Suivre Jésus.
De Joannes Claudius. Nous sommes en train de méditer sur le passage de évangile qui nous parle de la profession de Foi de Pierre, et qui est aussi la profession de foi des autres disciples de Jésus. Et aujourd’hui, nous dirions que nous sommes en train de méditer sur la profession de notre foi, puisque, si je ne me trompe, nous avons la foi telle qu’elle nous a été transmise par les apôtres de Jésus et leurs successeurs.
Si nous nous arrêtons un peu sur ce dialogue de Jésus avec ses disciples, nous découvrons que premièrement il leur a demandé ce que disaient les autres à son sujet pour leur demander leur propre conviction après. C’est la même chose pour nous. Pour pouvoir professer notre foi en Jésus, nous devons avoir eu une expérience spirituelle de lui. Celle des autres nous aide en beaucoup de choses, mais elle ne suffit pas, elle doit être accompagnée par la nôtre. Quelquefois nous disons : « Le Pape, l’Evêque, le prêtre, le diacre, le catéchiste, le maitre à l’école, mon père, ma mère, mes amis, etc., m’ont dit ceci ou cela à propos de Jésus.» Tout cela est vrai, mais il faut aussi que chacun ait son expérience spirituelle de Jésus, dans sa propre situation où il est : dans ses faiblesses, dans ses maladies, dans sa situation familiale, à l’école, au travail, dans les événements divers de notre vie, n’importe où, savoir reconnaitre la présence de Jésus. Nous devons aussi expérimenter Jésus dans notre prière quotidienne qu’il nous faut programmer et faire. Nous devons encore avoir l’expérience spirituelle de Jésus dans les personnes avec qui nous nous rencontrons et que nous devons aimer. Nous devons enfin avoir l’expérience spirituelle de Jésus dans la Parole de Dieu que nous devons lire chaque jour et méditer, parce que comme l’a dit Saint Jérôme, « Ignorer l’Ecriture, c’est ignorer le Christ. » Ainsi, à la question « Et vous, qui dites-vous que je suis ? », chacun donnera une réponse satisfaisante.
Après que Pierre eut donné la réponse en disant que Jésus est le Messie de Dieu, celui-ci leur demanda de ne le dire à personne, non parce qu’il ne voulait pas que cela soit connu, mais parce que le peuple qui voulait un Messie qui le libère du pouvoir colonisateur des Romains n’était pas à mesure de le reconnaitre tel qu’il se présentait à lui dans l’humilité. Il s’est mis plutôt à leur parler de sa passion qui le conduirait à la glorification.
Nous aussi, nous sommes tentés d’être comme ce peuple-là : croire en Jésus avec qui il n’y a jamais de douleur, de sacrifice, de difficultés. Un Jésus comme ça serait un « faux Jésus », et un chrétien sans esprit de sacrifice mu par l’amour n’existe pas. La croix de chaque jour qu’il faut porter, ce sont les fatigues, les douleurs et les peines que nous sommes invités à supporter en donnant notre vie à Dieu et aux autres : l’amour implique des renoncements.
Prions donc notre Dieu, pour qu’à nous aussi, il donne cet esprit d’amour et de confiance qu’il avait promis à la maison de David, comme nous il est dit dans la première lecture.
IDOMINIKA YA 12 YO MU MWAKA
IGISOMWA CA MBERE
Ivyo dusoma mu gitabu c’Umuhanuzi Zakariya (12, 10-11. 13, 1)
(Bazokwihweza uwo basogose)
Ng’iri ijambo Umukama avumereye :
Abo mu muryango wa Dawudi n’abo muri Yeruzalemu nzobaronsa umutima mwiza. Bazoheza bihweze uwo basogose ; bazomuririra nk’abaririra umwana w’ikinege, babogoza nk’abaririra umwana w’imfura. Muri ico gihe, i Yeruzalemu hazokwaduka induru n’iminiho, nka kumwe yari i Hadadi-Rimoni, mu kiyaya ca Megido. Kuri urya munsi, isoko ry’mazi rizodudubiriza abo mu muryango wa Dawudi n’abo muri Yeruzalemu, ngo ribakize igicumuro cose n’iceyi cose.
IZABURI 62(63), 2abcd. 2e-4. 5-6. 8-9
ICIT : Umutima wanje urakunyotewe, Mukama, Mana mfise.
Mana, ni Wewe Mana yanje,
Mpora ndondera kuva mu gitondo ca kare ;
umutima wanje urakunyotewe.
Nanje ndakwipfuza,
muri iyi si yase imigaga itagira n’ikinyotera.
Niko, narakubonye mu ngoro yawe,
ndihweza ububasha n’ubuninahazwa bwawe ;
niho urukundo rwawe rwandutira amagara,
ngashobora kugushimagiza!
Niko, nzoguma nguhezagira umwanya nkiriho,
nzokwayira iminwe izina ryawe ;
niho nzohimba nk’uwagaburiwe imisoso n’ibinure,
nzoguhaya mpimbarwe n’ukuguhoza mu kanwa.
Nkako, waje kuntabara :
nanje nakuvugirije impundu ndi mu mutamana wawe!
Umutima wanje wose uraguhurumbira,
ukuryo kwawe ni kwo kunshigikiye.
IGISOMWA CA KABIRI
Ivyo dusoma mw’ibaruwa Umutumwa Paulo yandikiye Abagalati (3, 26-29)
(Ko mwabatijwe muri Kristu, mwambaye Kristu)
Ncuti zanje,
Mwese muri abana b’Imana kubera ukwemera mufise muri Kristu Yezu. Mwese, ko mwabatijwe muri Kristu , mwambaye Kristu ; nta Muyahudi canke Umugreki, nta mushumba canke uwidegemvya, nta mugabo canke umugore bakiriho, kuko mwese muri umwe muri Kristu Yezu. Nimwaba muri aba-Kristu, muri uruvyaro rwa Ibrahimu, n’umuhango Imana yamwemereye nimwe mwawurazwe.
INKURU NZIZA
Alleluya, alleluya
Umukama yavuze ati : “Intama zanje zirumviriza ijwi ryanje, kandi ndazizi na zo zikankurikira.”
Alleluya.
Ivyo dusoma mu Njili Nyeranda yanditswe na Luka (9, 18-24)
(Petero yerekana ukwemera kwiwe)
Umunsi umwe, Yezu yariko arasengera ahiherereye, abigishwa biwe na bo bari kumwe. Araheza arababaza ati : “Mwumva abantu bavuga ngo ndi nde ?” Baramwishura bati : “Bamwe bavuga ngo uri Yohani Batista, abandi ngo uri Eliya, abandi ngo uri umuhanuzi yazutse muri bamwe ba kera.” Yezu araheza arababaza ati : “Mweho, muvuga ngo ndi nde ?” Petero, aba ari we avuga, yishura ati : “Uri Kristu w’Imana.”
Araheza arabihanikiriza ashimitse ngo ntihagire uwo babibwira, ati : “Umwana w’umuntu abwirizwa kubabara menshi, agacibwa n’abashingantahe n’abasaserdoti n’abanditsi, akicwa, hanyuma akazuka ku munsi ugira gatatu.”
Hanyuma bose ababwira ati : “Uwushaka kungendanira niyihebe we nyene, yikorere umusaraba wiwe w’iminsi yose, ankwirikire. Nkako, uwuzoshaka kurokora ubuzima bwiwe azobubura, na we uwuzobuheba kubwanje azoburokora.”
« à l’Amour gratuit de Dieu, on répond par l’amour »
“ Celui à qui il a remis davantage l’aimera le plus. »
Il me semble que le thème de l’amour comme réponse à l’amour de Dieu traverse les trois lectures que nous méditons en ce dimanche, en particulier la première et la troisième. Ce qui n’est pas peut-être évident, c’est qu’on ne sait pas si c’est notre amour envers le Seigneur qui attire sa compassion et sa miséricorde envers nous, ou bien s’il n’est qu’une réponse au pardon reçu. En effet, les deux visions sont touts présentes. Par exemple il est dit : si ses nombreux péchés sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour ». Où devons-nous alors nos situer ? C’est sûr, du côté de la gratuité de l’amour de Dieu qui fait toujours le premier pas et auquel on ne peut que répondre par l’action de grâce, par exemple, en célébrant ou en participant à la messe qui est EUCHARISTIE : action de grâce. Dès lors, on comprend que notre participation à la prière n’est pas en premier lieu un marchandage pour recevoir des grâces divines.
Arrêtons-nous un peu sur le comportement de cette femme. Que fait-elle ? Pour des personnes qui serait mal intentionnées, elle fait des gestes qu’elle a toujours fait avec ses « clients » (je me l’imagine !) et les pharisiens le remarquent et s’en indignent. Ne veut-elle pas séduire aussi ce Maître qui a eu sa renommée dans la région ?
Ou bien, pour une autre vision moins négative, mais également erronée, n’est-elle pas en train de poser de grands gestes d’amour pour gagner la miséricorde et le pardon de ses péchés ? En effet, sa vie de prostituée est comparable à cela : elle manifeste des gestes d’un amour (qui n’en est pas un !!!) pour gagner quelque chose de la part de celui qui la visite. A la fin, elle le répète pour les autres en cherchant de toujours perfectionner ses gestes afin d’être la plus visitée. En cela, nous pouvons nous aussi concevoir nos actes de prière et de dévotion comme un certain marchandage : Seigneur, tu vois toi-même comment je me fais « violence pour t’aimer : tu ne peux que me combler ! Quel est le sens de notre prière ? notre dévotion ? nos actes de charité ? Ne pensons-nous pas en retirer en échange de la grâce divine ? Si cela n’est pas mauvais, je considère que c’est un peu à côté.
Quel doit être notre attitude ? En visitant la première lecture et surtout en continuant à lire la suite de ce que présente le lectionnaire, nous nous rendons compte que David pose des gestes de pénitences pour s’attirer le pardon de Dieu. Mais hélas, bien que David ne meure pas, le fruit de son union avec la femme d’Urie ne peut pas ne pas mourir. J’ose imaginer que c’est parce qu’il n’est pas le fruit d’un amour vrai avec la femme. Après la mort du soldat, David continuera à avoir des relations avec la femme et de cela naîtra Salomon, dont la descendance nous donne le Messie.
De ce point, je retourne vers le comportement de la femme pour tirer la conclusion suivante : la femme, parce qu’elle est pardonnée, doit abandonner ce qui meut ses gestes pour en donner une nouvelle orientation. Je m’imagine alors que ses gestes ne sont plus, dans leur « essence », ce qu’elle faisait pour ces amants. Ceux qui le voient de l’extérieur pensent encore à son passé. David ne s’approche plus de Bethsabée comme il l’avait fait : ainsi, le fruit de leur union peut demeurer et en porter davantage à son tour. La femme de l’Evangile en portera assez parce qu’elle aura été une occasion offerte à Jésus pour donner sa catéchèse. La femme adultère, parce qu’elle se sent déjà soulagée et guérie, elle peut tout faire pour remercier, allant même à se passer des qu’en-dira-t-on si je me permets de tels gestes au milieu de tous les commensaux. Elle peut aller à contre-courant parce qu’elle mue de l’intérieur par le pardon et la miséricorde de Dieu. On retrouve le cercle fermé (pour ne pas dire « vicieux ») de cette dynamique :
– L’amour est la conséquence du pardon : plus on est pardonné, plus on est porté à aimer.
– L’amour est la cause du pardon : « ses péchés sont pardonnés à cause de son grand amour ».
Comme conséquence pratique de vie chrétienne, nous sommes appelés à changer de vision pour nos actes extérieurs qui manifestent ou voilent notre intériorité. Ce n’est pas d’abord ce que je fais qui me mérite le pardon, mais la gratuité de la miséricorde de Dieu. Pourtant, cela ne peut pas me laisser indifférent. Je me sens dans l’obligation d’y répondre par un grand amour, qui n’a même pas peur d’aller à contre-courant pour manifester combien je suis aimé. La logique change de l’intérieur, quand bien même cela n’ serait pas perceptible pour qui me « juge » de l’extérieur.
Ceci doit et peut alors transformer, dans le sacrement de la réconciliation, la valeur que je donne à la pénitence. Est-ce en premier un acte de remerciement (non seulement de réparation !) à la gratuité du pardon reçu ?
Saint Augustin dit : « La confession des péchés n’est chrétienne que si elle s’inscrit dans une confession de louange ». Confesser ses péchés, c’est confesser d’abord l’amour de Dieu pour nous.








