Devenir chrétien catholique?
Pourquoi faut-il devenir chrétien catholique?
Lettre à ma tante.
« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous
Dès que quelqu’un vous demande vos raisons » (1Pierre 3,15).
Chère tante,
La dernière conversation que nous avons eue entre nous m’a porté à réfléchir et revenir un peu sur les raisons qui soutiennent mon adhésion que j’affirme irréversible à la foi chrétienne, non seulement chrétienne, mais catholique. Tu te rappelles que tu me disais que tu ne vois pas encore la nécessité de devoir devenir catholique. Quant à moi qui suis né d’une famille catholique, dans un village presque peuplé des seuls catholiques, j’ai toujours vu comme normale être catholique. Les catéchèses que j’ai suivies m’ont donné des contenus, souvent à mémoriser. J’ai été toujours (ou presque) nourri du COMMENT puisque la question du POURQUOI ne se posait pas encore. Merci de m’avoir poussé à me faire aussi cette question, qui est une invitation donnée a tous par Saint Pierre, le Prince des Apôtres.
Alors, à toi chère tante qui n’es pas encore catholique, mais aussi à tout lecteur non croyant ou incertain, j’offre ces quelques lignes comme une invitation à voir combien est raisonnable croire ne Dieu de Jésus-Christ, dont l’Eglise Catholique reçoit et proclame la foi. Je suis cependant certain que aucune preuve suffise pour quiconque ne décide de s’ouvrir à la Vérité, je présume que tu veuilles bien connaître et adhérer à la vérité, si je considère les questions que tu m’a posées et qui me poussent à revenir sur le pourquoi de mon être catholique. Par ailleurs, je pense que tu as été porte-parole de notre époque qui pose tant de questions à l’Eglise Catholique qui a la « folle » ardeur d’affirmer et de dire la pleine vérité sur l’homme, sur le monde, dire la vérité de Dieu et sur Dieu. Le choc qui est créé est que cette vérité n’est pas une vérité parmi tant d’autres, comme le prétend le relativisme !
C’est pourquoi j’ai prié, comme l’écrivait saint Augustin, et je prie encore pour que ces lignes soient utile pour toi, chère tante, ou au moins ne fassent aucun dommage à toi ou à quiconque par hasard lira ces lignes, sinon le choc de sa conscience qui doit arriver à se poser les mêmes questions que tu m’as faites et ainsi, « chercher la vérité, la trouver, et après l’avoir trouvée, la poursuivre, en faire un ami à proposer aux autres ».
Enfin, avant d’exposer ces quelques raisons de la crédibilité de la foi chrétienne catholique, je désire dire, comme un bon catholique que je pense être, que seule l’Eglise possède l’autorité définitive. Un fidèle, quand bien même il serait grand théologien, ne représente que lui-même. Ces lignes présentent alors et simplement les quelques bases sur lesquelles je pose personnellement ma foi et j’ose t’inviter à y découvrir au moins une lueur afin que tu puisses, toi aussi, te décider. Me puis-je servir pour cela de ces paroles avant de ma lancer : « J’ai parlé sans comprendre de toutes ces merveilles, elles me dépassent et je n’y atteins pas ». (Job 42,3).
Motifs de crédibilité de la foi chrétienne catholique.
« A tout Seigneur, tout honneur ». Le premier motif de crédibilité est « Jésus lui-même qui est l’origine et le terme de la foi chrétienne ». En effet, c’est Jésus est origine et terme de la foi chrétienne (Hébreux 12,2). Même du point de vue strictement humain, Jésus donne un point de vue lumineux et digne de confiance. Il n’est pas un homme qui a fait l’expérience de Dieu d’une manière particulière, comme il serait le cas de Bouddha, Socrate ou les autres qui renvoient non pas à eux-mêmes, mais bien à autre chose ou à une autre « personne ». Ce n’est pas leur personne qui importe, mais uniquement le chemin qu’ils tracent ou qu’ils montrent. Pour Jésus, il s’agit de sa personne même. A travers son « moi Je Suis », on perçoit le « Je Suis » de l’Horeb. Le chemin consistera à le suivre car il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14,6). Ce sont alors des prétentions humainement particulières. Jamais un Hébreux ainsi humble et extrêmement religieux n’avait osé s’attribuer de telles prérogatives. Accusé même devant le Sanhédrin, il ne retira pas ce qu’il avait toujours affirmé.
Cela porte au scandale d’un amour qui va jusqu’à l’extrême de l’abaissement de cette personne qui se fait petit pour les plus petits, pauvres pour les plus pauvres. Il ne le feint pas comme le font les politiciens qui crient partout qu’ils sont au service du peuple, en simulant même certains gestes, alors qu’ils n’entendent vivre cela concrètement. Jésus ne fait pas de spectacle. Sa simplicité est vraiment vécue, il vit la parole qu’il prêche. Il est difficile qu’un homme politique ou quiconque lutte pour un monde juste vienne vivre et partager la condition malheureuse qu’il décrit pour en sentir le poids et la changer de l’intérieur. Chère tante, en ceci, je ne veux pas affirmer que ce dernier ne puisse comprendre rien de la misère de ceux pour qui il lutte. Une chose est comprendre, compatir, une autre chose est vivre cette même vie que l’on combat. Qui d’autre comme Jésus vivra la misère de la vie humaine jusqu’à l’extrême de la mort, une des situations limites de la vie humaine ?
Toutes les religions du monde adorent la majesté et la grandeur de Dieu, mais seule la foi chrétienne propose d’adorer un Dieu-serviteur qui court le risque de ne pas être compris par la logique humaine de l’autorité, du service, du succès. Dieu s’est fait un vrai bébé qui appelle sa maman comme les autres enfants, un ami qui appelle « amis » ses disciples. Bien qu’il reste dans les cieux de sa majesté, Dieu s’humilie jusqu’à être comme tous. Il existe des mythes païens qui racontent que quelquefois, un dieu serait descendu in cognito dans le monde et personne ne l’a vu puisque personne ne pouvait penser à une Présence aussi humble. C’est cette humilité même de Jésus qui montre que la foi chrétienne n’est pas une construction qui réponde aux besoins et à la taille humaine.
Cela se renforce quand on pense à un autre motif de crédibilité qui est la sincérité des témoins : les Apôtres. C’étaient de petites gens, des personnes concrètes, non instruites, des Juifs monothéistes comme les autres. Comment alors sont-ils parvenus à cette « folie » de ce « jeune homme » aux prétentions divines ? Certainement, ils ont fait expérience indéniable : « ce que nous avons entendu, et que nos yeux ont vu, et que nos mains ont touché, (…) nous vous l’annonçons pour que vous soyez en communion avec nous » 1 Jean 1, 1.3). Oui, tout est partie d’une rencontre vraie. Ainsi peuvent-ils affronter l’hostilité de leur temps, en prêchant une réalité déconcertante de l’Evangile d’un Crucifié-Ressuscité, en prêchant la victoire d’un « défaillant » ! Il faut par ailleurs, chère tante, noter que les récits des Evangiles ne cachent pas les faiblesses de cette équipe : l’incrédulité, les luttes internes de pouvoir, la lenteur en ceci ou en cela… Je pense que si les évangélistes étaient experts de la nouvelle science des « Public Relations », même à un degré minime, ils auraient pu bien sélectionner, dissimuler, rationnaliser certaines tares même graves de leur part ou même certains traits de la personnalité de Jésus, cette personne qui éprouve des émotions jusqu’à pleurer par exemple. Au contraire, ils ne sont pas gênés par cela, ils sont vrais, ils disent tout en toute simplicité.Ici s’enracine un autre motif fort : celui de la succession apostolique.Les apôtres constituent un collège institué par le Christ lui-même et qui ne se défera pas même au cours de l’histoire. Le Pape, successeur de Pierre, en garantit l’unité. En effet, Jésus donne le pouvoir à saint Pierre à travers trois choses : le nouveau nom de Pierre (la pierre), la promesse de fonder son Eglise sur Pierre et les clés du royaume des cieux (Matthieu 16, 17-19). Quand Jésus parle des clés du royaume, il se réfère sans doute à Isaïe 22, 20-22 où Ezéchias, héritier royal du trône de David et roi d’Israël au temps d’Isaïe, remplaça son ancien premier ministre, Shebna par un nouveau nom d’Elyakim. Tout le monde reconnaissait le pouvoir de celui qui avait reçu les clefs. En confiant les clefs du royaume a Pierre, Jésus crée pour son Eglise, le poste de « Premier Ministre » pour gérer son Eglise, royaume de Dieu sur la terre. Cette charge confiée à Saint Pierre et sa primauté ont été transmises aux successeurs jusqu’à l’actuel Pape François. Cette tradition ininterrompue nous explique alors l’Ecriture qui est comme la Constitution des Etats. Les fondateurs de chaque nation, de chaque royaume ou da chaque mouvement donnent l’esprit à travers une constitution, des statuts. Mais avec seulement cela, il régnerait une anarchie : c’est alors qu’il faut des hommes (un Président, l’Assemblée Générale, etc.) pour administrer et interpréter les textes fondateurs. Chère tante, penses-tu que le Christ nous ait laissé seulement son Esprit et des textes ? Non ! Je ne pense pas ainsi, moi.
Dans la foi catholique, la famille se reconnaît aussi dans la participation à la célébration des sacrements, dont le centre et le sommet se trouve dans l’Eucharistie. Ici, je ne fais que reprendre le terme utilisé par les premiers chrétiens et, particulièrement, l’Evangile de Jean et l’épître aux Hébreux nous montrent la liturgie et les sacrements comme élément central de la vie de la famille de Dieu. Entre dans une Eglise, basilique ou cabane où se célèbre ce mystère et écoute : « ceci est mon corps livré pour vous…ceci est mon sang versé… ». Jésus ne s’est pas seulement humilié pour nous en s’incarnant afin de devenir notre sacrifice parfait, il fit encore plus en nous offrant cette même chair et son sang pour être nourriture et vie de nos âmes. Quelle autre religion possède ce don aussi grand ? Simplement, elle n’existe pas !
La récitation du Chapelet familiarise à la méditation de la vie du Christ et permet de lubrifier notre connaissance théologique. La vénération que réserve l’Eglise catholique à la Vierge Marie ne fait qu’imiter l’exemple du Christ. En effet, en tant qu’homme, nul ne doute que le Christ ait accompli parfaitement la loi de Dieu, y compris le commandement d’honorer son père et sa mère. Ce ne devrait même pas être un acte de foi, c’est plus que normale, non ? Or, le mot hébreu kabodah qui veut dire honorer signifie littéralement « glorifier ». Par conséquent, le Christ n’a pas seulement honoré son Père du Ciel, il a aussi et parfaitement honoré sa mère sur la terre, en lui octroyant sa propre gloire divine. En imitant le Christ, nous honorons notre propre mère parce le Christ est notre frère, et nous devons le faire en honorant toute personne que lui-même honore, avec le même honneur qu’il lui accorde. Dans les Ecritures, n’est-il pas dit : « Désormais, toutes les générations me diront bienheureuse » (Luc 1,18) ? Et le chapelet, le propre de la foi catholique, ne fait qu’accomplir ce passage.
Parlons maintenant des miracles, un autre motif de crédibilité. L’Ecriture nous parle de ce que le Seigneur n’a jamais cessé de faire à sa famille. Des prodiges de vie et de guérison signent la proximité salvifique à la souffrance humaine. Ils sont hors-compréhension, c’est de l’ordre du merveilleux et confirment la liberté de Dieu par guide l’histoire comme il l’entend, puisque il en fixa les lois. Jésus appelle à voir en cela l’œuvre de Dieu : si vous ne me croyez pas, croyez au moins à ces œuvres, et sachez, et reconnaissez que le Père est en moi et que je suis dans le Père » (Jean 10, 38). Alors, dis-moi, chère tante, quelle autre religion au monde peut documenter et montrer des prodiges comparables à cela ! Il est sans conteste qu’ils engagent une reconnaissance de la part d’un cœur animée de bonne volonté. Tu le sais, je n’ai jamais douté de ta bonne volonté et c’est cela qui caractérisa la conversation que nous avons tînmes et qui me poussa à vous écrire ces lignes !
Ces miracles sont aussi à la base des autres « miracles moraux », appelons-les comme ça. Je pense à l’immense cohorte des martyrs, des saints, des témoins de ce qui s’est passé dans le monde, il y a près de 2000 ans et qui résonne encore dans ces cœurs qui n’ont peur de rien pour témoigner. Quand je parle de cela, tu comprends, chère tante que je ne parle plus de la foi chrétienne en général, mais bien de la foi catholique ! D’après toi, sont-ils tous des fous pour payer de leur sang, de leur marginalisation et de tous les maux qu’ils ont eus et qu’ils ont à supporter ? Pour être plus concret, parlons de moi-même : quand j’annonçais que j’allais entrer au séminaire pour « me faire prêtre », certains de miens n’ont pas compris. J’étais comme fou à leurs yeux, toi exceptée ! Est-ce que je parais vraiment fou ? Non ! Par contre, tous ces martyrs de l’histoire de l’Eglise catholique, de Saint Etienne à sainte Lucie, des jeunes Ougandais aux martyrs de la fraternité de Buta (comme ils sont conçus par l’opinion), on ne peut que contempler en eux le triomphe de l’humilité, de douceur, de simplicité, de vie pleinement humaine. Peut-être que tu me diras qu’il y en a qui sont morts pour les idéaux comme pour leur patrie ! Bien sûr que oui, ces sont de grands hommes. Mais qui parmi eux, est mort avec des mots de pardon à ses bourreaux ? Qui serait-il mort, dis-le-moi, avec un visage resplendissant de la joie du Christ, la joie de celui qui se sent honoré de ressembler à son Maître ? Simplement, disons « PERSONNE » ! C’est uniquement la foi catholique qui nous propose cette richesse incomparable.
Tirons un autre motif de crédibilité : l’Eglise elle-même. Peut-être que j’aurais pu commencer par ici, mais j’ai eu peur de ta disponibilité à continuer à m’écouter, à me lire. Chère tante, c’est cette même Eglise qui prolonge tout cela dans le temps et dans l’espace. Il est notoire qu’il y a dans le monde cette présence mystérieuse et faible, grande et humble et dont rendent témoignage tant de communautés chrétiennes. Il est malheureusement vrai que ce message n’a pas été transmis fidèlement. Cela n’a pas cependant empêché l’accomplissement de nombreuses œuvres de charité suscitées par la foi quand des hommes et des femmes se sont inclinées sur les multiples misères de la société humaine. Nonobstant les limites qui salissent la face de l’Eglise, celle-ci conserve et transmet toujours le message d’amour. Les derniers chapitres du livre de l’Apocalypse soulignent toujours que l’Eglise est l’Epouse du Christ qui est son Epoux. Et puisqu’il existe un seul époux, il ne peut qu’exister une seule épouse : une seule Eglise, sainte, catholique et apostolique. La sainteté de cette Eglise qui a subi divers outrages de la part de certains de ses responsables, la pousse à demander pardon pour les méconduites de ses fils et filles. Elle demande pardon à l’humanité comme le fit le Bienheureux Pape Jean Paul II, mais aussi ne se lasse pas à demander pardon à son Epoux qui l’a purifiée grâce au sang de sa croix.
Cette Eglise convainc aussi par son message de vérité et de liberté. Qui serait cette personne qui n’aspire pas à la vérité, à la liberté. En tous cas, pas toi, ma tante. Cette vérité a été cherchée et aimée par des philosophes non chrétiens. Cependant, il faut noter leur mode de chercher la vérité aboutissait plus souvent à une vérité impersonnelle. Or, là où Dieu est conçu de façon entièrement a-personnelle, comme il est le cas du bouddhisme par exemple, il n’existe pas de relation positive de Dieu. Le monde qui y est perçu doit aussi être dépassé en tant que source de souffrance et par conséquent il n’y a plus à lui donner sens ? La religion se réduit alors à indiquer des voies pour surmonter le monde, pour être libéré du poids de son apparence et n’offre pas de critères concernant la manière dont nous pouvons vivre dans le monde ; il n’y a pas de forme de responsabilité commune.
La connaissance de la vérité qui conduit à la vraie liberté permet un agir moralement responsable. En effet, la morale catholique de la justice, de la vraie connaissance de l’état des choses qui doivent être ordonnées. Elle ne vient pas des prescriptions négatives comme l’opinion courante le propage. En répondant à la question « pourquoi faire ceci ou non ? », on ne dit pas que c’est parce que Dieu le veut ainsi ou mieux, le dicte ainsi. Au contraire, c’est parce c’est l’état des choses qui le réclame ainsi. Alors, indépendamment de la foi qu’on professe, il y a des principes fondamentaux qui ne peuvent pas être violés impunément. Tôt ou tard, la nature rétablit l’ordre. Ici je n’ai pas à citer des exemples, chère tante, je sais que si je t’en demandais un, tu me citerais par exemple les nouvelles « définitions » du mariage.
Quand l’amour de la vérité devient un « TU » avec lequel on entre en dialogue, alors et seulement alors, la personne croît. Je pense que c’est la raison pour laquelle Jésus ne répondit pas à la question de Pilate qui lui demandait « qu’est-ce que la vérité » ? Comment auraient-ils pu s’entendre quand Jésus se situe sur une relation personnelle et vraie, un « Tu » dialogique alors que son interlocuteur parle des choses ! QU’EST-CE…?
Je pense aussi à une interprétation rabbinique quant à savoir ce à quoi peut renvoyer le « Je suis la Vérité » de Jésus. En effet, le mot « Vérité » est rendu par le vocable hébreu אמת (é-me-th) formé de la première lettre de l’alphabet hébreu, ce celle du milieu et de la dernière. Cela signifirait que Jésus qui affirme qu’il est la Vérité connaît ce qui est à l’origine de toutes choses, comment les choses sont en leur déploiement spatio-temporel et qu’il se trouve au terme de toute chose. Comment alors, dis-moi, qui est en relations vitales avec la Vérité ne puisse avoir la vraie connaissance c’est-à-dire la sagesse, la perspicacité d’esprit pour pouvoir agir!
Cette foi, cette Eglise sont la parfaite réalisation des prophéties. L’Israël avait le don de ne pas isoler les faits, mais de les lier afin de les lire, les uns à la lumière des autres. Les prophètes ont entrevu un Messie qui devait consoler les affligés, ressusciter Jérusalem. La Bible est pleine du thème de l’attente. Alors chère tante, regarde comment quand arrive Jésus, on reste frappé de la correspondance de ce qui était attendu. Il se présente comme celui qui porte toutes les prophéties à leur réalisation. Si beaucoup de religions parlent de miséricorde de Dieu, qui d’autre sinon Jésus aura manifesté la sainteté de Dieu comme compassion ? Le choix des destinataires privilégiés n’est pas les justes et les purs comme prêchent les réformateurs. Ce sont par contre les impurs, les pécheurs et tous ceux qu’ont pas de considération sociale. « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais le pécheurs » (Luc 5,32). Je ne doute pas que tu te juges comme digne destinataire du message du Christ que véhicule l’Eglise catholique ! Quel intérêt y a-t-il de vouloir convertir un saint ? Ce message est beau, digne d’accueil en tant qu’il s’adresse aussi à qui désespère de la vie. Elle annonce l’amour d’un Père. Je pense qu’aucune autre religion ni philosophie n’a jamais osé une telle affirmation. As-tu jamais pensé à la beauté d’une prière qui nomme un Père commun à tous et qui, par conséquent, deviennent et doivent se sentir frères? J’ai pensé aux interjections de certaines langues et j’ai trouvé que la tendance naturelle de l’homme est d’être égoïste quand il invoque la divinité comme un apanage ( à moins que ce ne soit la profondeur de la relation fortement personnelle et personnalisée!) : mio Dio ! Mon Dieu ! Oh my God ! Mana yanje !… C’est juste la tendance contraire qui se trouve au début du « Pater Noster » ! Dans cette optique, la vie change de sens et de signe. Et c’est de ce dernier aspect que je vaux dire quelques mots.
La foi catholique se présente comme une réponse aux questions du sens de la vie de l’homme. Un élément commun à toi, ma tante, et à tous les hommes : quel sens a la vie de l’homme sur la terre ? Qu’est-ce que nous avons à faire ? Ceci s’accentue de plus quand nous trouvons confrontés à nos limites, et surtout à la situation limite de la mort. Alors chacun de nous se demande ce qu’aura été sa vie et ce qu’il en sera dans l’avenir. Des philosophes ont essayé d’y réfléchir, mais leur pensée a souvent débouché à l’impasse. Elle soulevé plus de questionnements que de réponses. Une chose est sûre ; nous cherchons tous la vérité, aimer et être aimé, la félicité mais tant d’obstacles s’interposent devant nous quand nous pensons avoir trouvé ce à quoi tend notre être. Tout ce à quoi on parvient (le succès, l’argent, etc.) ne nous comble jamais et se révèle en deçà de ce que nous désirons.
Depuis près de 2000 ans, un message se propage sur la terre : « aujourd’hui, sans la cité de David il vous est né un Sauveur. C’est le Messie, le Seigneur » (Luc 2, 11). Dès lors, Dieu n’est plus lointain, il a planté sa divine שכינה (shekinah = tente) au milieu de nous, il partage notre vie, il se déplace avec nous, parce le propre de la tente n’est pas de s’établir, mais de se mouvoir chaque fois que de besoin. Il n’existe pas alors une foi ou une philophie qui explique mieux que la foi chrétienne le sens de la vie de l’homme qui se met en relations avec le “TU” d’Amour qui se révèle ne Jesus-Christ. La foi catholique est alors la seule qui, même en montrant un “crucifié” solidaire aux crucifiés de la terre de tous genres, donne une espérance lumineuse à tous.
En concluant, je désire dire que le motif de crédibilité de la foi chrétienne est l’ensemble de tous ces motifs et beaucoup d’autres qui se renforcent mutuellement, convergeant vers un centre unificateur comme les piliers d’une pyramide: plus ils se renforcent en convergeant vers le même sommet, plus ils forment la pyramide , et chacun ne vaut pas seulement de par sa solidité, mais aussi parce qu’ensemble, ils forment le même édifice. Ainsi en est-ils des motifs de crédibilité en Jésus, fondement et terme de la foi chrétienne.
Je me permets d’espérer que notre conversation t’aidera, mais à voir l’intérêt que tu portes au sens de ta vie, toi qui n’es pas catholique, et surtout que tu acceptes de dialoguer avec moi, je ne doutes pas que tu la liras et reliras. Je souhaite qu’elle puisse révéiller en toi une ouverture plus grande à la vérité qui rend libre. J’attends des compléments, c’est sûr, pour que je puisse encore réfléchir sur le pourquoi de ma foi catholique. Le Seigneur aura accompli sa mission par moi, si cets lignes parviennent à créer, ne fût-ce qu’un questionnement, en toi qui es en train de me lire.
De grand cœur, je te bénis. Ton neveu.
RIYAZIMANA, Abbé Lambert.
IDOMINIKA YA 14 YO MU MWAKA
IGISOMWA CA MBERE
Ivyo dusoma mu gitabu c’Umuhanuzi Izaya : 66, 10-14a
Urweze rwo kuronka Umukiza.
Nimunezerwe hamwe na Yeruzalemu, tambe mutarike, mwebwe abayikunda mwese ; nimwigine hamwe na yo, mwebwe mwahora muyigandariye ! Kugira ngo muze mwonke muhage, muhozwe n’ibere ryayo, musoserwe n’ubuninahazwa bwayo.
Nkako, ng’iri iriyazwe n’Umukama : Nzoyironsa amahoro atemba nk’uruzi, iteka ryayo mu makungu ringane n’uruzi rwasheshe. Imicuko yayo izorerurwa, bazoyisimbagiza. Kurya umuvyeyi ahoza umwana wiwe, niko nanje nzobahoza, mugahozwa muri Yeruzalemu. Nimwabibona, agahimbare kanyu kazoba kose, umubiri wanyu uzototahara nk’ubwatsi buremvye. Umukama azokwimenyesha abasavyi biwe.
IZABURI 65 (66), 1-3a. 4-5. 6-7a. 16.20
ICIT : Bantu muri kw’isi yose, shimagize Imana.
Bantu muri kw’isi yose, shimagize Imana,
Muririmbire izina ryayo rininahaye,
Muhimbaze ishimagizwa ryayo !
Mubwire Imana muti : « Ibikorwa vyawe ni agahambaye !»
Abari kw’isi yose baricisha bugufi imbere yawe,
bakayaga, bakaririmba izina ryawe !
Nimuze, mwirabire ibikorwa vy’Imana,
ibitangaza yagiriye abantu ni agahambaye.
Yarahinduye ikiyaga ahumutse,
abantu barijabukiye uruzi, ibirenge bidakandagiye amazi.
Aho ni ho dukura akanyamuneza kacu,
kuko ategekana ububasha imyaka n’imyaka.
Abubaha Imana mwese,
nimuze mwumvirize ivyiza yangiriye.
Imana n’ishimagizwe, Yo itirengagije igisabisho canje,
ntinyime urukundo imfitiye.
IGISOMWA CA KABIRI
Ivyo dusoma mw’ibaruwa Umutumwa Paulo yandikiye Abagalati : 6, 14-18
Umusaraba wa Yezu ni wo umukristu yishimiriza
Ncuti zanje,
Ese icompa ntihagire ikindi kintuma nishimiriza, ndetse umusaraba w’Umukama wacu Yezu Kristu !
Kuri jewe, ni wo watumye ivy’isi bibambwa, nanje nkaba uwabambwe kuri ivyo. Na none, ukugenyerwa canke ukutagenyerwa nta kamaro ; igishemeye ni ukuba ikiremwa gishasha. Abazokurikira iryo teka bose, ndabipfurije amahoro n’ikigongwe, ndavyipfurije kandi Israeli y’Imana. Kuva ubu, ntihagire uwucirirwa arangora, kuko ntwara mu mubiri wanje inkovu za Yezu. Benewacu, muramane mu mutima wanyu inema y’Umukama wacu Yezu Kristu. Amen.
INKURU NZIZA
Alleluya, alleluya.
Amahoro ya Kristu n’ahangame mu mishaha yanyu, kandi mwamane ijambo ryiwe ribuzuzamwo ivyiza vyose !
Alleluya.
Ivyo dusoma mu Njili Nyeranda yanditswe na Luka : 10, 1-12. 17-20 (igisomwa kigufi: 10, 1-9)
Intumwa mirongo indwi na zibiri zija kubura urweze rw’Ubwami bw’Imana
Umunsi umwe,
Umukama yatoye abandi bigishwa mirongo indwi na babiri, arungika babiri babiri ngo bamutange imbere mu bisagara no mu bigwati vyose aho yagira ngo aje hose.
Arababwira ati : «Ivyimburwa ni vyinshi, yamara abakozi ni bake. Sabe rero nyen’umurima, arungike abakozi benshi mu murima wiwe. Gende, ndabarungitse nk’intama mu mfyisi. Ntimutware umufuko w’amahera canke isaho canke inkweto, no mu nzira ntihagire uwo muramutsa. Inzu yose muzokwinjiramwo, ubwa mbere muvuge muti : ‘Amahoro muri iyi nzu !’ Na ho nihaba hari umuntu akwiye amahoro, amahoro yanyu azomujako ; ahandi ho, azobagarukako. Iyo nzu nyene muze muyigumemwo, murya kandi munywa ivyo basanganywe, kuko umukozi aberwa n’impembo ; ntimute umuhana mutora uwundi. Ikigwati cose muzokwinjiramwo bakabakira, murarya ivyo babazimanye ; kandi muhakirize abarwaye, mubabwire muti : ‘Ubwami bw’Imana burabegereye.’
(Igisomwa kigufi giherera aha)
Na co ikigwati cose muzokwinjiramwo ntibabakire, muraca muhava, mugeze ku nama, muvuge muti : ‘N’uyo mukungugu twahanduye turawubakunkumuriyeko, ariko mubimenye : Ubwami bw’Imana bwashitse.’ Ndabibabwiye n’ukuri : umusi uri izina, Sodoma izogirirwa ikigongwe kuruta ico kigwati.»
Abigishwa mirongo indwi na babiri bagaruka banezerewe bati : « Mukama, n’amashetani twayirukanye kw’izina ryawe ! » Yezu arababwira ati : « Nabonye shetani ikoroka iva mu kirere nk’inkuba ! Raba, ndabahaye ubukuru bw’ukuzokandagira inzoka, utumina n’ububasha bwose bw’umwansi ; ntihagire n’ikibabera nabi. Ariko rero ntimikihaye ngo n’uko imitima yabagamburukiye: nimunezerwe nyabuna kuko izina ryanyu ryanditswe mw’ijuru. »
Courageux, patients et libres, cheminons avec Jésus.
Nous continuons à cheminer avec le Jésus de Luc qui nous conduit de la Galilée des nations à Jérusalem où s’accompliront les faits de notre rédemption et d’où partiront ceux qui en auront fait l’expérience pour l’annoncer au monde entier. Notre vie chrétienne est un cheminement avec Jésus, un cheminement qui ne manque pas de discipline que nous recevons du Maître qui nous appelle et nous confie une mission. Pendant une dizaine de chapitres que nous allons lire, apprêtons nos esprits, soyons sportifs pour ne pas nous scandaliser de la radicalité de l’enseignement du Christ qui nous demande de faire une grande et forte expérience de courage, ouverture et liberté. En effet, pour Jésus, il n’ y a ni disciple, ni entrée dans le royaume sans une expérience de liberté, si on n’est pas libre de l’opinion courante, si on n’est pas encore arrivé à prendre à contrepied ce que notre milieu trouve comme normal, excuse et comprend. Allons, partons, écoutons Jésus, mettons-nous en déplacement, non tant topographique, mais surtout spirituel.
Le courage du disciple : « j’ai rendu mon visage dur comme pierre… » (Isaïe 50,7)
Le passage de l’Evangile d’aujourd’hui commence à préciser que les temps sont accomplis. Rien de hasard. Jésus est conscient de ce qu’il attend à Jérusalem. C’est pourquoi « il prit avec courage la route de Jérusalem ». On n’a pas donc à être naïf, il faut prendre au sérieux notre cheminement. Le texte grec de Luc dit qu’ « il durcit son visage pour se diriger vers Jérusalem ». Devant ce danger, on n’a pas à « serrer les fesses » (avoir peur), mais « serrer les dents » (Kuryá umutíma amênyo, ni kó bavugá mu Kiruúndi), faire preuve de détermination. Être, chrétien, c’est aussi savoir prendre une grave décision pour la vie. Une invitation est faite a tous : regarder en face chacun ses difficultés, les combats qu’il a à mener, nos impasses « insurmontables » selon notre jugement… Pourquoi nous laisser aller ? Pourquoi vivre la loi du moindre effort ? Il faut par contre « durcir notre visage, serrer les dents, pour tenir coûte que coûte à la suite de notre Maître. Je dois être sûr : « le Seigneur est avec moi, je ne céderai pas car j’ai rendu mon visage dur comme pierre, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50,7). Sachant que toute vie, malgré les difficultés et les peurs, est une montée avec Jésus vers Jérusalem, tout s’illumine d’une lumière nouvelle. Il nous faut alors faire un autre pas.
Patience chrétienne, ouverture « catholique ».
On pourrait penser que les hostilités entre peuples ou les résistances à l’œuvre du salut sont modernes. Elles sont vieilles comme le monde. La Samarie qui se trouve entre la Galilée et Jérusalem sert d’occasion pour Jésus afin de donner une leçon sur la patience de Dieu et l’ouverture d’esprit. « …On refusa de le recevoir…veux-tu que nous ordonnions que le feu du ciel tombe pour les détruire ?» Nous savons que le temple des Samaritains construit sur le mont Garizim rivalisait avec celui de Jérusalem. Encore des rivalités au Nom de Dieu ! Jésus n’entre pas pourtant dans ces fanatismes. Nous le voyons respecter tous, donner les Samaritains en exemple: la Samaritaine de Jean 4, le bon Samaritain (Luc 10, 30), la reconnaissance du lépreux guéri (Luc 17, 16) etc. il nous faut alors un autre regard sur ceux qui ne pensent pas comme nous, non seulement en matière de foi, mais aussi dans la vie quotidienne. Notre époque a beau parler de tolérance politique, idéologique, mais oublie de donner l’exemple de celui qui l’a bien vécue plus que tous ceux qui en parlent : c’est Jésus.
Oui ! Les religions ont été souvent fanatiques (et ce n’est pas fini !), surtout celles qui se présentent comme une révélation d’un Dieu unique. C’est le cas des textes de l’Ancien testament. Aujourd’hui, Jésus nous nous enseigne à ne pas confondre la cause de Dieu avec la nôtre, ni avec les intérêts de notre communauté religieuse. C’est pourquoi, dans sa patience, il choisit de se replier, de partir pour un autre village. Il attend la disponibilité des hommes. La vérité de Dieu ne s’impose pas seulement comme une lumière éblouissante, mais aussi comme une étoile polaire.
Je me rappelle un épisode de 1995-6, dans une des Chapelles de Bujumbura. De « pieuses » femmes, celles qui ne manquent aucun chapelet du rosaire, dépassées par les violences qui ensanglantaient la ville, étaient en train de prier. Pendant la prière universelle, une d’elles formula cette prière : « Seigneur, ces jeunes « sans échec/sans défaite » (je me rappelle plus desquels elle a parlé) qui tuent les gens, pourquoi ne les extermines-tu pas ? Nous t’en prions Seigneur ». Le prêtre qui présidait la célébration se hâta à conclure, mais vous pouvez penser quelles furent les difficultés quant à la formulation de la collecte qui rassemblait des prières avec une telle intention ! Ne vous en faites pas ! La dame a dit haut ceux que nous pensions a voix basse : je n’accuse personne. Cela diffère-t-il de l’intention des fils du tonnerre ?
On n’a pas donc à nous demander pourquoi Dieu n’écrit pas visiblement son Nom dans le ciel pour que tous puissent le voir, il nous respecte. C’est le modèle de la patience chrétienne qui se manifeste en Jésus. Je m’interroge alors sur mes impatiences… devant mes propres péchés ou les offenses que j’encaisse…devant les lenteurs de la « bureaucratie ecclésiastique… On n’a pas à nous enfermer dans nos ghettos de pensées, en condamnant tous ceux qui ne pensent pas comme nous : ici je pense à mon pays, le Burundi, où certains vivent dans la crainte de mourir à cause de leurs idées. On soit se reconnaître catholique, ouverts à la diversité qui est une richesse. Avec ce pas nous pouvons alors suivre Jésus qui nous appelle.
La liberté du disciple.
Au moment où on refuse d’accueillir Jésus, en voici un qui se propose. On se surprend que Jésus n’accepte pas la proposition. Pourquoi ? La vocation est un oui à Jésus qui appelle, c’est un oui à cheminer avec Lui. L’appel vient de Dieu : «ce n’est pas vous qui m’avez pas choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis» (Jn 15,16). C’est l’expérience de la première lecture. Le Seigneur dit à Elie: «Tu oindras Élisée, fils de Chafat, comme prophète à ta place. » L’initiative appartient à Dieu et vient de Dieu, qui ne discute pas avec Elisée. « Le Seigneur ne va pas demander Elisée s’il en a l’envie ou pas: ne serait pas logique de le lui demander. Effectivement, l’interpellé peut accepter ou refuser. «Permets-moi d’abord… laisse-moi d’abord faire mes adieux… »
Ici on s’aperçoit de la radicalité de l’appel du Christ qui engage notre liberté. Jésus va jusqu’à dire que celui qui n’a pas découvert le règne de Dieu est un « mort ». Celui qui n’a pas le souci des choses de Dieu ne vit pas, au sens fort. Paroles dures. Révélation de la seule vraie vie, celle de Dieu, celle du Règne de Dieu.
Ce service du royaume exige donc des priorités même en face des demandes légitimes. Les demandes des deux derniers appelés sont « raisonnables » : ils ont fait un planning qui serait : d’abord mes affaires personnelles, ensuite les affaires de Dieu. Au seuil de cet été, Jésus me fait un clin d’œil sur mon emploi du temps. Quelle est mon échelle des valeurs ? Quelle est la hiérarchie de mes urgences ? Une chose est sûre : pour être libre et répondre à l’appel du Seigneur, il faut « laisser tomber les chaînes de nos anciens esclavages » (Gal 5,1). Mais alors, lesquels sont les miennes ?










