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Seigneur, sans rejeter personne, tu préfères les cœurs contrits. Aide-nous Seigneur à le reconnaitre.
La liturgie de ce jour est un appel à l’espérance. Aucun malheur n’est assez grand pour empêcher le Bon Dieu de nous rejoindre. Certes, nous dit Ézéchiel, le juste peut chuter, emporté par sa propre perversité, et devenir méchant. Mais ce n’est jamais irrémédiable, car Dieu ne veut pas la mort du méchant mais qu’il vive ! Cette première lecture contient d’ailleurs, à mon sens, la clé de lecture de l’évangile de ce jour. Par la bouche de son prophète, Dieu déploie en effet un plaidoyer, il présente sa propre défense. Dénoncé comme responsable de nos propres turpitudes, le Seigneur réagit : « est-ce ma conduite qui est étrange ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? ». Voilà qui est bien étrange en effet, et qui nous invite à adopter un autre point de vue. Pour comprendre la parabole de Jésus, fallait-il seulement nous concentrer sur l’attitude contrastée des deux frères ? Comment la lirions-nous si nous nous attachions à regarder le visage du Père ? Il n’agit pas comme nous. Aux yeux du monde, nous sommes presque définitivement classés par notre passé. Si nous avons été fautifs, on ne nous laisse que peu de chances de refaire notre vie. Si nous avons été braves, on n’imagine pas que nous gardons la liberté de le renier. Dieu croit à notre liberté, croit que nous pouvons nous convertir du mal au bien et du bien au mieux. En ouvrant par son pardon l’avenir de notre liberté, Dieu nous fait libres.
L’exercice est déroutant car ce visage se fait discret. Il y a d’abord le (suite…)
Dieu veut sauver tout le monde, puisqu’il est bon. Mettons-nous à l’école de sa « logique ».
Il est facile que nous nous faisions une image de Dieu selon nos schèmes mentaux et moraux. Dieu est heureusement plus grand et plus bon plus que nous ne pouvons penser et imaginer. Ou bien, notre relation avec lui est fondée sur l’amour filial, ou il est faux ! La parole de Dieu nous met en crise par rapport à notre mode de penser et nous demande de nous réjouir puisque Dieu veut donner et donne la vie à tout le monde, gratuitement. C’est ce que chante le psalmiste qui invite à la joie devant l’amour et la tendresse de Dieu pour toutes ses créatures. Sans cette conversion (qui est une urgence), nous ne saurons pas accueillir cette vie qu’il nous donne en abondance, malgré nos infidélités et inconstances.
La prophétie de la première lecture oppose les pensées et les chemins des hommes, marqués par le péché, aux pensées et aux chemins de Dieu, qui ont pour noms tendresse et pardon. L’antinomie serait insurmontable si l’homme n’était appelé à la conversion. Changer de mentalité, tel est aussi l’enjeu de la parabole des ouvriers de la onzième heure. Parce Dieu est Père, sa qualité essentielle n’est pas l’exactitude comptable mais la bonté. Celle-ci n’offense pas la justice, puisque le maître respecte le contrat d’embauche. Mais la «justice» de Dieu n’est pas la simple réplique de ce que les hommes mettent sous ce mot. De la première à la onzième heure, Dieu envoie dans sa vigne tous ceux qui se présentent tout simplement parce qu’il les aime comme ses enfants.
Le projet de Dieu et les chemins par lesquels il y aboutit sont bien déconcertants. Ainsi (suite…)
« Si quelqu’un n’a pas de pitié pour son semblable, comment peut-il supplier Dieu pour ses propres fautes ? » (Ben Sirac le Sage).
Aux yeux du sage qui s’exprime dans la première lecture, il existe un lien étroit entre le pardon humain et le pardon divin : «Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? » Cette logique, Jésus la prend pleinement à son compte dans l’évangile de Matthieu. Alors que Pierre pensait faire preuve d’une grande magnanimité en évoquant un pardon renouvelé sept fois, Jésus demande à ses disciples la démesure et l’excès. Pourquoi ? Parce que telle est l’attitude de Dieu envers nous. La parabole du serviteur impitoyable est un commentaire dramatique de la demande du Notre Père : «Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à son débiteurs. » Je ne puis invoquer le pardon de Dieu si je poursuis mon frère de ma vindicte.
Dans la première lecture, Ben Sirac le Sage insiste sur le fait que la norme de la conduite humaine c’est d’abord jugement de Dieu : l’homme sera jugé avec la mesure qu’il aura utilisée pour ses frères. S’il se venge, s’il entretient sa rancune, s’il n’a pas de pitié, comment peut-il espérer le pardon et la guérison de ses fautes ? Mais la norme de la conduite du peuple élu est surtout l’Alliance du Seigneur. Parce qu’il a choisi Israël pour son peuple, qu’il lui a commandé de vivre dans l’amour fraternel, (suite…)
