avarice des commerçants et des riches
– L’exploitation des pauvres
Si on lit les autres passages du livre du même prophète, on trouvera aussi d’autres formes d’injustices qu’il dénonce, comme :
– Le luxe des nantis
– La corruption des juges
Dieu conclut par la bouche du prophète en disant : « Jamais je n’oublierai ce qu’ils ont fait ! » (v.7). Ici, il s’agit d’une annonce d’un châtiment de Dieu. Si nous sommes injustes sur la terre, les conséquences de nos injustices tombent sur nous. Souvent, ce que nous appelons châtiment de Dieu dans notre vie, ce sont les conséquences de nos péchés que nous subissons. À propos des conséquences des injustices sociales, je ne vous apprends rien de nouveau : combien de pays entrent en guerre parce qu’au départ il y a eu des injustices sociales ? Ils sont nombreux ! Et les conséquences des guerres (les maladies, la famine, etc.) suivent. Nombreuses sont les familles où les frères et sœurs ne se parlent plus, parce qu’au départ il y a eu de l’injustice distributive. Et les conséquences néfastes sur les personnalités des enfants qui naissent et grandissent dans un contexte de conflit sont nombreuses. Nombreuses sont les associations qui se rompent parce que quelque part, les membres ont constaté des injustices. Même des confessions religieuses se divisent à cause de l’injustice, malheureusement !
Les conséquences de nos injustices ne se répercutent pas seulement sur notre vie sociale : on aura à y répondre aussi au jour du jugement. Souvenons-nous surtout de cette parole : «Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait… si vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.» (Mt 25, 40.45)
La justice commence dans le cœur. Si vous désirez des choses qui ne sont pas les vôtres, si vous continuez à vivre dans une maison qui n’est pas la vôtre, si vous exploitez une propriété qui n’est pas vôtre, si vous ne rendez pas à chacun ce qui lui est dû, si vous ne rendez pas à votre Etat ce qui lui est dû, à votre entreprise, à votre famille, à votre confession religieuse, et même à Dieu. En bref si vous ne rendez pas « à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », vous vivez dans l’injustice. Le concept de justice est vaste, nous sommes invités à y méditer longuement et tous les jours. Que chacun se demande : suis-je juste dans ma vie, dans mes pensées, dans mes paroles et dans mes actions ?
Nous sommes invités à prier pour tout le monde
C’est ce que nous lisons dans la seconde lecture. À l’Évêque Timothée, l’Apôtre Paul donne l’invitation à organiser la prière. Une prière dans laquelle on prie pour tout le monde sans distinction, une prière dans laquelle on prie pour les dirigeants de ce monde afin de vivre dans la paix et la tranquillité, et que la vie soit religieuse et digne (v.2). Encore ici, on serait tenté de penser que l’invitation est donnée à l’Évêque : « l’Évêque doit organiser la prière. » L’Évêque seulement ? Non ! « L’Église doit organiser la prière. » L’Église, c’est qui ? Certains disent : le Pape, les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et les religieuses, et celui qui pense tout dire ajouterait les catéchistes, et c’est fini ! Les autres chrétiens qui sont-ils ? On répond : ce sont des laïcs. Être laïc signifie ne pas être membre de l’Église ? Être laïc signifie être retiré de la vie spirituelle ? Être laïc signifie n’avoir aucune relation avec Dieu ? Celles-ci sont devenues de vraies questions aujourd’hui. Cela se fait remarquer surtout quand nous disons : « L’État est laïc. » et nous votons des lois… ; « Notre association est laïque », et nous faisons ce que nous voulons. Mais soyons attentifs. Le Concile Vatican II nous dit que nous sommes tous fidèles du Christ. Alors, organiser la prière et prier revient à chacun de nous. Il y a la prière liturgique à laquelle nous participons en communauté (ou que nous faisons étant seul). Celle-ci est organisée par l’Église comme famille. Il y a les pieux exercices que nous faisons en commun ou seul. Eux aussi sont organisés par l’Église comme famille. Mais aussi il y a des prières qui jaillissent directement du cœur de chacun. La prière est communautaire ou individuelle. Nous devons prier en église, dans les communautés ecclésiales de base (CEB), dans nos écoles, au travail avant de commencer, dans nos familles, partout, en commun ou individuellement. Les chrétiens burundais ont un livre appelé « Igitabu c’Abakristu », ce qui signifierait « Vade mecum des chrétiens ». Dans ce livre, quand on fait l’examen de conscience avant d’aller se confesser, il y a une demande sur le premier commandement qui dit : « Si je passe toute ma journée sans prier, éprouve-je des remords ou non ? »
Si nous voulons vivre la vie de Dieu, que la prière soit organisée et faite. Ne disons pas : « Je n’ai pas de temps, je dois faire mes achats, je dois aller rendre visite à mes amis, je dois étudier, j’ai beaucoup de travaux à faire, etc.» Tout cela, nous le faisons parce que Dieu nous a donné la vie ! Nous le faisons parce que Dieu nous l’a donné. Le temps est un don de Dieu, les amis aussi et même le travail est un don de Dieu. Si Dieu nous donne, que ses dons ne constituent pas des obstacles à notre rencontre avec Lui, qu’ils ne deviennent pas de idoles. Sur 24 heures, prenons au moins quelques minutes, et même une heure ou une heure et demie, ça ne fait même pas un dixième qui serait dû à Dieu, imaginez-vous !
Dieu est unique et Jésus-Christ est l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes
Cette phrase est une réaffirmation de la Parole de Jésus Lui-même : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père sans passer par moi. » (Jean 14, 6). Un jour je disais cela et quelqu’un me demandait : « Et alors, moi qui récite le Rosaire tous les jours, quel sera mon sort ? » Il ne faut pas opposer la Vierge Marie à son Fils. Si nous disons que Jésus est l’Unique Médiateur, il ne s’agit pas de renier les médiations secondaires. La Vierge Marie nous conduit à Jésus et Jésus au Père.
Le salut est destiné à tous
Monsieur l’Abbé Lambert Riyazimana a bien traité un article sur ce sujet, ici je ne ferais que vous renvoyer à son article que vous trouverez dans www.rilambertus.com Ce que nous pouvons retenir ici est que, si Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (1Tm 2, 4), il nous envoie aussi prêcher la Bonne Nouvelle à tous. Nous devons donc évangéliser, en commençant par nos familles jusqu’aux extrémités de la terre. Nous devons évangéliser par les œuvres et par la Parole. Les parents doivent évangéliser leurs enfants en leur apprenant à prier, à aimer Dieu et l’Église. Il y a beaucoup de famille où on ne prie plus. Alors, comment les enfants connaitront-ils Dieu ? Comment l’aimeront-ils ? Chacun de nous doit reconnaitre sa mission. Réveillons-nous !
Faites-vous des amis avec ce maudit argent
Ici Jésus nous invite à la charité. Si nous avons de l’argent ou si nous avons d’autres richesses nous devons partager avec les autres qui n’en ont pas. Nous serons jugés en effet sur la manière dont nous avons pratiqué notre charité (Mt 25, 31-46). S’il y a des pauvres à côté de nous, ne les considérons pas comme des personnes qui sont là seulement pour nous déranger. Ils constituent la source de notre richesse en Dieu, parce que c’est sur elles que nous devons exercer notre charité et être dignes d’être appelés enfants de Dieu. Ne soyons pas donc de ceux qui devront être jugés indignes d’entrer dans la Royaume de Dieu.
Les fils du monde tirent plus de profit de leurs semblables que ne le font les enfants de la lumière
Jésus nous fait remarquer que les fils de la lumière de leur côté devraient être aussi habiles (et même plus habiles) que le sont les fils du monde dans la recherche de leurs intérêts. Il y a beaucoup de zèle dans la recherche de l’argent et du pouvoir ? On a beaucoup de zèle quand il faut fabriquer des armes ? On a beaucoup de zèles quand il faut diviser les peuples ? Pourquoi est-ce qu’on n’est pas zélé quand il s’agit de proclamer l’évangile ? Pourquoi est-ce qu’on n’est pas aussi zélé quand il s’agit de prier ou faire des œuvres de charité ? On n’a pas peur de prendre une bouteille de bière ou un verre de vin et le boire à la vue de tout le monde, pourquoi avons-nous peur de faire le signe de la croix à la vue de tout le monde ? On n’a pas peur de parler quand il s’agit de faire la politique ou de critiquer les autres, pourquoi avons-nous peur de parler quand il s’agit de la parole de Dieu ? On n’a pas honte de marcher presque nu, pourquoi est-ce que nous devons avoir honte de porter nos insignes religieux ? On ne se réserve pas quand il s’agit de financer certains projets, même des projets déshumanisants, pourquoi devons nous nous réserver quand il s’agit de contribuer au bien de l’Église ? Il y a beaucoup d’exemples, mais ce qu’il faut savoir, est qu’il est temps de nous réveiller.
Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent
Chers frères et sœurs, ici je ne voudrais pas vous dire beaucoup de choses, je voudrais tout simplement vous inviter à lire l’homélie que le Pape François a faite sur ce thème, vendredi le 20 septembre 2013. Vous la trouverez sur certains sites internet : je voudrais vous proposer de chercher l’article « Personne ne peut se sauver par l’argent » que vous trouverez sur www.zenit.org.
Nous vivons grâce à la miséricorde de Dieu
C’est la miséricorde de Dieu qui nous fait vivre. C’est ce que nous constatons en lisant la Parole qui nous est proposée aujourd’hui, méditons-y !
– Moïse a intercédé pour le peuple d’Israël et sa prière a été exaucée
– L’apôtre Paul rend grâce à Dieu pour être pardonné
– Dieu a toujours la joie de retrouver l’homme égaré
– Qu’en est-il pour chacun de nous et que devons-nous faire ?
Dans la première lecture, on nous dit que le peuple d’Israël s’est corrompu. De même qu’Adam désobéit dès le début, Israël désobéit aussitôt après avoir reçu la Loi. N’acceptant pas Dieu qui leur semblait être exigeant, les Israélites voulaient revenir à leur ancienne religion qui ne leur demandait que des fêtes et des rites, avec l’image d’un Dieu bonasse qui rassure les croyants peureux. Ils ont ainsi commis deux péchés : celui de se fabriquer une image de Dieu et celui de se faire un dieu qui leur convient. Dieu ne peut pas être fabriqué, il doit être accueilli tel qu’il se révèle ! Ayant prévu de punir le peuple, Moïse intercède pour celui-ci et obtient le pardon. Il y a ici une part de bonté du serviteur de Dieu qui, même si selon le plan de Dieu il n’aurait subi rien de mauvais, a osé demander pardon pour ses frères humains. Mais surtout, contemplons la bonté de Dieu, qui a daigné écouter Moïse : Il n’a pas voulu lui cacher la douleur de son cœur et il a accepté le dialogue entre Lui et son serviteur : Il était prêt à pardonner. Ce qui s’est passé entre Dieu et Moïse, se passe encore aujourd’hui entre Dieu et ses serviteurs. Nous aussi, osons intercéder pour les pécheurs et Dieu saura comment nous sauver tous ensemble. Nous ne devons pas souhaiter la mort du pécheur, parce que Dieu continue à l’aimer comme Il nous aime nous, pécheurs comme celui que nous jugeons le plus souvent ! Prions les uns pour les autres, nous en avons besoin.
Dans la deuxième lecture, nous voyons l’apôtre Paul qui reconnait la miséricorde que Dieu lui a faite. Il lui rend grâce mais aussi nous invite à reconnaitre nous aussi la générosité de Dieu : « J’ai eu droit à sa miséricorde, parce que le Christ a voulu qu’on voie en moi, le premier, toute sa générosité, et que ce soit un exemple dans le futur pour ceux qui croiront en lui et auront ainsi la vie éternelle. » (1Tm 1, 16). Nous recevons tous le pardon dans le Christ, Nouveau Moïse qui intercède toujours pour nous. Nous devons lui rendre grâce à notre tour.
Dans l’évangile, c’est le même thème du pardon qui revient. Jésus nous l’enseigne par trois paraboles : celle de la brebis perdue, celle de la pièce perdue et celle du fils prodigue. Par toutes ces paraboles, Jésus nous montre que Dieu a la joie de pardonner. Il invite même ses amis à partager sa joie. Qui sont les amis de Dieu qui doivent partager sa joie ? Dans l’évangile, il est dit que ce sont les anges du ciel, mais aussi c’est nous qui devons partager la joie avec Dieu. Dans la parabole de l’enfant prodigue, Il nous dit qu’on l’a habillé la plus belle tunique, qu’on lui a mis l’anneau au doigt et des chaussures au pied, et la fête commença. Le pécheur pardonné doit partager sa joie avec Dieu et ses amis. De l’autre côté, on nous montre le fils aîné, qui s’est mis en colère, refusant d’entrer, etc. Ne le jugeons pas, la plupart de fois, il reflète notre image. La plupart de fois, nous voudrions que le pécheur reste ainsi jusqu’à la fin du monde. La plupart de fois, nous aimons mettre des étiquettes sur les gens. Nous ne disons pas : « Celui qui a volé », mais nous disons : « Le voleur ». Nous pensons qu’il ne se convertira pas ! La plupart de fois, nous ne sommes pas contents d’un pécheur converti, nous souhaiterions qu’il subisse les conséquences du péché et que nous les voyions ! Convertissons-nous donc ! Si nous ne nous convertissons pas, c’est nous qui risquerons de rester dehors comme ce fils aîné, jugeant les autres que Dieu a déjà pardonnés, nous donnant le pouvoir (de Juge) que nous n’avons pas. Osons demander le pardon à Dieu, pour nous-mêmes et pour les autres qui en ont besoin. C’est par la miséricorde de Dieu que nous vivons, rendons-lui grâces en tous moments.







