Évangéliser les aréopages contemporains

Le Blog et l’Admin.

Tout concourt au bien pour qui garde confiance en Dieu, Lui, le Maître de l’histoire.

1. Quelles que soient les infidélités de l’homme, la miséricorde de Dieu lui est acquise sans défaillance. C’est ainsi que l’auteur de la première lecture interprète l’histoire de l’exil babylonien. L’exil des juifs organisé par Nabucodonosor, en 587 av. J.C., après la destruction du Temple, et le retour de captivité autorisé par l’édit de Cyrus, païen, en 538, sont pour l’auteur du livre des Chroniques l’occasion d’une lecture religieuse de l’histoire. Le Seigneur n’est pas infidèle à son Alliance avec Israël, c’est le peuple qui s’est détourné de lui, qui s’est moqué des prophètes et s’est fourvoyé dans l’idolâtrie. Il s’est acheminé à la catastrophe. Mais Dieu reste fidèle : c’est par un roi païen qu’il accomplira la promesse de Jérémie annonçant que les exilés rentreront dans leur pays et rebâtiront le Temple. Ainsi l’auteur voulait-il maintenir vivante la confiance du peuple dans la fidélité de Dieu à ses promesses messianiques. Aujourd’hui encore des hommes et des femmes qui ne partagent pas notre foi, font avancer la démocratie, la justice et la paix. Ils sont inspirés par Dieu, les reconnaissons-nous ?

2. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. De nos jours, beaucoup sont tentés par une sorte de pessimisme : «le monde est pourri… il n’y a rien à y faire. Morosité, malaise, dont les justifications ne manquent pas, hélas, pour tout homme lucide : violences, prises d’otage, égoïsmes collectifs et individuels, bassesses de toutes sortes, dépravation morale, perte de la conscience professionnelle, exploitation de l’homme par l’homme, abus des mensonges idéologiques ou publicitaires, matraquages de l’opinion publique et médiatique, désenchantement, etc. Dieu, lui aussi, voit tout cela ! Et pourtant, Il aime ce monde, il ne se résigne pas à son mal, il veut le sauver. Dieu nous prend à contre-pied. Ce monde qui nous paraît parfois si moche, si mal fait, Dieu l’aime. Dieu est passionné par sa Création inachevée, qu’il est en train de conduire jusqu’à la perfection… Le monde n’est pas absurde. Si nous adoptons le égard de Dieu, un «regard d’amour», alors, au lieu de continuer à gémir, nous allons donner notre vie, à notre pour, pour nos frères.

3. Le récit de la rencontre de Jésus avec Nicodème suit immédiatement celui de l’expulsion des vendeurs du Temple, que nous avons médité dimanche dernier. Par cette action prophétique, Jésus s’était opposé ouvertement au parti des grands prêtres et autres notables appartenant au parti des Sadducéens. Ceux-ci gouvernaient le Temple de Jérusalem et la vie religieuse du peuple, mais la légitimité de leur pouvoir était contestée par les Pharisiens. Il n’est dès lors pas impossible que la démarche de Nicodème ait une dimension « politique » : peut-être venait-il suggérer à ce Maître de plus en plus populaire, de se rallier à la cause de son parti dont il semblait épouser les positions. Pour les pharisiens en effet, ce ne sont pas les sacrifices du Temple, mais l’observance de la Loi qui conduit au salut. Voilà pourquoi Nicodème annonce en préambule : « L’acte prophétique que tu as posé dans le Temple, nous a confirmé dans notre opinion : “tu es un maître qui vient de la part de Dieu ». N’est-il pas vrai que nous essayons chaque fois d’engager Dieu pour qu’il soit de notre côté, surtout quand je ne m’entends pas bien avec tel ou tel autre ? Ne cherchons-nous pas surtout à pointer du doigt l’autre, et par-là, éviter de bouger d’un centimètre, pour changer quelque chose en nous ?

4. Ici, Nicodème doit encore découvrir que Jésus n’est pas un commentateur particulièrement inspiré de la Loi ancienne, mais qu’il vient instaurer la Loi nouvelle de l’Esprit. Contrairement aux pharisiens, Notre-Seigneur ne promet pas le salut au prix d’une observance scrupuleuse des préceptes ; mais il invite tous ceux qui croient en lui, à accueillir gratuitement la vie nouvelle qu’il leur offre de la part du Père : « c’est par grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu », nous dit la 2ème lecture. Car « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a envoyé son Fils unique dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». En son Fils Jésus-Christ, donc, Dieu a ouvert devant nous une voie nous permettant d’« échapper au jugement » ; à condition bien sûr que nous fixions nos yeux avec amour et reconnaissance sur celui qui accepta d’être « élevé » sur la croix « afin que tout homme qui croit, obtienne par lui la vie éternelle ». Voilà pourquoi l’Eglise nous invite à nous réjouir au cœur même de ce Carême, en ce dimanche dit du « laetare » – d’après la première parole de l’antienne d’ouverture : « Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d’elle, vous tous qui l’aimez! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui portiez son deuil ! Ainsi vous serez nourris et rassasiés de l’abondance de sa joie » (Is 66, 10-11).

5. Il nous faut donc apprendre à vivre dans la mémoire continuelle de Dieu, de ce qu’il a fait pour nous en son Christ. Dieu est Maître de l’histoire : il peut tout faire concourir au bien de ceux qui l’aiment et se confient à lui. Tout comme il s’est servi du roi païen Cyrus pour ramener son peuple sur sa terre afin qu’il lui bâtisse un Temple, ainsi pourra-t-il tirer profit de tous les événements de notre vie, y compris de notre péché, pour nous attirer jusqu’à lui. A travers l’image du Serpent de bronze, l’Evangile de ce jour nous apprend en effet que loin d’être un obstacle à l’action de Dieu, le péché pourrait être l’endroit décisif où le don de Dieu se communique dans toute sa plénitude. A condition que nous acceptions d’exposer notre péché au grand jour de la miséricorde, au lieu de le cacher dans les retranchements de notre conscience enténébrée. C’est en levant les yeux vers le Christ élevé en croix, que nous pouvons voir notre péché dans la lumière de la miséricorde divine et que nous pouvons pressentir le sens du verset de l’Exsultet que nous chanterons dans la nuit pascale : « Heureuse faute qui nous valut un tel Rédempteur ! » – comprenons : heureuse faute qui nous valut la révélation de l’infinie miséricorde de Dieu à notre égard. Comment ne pas nous émerveiller devant un tel Amour, qui dans un seul et même élan, pardonne, recrée et donne part à sa propre vie.

« Seigneur apprends-nous à vivre de la mémoire de tes bienfaits. Puissions-nous ne jamais oublier le don que tu nous fais en ton Fils Jésus-Christ, et laisser la grâce divine dont nous sommes héritiers, produire en abondance son fruit de justice, de paix et de joie : “Je veux que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n’élève ton Nom au sommet de ma joie” (Ps 136). »

IDOMINIKA YA 4 YO MU KAREMA (Umwâka B)

Babonye bibereye, bashobora gusoma ibisomwa vyose vy’Idominika ya 4 yo mu Karema vyagenewe umwaka A.

IGISOMWA CA MBERE

Ivyo dusoma mu gitabu ca kabiri c’Ukwibutsa ivyabaye (36, 14-16. 19-23)

Ishavu n’imbabazi Umukama afitiye igihugu ciwe

Ku ngoma y’umwami Sedesiyasi, abakuru bose b’abasaserdoti be n’ishengero ry’abantu bagize ububegito bwinshi, bakaja mu bizira vyose vy’ubuyobe bw’abapagani, bakanduza igisengero ca Yeruzalemu Umukama yari yigiriye ceranda. Umukama Imana ya ba Sokuruza, abatumako intumwa ziwe, akama azindurwa uko bukeye n’ukubatuma, kuko yatewe ikigongwe n’abantu biwe be n’ingoro yiwe. Ariko, bagashinyaguriza izo ntumwa z’Imana, bagakengera amajambo yayo, bagatwenga abahanuzi bayo, gushika aho ishavu ry’Umukama ryaguye ku bantu biwe, ritagishobora kugarurwa. Maze, Abanyababiloni baturira ingoro y’Imana, basenyura n’uruzitiro rw’amabuye rw’i Yeruzalemu, baturira n’ingoro zaho zose, bahonya n’ivyiza vyaho vyose. Abacitse bagakira inkota, umwami Nabukodonosori abajana i Babiloni, abagira abaja biwe n’ab’abahungu biwe, gushika igihe Abapersi bashikiriye ingoma : kwari ukugira ngo ijambo Umukama yavugiye mu kanwa ka Yeremiya rishike : « Igihugu cose kizoba amatongo imyaka mirongo indwi yose, gushika aho kizoba cishuye amasabato yose bari bononye. »

Hanyuma, mu mwaka wa mbere Siro umwami w’Ubupersi agiye ku ngoma, Umukama akabura umutima wiwe, kugira ngo ijambo yavugiye mu kanwa ka Yeremiya ribone gushika. Ni uko rero, Siro ashinga iri tangazo mu gihugu ciwe cose, aranaryandika ngo : « Ng’iri irivuzwe na Siro, umwami w’Ubupersi : Umukama Imana Nyenijuru yangabiye ibihugu vyose vyo kw’isi, kandi yanshinze kumwubakira ingoro i Yeruzalemu mu Buyudeha. None umuntu wese muri mwebwe wo mu bantu biwe bose, Umukama Imana yiwe n’abane na we, yongere uwo muntu aduge i Yeruzalemu. »

IZABURI 136 (137), 1-2. 3. 4-5. 6

Icit : Ninaramuka ntakwibutse,
         ururimi rwanje ruragaca ruhoma mu magage !

Iruhande y’inzuzi za Babiloni twari twicaye,
turira mu kwibuka Yeruzalemu ;
inanga zacu twari twazimanitse
ku biti bitonze kuri izo nzuzi.

Abandi bari baducungiye hano batwinginga
Ngo tubaririmbire uturirimbo turora ku Mana ;
abatugenza nabi badusaba kunezerwa,
bati : « Duterere utuvyino turora kuri Siyoni. »

Mwumva twari gutera utuvyino tw’Umukama,
turi kw’isi itari rwacu !
Ninaramuka ndakwibagiye, Yeruzalemu,
ukuboko kwanje kw’iburyo kuragaca kwuma buhehe !

Ninaramuka ntakwibutse,
kandi ineza ngufitiye ntisumbe izindi,
ururimi rwanje ruragaca ruhoma mu magage !

IGISOMWA CA KABIRI

Ivyo dusoma mw’Ibaruwa Umutumwa Paulo yandikiye Abanyefezi (2, 4-10)

Inema y’Imana ni yo yadukijije

Ncuti zanje,
Imana ni Nyenikigongwe. Kubera rwa rukundo rwinshi yadukunze, aho twari tukiri abapfu bishwe n’ibicumuro, – muba mukize noneho kubera ubuntu bwayo gusa, – kandi yatuzuranye na we, itwicarika na we mw’ijuru turi muri Kristu Yezu, kugira ngo yerekane mu myaka izoza itunga ry’agahebuza ry’inema yayo mu kutugirira imbabazi muri Kristu Yezu. Koko, ubuntu bwayo ni bwo bwatumye mukira kubera ukwemera ; na vyo nyene ntivyavuye kuri mwebwe, ni ingabirano y’Imana ; ntivyavuye ku bikorwa, kugira ngo ntihagire n’umwe yishimagiza. Na none, turi ibiremwa vyayo, twaremewe muri Kristu Yezu, ngo dukore vya bikorwa vyiza Imana yaduteguriye ngo tubigenderemwo.

INKURU NZIZA

Urakaninahazwa kandi uragashemezwa, Mukama Yezu.

Imana yarakunze isi, gushika itange Umwana wayo w’ikinege,
uwumwemeye wese arafise ubuzima budahera.

Urakaninahazwa kandi uragashemezwa, Mukama Yezu.

Ivyo dusoma mu Nkuru Nziza yanditswe na Yohani (3, 14-21)

Imana yaratumye Umwana wayo gukiza isi

Muri irya minsi, Yezu yabariye Nikodemu ati : « Nta n’umwe yuriye mw’ijuru atari uwamanutse ava mw’ijuru, Umwana w’umuntu. Nk’uko Moshe yamanitse inzoka mu gahinga, ni ko n’Umawana w’umuntu abwirizwa kumanikwa, ngo uwumwemeye wese aronke ubuzima budahera.

Nkako nyene, Imana yarakunze isi gushika itange Umwana wayo w’ikinege, kugira ngo uwumwemeye wese ntapfe, aronke riho ubuzima budahera. Erega, Imana ntiyatumye Umwana wayo gucira isi urubanza, ariko yamurungitse ngo akize isi.

Uwumwemera nta ntahe imuvugirako, uwutemera we yararemetswe intahe, kuko yanse kwemera izina ry’Umwana w’ikinege w’Imana.
Urwo rubanza ni uru : Umuco waraje kw’isi, maze abantu bikundira umuzimagiza ha gukunda Umuco, kuko ibikorwa vyabo vyari bibi. Na none, uwukora akabi wese yanka Umuco, kandi ntiyegera Umuco, kugira ngo ibikorwa vyiwe vyoye guseruka ; uwukora ukuri we aregera Umuco, kugira ngo kabe akarangabwami k’uko ibikorwa vyiwe ari ivyakorewe mu Mana. »

La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit.

Jeune-prière-AumôneIl y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient : la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à là porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie.

En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en pratique seulement un ou deux, celui-là n’a rien. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu’il écoute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie.

Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l’homme qui a faim, s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde ; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer ; celui qui veut qu’on lui donne doit donner. C’est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu’on refuse à autrui.

Heureux les miséricordieux

« Heureux les miséricordieux »

Sois la norme de la miséricorde à ton égard : si tu veux qu’on te fasse miséricorde de telle façon, selon telle mesure, avec telle promptitude, fais toi-même miséricorde aux autres, avec la même promptitude, la même mesure, la même façon.

Donc la prière, la miséricorde, le jeûne doivent former un patronage pour nous recommander à Dieu, doivent former un seul plaidoyer en notre faveur, une seule prière en notre faveur sous cette triple forme.

Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne, parce qu’il n’est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le Prophète lorsqu’il dit : Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; le cœur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas.

Offre à Dieu ta vie, offre l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n’aura pas d’excuse, parce qu’on a toujours soi-même à offrir.

GloireMais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne se dessèche par la sécheresse de la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l’est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son cœur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s’il n’y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.

Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi, s’il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, donne à toi-même ; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne l’auras pas.

Des discours de Saint-Pierre Chrysoloque, (Disc. 43; PL 52, 320 e 322)

Sinogenda ntashimye

Ndarengutse, ntuma

UMVIRIZA. RIRIMBA

Prier l’Office divin