Il est facile que nous nous faisions une image de Dieu selon nos schèmes mentaux et moraux. Dieu est heureusement plus grand et plus bon plus que nous ne pouvons penser et imaginer. Ou bien, notre relation avec lui est fondée sur l’amour filial, ou il est faux ! La parole de Dieu nous met en crise par rapport à notre mode de penser et nous demande de nous réjouir puisque Dieu veut donner et donne la vie à tout le monde, gratuitement. C’est ce que chante le psalmiste qui invite à la joie devant l’amour et la tendresse de Dieu pour toutes ses créatures. Sans cette conversion (qui est une urgence), nous ne saurons pas accueillir cette vie qu’il nous donne en abondance, malgré nos infidélités et inconstances.
La prophétie de la première lecture oppose les pensées et les chemins des hommes, marqués par le péché, aux pensées et aux chemins de Dieu, qui ont pour noms tendresse et pardon. L’antinomie serait insurmontable si l’homme n’était appelé à la conversion. Changer de mentalité, tel est aussi l’enjeu de la parabole des ouvriers de la onzième heure. Parce Dieu est Père, sa qualité essentielle n’est pas l’exactitude comptable mais la bonté. Celle-ci n’offense pas la justice, puisque le maître respecte le contrat d’embauche. Mais la «justice» de Dieu n’est pas la simple réplique de ce que les hommes mettent sous ce mot. De la première à la onzième heure, Dieu envoie dans sa vigne tous ceux qui se présentent tout simplement parce qu’il les aime comme ses enfants.
Le projet de Dieu et les chemins par lesquels il y aboutit sont bien déconcertants. Ainsi (suite…)


Aux yeux du sage qui s’exprime dans la première lecture, il existe un lien étroit entre le pardon humain et le pardon divin : «Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? » Cette logique, Jésus la prend pleinement à son compte dans l’évangile de Matthieu. Alors que Pierre pensait faire preuve d’une grande magnanimité en évoquant un pardon renouvelé sept fois, Jésus demande à ses disciples la démesure et l’excès. Pourquoi ? Parce que telle est l’attitude de Dieu envers nous. La parabole du serviteur impitoyable est un commentaire dramatique de la demande du Notre Père : «Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à son débiteurs. » Je ne puis invoquer le pardon de Dieu si je poursuis mon frère de ma vindicte.




