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Il est urgent de nous convertir à Dieu en méditant sur les évènements de notre vie quotidienne. Notre Dieu n’est pas indifférent à notre histoire.

En ce carême, nous allons de montagne en montagne : après la transfiguration de Jésus sur le Mont Thabor, nous voici avec Moïse sur le Mont Horeb, la montagne sainte du Sinaï. Nous sommes à un sommet de la révélation de Dieu dans l’Ancien Testament : Dieu se dit à Moïse à travers son nom. « Je suis qui je suis » Le propre du nom de Dieu est d’échapper à une traduction satisfaisante. Cette traduction insiste sur deux aspects : d’une part il y a la liberté de Dieu qui transcende toute saisie humaine. Dieu n’est pas une idole que l’on pourrait figer en la désignant par des mots trop à nous pour nous rassurer. Dieu échappe radicalement. Le 2e aspect est le choix du présent pour exprimer son être : « je-suis ». Ce n’est pas un présent qui appartient au temps mais c’est le présent de l’éternité. Dieu est de toujours à toujours, au-delà du passé et de l’avenir. « Je suis qui je suis », libre et éternel.

A LambertLa Bible raconte ainsi l’histoire de la relation entre Dieu et l’humanité à travers le peuple élu, Israël. Dieu n’est donc pas lointain ou indifférent à notre humanité : il écoute les cris des siens. « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. » Le Seigneur connaît nos vies, mes problèmes. Ma vie l’intéresse, là est la 1re étape de la révélation biblique : j’ai du prix aux yeux de Dieu. Mais ce n’est pas tout ; Dieu ne fait pas que regarder ou écouter. Il intervient en envoyant des messagers comme Moïse pour libérer son peuple. Le Dieu de la Bible écoute, parle et agit : il est engagé dans l’histoire des hommes puisque le mal n’a pas le dernier mot. « Je-suis » est aussi le Seigneur de l’histoire qui conduit les vicissitudes humaines vers un horizon de paix et de lumière. On ne peut donc le tenir Dieu à distance, une attitude qui est au fond très confortable car (suite…)

Carême et conversion : la foi est une clé de lecture et de méditation sur les événements de notre vie quotidienne.

Moïse appelé à purifier son sens de justice.

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Moïse a dû fuir son pays d’adoption, l’Egypte. Voyant un fils d’Israël, c’est-à-dire un frère de sang, battu par un Egyptien, il a tué celui-ci. Le lendemain, il interpellait un Hébreu qui maltraitait son frère, et ce dernier menaça Moïse de dévoiler son forfait. C’est alors que Moïse dut fuir pour sauver sa vie. Arrivé en terre de Moab, le voici qui prend la défense des filles de Yéthro, manifestant à nouveau son ardeur pour la justice. Pourtant, sa vie est en échec : le fils adoptif de pharaon, élevé à sa cour, appelé aux plus hautes destinées, se trouve à paître le troupeau d’un prêtre idolâtre de Madian dans le désert du Sinaï.

On imagine sans peine, que Moïse devait brûler intérieurement de colère (les colères de Moïse sont redoutables : souvenons-nous de la manière dont il a détruit les premières tables de la Loi !) devant l’échec de sa vie qu’il orientait pourtant vers la défense de la justice. C’est précisément à ce moment, qu’il fait l’expérience déconcertante du Buisson Ardent, un buisson d’épines qui est lui aussi est en feu, mais qui ne se consume pas, parce qu’il ne brûle pas du feu de la violence, d’une justice toute humaine, mais du feu de l’amour divin. Du cœur de la flamme, Dieu s’adresse à lui pour lui révéler son Nom : « Je suis celui qui était avec tes pères, Abraham, Isaac et Jacob ; je suis avec toi, et je serai toujours au milieu de mon peuple, ce peuple que je veux délivrer de l’oppression qu’il subit en Egypte ».
Ce n’est pas en rendant la violence pour la violence, comme il l’avait fait jusqu’alors, que Moïse sera un défenseur de la justice. Dieu seul peut rendre juste, et il ne le fait pas en ayant recours à la violence : il rend juste en habitant au milieu de son peuple à la nuque raide, ce peuple qui ressemble lui aussi à un buisson d’épine dont il vaut mieux ne pas s’approcher si on veut éviter de se piquer ; mais un peuple aimé de Dieu, et qui doit découvrir que le Dieu de tendresse et de pitié

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« Victoire, tu règneras, ô Croix, tu nous sauveras ».

VendrediSaintPar la figure du Serviteur souffrant, on revit l’image du sein stérile de Sara : une image d’une tristesse qu’on ne peut combler, une expérience de l’inutilité des promesses non réalisées. Comme il est arrivé à Abraham et Sara sa femme, c’est de cette infertilité que Dieu fera naitre une multitude des sauvés. Le salut peut donc germer même là où l’on ne s’y attendait pas. Nous ne devons donc perdre tout espoir en face de nos échecs répétitifs, puisque même le désert peut fleurir, le sein de la stérile pouvant enfanter. « S’il se remet en sacrifice, de réparation, mon serviteur verra une descendance, il prolongera ses jours », nous dit Isaïe.

La lettre aux Hébreux nous fournit une image souvent oubliée ou à laquelle l’on ne fait pas attention : celle d’un Jésus qui tient beaucoup à sa vie et qui ne veut pas la perdre. Nous nous rappelons aussi qu’au mont des Oliviers, il prie pour que son Père éloigne le Calice de la Passion, si cela est possible. C’est alors que l’on comprend la valeur de son geste : un geste d’obéissance au Père dont il fait la volonté. Ceci signifie alors que le fait d’être des chrétiens ne signifie pas que nous devenons des héros. Bien au contraire. Nous sommes ceux qui s’efforcent et cherchent à mettre leur confiance en Dieu, jusqu’à la fin, dans nos moments tragiques. Et ces moments tragiques abondent dans notre vie : des échecs à la sainteté à laquelle nous sommes appelés, aux échecs de nos projets temporels et humains, des échecs de la vie relationnelle et quotidienne, etc. La vie nous semble aller à contre-courant ce que l’on souhaiterait, mais cela (suite…)