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La Croix du Christ : don de soi et fondement d’une communauté de vie nouvelle et de service fraternel

Chers frères et sœurs,
En ce Vendredi Saint, le silence de nos églises s’unit au silence du Calvaire. Nous sommes rassemblés en ce jour non pas pour célébrer des funérailles, mais pour contempler le mystère d’un amour qui va jusqu’au bout.

Le Prêtre et la Victime

Les lectures de ce jour nous révèlent l’identité profonde de celui qui meurt sur la Croix. Il est :
– Le Serviteur Souffrant : Isaïe nous a dépeint ce « Christ avant le Christ », cet homme de douleurs qui porte nos maladies. La doctrine de la substitution vicaire est ici centrale : il n’est pas puni pour ses fautes, mais il prend sur lui le poids de nos propres égarements.
– Le Grand Prêtre : La lettre aux Hébreux nous rassure : Jésus n’est pas un Dieu distant. Il est le Grand Prêtre qui a partagé et partage nos faiblesses. Sa mort n’est pas un échec, mais l’acte sacerdotal ultime où le prêtre et la victime ne font qu’un pour sceller une alliance éternelle.

La Victoire dans l’Abaissement

Dans l’Évangile de Jean, la Passion n’est pas une défaite. Remarquez que Jésus avance librement : « C’est moi », dit-il au jardin des Oliviers. Nourrissons notre vie spirituelle en contemplant:

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« Si quelqu’un n’a pas de pitié pour son semblable, comment peut-il supplier Dieu pour ses propres fautes ? » (Ben Sirac le Sage).

IMG_8098Aux yeux du sage qui s’exprime dans la première lecture, il existe un lien étroit entre le pardon humain et le pardon divin : «Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? » Cette logique, Jésus la prend pleinement à son compte dans l’évangile de Matthieu. Alors que Pierre pensait faire preuve d’une grande magnanimité en évoquant un pardon renouvelé sept fois, Jésus demande à ses disciples la démesure et l’excès. Pourquoi ? Parce que telle est l’attitude de Dieu envers nous. La parabole du serviteur impitoyable est un commentaire dramatique de la demande du Notre Père : «Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à son débiteurs. » Je ne puis invoquer le pardon de Dieu si je poursuis mon frère de ma vindicte.

Dans la première lecture, Ben Sirac le Sage insiste sur le fait que la norme de la conduite humaine c’est d’abord jugement de Dieu : l’homme sera jugé avec la mesure qu’il aura utilisée pour ses frères. S’il se venge, s’il entretient sa rancune, s’il n’a pas de pitié, comment peut-il espérer le pardon et la guérison de ses fautes ? Mais la norme de la conduite du peuple élu est surtout l’Alliance du Seigneur. Parce qu’il a choisi Israël pour son peuple, qu’il lui a commandé de vivre dans l’amour fraternel, (suite…)

Les chrétiens vivent la conversion, le pardon et la miséricorde de Dieu dans la joie et la fête.

le_retour_du_fils_prodigue«Heureux l’homme qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs » : tels sont les mots du Psaume 1, dès le 1er verset. Mais voici que Jésus suscite l’indignation des « justes », c’est-à-dire les scribes et les pharisiens, puisqu’il accueille et visite tout le monde, comme je le soulignais dans les méditations antérieures. Que ce Dieu est déconcertant dans sa « conduite » avec les pécheurs ! C’était scandaleux voir un Maître comme Jésus manger avec les pécheurs (c’est-à-dire les gens d’une morale peu correcte publiquement) et les publicains (les gens d’une conduite condamnable au niveau sociopolitique). On retenait que les publicains et les pécheurs ne méritaient pas seulement le châtiment de Dieu, mais aussi devaient être isolés des « bons » afin qu’ils ne s’assoient pas ensemble comme on le dit le Psaume 1.

Malheureusement, nous continuons à mettre les gens en des groupes de « bons » (généralement les nôtres) et des « mauvais » (c’est-à-dire les autres, individuellement ou socio-politiquement). On pourrait se représenter la scène des scribes qui sont préoccupés, en se disant les uns aux autres : où irons-nous finir avec ce Maître qui accueille les pécheurs et mange avec eux ? Sûrement que Jean Baptiste n’aurait pas été pareil ! etc. Et c’est vrai ! Jean avait parlé d’un Messie qui (suite…)