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Qui ne répond pas à l’appel de Dieu se condamne à une vie triste. Qu’attendons-nous?
C’est le thème du festin qui rapproche la première lecture de ce dimanche et l’évangile. On pourrait penser que la Parole de Dieu décrit son royaume en utilisant de grandes définitions intellectuelles. Pourtant, il s’agit de la vie de tous les jours: la fête qui rassemble les personnes, dans la joie. Nous avons un roi qui « marie son fils » et qui invite au festin. il s’agit d’une histoire d’amour comme cela est fréquent dans le langage biblique (Osée 1-3; Ez 16; le Cantique des Cantiques; Jr 2,2, 31,3; Mc 2,19, Eph 5,25;, Ap 20,9, etc). Ceci change alors la conception de la religion qui ne reste pas comme un ensemble de doctrines et de vérités à croire, un ensemble de préceptes moraux qu’il faut suivre, mais une histoire d’amour. Selon le livre d’Isaïe, Dieu offrira sur la montagne de Sion, un plantureux banquet à TOUS les peuples, les Juifs comme leurs tortionnaires durant leur exil (TOUS, et non seulement les nôtres, nous qui sommes souvent en proie aux exclusions!), en signe de réconciliation universelle. L’Evangile parle aussi d’un grand repas dans lequel l’invitation est adressée à tout-venant rencontré dans les rues et sur les places. Seul est requis le vêtement des noces qui symbolise la conversion du cœur, ce cœur qui s’ouvre à cette nouvelle logique qui accueille tout le monde. Savons-nous accueillir le tout-venant? Avant même cela, nous considérons-nous invités et attendus? Heureux sommes-nous d’être les invités au repas du Seigneur…
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils » : voilà qui devrait nous rassurer quant aux intentions de Dieu à notre égard ! Conformément au protocole, ceux qui avaient eu l’honneur d’être « invités », sont avertis très officiellement par les serviteurs du roi que le grand jour est enfin arrivé. Stupéfaction : ils refusent de venir ! Chacun d’eux poursuit ses occupations comme si de rien n’était ; certains même passent leur mauvaise humeur sur les pauvres émissaires du roi, trahissant ainsi la vraie raison de leur refus : ils n’ont aucune envie de partager la joie d’un roi pour lequel ils nourrissent plutôt du mépris, du ressentiment, voire de la haine. Aussi la réponse ne se fait-elle pas attendre et les présomptueux vont payer très cher leur insoumission.
On pourrait objecter que la réaction du roi ne fait qu’entretenir la spirale de la violence ; s’il représente Dieu nous avons intérêt à nous tenir à l’écart ! Mais cette interprétation ne respecterait pas le genre littéraire utilisé par Jésus : le sens d’une parabole ne se livre pas au terme d’une étude analytique ; il jaillit plutôt d’une saisie d’ensemble du récit, sur l’horizon annoncé par le narrateur. Dieu à vrai dire n’a pas besoin de sévir contre ceux qui lui résistent : en refusant d’entrer dans la fête en réponse à son invitation, ils choisissent eux-mêmes de demeurer sous « le voile de deuil qui les enveloppe et sous le linceul qui les couvre » ; car c’est à ce banquet de noces où il fait alliance avec son peuple, que « le Seigneur effacera l’humiliation de la mort, et essuiera les larmes sur tous les visages », comme nous l’avons entendu dans le première lecture. Dieu est le Seigneur de la vie, et il désire la donner en partage à ceux qui s’approchent de lui pour la recevoir ; mais ceux qui refusent de répondre à son appel, s’enferment eux-mêmes dans les ténèbres de la mort.
Certains peuvent penser à tort qu’une telle situation n’est pas de notre temps. En fait, il s’agit de deux situations: les négligents qui, avec une indifférence quasi naturelle, n’ont même pas l’air de se rendre compte qu’ils étaient invités et qui se laissent simplement prendre par leurs affaires; les contestataires qui refusent sciemment l’invitation et qui maltraitent les messagers du roi. Si on le regarde bien, nous sommes de ces deux catégories. Comment traitons-nous ceux qui nous font un clin d’œil quand nous avons mal agit? N’inventons-nous pas souvent d’autres histoires à leur endosser pour dire qu’ils ne devraient pas nous dire ainsi puisqu’ils ne sont pas non plus les meilleurs? N’entendons-nous pas ceux qui disent qu’ils n’ont pas de temps pour la messe du dimanche puisqu’ils n’ont que le dimanche pour se reposer, pour faire du sport, pour aller saluer les amis, pour faire un peu d’ordre à la maison, pour bien revoir les matières vues en classe, …, après toute une semaine de travail intense?
Cependant, cet échec ne décourage pas le roi, qui tient absolument à ce que la salle de noce soit bondée ! Puisque ceux qui étaient invités de longue date n’ont pas voulu répondre à l’appel, faisant eux-mêmes la preuve de leur indignité, il se tourne vers le tout-venant parmi ses sujets. Il envoie ses serviteurs « à la croisée des chemins », les chargeant d’inviter tous ceux qu’ils rencontreraient, sans faire de tri entre « les mauvais et les bons ». On devine sans peine la surprise de ceux-ci ! Le stratagème semble réussir puisque les serviteurs parviennent à remplir la salle de ces convives improvisés.
Qui sont-ils dans la perspective de cette parabole qui nous parle des conditions d’accès au Royaume ? Si nous identifions les invités au peuple élu, alors le « tout-venant » ne peut rassembler qu’aux païens de tout bord, c’est-à-dire les hommes en attente de la Révélation, qui errent sur des chemins sans issue depuis que le péché les a égarés loin de Dieu. Aussi le récit aurait-il pu se terminer ici – comme c’est d’ailleurs le cas dans l’Evangile de Luc – annonçant que l’échec de la prédication de Jésus auprès des juifs, ouvrirait aux nations les portes du Royaume.
Or voici que Matthieu fait mémoire d’un troisième volet, tout à fait inattendu, de la parabole : après le refus des invités de la première heure, l’accueil improvisé des passants, l’épisode du vêtement de noce semble en effet en contradiction avec ce qui précède. Jésus ne vient-il pas de préciser que la salle rassemblait « les mauvais comme les bons » interpellés sans discernement le long de la route ? Ces invités de dernière minute, rassemblés à la hâte, qui n’ont pas eu le temps de se changer pour venir à la fête, comment le roi peut-il exiger qu’ils portent un « vêtement de noce » ? La logique interne du récit nous invite à nous élever à une interprétation symbolique de ce fameux habit, qui conditionne la participation aux réjouissances. Disons que quelque chose différencie cet homme des autres convives et c’est ce « quelque chose » qu’il s’agit de préciser.
« Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de noce ? » L’entrée en matière est plus que bienveillante de la part d’un roi s’adressant à un quelconque de ses sujets. L’étonnement du Maître de maison est sincère et sa question attend une réponse. Aussi la surprise ne fait-elle que croître devant le silence de cet individu, qui ne tente même pas de balbutier une quelconque excuse. Son silence résonne comme un refus de dialogue, et par le fait même, il révèle la vraie nature du fameux « vêtement de noce» manquant. L’invitation ne consistait pas seulement à consommer le repas destiné aux invités de la première heure, pour éviter que la nourriture ne se perde ; l’appel adressé par le roi était une invitation à entrer dans son intimité en devenant l’ami de l’Epoux. Le vêtement de noce symbolise l’homme nouveau, engendrée dans la foi au Fils, dont le Père célèbre les noces avec l’humanité réconciliée. Le silence de cet homme trahit qu’il n’est pas « né de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3, 5), et ne participe pas à l’hymne d’action de grâce qui jaillit du cœur des rachetés : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : (en son Fils, Jésus-Christ) il nous a sauvés ! » (Is 25, 6-9).
Ce que Jésus présente dans la parabole comme une sanction prononcée par le roi, n’est en fait que l’explicitation des conséquences de nos propres choix : en refusant d’entrer en relation avec Dieu notre Père, nous nous enfermons nous-mêmes dans le mutisme et la solitude ; en refusant d’entrer dans sa joie, nous nous murons dans la tristesse, nous nous enfonçons dans les ténèbres, nous nous condamnons « aux pleurs et aux grincements de dents ». « Voilà : tout est prêt : venez au repas de noce » : aujourd’hui retentit à nouveau à nos oreilles cet appel pressant du Seigneur. Par ailleurs, dans la pratique orientale, qui invitait aux noces donnait aussi l’habit nuptial aussi à ceux qui ne pouvaient pas s’en procurer. C’est pourquoi notre amis ne répond rien au Maître de la maison. C’est la même chose pour nous: Dieu a mis devant nous tous les instruments de sa grâce pour que nous puissions participer à sa joie: les sacrements, sa Parole,… Saurons-nous saisir cette opportunité qui nous est offerte et accepter l’invitation ? Mais n’oublions pas l’habit de noce : pour nous en revêtir, il faudra peut être nous désencombrer de quelques vêtements inutiles ! Sachons comme Saint Paul, « vivre de peu » en ce monde qui passe, en veillant à « avoir tout ce qu’il nous faut » (Cfr la deuxième lecture) dans le monde à venir. Il est un temps pour « aller à son champ et à son commerce » ; et il est un temps pour répondre à l’appel du Roi qui nous invite à le rencontrer au banquet des noces de son Fils. Heureux les invités au festin du Royaume !
Seigneur Jésus, je suis de tes invités et tu m’envoies à inviter tous ceux que tu mets sur ma route. Vois combien j’en suis indigne car je ne porte pas toujours le vêtement de noces. Je te le rappelle chaque fois à chaque messe en disant que « je ne suis pas digne de te recevoir ». Viens guérir mes négligences, viens me secouer de mes torpeurs et de mon indifférence à tes appels. Donne-moi d’être dans les rues et sur les places, le messager de ta généreuse invitation. Amen.
IDOMINIKA YA 28 YO MU MWAKA (Umwâka A)
IGISOMWA CA MBERE
Ivyo dusoma mu gitabu c’Umuhanuzi Izaya (25, 6-10a)
Umukama azotegura inzimano kandi azohanagura amarira y’abantu bose
Kuri irya musi, Umukama Imana y’ingabo azotegurira ibihugu vyose, kuri uyu murambi, inzimano y’inyama zinuze, y’imivinyu iryoshe cane, inyama zinuze n’umuvinyu ukamuye neza. Uyu murambi azowukurako ivyambarwa vyo kugandara vyari bitwikiriye ibihugu vyose, n’impuzu yo gufuba abantu yari ipfutse intara zose iyo ziva zikagera.
Urupfu azorwirukana ubutakigaruka. Umukama azohanagura amarira y’abantu bose, yongere akure iceyi ku gihugu ciwe cateterewe, eka agikure kw’isi yose ; kuko Umukama yabivuze.
Kuri uyo musi, bazovuga bati : « Ng’iyo Imana yacu twari tuzeyeko urukiza, Umukama ni We Ntwari twishimiye ; turanezerewe kandi turahimbawe kuko yaturokoye !» Kuko ububasha bw’Umukama buri kuri uyu murambi.
IZABURI 22 (23), 1-3a. 3b-4. 5-6
Icit : Nzoba mu ngoro y’Umukama
Imisi yose y’ubuzima bwanje.
Umukama ni We mwungere wanje,
Sinzokena ;
ni We amvyagiza
mu canya c’ubwatsi buremvye.
Iruhande y’amazi adasuma, ni ho azonshikana,
aremeshe umutima wanje ubudasiba.
Ni We anyoborera inzira nziza
Kubw’izina ryiwe.
Sinzogira ico ntinya
N’aho noca mu mwonga mu mwijima,
kuko uri kumwe nanje,
kuko inyobozo yawe impumuriza.
Untegurira ameza
Mu maso y’abansi ;
wansize amavuta ku mutwe,
igikombe canje kirasesekaye.
Eka mbere mu buzima bwanje
Namana impore n’ubuhirwe ;
Inzu yanje ni ingoro y’Umukama
Imisi yose y’ubuzima bwanje.
IGISOMWA CA KABIRI
Ivyo dusoma mw’ikete Umutumwa Pawulo yandikiye Abanyafilipi (4, 12-14. 19-20)
Vyose ndabishobora muri Kristu ankomeza
Ncuti zanje,
Jewe ntibingora kwicisha bugufi canke kumererwa neza. Muri vyose na hose, narimenyereje guhaga no gusonza, kuba muri vyinshi no kuba mu bukene. Vyose ndabishobora muri Kristu ankomeza. Ariko rero, mwagize neza mu kuntabara mu marushwa yanje. Mu kubasubiriza mu nkōko, Imana yanje izobamara ubukene bwose ku ngero y’itunga ryayo, ibahe ititangiriye itama muri Kristu Yezu. Imana, Dawe wa twese, n’ininahazwe imyaka n’imyaka. Amen.
INKURU NZIZA
Alleluia, alleluia.
Ese Imana Se w’Umukama wacu Yezu Kristu
Yomurikira amaso y’imishaha yacu,
kugira ngo turimbure ukwizigira yaduhamagariye twese uko kungana.
Alleluia.
Ivyo dusoma mu Nkuru Nziza ya Yezu Kristu nk’uko yashikirijwe na Matayo (22, 1-14)
Igisomwa kigufi : 22, 1-10
Muri irya misi,
Yezu yishuye abakuru b’abasaserdoti n’abashingantahe b’igihugu mu kubacira uyu mugani ati : « Ubwami bw’ijuru busa n’umwami yariko araringaniza inzimano z’ubugeni bw’umuhungu wiwe. Araheza arungika abasuku biwe guhamagara abatumire ngo baze mu bugeni, na bo baranka kuza. Asubira gutuma abandi basuku ngo babwire nya batumire bati : ‘Naringanije inzimano, ibimasa n’ibindi bitungwa nabaze, vyose vyatunganye ; nimuze mu bugeni.’ Ariko baravyirengagiza barigira, uri uwugiye kwirabira itongo, uri uwugiye kwidandariza ; abandi na bo bafata ba basuku, barabakubita, barabica.
Nya mwami ngo avumve, arashavura, arungika ingabo ziwe guhonya bano bicanyi n’uguturira igisagara cabo. Hanyuma na ho abwira abasuku biwe ati : ‘Ivy’ubugeni biri mu buryo, ariko abari batumiwe ntibari babikwiye. Gende rero mu mahwane y’inzira, mubwire abo mubona bose baze mu bugeni.’ Nya basuku baca bihereza amayira, bakoranya abo bahasanze bose, ababi n’abeza ; inzu y’ubugeni iruzura.»
Igisomwa kigufi giherera aha
« Umwami rero yinjiye kuraba abazimanwa, arabukwa uwutambaye ivyambarwa vy’ubugeni, amubwira ati : ‘Mbega mugenzi, winjiye ngaha ute utambaye ivyambarwa bikwiye ubugeni ?’ Uno na we aranuma. Nya mwami abwira abasuku biwe ati : ‘Nimumubohe amaboko n’amaguru, mumute hanze mu mwijima, iyo aja kuririra akomanya amenyo.’ Kukaba nka ko rero, hahamagarwa benshi hagashimwa bake. »
Libres et responsables, le Maître nous a confié sa vigne. Qu’en avons-nous fait?
Le poème d’Isaïe pour la vigne de son ami sonne comme une histoire d’amour qui s’inverse soudain en un douloureux réquisitoire. Amer et déçu, le vigneron prend le peuple à témoin du différend qui l’oppose à son épouse : il attendait de bons fruits mais hélas. La parabole de Matthieu cite Isaïe pour évoquer elle aussi, une vigne et son propriétaire, avec une note de Jésus qui y ajoute des travailleurs qui confisquent les fruits de la vigne. Cet avertissement concerne d’abord les conditions d’accès au Royaume de Dieu. Il peut se rapporter aussi à notre responsabilité à l’égard de créations tout entière qui est comme le vignoble de l’humanité. La tentation n’est-elle pas grande pour les pays riches comme pour nous mêmes, d’accaparer et faire nôtre ce qui ne nous appartient pas et qui devait être partagé ? Mettons-nous à l’écoute de cette parole de Dieu.
La première interpellation de Jésus concerne l’écoute. Combien de fois nous sommes impatiens à l’écoute ? Une personne n’a pas encore commencé à parler, nous voici en train de préparer le brouillon de la réponse… Notre temps risque de rétrécir le champ de l’écoute, avec les flux d’informations qui nous assaillent. Jésus nous demande un instant d’attention pour qu’il nous présente une vérité essentielle. Jésus nous parle en plusieurs circonstances de notre vie : dans sa parole, à travers cette personne qui voudrait se confier à moi, … Sommes-nous disposés à écouter ? Malheur à nous, surtout que la parabole ne parle pas seulement de la vigne, mais aussi des travailleurs de la vigne. Avant de nous la confier, c’est le maître qui a tout fait, il a pris tout son temps pour sa vigne. Ce n’est qu’après qu’il la confie aux autres desquels il s’éloigne, parce qu’il les estime libres et responsables. L’enjeu est de reconnaître le moment de la vendange : il ne peut ni être anticipé sous peine de récolter des fruits verts, ni renvoyer à plus tard sans risque de pourriture des fruits. Pensons seulement aux tomates ! C’est pour cela qu’il faut un peu d’attention pour ECOUTER.
A la différence de la première lecture du livre d’Isaïe, dans la parabole de l’évangile, Jésus, au lieu de s’arrêter sur les fruits mauvais que la vigne porte, insiste sur l’attitude des vignerons à qui le maître en confie l’entretien. Si l’attention du propriétaire pour sa vigne est toujours aussi présente, ici ce sont les ouvriers qui ne produisent pas le fruit attendu de la part de leur patron. Par deux fois, ils maltraitent les serviteurs, refusant de remettre la récolte et vont jusqu’à tuer son propre fils qu’il envoie en dernier recours. C’est en fait autour de cette figure du « fils » que se noue le drame de l’histoire et que se trouve la fine pointe de l’enseignement de Jésus. En envoyant son « fils », le maître ne se présente plus comme « propriétaire » mais comme « père » et en tant que tel digne de respect. Ayant perçu la révolte de ces vignerons, il espère que son fils arrivera à les réconcilier avec lui et qu’un dialogue pour être renoué. Mais en vain. Les ouvriers ne reconnaissent pas le fils et voient en lui seulement l’héritier. Leur meurtre va alors dévoiler au grand jour quelle était la raison de leurs malversations antérieures : ils ont eu peur de se voir enlever la récolte. Leur cupidité les a aveuglés, leur empêchant de discerner le fils et à travers lui la bonté du père. La soif de l’avoir et du pouvoir les a conduit à entrer dans une logique de violence et de mort.
Les textes de ce dimanche nous invitent à réfléchir sur les dons que Dieu nous a faits tout au long de notre vie. Parfois, nous percevons mieux combien le temps passe et combien notre vie vieillit avec nous, et lorsque nous voulons faire le bilan des fruits que notre vie a portés, les résultats sont souvent peu probants. Que s’est-il passé ? Avons-nous fait fructifier avec intelligence et bonne volonté les talents reçus ? Ou bien avons-nous vécu comme une vigne distraite sans nous rendre compte que nous étions appelés à produire un beau raisin ? Ou bien encore, avons-nous vécu comme de mauvais vignerons qui pensaient plus à eux qu’à l’amour de leur employeur pour sa vigne ? Nous avons reçu beaucoup de Dieu en ce que nous sommes (une vigne belle par sa création et entretenue par sa providence comme nous le lisons dans la 1ère lecture) et en ce qui nous est confié (Une vigne où nous avons à œuvrer tel que raconté dans l’Evangile). Dans les deux cas, nous sommes invités à produire un fruit de vie éternelle, de sainteté et de charité.
Lorsque Jésus arrive à ce point de son récit, il interpelle ses auditeurs : « Et bien, quand le maître viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » La réponse ne se fait pas attendre : C’est la punition qui doit prévaloir jusqu’à les faire périr, qui plus est « misérablement ». Autrement dit, pas de pitié et la vigne se verra confiée à d’autres vignerons mieux intentionnés. Mais nous sommes toujours dans une logique de mort. D’ailleurs, pas un mot dans cette réponse au sujet du « fils ». Les auditeurs de Jésus l’auraient-ils oublié ? Serait-il mort pour eux aussi ?
Pour Jésus, l’histoire ne peut se finir ainsi. Il s’agit d’une histoire divine et non humaine. Quel serait ce père qui risquerait d’envoyer son fils en un lieu aussi dangereux ? Ce maître serait-il vraiment père s’il faisait si peu de cas de son fils ? La mort du fils ne saurait être le dernier mot, pas plus que la vengeance suggérée par les auditeurs. Le maître va tout au contraire se servir de la perversion des vignerons pour révéler que sa paternité est plus puissante que la mort infligée au fils. C’est la vie qui doit avoir le dernier mot. Au sein d’Israël, le refus de certains d’accueillir son Fils, permettra à notre Père céleste de révéler la toute-puissance de sa miséricorde, en construisant le Royaume sur la pierre rejetée, choisie comme pierre d’angle : « C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille à nos yeux ! » Comme le Père a envoyé son Fils dans le monde pour réaliser sa mission rédemptrice, de la même manière, le Christ nous envoie pour collaborer à son œuvre de Rédemption. Il est vrai que les fruits de notre sarment ne sont pas toujours immédiats ou visibles mais nous ne pouvons douter que si nous restons unis au Christ comme le sarment uni au cep, nous porterons un fruit qui demeure. Produire ainsi du fruit c’est rendre gloire à Dieu parce que c’est contribuer à la croissance de son Royaume de justice, de paix et de miséricorde.
« Seigneur, la mission que tu nous confie dans l’histoire du salut n’est pas banale. Aide-nous à cultiver avec soin notre vigne pour qu’elle puisse produire un raisin doux et comestible pour nos frères afin qu’ils découvrent ta bonté, toi le maître de la vigne et le Seigneur de la Vie. »






