Entre «le discursivement possible» et la «vie concrète» : des comptes à rendre.
Nous vivons dans une époque qui exalte les droits humains et les libertés individuelles (Article 2 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) jusqu’à penser qu’il n’y a aucune institution sociale qui puisse limiter nos libertés. Cela n’est pas toujours vrai, du moment que celui qui enfreint à une convenance de la « moralité sociale » comme la fidélité conjugale, doit rendre des comptes à la société. C’est le cas récent du Président François Hollande dans sa relation avec Julie Gayet. Mais, que se passe-t-il au juste ? Tentons une explication.
La crise de l’Etat moderne comme système de gouvernement.
Le monde actuel vit une certaine crise de l’Etat moderne en tant que système de gouvernement. Notre temps a hérité de ce système de cet Etat construit sur ses rapports avec chaque individu, dans ses libertés individuelles et cet individu n’est pas nécessairement lié à une structure sociale, à une famille. On pourrait peut-être penser, sans pourtant devoir entrer en détails, à la conception de Rousseau selon lequel « l’homme est par nature a-social » et surtout celle de Hobbes selon laquelle « l’homme est par nature anti-social» d’où la nécessité du Léviathan pour « imposer » la paix, pour ne pas dire la cohabitation pacifique dictée par les lois.
Vie privée pour les personnalités publiques ?
Qu’est)ce qui relève du domaine privée pour une personnalité publique? Notre temps peut-il fermer les yeux surtout quand on parle des 4 grands thèmes sur lesquels portent les crises institutionnelles: le sexe, le pouvoir, l’argent et le confidentiel? Que se passe-t-il? Tout est fait pour ne pas y échapper: regardez ICI. Il est peu compréhensible qu’une société occidentale et occidentalisée comme celle française ne puisse pas tolérer le comportement de Hollande. Il y en a même qui demandent sa démission. Or, la « morale » sexuelle de cette société se résumerait ainsi : si deux personnes majeures se mettent d’accord pour une relation sexuelle, il semblerait que la société ne s’en occupe pas. Mais cela n’est pas absolument vrai.
Descendons et mettons les pieds sur la terre. Il est vrai qu’un « bisou » ne cause aucun problème en occident entre deux personnes. Mais, que dirait-on d’un professeur qui entrerait en classe et commencerait à donner des « bisous » à toutes les filles de sa classe ? Sûrement, on dira qu’il transgresse les convenances admises par le sens commun. S’agirait-il d’une limitation de libertés?
Ce qui arrive avec l’onde médiatique sur le comportement du Président Hollande peut être compris en ce sens. Dans un pays comme la France où on feint que la famille n’est pas une institution importante, il paraîtrait un peu absurde que l’opinion s’insurge contre Hollande. Qu’on se détrompe donc. Il y a un lieu commun qui fait partie du tissu profond de chaque personne. La fidélité en « famille », même là où elle semble ne pas avoir de priorité, est une chose qui ne se laisse pas enfreindre sans en payer le coût. Un homme comme Hollande, même s’il cohabite avec Valérie Trierweiller n’a pas le droit, au nom même de la liberté à la vie privée dont jouit chaque citoyen, de se comporter comme si il n’était pas lié à aucune institution sociale qu’est la famille, fût-elle en crise en ce pays.
Vivre la liberté ne signifie pas être des « monades » libres de toute référence institutionnelle sociale.
Selon moi, il semble qu’il y ait confusion entre ce qui est fondé seulement au niveau du discours et ce qu’est la vie réelle de la société. Le sens commun ne peut pas tolérer tout acte au nom de l’exercice des libertés individuelles, quand celles-ci mettent en crise le sens commun et les bases de la société comme la famille. On retrouve alors la pensée de José Alfredo PERIS CANCIO selon laquelle : « une société de monades libres et intelligentes n’est pas la représentation vraie de l’humanité. Vivre ensemble exige un exercice de reconnaissance mutuelle à travers le don sincère de soi. » Les libertés que consacrent les droits de l’homme ne sont pas du type des sphères de liberté abstraite à concilier, mais des façons de comprendre le bien commun, les responsabilités personnelles dans l’élaboration de ce bien. Ce ne sont donc pas des droits à une disposition illimitée des droits et des libertés. Les institutions comptent, en ce qu’elles sont, peut importe le sens qu’on veut leur donner, discursivement, en oubliant que « entre le discursivement possible et la vie réelle, il y a toujours un puits à combler » et nul ne peut l’ignorer impunément. Pour la cas de la France, qu’on ne s’illusionne pas, l’institution familiale est là et ne peut accepter quoi que ce soit au nom de la liberté personnelle détachée de toute référence morale.
Baptême du Seigneur : dans le Jourdain, Jésus nous relève des eaux de la mort par son abaissement.
Le temps de Noël ne peut avoir meilleure conclusion que la célébration du baptême du Seigneur. C’est en effet ainsi que nous terminons ce temps liturgique qui est le temps de la révélation de la grâce du salut en Jésus-Christ. Dans la Crèche, nous avons contemplé le Verbe fait chair, à l’Épiphanie nous avons vu la lumière du Christ illuminer les nations, au jour de son baptême, l’œuvre de Dieu se révèle dans sa plénitude : le Père veut sauver tous les hommes et confie à son Fils de leur révéler son amour. Mais ne nous méprenons pas : le temps de Noël ne s’arrête pas sur cet exposé de foi trinitaire. Que Dieu mette tout son amour en Jésus-Christ son fils unique nous enseigne que c’est en son Fils qu’il nous aime. Nous abordons donc le temps ordinaire riches de la révélation que le jugement de Dieu sur les hommes pécheurs consiste à faire d’eux ses enfants d’adoption, des fils dans le Fils.
La liturgie de ce jour nous propose aujourd’hui un voyage étonnant. La première lecture s’ouvre en effet sur ce verset d’Isaïe : « voici (…) mon élu en qui j’ai mis toute ma joie », et l’évangile se termine sur cette parole du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour ». Ces deux versets désignent évidemment la même personne, leurs différences nous enseignent le chemin qu’il y a de la prophétie à son accomplissement.
Le serviteur dont parle la 1ère lecture n’est pas un personnage qui puisse être envisagé indépendamment de sa vocation. Cette vocation est remarquable : « il fera paraître mon jugement en toute fidélité ». Ainsi, en contemplant le Serviteur à l’œuvre, en nous émerveillant de la délicatesse de celui qui n’éteint pas « la mèche qui faiblit » et qui n’écrase pas « le roseau froissé », nous découvrons la délicatesse de l’amour de Dieu envers tout homme, nous découvrons ce projet divin que Dieu appelle « mon jugement ». Voici le jugement de Dieu sur l’humanité : « tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leurs prisons et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres ». Dieu veut redonner à tout homme sa liberté perdue, il veut tous nous rendre à nouveau capables d’aimer.
Saint Pierre explique dans la deuxième lecture, que « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes », car il les regarde en son Fils unique, en Jésus-Christ. « C’est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous » ; c’est lui, Jésus, qui est le Serviteur dont le prophète disait « j’ai fait reposer sur lui mon esprit ». Tel est bien le témoignage que nous livre Jean-Baptiste et que Pierre atteste : « Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force ». Par la parole de saint Pierre, l’Église entière atteste qu’elle a vu l’accomplissement de la prophétie en Jésus-Christ.
Dans l’Évangile, nous retrouvons donc Jean-Baptiste ; il est là pour accomplir sa propre mission de désigner Jésus comme le Messie. Après avoir entendu son portrait par Isaïe, nous mesurons à quel point l’événement du baptême de Jésus se passe dans l’extrême de l’obéissance et de l’humilité : voici le Sauveur du monde venant demander le baptême que Jean donne pour préparer les hommes à recevoir la grâce du salut. Or il est, lui, celui qui vient réveiller l’espérance du salut dans toutes les îles lointaines que sont nos cœurs isolés dans leurs projets d’autonomie ! Voici donc que lui qui n’a pas péché, se laisse ensevelir dans les eaux du Jourdain, c’est-à-dire dans les eaux de notre mort.
Oui, il « descend » dans ce « drôle de fleuve » unique en son genre. Jourdain signifie en hébreu le descendeur, de la racine YARAD= descendre. Il a sa source dans l’Hermon, à environ 520 mètres d’altitude, et, en 220 kilomètres de longueur, il aboutit à la Mer Morte, à plus de 300 mètres au dessous du niveau de la mer. Voilà où Jésus descend, pour nous soulever de notre abaissement. Quel est mon attitude face aux faibles, aux pécheurs, … ? Est-ce que je ne les juge pas du haut de ma certitude morale ? L’attitude de Jésus m’interpelle-t-elle pour supporter, sauver, relever ceux qui font le mal autour de moi, et surtout ceux qui me font du mal ?
Jean Baptiste ne mésestime pas la grandeur de cet événement. Il s’exclame en effet : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ». Jean Baptiste cherche ainsi à empêcher Jésus de recevoir le baptême, considérant que c’est lui-même qui a besoin d’être baptisé dans l’Esprit et non Jésus qui devrait se soumettre au rite du baptême de l’eau ! La réponse de Jésus est claire : « laisse-moi faire ». Jésus n’est soumis à aucune nécessité de recevoir ce baptême puisqu’il est sans péché et que sa mission est de ramener les pécheurs. Jésus reçoit le baptême de Jean Baptiste parce qu’il choisit de le faire. Il s’agit d’une humiliation volontaire de celui qui a décidé de se rendre solidaire des hommes. Et il le fait dans l’obéissance : « c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste ». Jésus et Jean doivent accomplir ensemble un dessein divin, qui, « pour le moment », demeure caché, mais qui se dévoilera au fur et à mesure qu’ils le réaliseront.
Cette humiliation volontaire et cette obéissance nous apprennent beaucoup sur la manière dont Jésus envisage sa propre mission, sa propre identité. Il vient en effet dans le but d’accomplir les Écritures, c’est-à-dire pour réaliser les prophéties de l’Ancien Testament, notamment celle que nous avons entendue dans la première lecture. Mais en les accomplissant, il les dépasse amplement. Jésus ne réalise pas les prophéties au pied de la lettre (on le lui en demandait pas d’en faire autant), il les réalise d’une manière qui révèle pleinement l’amour de Dieu qui a suscité le projet divin annoncé par la prophétie. C’est ainsi qu’il nous sera possible de passer de la joie, « en lui j’ai mis toute ma joie » rapportait Isaïe, à l’amour paternel de Dieu, « en lui j’ai mis tout mon amour », rapporte saint Matthieu. La joie de Dieu est la joie de celui qui aime et qui ne fait qu’aimer.
Ainsi, Jésus fut-il baptisé. Dès qu’il « sortit de l’eau », c’est-à-dire dès qu’il émerge de la mort dans laquelle il s’est volontairement plongé, dès qu’il rend la vie victorieuse sur la mort, mais également, dès qu’il eut franchi les eaux du Jourdain, dès qu’il entra sur la Terre Promise, « voici que les cieux s’ouvrirent ». Jésus est le nouveau Josué qui conduit le peuple de Dieu sur la Terre où Dieu l’attend, il rouvre les portes du paradis. En effet, Jésus et Josué sont deux variantes du même non : YEHOSHUAH. Le monde divin est à nouveau accessible à l’homme. L’Esprit Saint est donné dans sa plénitude au Messie. Puis Dieu le Père atteste en personne l’identité de son Fils. Lui seul pouvait le faire. La colombe et la voix, qui cite Isaïe, nous expliquent qu’il consacre son Fils dans la plénitude l’Esprit Saint, qu’il remet le monde entre les mains de son serviteur pour qu’il le sauve. La grande attente d’Israël est comblée, l’espérance de tout homme est satisfaite. Un sauveur nous est né, un fils nous est donné.
Seigneur Jésus, merci pour le temps de grâce que nous avons vécu avec toi ces dernières semaines. Nous avons vu en toi l’humanité que Dieu enfante, l’homme nouveau que nous sommes appelés à devenir. Nous avons vu briller la lumière de ton salut à la face des nations. Donne-nous de manifester fidèlement le jugement de Dieu pour tout homme : nous sommes devenus enfants de Dieu, fils dans le Fils, animés de la vie divine, envoyés vers nos frères dans la force de l’Esprit. Que ce don précieux transfigure notre temps ordinaire, qu’il soit, à chaque instant, le temps de ta grâce.
IBATISIMU Y’UMUKAMA
(Idominika ikurikira Epifaniya)
Umusi bahibaza Epifaniya y’Umukama ni haba ari kw’igenekerezo ry’indwi canke iry’umunani Nzero, bagira umusi mukuru w’ibatisimu y’Umukama ku musi wa mbere ukurikira iyo dominika, kandi, batarasoma Injili, batora igisomwa kimwe gusa muri vya bisomwa vyahagenewe.
Mu mwaka B no mu mwaka C, bashobora gusoma ibindi bisomwa batarasoma Injili, nk’uko vyanditswe. Kandi iyo bahejeje guhimbaza uwo musi mukuru, inyuma y’igisabisho co kuja kuryama, igihe ca Noeli kiba kirangiye.
IGISOMWA CA MBERE
Ivyo dusoma mu gitabu c’Umuhanuzi Izaya : 42, 1-4. 6-7
(Ng’uwo umusavyi wanje mfise ku mutima)
Ng’iri irivumerewe n’Umukama :
Ng’uwo umusavyi wanje nama mpagarikiye,
ng’uwo uwo nitorereye kandi mfise ku mutima.
Naramuhaye umutima wanje,
ngo aheze azanire intara ubutungane.
Ntayogora, ntavuza urwamo
Ntagenda ariyamiriza mu mayira.
Ntahohosha umubingo wavunitse,
ntazimya urumuri rukiyengera
azoshikiriza amateka nk’uko yabitumwe.
Ntazotirigana kandi ntazocika intege,
gushika ashinge amateka mu bihugu,
abari mu mazinga na bo barorere inyigisho yiwe.
Jewe Mukama, narakwihamagariye mu butungane,
ndagufata ukuboko, ndakwiremera,
narakugenye ngo unyuzurize n’igihugu canje,
ubere umuco amakungu ;
uhumure impumyi, ubohore imbohe
ukure mu mvuto abahora mu mwijima.
Izaburi 28 (29), 1-2. 3-4. 3b. 9c. 10
Icit : Imana izohezagira intara yayo, iyigabire amahoro.
Hereze Umukama, bana b’Imana,
hereze Umukama ikaze n’iteka,
hereze Umukama ikaze rikwiye izina ryiwe,
hereze Umukama mu ngoro yiwe nyeranda.
Akamo k’Umukama kasiriye ku mazi,
Umukama yasiriye ku mazi nyamwinshi ;
ijwi ry’Umukama rirakomeye,
ijwi ry’Umukama rirarenga.
Imana Nyen’inganji irasiranye ;
mu ngoro yayo hose havugwa ngo : ‘N’iganze’
Umukama yaravyagiye ngo arekure isegenya,
Umukama aravyagiye, arahangamye mu myaka yose.
IGISOMWA CA KABIRI
Ivyo dusoma mu gitabu c’Ibikorwa vy’Abatumwa : 10, 34-38
(Imana yamuvyagijemwo Mutima Mweranda)
Amaze gushika kwa Korneliyo, Petero asama ijambo ati : « Ni ivy’ukuri, ubu ndategereye ko Imana itagira nkunzi ; mu bihugu vyose, ishima uwuyubaha kandi agakora ibitunganye.
Yarungikiye Abanyisraeli Yezu Kristu, ngo abamenyeshe ijambo ry’amahoro : ni We Mukama wa bose. Murazi neza ivyabaye mu Buyudeha bwose, kuva ca gihe Yohani yigisha ibatisimu, aho Yezu w’i Nazareti atanguriye kwigisha mu Bugalile. Murazi ingene Imana yamwatiye ikamuvyagizamwo Mutima Mweranda n’inganji. Aho aciye hose, yagenda aragira neza, akabohora abari mu ngoyi za shetani ; kanatsinda yari ahagarikiwe n’Imana.»
INKURU NZIZA
Alleluia, alleluia.
Ijuru ririyugurura kandi ijwi rya Data rirumvikana,
riti : « Uyu ni Umwananje nkunda cane, anshika ku nyota. »
Alleluia.
Ivyo dusoma mu Njili Nyeranda yanditswe na Matayo : 3, 13-17
(Amaze kubatizwa, Yezu yabonye Mutima Mweranda amwururukirako)
Muri irya misi, Yezu yavuye mu Bugalile aja ku ruzi Yordani ngo abatizwe na Yohani. Yamara Yohani aramwankira, ati : « Ni jewe nari kubatizwa nawe, none uje iwanje ? » Yezu na we aramwishura ati : « Pfa kundeka muri uyu mwanya ; na none birabereye ko turangura vyose mu ngingo. » Ni uko rero Yohani aramubatiza.
Yezu amaze kubatizwa, arava mu mazi ; niho ijuru ryiyugurura, akabona Mutima w’Imana yururuka mu gisa n’inuma, amuzako. Ijwi rica ryasirana mw’ijuru, rivuga riti : « Uyu ni Umwananje nkunda cane, muri We nahasanze ibinezera vyose. »








