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Archives de Catégorie: Méditations

« Tu aimeras », nous dit Jésus. Mais c’est sans limites, car on n’a jamais fini d’aimer ! Heureusement !

HomélieComme le rappelle la première lecture, la Bible ne cesse d’engager le peuple élu à accueillir l’immigré, à prendre soin de la veuve, de l’orphelin et du pauvre, à refuser l’usure et la confiscation des biens d’autrui. Aujourd’hui, nous dirions que ces lectures nous appellent à être plus catholiques que nous ne le sommes en pratique, en sortant de nos étroitesses de vue et de visions qui catégorisent les gens, au lieu de voir en tout homme/toute femme un fils de Dieu sont nous nous réclamons fils/filles en l’appelant Père. Dans l’évangile de Matthieu, Jésus rattache tous ces préceptes à l’amour de Dieu et du prochain. Non seulement le second commandement est semblable au premier ; il en est inséparable. Notre monde serait-il ce qu’il est avec ses inégalités et ses exclusions, si les disciples de Jésus mettaient le double commandement de l’amour au premier plan de leurs préoccupations ? En particulier, l’humanité déborde aujourd’hui de migrants de toutes sortes : travailleurs émigrés, réfugiés politiques, personnes déplacées ou laissées-pour-compte. Savons-nous seulement les voir ? Et comment les regardons-nous ?

Ce texte du droit coutumier israélite remonte au tout premier temps de l’installation des tribus hébraïques en Palestine, peu après l’exode. Dieu s’y montre le défenseur des pauvres, des opprimés, des gens sans défense dans la société : l’étranger immigré qui n’a pas tous les droits sociaux de l’israélite, la veuve et l’orphelin qui demeurent sans protecteur, le pauvre réduit à emprunter sur gages. Les motivations données (suite…)

Libres et responsables, Dieu nous confie sa vigne pour qu’elle fructifie pour Lui et pour nos frères et sœurs.

La patience de Dieu envers nous

HomélieLe poème d’Isaïe pour la vigne de son ami sonne comme une histoire d’amour, mais il s’inverse soudain en un douloureux réquisitoire. Le patron prend le peuple à témoin du différend qui l’oppose à son épouse : il attendait de beaux raisins, et la vigne n’a donné que des grappes sauvages. La parabole de Matthieu cite Isaïe pour évoquer elle aussi, une vigne et son propriétaire, avec une note de Jésus qui y ajoute des travailleurs qui confisquent les fruits de la vigne. Cet avertissement concerne d’abord les conditions d’accès au Royaume de Dieu. Il peut se rapporter aussi à notre responsabilité à l’égard de créations tout entière qui est comme le vignoble de l’humanité. La tentation n’est-elle pas grande pour les pays riches comme pour nous-mêmes, d’accaparer et faire nôtre ce qui ne nous appartient pas et qui devait être partagé ? Mettons-nous à l’écoute de cette parole de Dieu.

Les interlocuteurs de Jésus n’ont pas hésité une seconde pour reconnaître Dieu comme propriétaire du domaine, la vigne qu’est Israël son peuple, et les serviteurs maltraités par les vignerons comme la longue ligne de prophètes : ses serviteurs, puis d’autres serviteurs encore plus nombreux, enfin son Fils. Cette continuité historique prouve la patience de Dieu qui ne désespère d’Israël, ni de nous-mêmes. Une fois engagés dans le dialogue, les interlocuteurs de Jésus ont été contraints de prononcer la condamnation (qui est la leur) des vignerons. Qui sont en effet, ces vignerons ? Ce sont tous les responsables auxquels Dieu a confié son peuple. Parce qu’ils ont rejeté et tué son Fils, estimant Jésus impropre à être le Messie attendu, le Royaume de Dieu (suite…)

Seigneur, sans rejeter personne, tu préfères les cœurs contrits. Aide-nous Seigneur à le reconnaitre.

HomélieLa liturgie de ce jour est un appel à l’espérance. Aucun malheur n’est assez grand pour empêcher le Bon Dieu de nous rejoindre. Certes, nous dit Ézéchiel, le juste peut chuter, emporté par sa propre perversité, et devenir méchant. Mais ce n’est jamais irrémédiable, car Dieu ne veut pas la mort du méchant mais qu’il vive ! Cette première lecture contient d’ailleurs, à mon sens, la clé de lecture de l’évangile de ce jour. Par la bouche de son prophète, Dieu déploie en effet un plaidoyer, il présente sa propre défense. Dénoncé comme responsable de nos propres turpitudes, le Seigneur réagit : « est-ce ma conduite qui est étrange ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? ». Voilà qui est bien étrange en effet, et qui nous invite à adopter un autre point de vue. Pour comprendre la parabole de Jésus, fallait-il seulement nous concentrer sur l’attitude contrastée des deux frères ? Comment la lirions-nous si nous nous attachions à regarder le visage du Père ? Il n’agit pas comme nous. Aux yeux du monde, nous sommes presque définitivement classés par notre passé. Si nous avons été fautifs, on ne nous laisse que peu de chances de refaire notre vie. Si nous avons été braves, on n’imagine pas que nous gardons la liberté de le renier. Dieu croit à notre liberté, croit que nous pouvons nous convertir du mal au bien et du bien au mieux. En ouvrant par son pardon l’avenir de notre liberté, Dieu nous fait libres.

L’exercice est déroutant car ce visage se fait discret. Il y a d’abord le (suite…)