Évangéliser les aréopages contemporains

Accueil » Méditations » Homélies (Page 113)

Archives de Catégorie: Homélies

« C’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé,… c’est par ses blessures que nous sommes guéris ».

Pour découvrir qui est Jésus, il faut oser nous mettre à sa suite sur les chemins de sa Pâque, et contempler avec les yeux de la foi, la gloire du Fils de Dieu qui resplendit au cœur même de la déréliction de sa Passion d’amour.
Mieux que tous les autres évangélistes, Jean souligne la manière dont Jésus domine ceux qui semblent disposer de lui. C’est Jésus et lui seul qui dirige les événements selon les desseins du Père, les menant à leur parfait accomplissement. Si l’évangéliste insiste ainsi sur la souveraine liberté de Notre-Seigneur, c’est pour souligner qu’il vit sa Passion comme une offrande d’amour. Judas n’a même pas besoin de livrer son Maître : celui-ci se présente lui-même : « Qui cherchez-vous ? ». Bousculade imprévue ? Surprise devant la sérénité et la maîtrise de celui qu’ils viennent arrêter ? Ou mystérieuse terreur religieuse ? Quoi qu’il en soit, les gardes et les soldats « reculent et tombent à terre », se prosternant sans le vouloir devant la majesté de leur victime.
Comme « le Bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis », Jésus protège les siens et les met à l’abri : « Si c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci ». Saint Jean commente : « C’est ainsi que devait s’accomplir la parole que Jésus avait dite : “Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donné” ». Par contre pour lui-même, Notre-Seigneur refuse toute protection : au fougueux Simon-Pierre qui dégaine l’épée, il ordonne : « Remets ton glaive au fourreau ! La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? ».
Anne, Caïphe, Pilate, tous sont impressionnés par la dignité et la maîtrise de soi de cet étrange prisonnier devant lequel ils n’ont d’autre recours que la violence. Mais ni les insultes, ni les menaces, ni les tortures ne viennent à bout de la paix de cet enchaîné qui se révèle infiniment plus libre que ses juges et que ses bourreaux : «Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en-haut». Ces hommes ne sont que les instruments d’un dessein qui les dépasse infiniment ; par leur cruauté et leur injustice : ils sont sans le savoir les artisans de leur propre salut. «C’étaient en effet nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris», avons-nous lu dans la 1ère lecture.

C’est donc là, au pied de la Croix, qu’il nous faut demeurer avec lui, afin d’apprendre de Dieu lui-même qui nous sommes à ses yeux, le prix que nous avons pour lui. «Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé. Ce jour-là une Source jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem en remède au péché et à la souillure » (Za 12, 10. 13, 1) : que le flot de tendresse jaillissant du Cœur du Christ chasse toute culpabilité et toute angoisse devant sa souffrance et sa mort. Elles sont nôtres les blessures de l’Agneau : comment nous les reprocherait-il, puisqu’il nous les offre pour que nous y trouvions la guérison.

Oui, c’est homme bafoué, défiguré, déconsidéré, transpercé,… qui ouvre à l’humanité une voie de sortie de toute la misère et de la nuit opaque du péché. Oui, aujourd’hui, avec Jésus bafoué marchent sur le chemin de la croix tous les hommes bafoués par notre monde : ceux quine savent pas se défendre, ceux qui n’ont pas l’instruction et qui ne savent pas même ce à quoi ils ont droit et qui sont donc manipulés, ceux qui font les frais du progrès technique et économique déséquilibré qui asservit l’homme et le déshumanise, ceux qui croupissent dans les prisons ou qui en sortent sans pouvoir trouver du travail,… Oui ! Aujourd’hui, avec les hommes déconsidérés : le cadre et l’ouvrier qu’on chasse du travail et qu’on déclasse, les filles-mère laissées pour compte et rejetées par la société, les jeunes traités d’asociaux alors qu’ils sortent des écoles pour vivre le chômage, … Oui ! Avec Jésus défigurés, tous les hommes défigurés : les hommes et les femmes abîmés par l’alcool, la drogue, la prostitution, les enfants dévitalisés par la malnutrition,… Oui ! Avec Jésus transpercé, tous les hommes transpercés : ceux que nos guerres, nos rébellions, les accidents des routes et du travail qui sont souvent dus à la négligence des uns ou des autres, les enfants maltraités dans leurs corps ou leurs âmes, surtout par ceux qui devraient les protéger (les maitre (sse)s d’écoles, les deuxièmes épouses après la mort de leurs mères,… Ils sont tous victimes du péché du monde que Jésus est venu enlever au prix de la mort : dans sa passion, il s’est voulu solidaire de ceux qu’il venait sauver. Oui ! C’est parce qu’il a crié vers Dieu en disant : « pourquoi m’as-tu abandonné ? » qu’il est proche de ceux que la misère ou la souffrance poussent jusqu’au bord du désespoir. C’est parce qu’il a crié en disant « Mon Dieu ! Mon Dieu ! » que nous sommes assuré que notre cri arrivé jusqu’à Dieu. Son espérance, de même que la nôtre, ne peuvent pas être vaines.

«Venez, faisons de notre amour comme un encensoir immense et universel, prodiguons cantiques et prières à celui qui a fait de sa Croix un encensoir à la divinité, et nous a tous comblé de richesses par son Sang » (saint Ephrem).

« …ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. »

« Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venu pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.» Les lectures que nous donne l’Eglise dans la liturgie de ce jour nous replongent dans la tradition de l’Eglise, dans ses racines juives. En lisant l’Evangile du lavement des pieds, et non pas précisément celui de l’institution de l’Eucharistie comme le fait la 2ème lecture, l’Eglise s’interdit, non seulement de détacher l’Eucharistie de ses racines juives, mais aussi, elle s’interdit de séparer le culte du service. Jésus sait que l’heure de sa Passion est là et il veut maintenant en révéler tout le sens aux apôtres réunis autour de lui pour le repas pascal. Jésus va effectuer sa Pâque, il va effectuer son passage vers le Père, il va souffrir sa Passion par amour pour nous afin de nous réconcilier avec le Père. Cet amour il va le vivre « jusqu’au bout » c’est-à-dire jusqu’à la mort et jusqu’à l’extrémité de l’amour. Sa passion et sa mort constitueront ainsi le service d’amour fondamental grâce auquel il libèrera l’humanité du péché

Le Pape François lave les pieds aux prisonniers (Jeudi Saint 2013)

Jésus dépose son vêtement comme il déposera sa vie entre les mains du Père, avant de le reprendre comme il ressuscitera le troisième jour. Le geste du lavement des pieds nous montre précisément que le chemin pour ressusciter et vivre de la vie divine est le chemin de l’abaissement, de l’humilité où l’homme se fait, à l’imitation du Christ, le serviteur dans la charité de ses frères en humanité.
Cette page d’évangile du lavement des pieds nous révèle que le christianisme est bien plus qu’une adhésion intellectuelle à un contenu de foi, qu’il est bien plus qu’une philanthropie basée sur la bonne volonté de l’homme. Cela est bien trop humain !
Le christianisme c’est l’expérience d’une foi vivante, animée par la charité qui naît de la rencontre personnelle avec Dieu qui s’est abaissé en son Fils, qui s’est fait homme, qui est venu se mettre à genoux devant moi pour me laver les pieds afin de m’élever et de me donner part à sa vie divine. Il n’est pas fortuit que chez saint Jean, l’épisode du lavement des pieds prenne la place du récit de l’institution de l’Eucharistie tel qu’il nous est rapporté par les évangiles synoptiques. Le lavement des pieds nous donne le sens de ce que nous sommes invités à vivre à chaque Eucharistie. A chaque Eucharistie, nous avons de la part de Dieu, le témoignage d’un amour allant « jusqu’à la fin » (Jn 13, 1) et nous pouvons choisir à nouveau de nous engager sur le chemin du don dans l’amour.

La force nous en est donnée par le Christ lui-même qui se donne à nous en nourriture, qui vivifie notre pauvre amour humain par son propre amour divin. Car l’Institution de l’Eucharistie, comme le lavement des pieds, nous enseignent cette chose capitale qu’avant de vouloir se donner, avant de vouloir aimer, il faut « ouvrir son cœur pour accueillir l’amour du Christ ». C’est son amour qui nous rend capables d’aimer nos frères à notre tour : « Si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi », autrement dit « tu ne pourras pas aimer d’un amour sauveur à l’image du mien ». Que de fois nous disons que nous essayons en vain de faire du bien d’aimer, mais que nous ne réussissons pas à le faire ! N’est-il pas que, peut-être, nous comptons trop sur notre capacité et notre volonté seulement ?
Le lavement des pieds et le sacrement de l’Eucharistie sont donc les manifestations d’un même mystère d’amour confié aux disciples et à nous tous « pour que – dit Jésus – vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous » (Jn 13, 15). C’est de cela dont nous sommes appelés à faire mémoire à chaque Eucharistie : « Faites cela en mémoire de moi». Il ne s’agit pas ici de se souvenir simplement d’un événement passé aussi fondateur soit-il pour notre existence chrétienne. Ce « faire mémoire » est une actualisation du mystère du don du Christ pour nous, nous donnant d’en goûter réellement et efficacement les fruits.

Dans l’événement pascal et dans l’Eucharistie qui l’actualise au cours des siècles, il y a un « contenu» que l’espace et le temps ne sauraient limiter puisqu’en lui est présente toute l’histoire en tant que destinataire de la grâce de la rédemption. A chaque Eucharistie, Dieu nous lave tout entier en nous incorporant à lui par la communion eucharistique. Il nous invite à accueillir son amour sauveur et à nous laisser transformer par lui afin d’en être les canaux auprès de nos frères. Oui, c’est bien dans la mesure où nous nous unirons au Cœur eucharistique du Christ, que nous lui permettrons d’opérer en nous ce débordement que nous appelons charité fraternelle.

« Seigneur, nous te rendons grâce pour le don de l’Eucharistie, signe éternel et efficace de ton amour divin pour nous. Ce don de ton amour nous soutient sur le chemin de la pleine communion avec le Père à travers toi et dans l’Esprit.
En prenant le temps ce soir de t’adorer dans le Très Saint Sacrement et de méditer le mystère de la Dernière Cène, c’est l’âme remplie de gratitude que nous nous plongerons dans l’océan d’amour qui jaillit de ton cœur et que nous ferons nôtre l’hymne d’action de grâce du peuple des rachetés : « Tantum ergo Sacramentum, veneremur cernui… »

«Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !»

RameauxNous voici maintenant au début de l’étape décisive de notre cheminement du Carême que je vous décrivais au deuxième dimanche (clic pour relire la méditation). Chaque dimanche des Rameaux, la liturgie s’ouvre par la lecture de l’évangile qui relate l’entrée de Jésus à Jérusalem suivie d’une procession jusque dans l’église. L’Evangile que nous lisons juste au début de cette procession met en valeur d’une façon toute particulière le titre de « Fils de David » appliqué à Jésus. Par ce titre messianique, Jésus se voit ainsi désigné comme ce roi juste et victorieux qu’attendait tout Israël et qui devait restaurer la cité sainte de Jérusalem. L’atmosphère qui ressort du récit est joyeuse et festive et derrière les chants d’acclamations qui accompagnent cette procession s’annonce déjà le triomphe définitif du Christ sur la mort et le péché durant la nuit pascale. L’espérance d’être sauvés et de ressusciter avec lui pour vivre dans la Patrie céleste de sa vie divine se trouve ainsi mise devant nos yeux.

Ce roi qui entre à Jérusalem, est humble et pacifique. Il ne veut régner que sur des cœurs humbles et pacifiques.

HUMBLES, c.à.d. si nous sommes capables d’écouter les autres, de nous défier de notre propre jugement souvent égoïste, de reconnaître la part de vérité qui anime les convictions de l’autre, de nous estimer plus petits devant Dieu ;

PACIFIQUES, non pour avoir la paix à tout prix, car on risque de démissionner devant tout ce qui dérange et se contenter seulement des compromis, mais décider de créer autour de moi des conditions pour une vraie paix dans les cœurs, au travail, en famille, … même si cela devrait me rendre impopulaire. En effet, Jésus souffrira du fait qu’il a pris l’option, au moins au niveau humain, de dénoncer les injustices faites aux pauvres, aux marginalisés de la société.

Mais si la première partie de la liturgie de ce dimanche laisse apparaître le terme qui nous attend au-delà de cette vie terrestre marquée par la souffrance et le péché, la liturgie eucharistique, en particulier au travers de ses lectures, nous rappelle les conditions nécessaires pour y parvenir. Saint Bernard exprime bien cela lorsqu’il dit que si la gloire céleste se trouve présentée dans la procession, dans la messe se trouve manifestée quelle route nous devrons emprunter pour la posséder.

Cette route que nous pouvons contempler dans la personne même du Christ est celle de l’abaissement et de l’humilité, celle de l’obéissance filiale, de l’abandon entre les mains du Père, celle du don total par amour, jusqu’à mourir sur la croix.
Dans l’Ecriture, l’hymne de l’épître aux Philippiens est peut-être le passage qui nous décrit cela de la façon la plus aboutie : «Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix».

Saint Paul n’a pas trouvé autre chose pour conseiller les membres de la communauté à laquelle il écrit, qui était tombé dans des divisions, des revendications, du mépris à l’égard de certaines personnes. Il invite à contempler l’attitude du Christ. Cela suffisait, cela suffit même de nos jours.

Oui, Jésus est bien le Messie – Serviteur souffrant, annoncé par le prophète Isaïe, qui ne s’est pas révolté, qui ne s’est pas dérobé ; qui a présenté son dos à ceux qui le frappaient, et ses joues à ceux qui lui arrachaient la barbe ; qui n’a pas protégé son visage des outrages et des crachats, avons-nous médité dans la 1ère lecture. Mais c’est par ses souffrances que nous sommes sauvés, souffrances qui ne sont que le prolongement de son acte d’obéissance parfaite au Jardin des Oliviers.
Car c’est bien là que se joue notre salut. En communiant humainement à la volonté divine du Père, Jésus rétablit notre nature humaine dans une relation filiale avec le Père, filiation qui avait précisément été refusée dans l’acte même du péché originel.
En choisissant d’entrer dans sa Passion et de la vivre jusqu’au bout, il exprime son abandon total entre les mains de son Père. Par le «oui» qu’il donne humainement à un moment où la délibération de tout homme serait infléchie au maximum vers le refus, Jésus nous sauve en accomplissant dans une nature humaine l’existence filiale parfaite.

 Nous touchons ici le paradoxe de tous les paradoxes. Comment, le Fils de Dieu pourrait-il nous sauver au travers d’une telle vulnérabilité? Le récit de la Passion de l’évangile de Matthieu décrit bien cela en dépeignant le drame de l’incompréhension du peuple d’Israël qui ne peut se résoudre à ce que celui qui se déclare le Messie, Fils de Dieu, puisse se présenter dans une telle condition d’abaissement.

Nous savons que le Christ est ressuscité au moment où nous écoutons cet Evangile de Matthieu. Lui même l’a écrit après la résurrection, non pour nous donner une chronique juridique, il donne beaucoup de passages bibliques pour nous montrer que c’est Dieu qui conduit le cours de l’Histoire, malgré les événements puissent nous faire croire le contraire, quand nous sommes submergés par la souffrance. C’est l’image qui nous est donnée du Christ pendant le récit de la passion.

Alors que tout semble manifester un échec de celui qui a été acclamé comme le roi messie, son triomphe s’accomplit. Au milieu de l’obscurité de sa Passion, au moment de la crucifixion, les signes eschatologiques du monde nouveau en train de naître ne trompent pas : la terre tremble, le rideau du Temple se déchire, les sépulcres s’ouvrent… La Nouvelle Alliance vient d’être scellée dans le sang du Christ.

Il est important de nous rappeler que Matthieu écrit pour des chrétiens issus du Judaïsme qui se retrouvent face à la même incompréhension que celle devant laquelle se trouva le Seigneur et qui le conduisit jusqu’à la mort. L’évangéliste veut leur montrer qu’ils ne vivent ni plus ni moins que ce que le Maître lui-même vécut mais que dans le présent de leur vie pointent déjà les signes du monde nouveau.

Ce message, nous pouvons le faire nôtre. Tout d’abord, en prenant conscience que nous sommes tous plus ou moins incapables d’interpréter correctement la croix chaque fois qu’elle se présente à nous. Mais, en même temps, Matthieu nous redit que chaque fois que nous accueillons dans la foi l’expérience de la béatitude des persécutés, nous renforçons notre décision de marcher à la suite du Christ.
C’est ici que nous sommes renvoyés à notre attachement au Christ, lui que nous reconnaissons et que nous acclamons comme notre Roi, notre Sauveur, notre Rédempteur. Au cours du récit de la passion, le fait de citer 40 fois le Nom de Jésus (YEHOSHUAH=Dieu sauve) montre que s’accomplit ainsi le projet de Dieu, malgré que les apparences pourraient nous détourner de cela. Notre attitude devant la croix, lorsqu’elle se propose à nous, sera révélatrice de ce que représentent pour nous ces titres que nous lui attribuons. Car suivre le Roi d’humilité implique d’avancer sur le chemin de l’amour et du don total de soi. Sans prétendre y arriver tout de suite, nous ne devons pourtant pas perdre de vue cette finalité et prendre les moyens pour la rejoindre. Il s’agit de cheminer, « les yeux fixés sur Jésus-Christ et entrer dans le combat de Dieu », répétions-nous à la prière des laudes du Carême. Les textes de ce jour nous apprennent que le plus fondamental peut-être c’est d’entrer toujours davantage dans la même intimité, la même communion de volonté avec le Père que celle de Jésus. Invitation à prier toujours plus et toujours plus intensément. C’est, en effet, dans la prière seule, comme Jésus à Gethsémani, que nous trouverons la force de choisir et non pas de subir nos croix dans le don total de nous-mêmes. L’enjeu est de taille car c’est ici que se joue l’avènement du Royaume de Dieu.

«Seigneur, fais-nous la grâce, durant cette semaine sainte, d’être renouvelés dans notre attachement à ta personne. Fais-nous la grâce de savoir te contempler et t’écouter dans ta Passion, t’écouter parler à notre cœur, t’écouter nous dire : Tu comptes beaucoup pour moi».