Accueil » Articles publiés par Patiri Lambert (Page 198)
Archives d’Auteur: Patiri Lambert
Communiqué de la C.E.CA.B concernant la période actuelle pré-électorale.
CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI
Secrétariat Général
COMMUNIQUE DE LA CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI CONCERNANT LA PERIODE ACTUELLE DE PREPARATION DES ELECTIONS DE 2015
Frères et sœurs dans la foi, Chers Burundais et Burundaises,
La Paix du Christ soit avec vous !
1. Les temps que nous traversons sont graves et leur gestion demande de la sagesse. Peu de jours nous séparent du premier rendez-vous électoral. Or, les élections constituent un moment important dans la vie d’une nation qui est entrée dans un système démocratique. Nous nous trouvons aussi dans une période où les jeunes qui fréquentent les écoles s’apprêtent à conclure l’année scolaire, période pendant laquelle certaines classes font passer le concours national permettant aux lauréats d’avoir accès aux paliers supérieurs de l’école secondaire et de l’université.
2. Nous, Évêques de l’Eglise catholique, venions de livrer un Message invitant les gens à préparer les élections avec le souci de promouvoir la paix et la réconciliation. Au fait, quand nous recommandions que la « Constitution que nous avons soit interprétée selon l’esprit de l’Accord d’Arusha dont elle est l’émanation », notre souhait n’était que celui de voir notre pays aller dans les élections en étant dans la paix et de les conclure toutes sans dévier de la bonne voie qu’il avait retrouvée, de se respecter mutuellement dans la diversité, de partager le pouvoir et le bien commun sans exclusion. C’est cela qui aurait pu nous aider à faire un nouveau pas dans ce processus de paix et de réconciliation initié avec l’Accord d’Arusha, processus dont les assises sont le partage du pouvoir et du bien commun, la mise sur pied des institutions de la justice et de la sécurité dans lesquelles toutes les composantes de la société se retrouvent ensemble et en qui les gens ont confiance, ainsi que les institutions capables d’aider notre pays à se développer.
3. Mais voilà, depuis que le parti au pouvoir a désigné l’actuel Président de la République pour qu’il soit son candidat à la présidence, ceux qui avaient menacé qu’ils combattraient à travers des manifestations de la rue ce troisième mandat qui viole l’Accord d’Arusha et la Constitution de la République, se sont mis à manifester dans les rues. Ainsi, nous nous trouvons dans un climat de tensions, surtout dans la ville de Bujumbura où dans ces manifestations qui opposent les manifestants et les agents de sécurité, il y a déjà des prisonniers, pas mal de blessés et même des morts. Ce climat de tensions fait aussi que certains services à Bujumbura ne fonctionnent pas et que les écoles sont fermées. Bien plus, il y a pas mal de gens qui ont fui leur pays pendant que d’autres ne dorment plus dans leurs maisons par peur d’être tués. En outre, quand on échange avec les gens, on se rend compte que beaucoup d’entre eux ont peur d’une guerre ouverte qui peut éclater à tout moment. C’est d’ailleurs cette peur-panique qui fait que certaines gens continuent à fuir le pays, tandis que les élèves vident leurs internats pour aller se réfugier dans leurs
familles.
4. Aucune personne sérieuse qui aime son pays, surtout s’il s’agit d’un dirigeant ou d’un politicien ne devrait prendre à la légère cette situation ou rester indifférente. Nous, Evêques de l’Eglise catholique, dans des moments comme ceux-ci, même si certains ont du mal à accepter nos conseils, certains même dans leur lutte politique allant jusqu’à nous confondre avec leurs adversaires politiques, nous sentons comme taraudés par cette invitation que Dieu faisait au prophète Ezéchiel en disant: Fils d’homme, va aux gens de mon peuple, « qu’ils t’écoutent ou qu’ils n’écoutent pas (…), ils sauront qu’ils ont un prophète parmi eux » (Ez.2,5). En prodiguant nos conseils, nous ne tenons pas en considération qu’il s’agit des gens du pouvoir ou de l’opposition, notre premier souci est plutôt de dire la vérité qui pourrait sauver le pays et ses habitants, en mettant en avant la sauvegarde du bien commun, en nous appuyant sur notre foi et la riche doctrine sociale que possède notre Eglise, car notre Eglise catholique en a une. C’est dans ce contexte que nous voulons aujourd’hui aussi donner nos conseils en partant de la situation actuelle.
5. Nous recommandons vivement à tout le monde la voie des élections, pour que le pays ne manque pas d’institutions élues par le peuple et qui jouissent de la confiance du peuple. Que tous ceux qui sont chargés de cette responsabilité fassent tout pour que les élections aient lieu en toute sécurité, en toute liberté de mouvement pour les candidats et les électeurs, dans une compétition donnant aux candidats les mêmes chances de présenter leurs projets de société et de faire leur propagande en toute quiétude. pour ce faire, que les responsables de sécurité fassent tout pour ramener la sécurité partout, afin que les réfugiés rassurés, reviennent chez eux, que les services reprennent tout normalement, que les élèves et étudiants retournent dans leurs écoles, que la rumeur faisant état d’une distribution des armes aux jeunes affiliés aux partis soit vérifiée et si elle est avérée, qu’il y ait un désarmement systématique et non sélectif, afin de créer des conditions pour des élections où on élit un candidat par choix de programme et non par intimidation des armes.
6. Renouons avec la voie du dialogue et de la concertation et renonçons à ces voies de confrontation et des violences dans lesquelles règne la raison du plus fort. La voie qui, jusqu’à présent, a été bénéfique pour nous, c’est celle où les gens en conflits se mettent autour d’une table pour un dialogue et une concertation. C’est cette voie qui a été empruntée pour atteindre l’Accord de paix d’Arusha. Et grâce à cet Accord, nous venons de passer dix bonnes années en étant dans un bon processus de paix et de réconciliation. Nous nous réjouissons que les dirigeants actuels de notre pays réaffirment toujours privilégier cette voie du dialogue et de ta concertation. Dans un passe récent, nous sommes témoins que c’est par cette voie qu’on a pu arriver à la Loi Électorale de consensus et à la Feuille de route des politiciens. Suivant la sagesse de nos ancêtres, il ne faut pas hésiter à emprunter une voie qui mène à bon port. Ainsi donc, au lieu de rester dans ce chemin de confrontation qui occasionne même des pertes en vies humaines, que nos dirigeants et tous les protagonistes prennent résolument ce chemin du dialogue et de la concertation.
7. Nous demandons aussi aux dirigeants et à ceux qui veulent conquérir le pouvoir, de se comporter en Burundais dignes de ce nom et qui aiment leur patrie. Gouverner est une grande mission de servir tout le monde, Cette mission leur demande de ne pas chercher seulement leurs intérêts personnels ou sectaires. Celui qui veut bien gouverner accepte d’être comme le père de toute la nation. Or un bon père est celui qui peut même renoncer à son droit lorsqu’il voit que c’est cela qui constitue le salut de sa famille. Peut-on imaginer un père qui aime sa propre famille et qui ose mettre en avant ses propres intérêts personnels en mettant en péril sa famille ? La mission d’un politicien est une mission noble, une mission d’un père, qui exige un don de soi et un service pour tous sans se limiter seulement à ses partisans parce qu’on est responsable de tous. Et d’ailleurs, à cause de leur mission, les politiciens devraient se démarquer par leur langage digne de respect et d’honneur. Si cela leur est requis de façon ordinaire, cela leur est encore plus exigé surtout pendant la période de propagande électorale, en évitant tout langage déplacé et injurieux, dénigrant ou divisionniste.
8. Les médias jouent un rôle important dans le renforcement de la démocratie. Plus ils sont nombreux, plus ils donnent aux citoyens l’occasion d’exprimer leurs opinions et d’être informés sur ce qui se passe dans le monde. Et dans le processus électoral en particulier, les citoyens sont informés sur les programmes politiques de tous pour qu’ils puissent faire un bon choix. ll est donc juste que les médias gardent leur liberté de travailler, dans le respect des lois qui les régissent et de la ligne éditoriale que chacun d’eux s’est engagé à suivre. Si un medium est fermé, ce sont les citoyens qui en sont victimes et cela ouvre la voie à la prolifération des rumeurs.
9. Nous voudrions également prodiguer des conseils d’une manière particulière à nos jeunes. Rappelez-vous que vous êtes en train de préparer votre avenir, gardez-vous d’être manipulés par ceux qui voudraient vous entraîner dans des voies injustes ou des voies qui vous empêcheraient d’avoir un bon départ qui prépare pour vous un bon avenir. N’abandonnez pas l’école ou ne vous absentez pas aux cours qui vous conduisent vers la science qui vous donne accès de concourir avec les autres pour des places vous permettant d’avancer dans diverses voies de la vie. A ceux qui sont affiliés aux partis politiques, sachez que, si vous n’évitez pas de commettre des forfaits malgré ceux qui vous soutiennent, vous y répondrez un jour. Soyez donc sages, recevez ces conseils que nous vous donnons ainsi que tous les autres conseils que vous recevez de la part de ceux qui vous aiment et qui vous souhaitent du bien.
10. S’agissant de vos études, en particulier pour ce qui est de la date de la passation du concours national permettant certains d’entre vous d’avoir accès à l’école secondaire, notre supplication aux autorités compétentes est que, dans la mesure du possible, cette date soit reportée à plus tard, car, nous serions peinés de voir qu’un tel examen soit fait au moment où beaucoup de réfugiés sont en dehors du pays, la plupart des enfants à Bujumbura n’étant plus à l’école, et au moment où certains à l’intérieur du pays vivent dans un climat de peur.
11. Quant aux fidèles chrétiens avec qui nous sommes en communion dans la foi, nous ne voudrions pas conclure ce communiqué sans vous inviter encore une fois à continuer à prier Jésus Christ Roi de la paix pour qu’Il accorde la paix à notre pays. Vous savez que nous sommes dans le mois de mai dédié à la Vierge Marie. Au-dessus de tout, demandons-lui d’intercéder pour nous auprès de son Fils pour qu’ll nous accorde une paix durable.
Fait à Bujumbura, le 05 Mai 2015
Signé / Vos Evêques.
NB: Texte original en Kirundi. Ici: Traduction officielle.
IDOMINIKA YA 5 YA PASIKA (Umwâka B)
IGISOMWA CA MBERE
Ivyo dusoma mu gitabu c’Ibikorwa vy’Abatumwa (9, 26-31)
Pawulo aba icabona ca Kristu nk’Abatumwa
Amaze guhinduka, Pawulo agenda i Yeruzalemu ; akama ashaka kumenyana n’abigishwa, mugabo bose bakamutinya kuko batari bwemere ko yabaye umwigishwa. Baranaba araheza amujana kumwereka abatumwa, arababwira ukuntu Sawuli yabonye Umukama mu nzira, n’ukuntu yigishije izina rya Yezu i Damasi, ata makenga. Kuva ico gihe Sawuli yagendana n’abatumwa i Yeruzalemu, yigisha izina rya Yezu ata makenga. Ni ho yaganira n’Abagereki bari i Yeruzalemu abahaririza, mugabo bashaka kumwica. Abagenzi biwe babimenye, bamujana i Sezareya baca bamurungika i Tarsi. Ekleziya yari itekanye hose mu Buyuda, mu Bugalile no muri Samariya, irakura igenzwa n’icubahiro ifitiye Umukama, kandi yari yuzuye uruhoza rwa Mutima Mweranda.
IZABURI 21 (22), 26b-27. 28. 30. 31-32
Icit : Ndagushemeza, Mukama, hagati y’ikoraniro.
Canke : Alleluya.
Nzorangura indagano zanje imbere y’abamwubaha,
aboro bazorya bahage ;
abarondera Umukama bazomuyaga :
« Ganza, sabwa mu myaka yose ! »
Intara zose zizokwikugura Umukama, zimugarukeko,
imiryango yose y’ibihugu izomupfukamira.
Abagaba isi na bo nyene bazomupfukamira,
Imana izopfukamirwa n’abakuru n’abato.
Umuryango wanje uzoyiyagira urwaruka,
uzoyaga ubutungane bwiwe,
ubumenyeshe intara zo hanyuma uti :
« Raba ivyiza Umukama yagize. »
IGISOMWA CA KABIRI
Ivyo dusoma mw’Ikete rya mbere ry’Umutumwa Yohani (3, 18-24)
Nidukundane mu bikorwa no mu kuri
Bane banje,
Ntidukundane mu majambo no ku rurimi, ariko nidukundane mu bikorwa no mu kuri. Ng’iki ikizotumenyesha ko turi ab’ukuri, tukarimbura umutima wacu imbere yayo. Umutima wacu niwatwagiriza ni uko Imana iruta umutima wacu kandi ikamenya vyose. Bakunzi banje, umutima wacu n’utatwagiriza, turizerana umwidegemvyo imbere y’Imana, kandi ico dusaba cose turagihabwa na yo, kuko tuzigama amabwirizwa yayo tugakora ibiyinezereza mu maso yayo. Kandi ng’iri ibwirizwa ryayo : ni uko twokemera izina ry’Umwana wayo Yezu Kristu, kandi tugakundana nk’uko yabiduhayeko ibwirizwa. Uwuzigama amabwirizwa yayo aguma mu Mana, Imana ikaguma muri we ; kandi ikitumenyesha ko iguma muri twebwe ni wa Mutima Imana yaduhaye.
INKURU NZIZA
Alleluya, alleluya.
Umukama yavuze ati : « Nimugume muri jewe,
nk’uko nanje nguma muri mwebwe.
Uwugumye muri jewe ni we yama vyinshi. »
Alleluia.
Ivyo dusoma mu Nkuru Nziza ya Yezu Kristu nk’uko yashikirijwe na Yohani (15, 1-8)
Uwuri muri jewe nanje nkaba muri we ni we yama vyinshi
Mu gihe yari mu kuva kuri iyi si ngo asubire kwa Se wiwe, Yezu yabariye abigishwa biwe ati : « Jewe ndi umuzabibu nyawo, na we Data ni nyenumuzabibu. Ishami ryose riri muri jewe ritama, ararica, nayo ishami ryose ryama ararituturira kugira ngo ryame ukuruta. Muramaze gutyororwa kubera ijambo nababwiye. Nimugume muri jewe, nanje nzoguma muri mwebwe. Kurya ishami ritama ritagumye ku muzabibu, ni ko namwe mudashobora kwama mutagumye muri jewe. Jewe ndi umuzabibu, namwe muri amashami, uwugumye muri jewe, nanje nkamugumamwo, ni we yama vyinshi, kuko tutari kumwe ataco mwokwishoboza. Uwutagumye muri jewe atabwa hanze nk’ishami, akuma ; na yo amashami yumye, barayaca bakayata mu muriro, agasha. Nimwaguma muri jewe na yo amajambo yanje akaguma muri mwebwe, muzosaba ico mushaka mukironke. Ikininahaza Dawe ni uko mwokwama vyinshi ; ni ho rero muzoba abigishwa banje. »
Prions le Bon Pasteur pour qu’il envoie, dans sa moisson, des ouvriers selon son cœur.
Quand architecte donne l’ordre de mettre telle pierre/brique dans l’angle, c’est par qu’il bien l’idée du projet dont il est le concepteur. Dans l’entreprise du salut qui a été conçu par Dieu (la Sainte-Trinité), il a mis le Christ comme pierre angulaire. En même temps, il pense à chacun de nous comme pierre vivante pour compléter ce grand projet. C’est pour cela que chacun de nous est UNE VOCATION, chacun de nous a UNE VOCATION. En d’autres mots, Dieu appelle chacun de nous à occuper son poste et son rôle dans le grand chantier de sauver l’humanité. Dans l’Eglise, les appels sont multiples comme le sont les places occupées par chacune des éléments d’une construction. Tous, nous avons le devoir de sauver ceux que nous rencontrons sur notre chemin, comme le dit Saint Pierre dans la première lecture. Nous sommes envoyés à nos frères et sœurs malades, puisque nous formons une même familles : « nous sommes enfants de Dieu », enfants du même Père, membre d’une même famille.
Ce quatrième dimanche de Pâque, dont la liturgie nous présente la parabole du Christ Bon Berger, est traditionnellement choisi comme Journée mondiale de prière pour les vocations. Nous le savons hélas trop bien : depuis quelques années le nombre des candidats au sacerdoce et à la vie consacrée est en chute libre dans certains pays. Que se passe-t-il ? Le Seigneur cesserait-il d’appeler des jeunes à travailler dans sa vigne ? Ne serait-ce pas plutôt nous qui sommes devenus sourds à ses appels ? Je dis « nous » bien que l’appel soit bien sûr personnel ; mais pour que le dialogue entre Dieu et son élu puisse s’instaurer, un ensemble de conditions sont requises, qui impliquent la famille, la paroisse, l’école, bref : l’entourage chrétien du jeune que Dieu a choisi. Il est clair que l’appel du Seigneur passe par des médiations ; ou même s’il résonne directement au cœur de l’intéressé, celui-ci a besoin du discernement, du soutien, de la confirmation de son entourage. Or si les proches ne croient plus à la grandeur de la vocation sacerdotale, s’ils ne sont plus convaincus de la grâce extraordinaire qu’elle représente, si leur attitude ou leurs paroles sont plutôt dissuasives, il y a beaucoup à parier que l’appel n’aboutira pas et que la vocation sera avortée.
Chaque vocation au sacerdoce et à la vie consacrée est enfantée par l’Eglise toute entière ; en premier lieu par l’Eglise domestique où le candidat a grandi, et l’Eglise locale où il a reçu les sacrements d’initiation chrétienne. Or tout enfantement est source de souffrances : «Pour faire un prêtre, disait Saint Jean Bosco, il faut beaucoup de larmes, de sueur et de sang !» Sommes-nous prêts à prendre les devants et à assiéger le Cœur du Christ pour qu’il accède à notre demande ? Le Saint curé d’Ars disait que l’Eucharistie et le Sacerdoce sont des dons de l’amour du Cœur de Jésus : c’est donc à lui qu’il faut nous adresser pour obtenir les prêtres dont notre Eglise a un urgent besoin.
La grande tentation est de fuir notre responsabilité, nous enfermer chez nous, dans notre vie bien organisée, et nous convaincre que nous sommes de bons chrétiens, que nous essayons de donner de notre mieux en accomplissant nos devoir : la messe, la prière en famille, la pratique sacramentelle,… et nous arrêter seulement à ce point. Nous ajouterons que nous ne faisons tort à personne, que nous ne nous mêlons pas dans les affaires. En vérité, accueillir et vivre l’image du Bon Pasteur va au-delà de tout cela. La vocation d’un chrétien se concrétise dans l’attention que nous portons les uns pour les autres qui ont besoin de notre conseil, de notre sourire, de notre aide quand ils sont dans le besoin ; de dédier notre vie et la donner notre vie pour guérir ceux qui souffrent dans leurs corps et dans leurs âmes, ne jamais nous sentir en paix du moment qu’il y en a encore qui confondent le bien et le mal, ceux qui ne connaissent pas encore le Christ (ceux qui ne sont pas encore de son enclos, nous dit Saint Jean).En peu de mot, il s’agit d’imiter le Christ, d’imiter Dieu lui-même.
Pour imiter Dieu, il faut se convertir au Bon Pasteur et prendre le temps nécessaire pour écouter notre prochain, même quand nous avons beaucoup à faire. Interrompre un projet important pour aider un ami. Donner à l’autre quelque chose à laquelle je tiens, quelque chose dont j’ai besoin, parce que lui, il en a besoin. Chercher la brebis perdue signifie d’accepter de « perdre son temps », de laisser les choses « importantes » de côté pour aider quelqu’un qui s’est éloigné de Dieu, de la famille, ou de moi. Généralement, nous planifions tout ce qui est important : le travail, les réunions, les jours de repos. Pensons-nous à prévoir un temps dans notre agenda pour venir en aide à une « brebis » que Dieu a mise sur notre route ?
Bien évidemment, ce programme est difficile à mettre en œuvre : quand nous regardons en face nos faiblesses, nos défaillances, nos péchés, nous nous demandons si nous pouvons aider les autres quand nous-mêmes, faisons difficilement deux pas de suite sans tomber. Mais à vrai dire, nous n’avons pas peur du programme, mais du Christ lui-même qui nous confie ce programme parce que nous ne le connaissons pas bien. Il est logique d’éprouver la peur et peu de confiance envers celui que nous ne connaissons pas bien. C’est pourquoi il nous invite à savoir écouter sa voix, comme l’écoutent ses brebis. Alors toute peur cède la peur à la confiance, parce que nous devenons capables de dire comme Saint Paul que ce n’est plus nous qui vivons, mais que c’est le Christ qui vit en nous, puisque sa grâce nous suffit (malgré les épines de notre vie). Qui n’en a pas une ?
Une telle exigence pourrait faire peur : il n’est pas nécessaire d’être parfait pour répondre à l’appel de Dieu; « les fragilités et les limites humaines ne représentent pas un obstacle, à condition qu’elles contribuent à nous rendre toujours plus conscients du fait que nous avons besoin de la grâce rédemptrice du Christ. Dans le mystère de l’Eglise, Corps mystique du Christ, le pouvoir divin de l’amour change le cœur de l’homme, en le rendant capable de communiquer l’amour de Dieu à nos frères ».
Les prêtres (et ceux qui s’y préparent comme ceux qui sont appelés à la vie consacrée) pour qui nous prions aujourd’hui ont besoin de nouer intimité profonde avec le Christ. Une telle intimité suppose une connaissance personnelle, née de l’écoute de sa Parole, d’une proximité de vie. Il est clair que pour entretenir cette amitié, le prêtre (et les autres) doit avant tout être un homme de prière, car « son action extérieure resterait sans fruits et perdrait son efficacité si elle ne naissait pas de la communion intime avec le Christ ». Le seul Prêtre, c’est le Christ : les prêtres lui sont comme une humanité de surcroît, du moins s’ils acceptent de lui livrer leur existence toute entière, à l’image de Saint Paul qui pouvait dire : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). Jésus veut avoir besoin de l’humanité de ses prêtres pour continuer à porter en eux « le mal et la douleur du monde », dont se nourrit son amour rédempteur. De même que le « vrai Berger donne sa vie pour ses brebis », ainsi le prêtre conscient de son appel, ne s’appartient plus, mais est tout livré à ceux que l’Eglise lui confie.
Convertissons-nous donc en écoutant la voix du Bon Pasteur. Les pasteurs de demain seront le fruit de la conversion des chrétiens d’aujourd’hui, qui auront accepté d’entrer pleinement dans l’Alliance que le Seigneur renouvelle chaque jour à la table de l’Eucharistie où le Père lui-même nous invite. Prenons conscience que « dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu ». Certes ce que nous serons ne paraît pas encore clairement ; mais « lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est » (Cfr la 2ème lecture). Or pour pouvoir progresser d’Eucharistie en Eucharistie jusqu’à la Pâque éternelle, nous avons précisément besoin du prêtre qui, en invoquant « le nom de Jésus le Nazaréen, crucifié par nous, ressuscité par Dieu» (1ère lecture) sur le pain et le vin, les transforme en son Corps et son Sang qui nous sauvent et nous vivifient.
«C’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. Tu es mon Dieu, je te rends grâce, mon Dieu, je t’exalte ! Rendez grâce au Seigneur : il est bon ! Eternel est son amour !» (Ps 117). La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ! Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson ! » (Mt 9,37)







