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La paix soit avec vous! Recevez l’Esprit-Saint et soyez apôtres de la miséricorde de Dieu.

«La paix soit avec vous». L’Évangile d’aujourd’hui se situe: «après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine». Jésus est déjà ressuscité, certaines femmes affirment l’avoir vu, mais que vaut le témoignage d’une femme à cette époque. Les disciples ne veulent pas y croire ou n’osent pas y croire. Ils ont perdu l’espérance et ils se sont enfermés par peur des juifs. Cependant Jésus apparaît au milieu d’eux ; comme souvent, c’est lui qui fait le premier pas, celui qui s’approche en premier. Il aurait pu commencer en leur reprochant leur lâcheté, mais il préfère leur donner la paix. Il ne s’agit pas de n’importe quelle paix, comme cette paix superficielle qu’on peut expérimenter quand notre voisin nous laisse tranquille. Jésus leur donne sa paix, celle qui ne dure pas seulement un court moment mais qui est stable, qui dure même pendant les épreuves. C’est une paix qui chasse toutes les peurs et qui redonne l’espérance. Jésus l’a donnée à ses disciples, mais, aujourd’hui, il veut la donner aussi à chacun d’entre nous.

En ce premier dimanche après Pâque (qui est le 2ème en fait), l’Eglise nous invite aussi à tourner notre attention vers le mystère de la Divine Miséricorde, selon la demande de Jésus lui-même à Sainte Faustyna Kowalska : « Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques. Ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde ».

Pourtant, quel rapport la figure de Thomas doutant de la résurrection du Seigneur et demandant des preuves bien concrètes de celle-ci peut-elle avoir avec le mystère de la miséricorde divine célébré en ce jour ?
«Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n’y croirai pas» : Somme toute, une telle requête n’est-elle pas normale ? En effet, serait-il bien raisonnable d’engager toute sa vie à la suite de ce prétendu ressuscité sans un minimum de garanties ? 
Ce qui est touchant c’est que Jésus va consentir à cette demande de Thomas. En invitant son Apôtre à avancer la main et à la mettre dans son côté, il va bien lui donner une «preuve» tangible de sa résurrection. Mais en même temps, il lui intime de cesser d’être incrédule et de devenir croyant. 
Cette injonction n’aurait pas de sens s’il s’agissait seulement de «croire» en la résurrection, puisque celle-ci est maintenant pour Thomas de l’ordre de l’évidence sensible. C’est ici que nous devons être bien attentifs.

En fait, Jésus invite Thomas à dépasser une incrédulité qui ne concerne pas le fait de la résurrection mais son interprétation. C’est au niveau du sens à donner à l’événement de la résurrection du Seigneur que Thomas doit passer de l’incrédulité à la foi. 

Les disciples lui avaient annoncé pleins de joie : «Nous avons vu le Seigneur !». Certes ils avaient bénéficié d’une apparition du Ressuscité ; mais nous savons que chez saint Jean, le verbe «VOIR» ne désigne pas une vision sensible, mais la perception nouvelle qui s’ouvre au regard du croyant grâce à l’action de l’Esprit, comme le récit nous le suggère par le geste du Seigneur qui souffle sur eux en disant : «Recevez l’Esprit Saint». 
Ce que les Apôtres ont « vu » de part l’œuvre de l’Esprit en eux c’est le véritable sens de l’événement de la résurrection à savoir le triomphe de la miséricorde divine. Nous le percevons à travers les paroles de Jésus qui leur donne le pouvoir de pardonner révélant ainsi le sens rédempteur de sa Passion glorieuse. Ils sont invités à partager la grâce dont ils sont les premiers bénéficiaires. Et c’est bien ici qu’ils doivent entrer dans la foi car cette grâce demeure invisible : rien dans l’ordre sensible ne permet de vérifier le pardon des péchés.

Nous comprenons alors que l’acte de foi que Thomas est invité à poser est celui de croire que la miséricorde du Seigneur a triomphé de son péché. Le Ressuscité l’appelle à sortir d’une culpabilité qu’il entretenait sans doute en lui depuis la mort du Seigneur pour accueillir la vie nouvelle de son Esprit : « La paix soit avec vous ». Comment ne pas réentendre ici ces paroles de Jésus à sainte Faustine : « L’humanité n’aura de paix que lorsqu’elle s’adressera avec confiance à la Divine Miséricorde », comme on le lit dans Journal, (p. 132), autrement dit lorsqu’elle croira que ma Miséricorde a triomphé de tout péché, de toute mort.

Maintenant, Thomas aussi a «vu le Seigneur» et a confessé son Dieu, le Père de Jésus Christ son Seigneur, qui dans sa grande miséricorde vient de le faire renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance, pour l’héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement, comme nous le lisons dans la 2ème lecture. Il sait qu’il est réconcilié avec le Père et peut à son tour devenir héraut de ce pardon dont il est bénéficiaire.

En ce jour, où Jésus a promis à Sainte Faustine que ceux qui imploreraient sa Divine Miséricorde recevraient beaucoup de grâces, nous pouvons nous interroger : N’avons-nous pas besoin nous aussi du signe offert à Thomas à savoir le Cœur ouvert du Ressuscité ? En effet, quel sens donnons-nous à l’événement de la Pâque de notre Seigneur, à sa mort et à sa résurrection ? Osons-nous croire qu’ « ensevelis dans la mort avec Jésus par le baptême, nous vivons nous aussi dans une vie nouvelle, celle du Christ ressuscité par la gloire du Père»? 
Ne nous est-il pas arrivé, devant notre péché, de nous enfermer dans la culpabilité ? Les plaies ouvertes de Jésus ne nous parlent-elles pas plus souvent de condamnation que de miséricorde ? La figure de Thomas et l’attitude de Jésus à son égard peuvent ici nous être d’un grand secours. Nous aussi avons besoin de «VOIR», de croire, que les plaies de Jésus, que l’eau et le sang jaillis de son côté, nous parlent de vie et non pas de mort.

En ce dimanche, contemplons comme Thomas ce Côté ouvert pour nous et écoutons Jésus nous dire : «En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme de l’écarlate.»
A cette Miséricorde, nous voulons nous abandonner avec confiance. Evidemment, cela ne profitera pas seulement à nous! Après en avoir fait l’expérience, nous devrons à notre tour, en faire preuve à l’égard de nos frères, aussi bien au niveau de la communauté ecclésiale qu’au niveau personnel. De l’expérience de la miséricorde gratuite de Dieu naît la capacité et l’exigence de faire preuve de miséricorde les uns envers les autres : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ». De cette miséricorde et de son exercice concret naît la communion fraternelle parce qu’à travers son fruit de réconciliation elle efface toutes divisions. C’est ce que chaque communauté de croyants est appelé à vivre et à témoigner. Dans la 1ère lecture, Saint Luc nous le rappelle à travers l’exemple de la première communauté chrétienne.

«Seigneur Ressuscité, merci pour le don de ta Miséricorde offerte à ton Eglise et à l’humanité toute entière. Toi qui connais le cœur des hommes, tu connais nos faiblesses, et c’est pourquoi tu ne nous laisses jamais seuls. Tu seras toujours le premier à venir à notre rencontre, comme tu l’as fait avec tes disciples et saint Thomas. Merci, Seigneur, parce que tu nous donnes à nous aussi, ton Esprit, ta paix et ta joie. Merci, pour tes prêtres à qui tu as donné le pouvoir de pardonner les péchés. Merci pour Saint Jean Paul II. le grand Apôtre de la miséricorde divine. Merci parce que tu es resté avec nous dans le tabernacle. Que peut-on te demander de plus? Redisons donc notre foi avec les paroles de saint Thomas: «Mon Seigneur et mon Dieu!»



« Il vit, et il crut » que selon les Ecritures, Jésus devait ressusciter des morts.

Essayons de recevoir ce récit avec l’innocence d’une première écoute.  L’évangéliste précise le cadre temporaire : « le premier jour de la semaine ». Il ne s’agit pas d’une semaine parmi les autres, faisant simplement suite à la précédente, mais de « la » semaine. De quelle semaine unique pourrait-il bien s’agir ? Si nous nous souvenons que Saint Jean commence son Prologue comme une nouvelle Genèse, nous pressentons qu’il s’agit du premier jour de la nouvelle création. Quel est le sens que nous donnons à nos dimanche ? Ne sont-ils pas peut-être considérés comme le 7ème jour, le sabbat, jour de repos après toute une semaine de travail ? Le dimanche véritablement chrétien inaugure et imprègne tous les jours de la semaine (voir sur certains calendriers, bien faits selon moi !). Le sabbat était la clôture d’un passé (le 7ème jour), le dimanche ouvre sur un futur (le premier jour). La semaine inaugurée par le résurrection du Christ durera « jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20). C’est le temps au sein duquel Jésus rencontrera tous ceux qui cherchent un sens à leur vie par-delà leur mort. Notre vie tend-t-elle vraiment vers cela ?

Ce jour s’est déjà levé lorsque Marie-Madeleine se rend au tombeau « de grand matin », sans doute pour s’y recueillir et laisser libre cour  à son chagrin. Mais même si le soleil a commencé sa course, il n’a pas encore chassé l’obscurité de la nuit ; l’évangéliste précise en effet qu’« il fait encore sombre ». Marie-Madeleine n’est toujours pas sortie de l’ancien monde ; elle n’a pas encore pris conscience de la nouveauté advenue, pas plus que nous d’ailleurs : le chapitre 19 de saint Jean se termine en effet sur le récit très sobre de l’ensevelissement de Jésus dans un tombeau neuf ; puis chacun se retire, à cause de la « Préparation », sous-entendu de la fête pascale. Dans la pénombre de l’aurore, Marie-Madeleine ne voit rien, si ce n’est que « la pierre a été enlevée du tombeau : On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis ».

A y regarder de plus près, ce verset nous réserve deux surprises : nous nous attendions à ce que Marie-Madeleine exprime son angoisse devant la disparition du « corps » de son Maître défunt, c’est-à-dire de son cadavre ; or elle parle de l’enlèvement « du Seigneur » comme s’il s’agissait du rapt d’un vivant. Signe d’un deuil qui n’est pas encore accompli ? Ou pressentiment que l’amour ne peut pas mourir ?
Deuxième surprise : le pluriel de l’aveu d’ignorance : «nous ne savons pas où on l’a mis». Il est peu probable que Marie-Madeleine utilise un pluriel de majesté. Etait-elle accompagnée d’autres femmes dont l’évangéliste n’a pas jugé nécessaire de faire explicitement mention ? Peut-être. Mais accueillant le récit tel qu’il nous est livré, il nous semble plutôt entendre, à travers la voix de Marie-Madeleine, l’écho de l’aveu d’ignorance qui résonne tout au long du quatrième Evangile : « nous ne savons pas » qui est cet homme, d’où il vient, par quelle autorité il enseigne, chasse les démons et accomplit les signes et miracles qu’on lui attribue. Marie-Madeleine semble jouer ici le rôle du chœur dans les tragédies grecques, qui prononce à haute voix l’avis du grand nombre. (Pour culture, on saura que c’est William Shakespeare, avec la progression des courants individualistes, qui commence à mettre sur scène des personnages qui parle en disant « JE ». Avant on utilisait le « nous »). La mention de l’incise « nous ne savons pas » est un indice important dans notre récit, car il suggère que le lieu mystérieux où se trouve le Seigneur n’est pas accessible par des moyens d’investigation simplement humains : il ne se dévoilera qu’aux yeux de la foi. Pour combler le manque au niveau du «savoir», il faut accepter de croire, c’est-à-dire de s’ouvrir à une autre perception des événements, que Saint Jean désigne par le terme «voir» (Cfr méditation sur le récit de l’Aveugle-né).
Marie-Madeleine n’en reste cependant pas à un simple constat : bouleversée par la disparition de son Seigneur, elle court vers ceux qui sont supposés savoir : Simon-Pierre et l’autre disciple, qui est qualifié d’une façon toute particulière : «celui que Jésus aimait». Il est évident que le Seigneur aimait tous ses disciples ; cette précision suggère plutôt que celui-ci avait répondu d’une façon toute particulière à l’amour du Maître, si bien qu’il lui était uni plus étroitement.
Nos deux apôtres se mettent eux aussi en mouvement, parcourant le trajet inverse de Marie Madeleine, dont le récit ne nous dit pas qu’elle les accompagne : nous la retrouverons plus tard près du tombeau ; pour le moment elle disparaît de la scène, comme si son rôle n’avait consisté qu’à informer les disciples de la disparition du Seigneur de ce monde ancien, disparition qu’elle interprète comme un « enlèvement ».
Pierre et l’autre disciple se hâtent donc sur les lieux pour constater les faits. Si les deux compagnons sont côte à côte pour ce qui est du constat de l’absence du corps, dans la recherche du sens de l’événement, « l’autre disciple » précède Pierre, comme la suite du récit le confirme. Sobrement, l’évangéliste suggère, à partir de la différence du comportement extérieur, la différence d’attitude intérieure des deux personnages.

Pierre, sans hésiter, entre dans le tombeau et fait un constat rigoureux de la disposition du « linge qui couvrait la tête et du linceul». Il se meut toujours dans l’ancien monde, celui où « il fait encore sombre », et où il ne peut que prendre acte de l’absence troublante du corps du Seigneur. L’autre disciple, celui qui était «arrivé le premier au tombeau», n’entre pas tout de suite ; il «se penche», geste qui ressemble à une prosternation, et «contemple le linceul resté là». Son regard illuminé par l’amour, scrute l’invisible et «voit» ; il pressent la présence cachée au creux de l’absence. Ce n’est qu’alors qu’il entre lui aussi, mais il ne pénètre pas dans le même lieu que Pierre. Celui-ci était descendu dans un tombeau vide, symbole du monde ancien marqué par la mort et dont Dieu s’est retiré. Le disciple que Jésus aimait, lui, est entré dans le monde nouveau et dans les temps nouveaux.

Pour Simon-Pierre, «la pierre a été enlevée du tombeau» pour en faire sortir un cadavre. Pour l’autre disciple, elle est roulée afin de permettre aux croyants d’entrer en présence du Seigneur, dans ce lieu qui n’est plus la sépulture d’un défunt, mais le Temple du Dieu vivant.
Ne sommes-nous pas tous confrontés à cette double approche ? Comme Simon-Pierre qui pénètre en premier dans le tombeau, notre raison se saisit d’emblée de l’événement ; mais son analyse n’atteint que le phénomène, c’est-à-dire ce qui apparaît aux yeux de chair ; l’essentiel lui demeure invisible. Seul l’esprit illuminé par la foi, l’espérance et l’amour peut discerner, au cœur d’une contemplation priante, le mystère du Jour nouveau et du Monde nouveau, le mystère de la nouvelle création qui s’annonce, le mystère de la présence du Vivant qui vient combler notre attente.

«Aujourd’hui, Dieu notre Père, tu nous ouvres la vie éternelle par la victoire de ton Fils sur la mort, et nous fêtons sa résurrection. Que ton Esprit fasse de nous des hommes nouveaux pour que nous ressuscitions avec le Christ dans la lumière de la vie ».

Alléluia! Il est ressuscité comme il l’avait dit. Alléluia! Alléluia! Amen!

Frères et sœurs, en cette nuit qu’illumine la splendeur du Christ ressuscité, nous sommes invités à célébrer notre propre passage de la mort à la vie. En appelant Jésus à une vie nouvelle, Dieu n’a pas annulé ni banalisé sa mort humaine, il en a plutôt changé la signification. La résurrection de Jésus atteste que l’épreuve angoissante de la mort ouvre un passage vers la communion avec Dieu, pour qui s’est abandonné à Lui. Le mot « Pâques » désigne donc ce nouvel « exode » hors du pays de l’idolâtrie, du mensonge et de la violence, comme il en aura été pour la vie de Jésus et surtout durant son procès qui n’a pas même duré 24 heures alors qu’il a eu comme fin la peine capitale. Quelle rapidité ainsi étrangère à nos juridictions ! La résurrection que nous célébrons à Pâques accomplit dans le mystère quotidien de notre renaissance, si magnifiquement évoqué par les grands symboles de la veillée pascale : la lumière, la parole, l’eau (de baptême), le pain et la coupe eucharistique.
Pour commencer voyons comment il est mis en scène. Il y a un tremblement de terre, et l’ange ressemble à un éclair. Ce sont des signes eschatologiques, nous sommes donc à la fin des temps. De plus, l’ange est assis sur la pierre, montrant la maîtrise absolue de Dieu sur la mort, qui est le signe de l’avènement de la fin des temps.

Il porte un vêtement blanc, le même que l’on a vu briller au jour la transfiguration que nous méditions au deuxième dimanche du Carême. Sa descente du ciel est le mouvement même de l’Esprit Saint lors du baptême de Jésus. Ces éléments montrent que toutes les théophanies de l’évangile sont convoquées. Mais l’ange lui-même est un rappel. Nous l’avons connu en effet au début de l’évangile. Cet ange qui vient nous orienter vers la Galilée, est celui est descendu à Nazareth annoncer la venue du Sauveur à un certain Joseph, charpentier de son état.

Mais aujourd’hui, l’ange n’est plus une figure diffuse qui parle dans un songe. Il brille. Son éclat nous dit que la résurrection est l’événement vers lequel toute l’Ecriture converge, il signifie que la résurrection est la source de la lumière qui éclaire la Loi, les prophètes et toutes les écritures. Voilà qui peut nous rendre attentifs à certaines paroles de l’ange. « Il est ressuscité comme il l’avait dit », nous dit-il. Cette scène n’est donc pas dans l’ordre de la représentation, mais dans l’ordre la foi ! Cela veut dire que ce message nécessite notre adhésion.

La résurrection nous demande une prise de position. Il nous faut choisir à quel groupe nous voulons appartenir. Celui des soldats, qui refusent de lire le signe du tombeau vide, et sont comme morts d’avoir refusé le jaillissement de la vie, ou celui des saintes femmes, qui, toutes tremblantes, accueillent le signe et la parole qui leur sont donnés. Il faut noter que l’Evangile ne décrit pas le comment de la résurrection : il faut y croire. On nous parle de l’ange qui ouvre le tombeau en roulant la pierre pour que les femmes puissent constater que le tombeau est vide : « venez voir l’endroit où il reposait ». Elles étaient en recherche devant le tombeau vide, et elles ont finalement rencontré Jésus, le Vivant.

Ainsi, si la rencontre avec Jésus est si simple, si naturelle, et presque anodine (elle ne tient que deux versets à la fin de l’évangile), c’est parce que la foi nous rend accessible les réalités que nous cherchons. « Je vous salue », dit Jésus, montrant ainsi qu’il nous a définitivement acquis la familiarité avec Dieu que nous avions perdue. Il n’est pourtant pas question de s’attarder avec le Maître, de le maintenir près de nous : il nous invite à courir annoncer la Bonne Nouvelle. « Vite » nous dit l’ange. Voilà alors comment la résurrection fonde l’Eglise. L’ange invite les femmes à vite transmettre cette nouvelle à la communauté des apôtres en déroute et dispersés par le scandale de la mort du Maître. Le Ressuscité lui-même prend la tête du groupe en les précédant au lieu du rassemblement, la Galilée des nations qui sera le départ de cette nouvelle communauté aux dimensions universelles.

Il y a urgence donc, nos frères doivent savoir, toutes nos Galilées attendent l’aurore de ce jour où l’on peut enfin crier : « Alleluia, Jésus est ressuscité ! Venez et vous le verrez ! »