Un journalisme de guerre. Faut-il tout diffuser ? | La Parole de Dieu nous éclaire au quotidien !
Extrait: « Les médias sont, on ne peut plus essentiels pour toute forme de société. La communication fait la vie sociale. Les considérant sous le point de vue optimiste et convainquons-nous que la société a évolué et progresse rapidement aujourd’hui en partie grâce à l’échange d’information. Ils ont ce pouvoir d’influer sur l’opinion et d’orienter jusqu’à l’agenda des politiques ».
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Un journalisme de guerre. Faut-il tout diffuser ? | La Parole de Dieu nous éclaire au quotidien !.
« Source d’eau vive, Jésus-Christ, donne-nous ton Esprit ».
« …donne-moi à boire… »
Après le passage de la mer rouge, le peuple d’Israël, sous la conduite de Moïse, a commencé sa traversée du désert en direction de la Terre Promise. Mais voilà que l’eau commence à manquer. Ce peuple découvre comment il est difficile de conquérir la liberté et à la moindre difficulté, il est tenté de revenir à l’esclavage antérieur. Impossible de continuer ! « Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous ou n’y est-il pas ? » Le chant de victoire et d’action de grâce entonné par Anne après la destruction de l’armée de Pharaon et repris en chœur par tout le peuple semble bien loin maintenant. Dans les cœurs, c’est le murmure qui désormais a pris la place : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Egypte ? Etait-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? » Ces paroles adressées à Moïse résonnent en fait comme un reproche fait à Dieu qui pourtant veut le libérer ! Il arrive que nos efforts se heurtent à l’apathie ou à l’ingratitude de ceux que nous voulons aider ou animer. Nous découvrons-nous alors proches de Dieu, ou bien nous nous mettons à nous lamenter ! « Ndikó ndashá nôkōra ikí ? », disons-nous, nous les Burundais. Heureusement que la bonté du Seigneur ne se laisse pas vaincre si facilement. Rien ne saurait mettre en échec le plan de Dieu qui va continuer son œuvre de salut malgré l’infidélité de ses enfants. L’eau qu’il fait jaillir du rocher en réponse à l’intercession de son serviteur Moïse annonce déjà l’eau du salut qui s’écoulera du côté transpercé de Celui qui est le Rocher véritable et à laquelle tous pourront venir s’abreuver.
Cet épisode du désert de Réphidim préfigure déjà tout le chemin que le peuple devra parcourir pour comprendre qu’un seul est capable de venir étancher sa soif, le Seigneur, le Saint d’Israël, celui qui l’a libéré de l’esclavage d’Egypte. L’eau qu’il lui donnera ne sera plus alors de l’eau matérielle mais l’eau de l’Esprit Saint qui porte en elle la vie éternelle. Les différentes traversées de déserts spirituels qu’il devra accomplir dans son histoire se révèleront alors providentielles pour lui. Peu à peu, elles lui permettront de se rendre compte que la soif qu’il éprouve est bien plus que celle de l’eau d’une source ou d’un puits…
« Source d’eau vive, Jésus-Christ, donne-nous ton Esprit ».
L’eau d’un puits… Nous voilà rendus à l’évangile de ce jour. Arrivé auprès de la ville de Samarie, là où Dieu avait promis à Abraham de donner cette terre à sa descendance, Jésus, à l’heure la plus chaude de la journée, s’assoit au bord du puits creusé par Jacob. Mais chose curieuse, c’est Dieu, dans la personne de son Fils qui a pris chair de notre chair, qui ici demande à boire à l’homme, plus exactement, à une femme et une femme de Samarie, c’est-à-dire une païenne pour les juifs : « Donne-moi à boire ». Jésus a soif. Goûtons d’abord le réalisme de la scène : Jésus est fatigué, épuisé par une longue marche sous le soleil de midi,… il a faim, il est à jeun, juste avant de manger ce que les apôtres apporteront. N’en pouvant plus, il s’assoit par terre, son dos appuyé à la margelle du puits…il a soif, mais n’a pas de récipient pour puiser. Une femme arrive, portant une cruche sur sa tête à la manière de l’Orient, comme celle burundaise, j’imagine. Alors, quand je suis à bout de mes efforts, quand je n’en peux plus, (quando non ce la faccio più ! dit-on en italien), pourquoi ne pas prier ce Jésus qui sait ce que c’est ?
Allons quand même un peu plus loin. Jésus a soif, c’est vrai, pas seulement de l’eau de ce puits, mais aussi de la soif de cette femme qu’il va peu à peu conduire jusqu’à la soif la plus profonde qui l’habite, la soif d’être aimée et sauvée. Au cœur de leur dialogue, il lui demande : « Va chercher ton mari ». Il l’invite à faire la vérité sur son désir le plus intime d’être aimée. Sans se dérober, elle lui répond : « Je n’ai pas de mari ». Alors, avec douceur, Jésus la remet devant la vérité : «tu en as eu cinq et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari».
Autrefois, après avoir dévasté la Samarie, les Assyriens envoyèrent cinq peuplades païennes pour la repeupler, chacune emmenant son idole dans ses bagages. Au total sept dieux (2 R 17, 24-31). Jésus, qui arrive après les cinq maris et le sixième homme de cette femme qui incarne le manque qui l’habite, se manifeste ainsi comme l’Epoux véritable, le seul capable de combler en plénitude sa soif d’être aimée. Lui le Messie d’Israël, il vient prendre la place de ces sept divinités qui avaient pris possession de cette terre de Samarie et se révèle ainsi le Sauveur de tous les hommes. En Jésus, l’heure du salut vient et même elle est là, cette « heure où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ». Le salut apporté par Jésus consiste à nous laver du péché pour nous ouvrir à nouveau l’accès vers le Père, Source de vie. Voilà le contenu de la nouvelle Alliance que Jésus scellera en son sang sur la Croix.
Désormais le lieu de l’adoration de Dieu n’est plus lié à telle ou telle montagne mais il est constitué par la communauté des disciples qui forment le corps mystique du Christ ressuscité. Cette communauté des disciples, n’est pas close. Elle est ouverte à l’infini à tous ceux qui, dans le sillage de la Samaritaine et de ceux qui grâce à son témoignage se sont convertis, ont reconnu en Jésus, non seulement le Messie, mais « le Sauveur du monde » et qui espèrent en l’accomplissement de l’œuvre de salut du Père en chacune de leurs vies et en celle de tout homme. Cette espérance, comme nous le rappelle saint Paul dans la deuxième lecture, n’est pas le résultat d’une conquête humaine mais le fruit du don de l’Esprit Saint que le Christ a répandu en nos cœurs du haut de la croix. Cette espérance tient une place essentielle dans notre vie chrétienne. Elle est cette capacité de garder confiance dans l’accomplissement des promesses de Dieu, même lorsque les faits semblent le démentir.
« Source d’eau vive, Jésus-Christ, donne-nous ton Esprit ».
Le jour de notre baptême, « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » comme nous l’avons lu dans la 2ème lecture. L’eau vive de l’Esprit nous a lavés de la tâche du péché des origines et nous a totalement purifiés. Ce jour-là, plongés dans l’Amour Trinitaire, nous avons été réconciliés en Jésus avec le Père. Nous avons été aimés comme nous ne saurions l’imaginer.
Pourtant, force est de constater combien il nous est difficile de demeurer en esprit et vérité dans cet amour du Père qui nous conduit à l’adorer. Notre péché personnel nous rattrape malheureusement bien vite et la soif de cet amour dont nous gardons au plus profond de nous-mêmes la nostalgie, auprès de combien de puits d’eaux frelatées allons-nous tenter de l’apaiser !
Mais là encore, Jésus nous rejoint. Jésus nous attend au bord de ce puits où nous venons, comme la Samaritaine, étancher notre soif de vie, d’amour, de bonheur. Il nous voit arriver de loin et il nous accueille par cette parole déconcertante : « Donne-moi à boire ». Pour ne pas nous humilier dans notre désolation, il se fait mendiant de nous. Folie de l’Amour d’un Dieu qui demande à boire à sa créature alors que c’est elle qui a tout à recevoir de lui. Effectivement, il n’a pas à la fin bu cette eau ! C’est la femme, mon image à moi, qui demandera de l’eau à boire à celui qui mendiait à boire. Alors arrive le constat que la seule chose que nous puissions lui donner et qui nous appartienne vraiment c’est notre péché. Serait-ce cela le merveilleux échange qui s’opère sur la croix lorsque prenant sur lui notre péché, Jésus nous donne en retour la vie éternelle, fleuve d’eau et de sang jailli de son cœur transpercé ?
Il est celui qui mourra en criant « J’ai soif », parce que assoiffé de mon amour, de ma confiance en lui, du don total de toute ma vie et de son histoire tourmentée par le péché.
« Seigneur durant ce temps de Carême, donne-moi de ne jamais désespérer de ta présence à mes côtés dans tous mes déserts. Montre-moi tout spécialement auprès de quel puits de ma soif tu viens t’asseoir pour me demander à boire. Mon Seigneur et mon Sauveur, merci d’accueillir le vinaigre (ibiróhe, dirais-je en kirūndi) de ma misère et de mon péché pour le transformer en vin nouveau du Royaume. La victoire de ta vie a triomphé de toutes mes morts. Bénis sois-tu ! »
Saint Joseph ouvre nos yeux sur les signes de la présence du Sauveur et de son action dans nos vies.
Saint Joseph
La liturgie de ce jour couvre Saint Joseph, fils de David, de la gloire d’Abraham, notre père dans la foi. Que nous sommes loin des images désuètes d’un vieillard méditatif penché sur un enfant devant lequel le brave homme semble se demander en quoi cet événement le concerne ! C’est d’un prince de sang royal dont il est question ; prince d’un peuple élu, mis à part dès la fondation du monde, pour accueillir en son sein le Sauveur, celui qui doit réconcilier les hommes avec Dieu au-delà de la fracture du péché.
Lorsque le Très-Haut appelle Abraham et l’invite à quitter « son pays, sa parenté, la maison de son père », pour se mettre en route vers « le pays qu’il lui indiquera » (Gn 12, 1) comme nous l’avons médité dimanche passé, Dieu voit déjà l’avènement de son Fils, l’incarnation de son Verbe dans le sein de la Vierge confiée à la vigilance de Saint Joseph. Oui dès les origines, et à chaque étape de la réalisation concrète du dessein de salut, le nom de Joseph est implicitement présent, car il est inséparable de l’avènement du Sauveur. Bien plus : Dieu n’a établi la royauté temporelle de David et ne s’est engagé par serment envers lui, qu’en vue de la venue de ce Roi éternel qui devait naître de sa descendance. Joseph est donc bien plus grand que David, qui ne vit pas de ses yeux le Fils de la promesse. Joseph est le dernier Roi de la lignée davidique, qui va permettre, par son renoncement et son obéissance, l’avènement de celui dont Dieu avait annoncé : « Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils ». En Joseph, la royauté terrestre s’efface devant le Roi de gloire dont elle avait pour mission de préparer la venue ; la généalogie charnelle est prise en relais par un engendrement céleste ; bien avant la venue des mages, Joseph, roi d’Israël, dépose sa couronne au pied du Roi des rois, dont l’astre ne déclinera pas. Mais tout cela bien sûr, le grand Patriarche le vit dans la foi, et c’est cette foi qui lui fut « comptée comme justice » (Gn 15, 6). C’est ainsi, par la foi, qu’il est devenu le premier héritier. « C’est un don gratuit, commente saint Paul ; et la promesse demeure valable pour tous ceux qui sont ses descendants parce qu’ils partagent la foi de Joseph, notre père à tous ». Si en effet l’apôtre peut nommer Abraham « notre père dans la foi », à bien plus forte raison pouvons-nous attribuer ce titre à Joseph pour qui s’accomplit la promesse faite au premier Patriarche.
Souvent, comme saint Joseph, nous sommes confrontés à des situations compliquées où les solutions ne sont pas évidentes. Il y a toujours un voile de mystère qui gêne notre vision. Que faire ? Que se passera-t-il si je prends telle ou telle décision ? Nous sentons le poids de nos limites. Joseph aimait Marie profondément, mais d’autre part il savait qu’il devait à Dieu la première place dans sa vie. Si Marie était enceinte par une infidélité, il ne pouvait pas la recevoir comme son épouse. La loi de Moise prescrivait même la lapidation de la femme dans un tel cas. Joseph ne laisse pas entrer la colère ou la haine dans son cœur et il choisit de répudier Marie en secret. Humainement c’était la solution la plus juste et raisonnable, sauf qu’il n’avait pas encore réussi à percer le voile du mystère, le mystère de l’Enfant conçu par l’Esprit Saint. Seul Dieu peut retirer le voile pour nous aider à découvrir et accepter son plan pour nous.
Combien de fois aurions-nous aimé avoir la visite d’un ange, pour nous dévoiler la volonté de Dieu dans notre vie. Nous avons peut-être tendance à penser que Joseph l’avait quand même facile ! Mais rappelons-nous que la visite a eu lieu durant un songe. Joseph aurait pu l’interpréter comme un rêve quelconque. Ce que l’ange lui demandait n’était pas non plus facile. Sûrement, les mauvaises langues susurraient par rapport à l’état dans lequel se trouvait Marie. Joseph, devenu profondément croyant dans l’annonce de l’ange, se sentait-il à la hauteur du défi d’être le père et le gardien du Messie ? Il ne savait pas ce qui l’attendait non plus. Pensons, entre autres, au voyage imprévu à Bethléem pour le recensement. Il y aura aussi la fuite en Egypte et la précarité qu’implique une émigration. Joseph a choisi de mettre sa foi et sa confiance dans le Seigneur, coûte que coûte. Il mérite bien d’être comparé à Abraham, notre père dans la foi, dont, comme le dit bien saint Paul, « En raison de sa foi, Dieu estima qu’il était juste ».
Oui, Saint Joseph « est notre père devant Dieu en qui il a cru ». Notre père dans la foi, Joseph nous aide à garder vivante la mémoire de la promesse et de son accomplissement en son Fils Jésus Christ ; notre père dans l’espérance, Joseph ouvre nos yeux sur les signes de la présence du Sauveur et de son action dans nos vies, afin que nous « espérions contre toute espérance ». « Les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance » (Rm 11, 29) : le Seigneur « l’a juré à Joseph son serviteur : sans fin je te garderai mon amour » (Ps 88[89]). La mission qui lui fut confiée subsiste à jamais. A Joseph est revenue la tâche d’éveiller la conscience humaine du Fils de Dieu. Mais loin de s’asservir ce psychisme encore fragile et vulnérable en exerçant sur lui un pouvoir paternel écrasant, il l’a tourné sans plus attendre vers celui « dont procède toute paternité, au ciel et sur la terre », il s’est effacé devant le véritable Père de cet enfant qui lui était confié, si bien que celui-ci, le plus naturellement du monde, a invoqué le Père des cieux par le même vocable dont il appelait son père de la terre. Non ! La parole de l’adolescent : « C’est chez mon Père que je dois être » n’est pas humiliante pour Joseph ; elle n’est pas de la part de Jésus un rejet arrogant d’une paternité humaine dont il n’aurait que faire ; cette Parole est tout au contraire le plus bel éloge que Notre-Seigneur ait fait à Saint Joseph. Elle est le sceau qui confirme le parfait accomplissement de son ministère et la révélation de ce que devrait être toute paternité charnelle : un passage, une mise en route, un accompagnement vers la découverte d’une autre paternité, spirituelle, transcendante, divine, source et fin de toute notre existence et sens de notre vie. Nul doute que Saint Joseph continue à exercer ce ministère en faveur de ceux qui le lui demandent. Pour en bénéficier, il suffit de « descendre avec lui pour rentrer avec Jésus et Marie à Nazareth, et lui être soumis ».
Seigneur Jésus, conduis-moi sur le chemin de ta volonté dans ma vie. Aide-moi à percer le voile de mes calculs humains, pour voir plus clairement ce que tu veux de moi. Comme Joseph, je veux te faire confiance. Je veux te servir. Je veux te donner la première place dans ma vie. Aide-moi à comprendre la valeur de ma foi pour l’Église, pour mon prochain, pour la continuité de ton plan de salut, et à persévérer dans ma foi jusqu’à la fin de mes jours. Je prie pour tous ceux qui ne t’ont pas encore rencontré. Je prie pour ceux qui passent par des moments de crise dans leur vie de foi. Je prie pour ceux qui ont abandonné leur foi. Seigneur, viens les transformer en pierres vivantes de ton Église.







