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« Donnez-leur vous-mêmes à manger ». L’Eucharistie est « don et responsabilité « .

«A LambertAujourd’hui pour le cœur d’un chrétien, c’est le plus grand jour, car l’Eglise, après avoir fêté le Jeudi Saint l’institution de l’Eucharistie, veut à présent exalter cet auguste Sacrement, en nous incitant tous à l’adorer sans limites. «Quantum potes, tantum aude…», «ose tout ce que tu peux»: ainsi nous invite saint Thomas d’Aquin dans un merveilleux hymne de louanges à l’Eucharistie. Cette invitation résume admirablement quels doivent être les sentiments de notre cœur devant la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie. Tout ce que nous pouvons faire est peu de choses pour correspondre à un don de soi si humble, si caché, si impressionnant. Le Créateur des cieux et de la terre se cache sous les espèces sacramentelles et s’offre à nous comme aliment de nos âmes. C’est le pain des anges et la nourriture de ceux qui sont en chemin. Pain qui nous est donné en abondance, comme nous fut distribué sans mesure le pain miraculeusement multiplié par Jésus, afin d’éviter le dépérissement de ceux qui le suivaient: «Tous mangèrent à leur faim, et l’on ramassa les morceaux qui restaient: cela remplit douze paniers» (Lc 9,17).

Du Jeudi Saint à la résurrection,… et dans notre vie.

Aujourd’hui, l’Église revit le mystère du Jeudi Saint à la lumière de la Résurrection. Le Jeudi Saint également, a lieu une procession eucharistique, au cours de laquelle l’Église répète l’exode de Jésus du Cénacle au mont des Oliviers: l’Église accompagne Jésus au mont des Oliviers: l’Église orante éprouve le vif désir de veiller avec Jésus, de ne pas le laisser seul dans la nuit du monde.

Corpus DominiEn la fête du Corpus Domini, nous reprenons cette procession, mais dans la joie de la Résurrection. Le Seigneur est ressuscité et il nous précède. La force du sacrement de l’Eucharistie va au-delà des murs de notre Église. Dans ce Sacrement, (suite…)

« Choisis pour que nous portions du fruit, et que ce fruit demeure »

imageAujourd’hui, « fruit » et « prière confiante » sont entre autres des clés de compréhension de la parole de Dieu que nous écoutons en ce huitième vendredi du temps ordinaire, afin de nous permettre de vivre notre temps, sans jamais perdre de vue notre destination. Nous sommes des pèlerins en ce monde. Dans l’Evangile de ce mardi, nous voyons Jésus qui s’approche d’un figuier et ne trouve pas de fruit: rien que des feuilles et le maudit. Étrange comportement! Le lendemain, les apôtres sont perplexes et le lui font noter: « Maître, regarde, le figuier s’est desséché. »(Mc 11,21). Et nous sommes surpris de la réponse de Jésus : « ayez foi en Dieu » (Mc 11,22).

La malédiction de ce figuier (non coupable = ce n’était pas la saison !) apparaît comme un geste énigmatique. Plus il est paradoxal, plus il devient prophétique, plus il attire notre attention. Ceci comporte un enseignement sur la fécondité de la vie chrétienne. Qui ne peut être intermittente: nous ne pouvons pas nous limiter à porter du fruit quand cela est opportun ( je vais à la messe, je prie quand je peux, quand je n’ai pas d’autres urgences: les visites des amis, le repos, le sport, l’étude,…, quand je ne suis pas fatigué… Pourquoi ne pas aussi prier comme celui qui est fatigué? C’est tout ce que nous pouvons donner!). A tout moment, le Seigneur peut nous demander de rendre compte, tenant compte de nos conditions, chaque fois particulières à chacun de nous. Serions-nous toujours prêts!

Nous comprenons alors le rappel de la fin imminente présente dans la première communauté chrétienne dont parle la première lecture. Penser à la mort nous aide à mener une vie toujours sérieuse, du moment que notre passage ici-bas comme pèlerins rend relatif ce que nous vivons, orientant le tout vers le but ultime : la vie en Dieu.

Si un voyageur investit toute sa fortune dans des maisons et des terrains qu’il ne pourra ni habiter, ni exploiter puisqu’il se dirige vers d’autres régions lointaines dans lesquelles il veut résider pour toujours, il agirait en fou. Par contre, si pendant son voyage, il ne dépense que ce qui est indispensable pour arriver à destination, en réservant ses trésors qu’il veut investir là où il veut résider, il se comporte en homme sage. C’est à cela que nous appelle Saint Pierre, dans la première lecture, nous les croyants en cheminement vers la patrie éternelle. Ainsi, nous sommes aussi capables d’accueillir les autres pèlerins, comme la famille de Béthanie (= la maison de l’obéissance) qui accueille le groupe de Jésus qui était venu en pèlerinage à Jérusalem pour les fêtes pascales. Malheureusement, ces fêtes étaient devenues des pratiques extérieures pour beaucoup de gens de Jérusalem, comme ceux qui y voyaient une occasion d’un business qui détourne le coeur de l’essentiel : travailler pour son salut.

Les actions du Seigneur veulent alors montrer que le peuple juif ne pouvait être sauvé par des feuilles sans fruit, c’est-à-dire, par les paroles de justice qui étaient sur ses lèvres, sans être accompagnées des bonnes oeuvres. « La langue ne devient jamais douce, sucrée, en parlant du miel », disent les Indien. Il faut le goûter, en manger. Notre-Seigneur donc, pressé par la faim, c’est-à-dire, plein du désir de sauver le genre humain, voit un figuier, c’est-à-dire, le peuple juif couvert de faillies, c’est-à-dire, des oracles de la loi et des prophètes, il cherche à lui faire produire le fruit des bonnes oeuvres par ses enseignements, ses miracles, et ne trouvant pas ce fruit, il condamne le figuier. Vous aussi, si vous ne voulez pas être condamné par Jésus-Christ au jour du jugement, gardez-vous d’être un arbre stérile, mais empressez-vous d’offrir à Jésus-Christ pauvre, le fruit de piété qu’il nous demande.

Oui, Jésus a faim de notre implication assidue et charitable en vue de notre salut. Mais nous savons qu’il n’a pas seulement faim, il a aussi soif. Nous nous rappelons qu’il cria sa soif sur la croix, cette même soif dont il parla à la Samaritaine, mais ne prit rien pour boire: sa soif était de voir cette femme à la vie désordonnée recouvrer sa dignité. Jésus a faim de nos œuvres de charité, Jésus a soif de notre cohérence en tant que chrétiens. Il nous choisis, et nous a établis pour que nous portions du fruit, et que ce fruit demeure.

La Sainte Trinité, vient à nous, habite en nous et fait de nous ses interlocuteurs.

Priere«L’Esprit de vérité, nous guidera vers la vérité tout entière». Aujourd’hui, nous célébrons le mystère qui est au centre de notre foi, dont tout procède et vers lequel tout retourne. Le mystère de l’unité de Dieu et, en même temps, de sa subsistance en trois Personnes égales et distinctes. Père, Fils et Saint-Esprit: l’unité dans la communion et la communion dans l’unité. Il est bon qu’en ce grand jour les chrétiens soient conscients de la présence de ce mystère dans nos vies: depuis le Baptême -que nous recevons au nom de la Sainte Trinité: au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit jusqu’à notre participation à l’Eucharistie, réalisée pour la gloire du Père, par son Fils Jésus-Christ et grâce à l’Esprit Saint. C’est à ce signe que les chrétiens se reconnaissent: le signe de la Croix, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

La mission du Fils, Jésus-Christ, est de révéler son Père, dont il est l’image parfaite, et de donner l’Esprit, qu’Il a aussi révélé. L’Évangile que nous proclamons aujourd’hui (suite…)