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« Ivyo muvuga canke ivyo mukora vyose, murame mubigira kw’izina ry’Umukama Yezu. »

Presepe in Piazza San Pietro.(Roma)

La Crèche (Place Saint Pierre – Rome)

Ndiko nsoma Ijambo ry’Imana ryo kuri uyu musi duhimbaza umuryango mweranda, natangariye ikintu ngira ngo ntigisanzwe. Hari abenshi basoma ivyo bisomwa bakagarukira ku mpanuro zirimwo, umuntu yogira ati zerekeye Morale Familiale, kandi nivyo. Ariko ngira nti hari iyindi ntambwe twotera, tukaraba aho bishingiye cane cane: isôko ry’iyo Morale Familiale, gurtyo ntitugarukire ku vyo dusabwa kugira mu migenderanire yacu, ariko turabe aho bishingiye.

Mu gisomwa ca mbere, Mwene Siraki ati: “Umukama ni We atera iteka Senaka mu bana biwe, ni We yubahiriza umuvyeyi mu bana biwe”. Imigenderanire rero iri hagati y’abagize urugo ikomoka ku Mana. Nkako, Umuryango wa mbere (Adamu, Eva, Kahini, Abeli) wari wahawe umhezagiro n’Imana. Ariko uwo muhezagiro ntiwaragamye. Imana rero ntiyahevye abayo, ni naco gituma yashimye gusesekariza inema zayo ku bayo iciye ku muryango wa Yozefu, Mariya na Yezu. Imana rero ni yo sôko ry’imigenderanire mu rugo. Ni naco gituma bavuze bati: “uwugamburukira Umukama azoshimisha uwamwibarutse”, ariko batagize bati “uwugamburukira uwamwibarutse azoshimisha Umukama”, nk’uko twebwe dukunda kuvyiyumvira. Ishingiro rya vyose rero si muri twebwe, ariko ni mu Mâna.

Ni navyo rero Paulo agarukako mu gisomwa ca kabiri. Imbere y’uko ashikira inyifato ibereye hagati y’umugabo n’umugore, hagati y’abavyeyi n’ibibondo, abanza kwibutsa abo turi aho twishingira inyifato zacu zose: “Mwebwe, ntore z’Imana, mwebwe beranda n’abakunzi bayo… Ijambo ry’Imana niribashike ku nyota…, Ivyo muvuga canke ivyo mukora vyose, murame mubigira kw’izina ry’Umukama Yezu, mumwihekeko mu gukengurukira Imana Umuvyeyi wacu.” Hari igihe rero dusoma iki gisomwa tugaca twihutira kuraba ivyo umwe wese abwirizwa kugirira uwundi, nako ivyo uwundi abwirizwa kutugirira, tuti : uraba wumva birenge (= wa mugabo we, wa mugore we, mwa bana mwe, mwa bavyeyi mwe) niwe ubarirwa. Ariko ngira ngo twokwitondeye igice ca mbere c’iri jambo kuko atari intangamarara gusa, ariko ari ishingiro riha intumbero inyifato zose ziri hagati y’abantu, hagati y’abagize umuryango.

Turashobora rero gutegera igituma tunahimbaza Umusi Mukuru w’Umuryango kuko atari Umuryango nk’iyindi. Ni Umuryango rero wamye ugendera ku ry’Imana. Ni umuryango wahevye imigambi yawo kugora ngo haje imbere ishaka ry’Imana. Tuvyibuke mw’ibûrwa rya Yezu ribūrirwa Bikira Mariya, ati “Ni bibe nk’uko ubivuze”. Twibuke ibūrwa rishikira Yozefu mu ndoto, yikangura akajana Mariya iwe, naho atari wo lugambi yari afise.Sênāká yamye yumvira Imana, no mu bitoroshe gutegera. Nkako nyene, muri iyi Njili, Yozefu aburirwa n’umumalayika (intumwa y’Îmâna) gatatu kose, kandi mu ndoto.

Ntitunyuranye ibintu rero: Ntidushimisha Imana kubera tubaho neza Morale familiale, ariko tubaho neza Morale familiale kuko dushingira vyose kury’Imana. Iyo migenderanire rero ica irengera iyo mu muryango. Nkako, Imana ikunda abayo bose kandi urwo idukunda rutubera isôko ry’ukuyikunda n’ukuyikundira abayo. Imisi mikuru ya Noheli tunahimbazamwo Umuryango Mweranda iratwereka ko Imana icizigiye Umuntu kuko iza kutugereramwo. Ko rero Imana itwizigira, ikatubera isôko n’akarorero k’urukundo, uwushingira ubuzima bwiwe ku Mana arashobora n’ukugira inyifato ibereye aho aba ari hose. Ntaba agishingira kuri Morale familiale ngo ashimishe Imana, ariko ashingira ku/mu Mâna ngo abane neza, nk’uko Imana ibishaka aho ari hose.

«Tu es venu Seigneur dans notre nuit, tourner vers l’aube nos chemins…»

Chiesa di San Luigi dei Francesi

Chiesa di San Luigi dei Francesi (ROMA)

Ces premiers mots d’un hymne que nous chantons lors des Laudes du Jeudi (Temps ordinaire) nous aident à comprendre notre situation humaine où nous ne réussissons pas à comprendre ce qui nous arrive, et souvent nous prenons des décisions privées de la lumière du Seigneur. Heureusement qu’il nous rejoint dans notre nuit et nous porte vers sa lumière.

Un peu d’histoire pour comprendre le scénario. Achaz n’est pas un roi qui a laissé un bon souvenir dans les annales. Pour sa défense, on peut rappeler son âge : il avait à peine 20 ans quand il est monté sur le trône de Jérusalem. On peut aussi souligner la situation politique complexe qu’il avait à gérer. À cette époque, l’empire assyrien voisin ne cessait de s’étendre et représentait une menace certaine pour Jérusalem. Les royaumes d’alentour se rendaient les uns après les autres ; ceux qui résistaient ou se révoltaient étaient vigoureusement recadrés. Dans ce contexte, deux royaumes du Nord, la Syrie et Israël décidèrent de monter une coalition contre les assyriens. Mais Jérusalem refusa d’entrer dans la coalition. Les rois de Damas et d’Éphraïm se retournèrent alors contre Juda et firent le siège de Jérusalem pour tenter de déposer Achaz et mettre à sa place un roi qui leur serait favorable. Achaz est donc pris entre deux menaces : celle, à ses portes, des royaumes du Nord et celle, plus lointaine, des Assyriens. Achaz paria sur la plus lointaine mais la plus terrible. Malgré les exhortations d’Isaïe, il demanda la protection assyrienne. Il est dans la nuit du choix.

«Tu es venu Seigneur dans notre nuit, tourner vers l’aube nos chemins…»

Ceci nous permet de bien comprendre les propos échangés entre le roi et le prophète. La réponse que fait Achaz à Isaïe revêt les traits de l’humilité, il prétend ne pas vouloir mettre Dieu à l’épreuve, mais elle est de mauvaise foi : le roi a déjà choisi de se soumettre au monarque assyrien plutôt que compter sur la fidélité du Seigneur ; le roi Achaz fait mine de respecter Dieu, alors que pour s’attirer la faveur des dieux païens il a immolé son fils sur leurs autels. Il n’a plus d’héritier, il ne compte plus sur rien. En réalité, Achaz a complètement abandonné le Dieu en qui ses pères plaçaient leur confiance et il a mis en péril la dynastie davidique.

Le Seigneur, pourtant, lui envoie son prophète. Le Seigneur, qui a promis à ses pères que la royauté n’échapperait pas à la maison de David, lui promet la naissance d’un nouveau fils. Le Seigneur, bien qu’il ait été rejeté par elle, reste fidèle à la maison de Juda. Rien ne l’empêchera d’accomplir ses desseins ; comme le rappelle l’évangile, il est «Dieu avec nous».  Oui, notre faiblesse ne peut jamais défier les projets du Seigneur, il nous faut seulement accepter son intervention, même quand tout s’est écroulé.

«Tu es venu Seigneur dans notre nuit, tourner vers l’aube nos chemins…»

Le Messie qui vient sera un jour nouveau pour le peuple qui s’enfonce délibérément dans la nuit de son péché. 

La prophétie dit encore le ridicule d’Achaz. Isaïe annonce en effet : «avant même que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te font trembler». Le roi de Juda a abandonné son Dieu et commis des abominations alors que la situation était éphémère ! Avant que l’enfant annoncé n’ait grandi, les royaumes adverses n’existeront plus. Cette précision nous montre combien nos égarements, quels qu’ils soient, sont toujours revêtus du même ridicule. Que de défis mettons-nous devant les projets de Dieu !

« … sauront-ils reconnaitre ta lumière…? »

Quel contraste entre les deux descendants de David ! Le premier tue l’héritier de la promesse pour sauvegarder ses intérêts particuliers, le second renonce à se marier pour ne pas risquer de gêner le projet de Dieu qu’il voit s’esquisser dans la grossesse de la femme qu’il aime. Le premier prend la parole avec cynisme pour se moquer du Seigneur qu’il a trahi, disant qu’il ne peut pas tenter son Dieu alors qu’en réalité, il ne croit plus à rien,  le second ne considère même pas utile de prendre la parole et il s’engage avec confiance sur la parole de son Dieu. Mais Joseph seul est appelé « fils de David » car, de ces deux, il est le seul dont le cœur ait l’humilité qui plaît à Dieu. C’est dans sa maison que se réalisera la promesse. À lui qui a renoncé à tout, Dieu donne le fils que le monde attend, le sauveur qui libèrera les hommes de leur péché.

Le songe qu’il a eu est en lui-même la marque de son renoncement et de l’obéissance de sa foi. Saint Joseph est en effet visité par Dieu au cœur de son sommeil, c’est-à-dire au cœur de sa nuit, dans la profondeur de son impuissance. Joseph a fait sa part, il a courageusement discerné l’action de Dieu et il a choisi d’agir avec justice ; dès lors, il s’abandonne au bon vouloir de Dieu, quel que soit ce que cela lui coûte. 

Le message de l’ange rejoint alors Joseph au cœur de ce renoncement et ne l’efface pas. Le mariage voulu par Dieu n’est pas l’aventure personnelle d’un couple particulier, il est la pierre angulaire de l’Incarnation. L’œuvre de Dieu prend corps dans l’abandon de Marie et de Joseph. Prendre Marie chez lui permet à Joseph d’accueillir le don que Dieu fait par épouse et, comme toute femme, Marie avait besoin du soutien d’un époux pour s’engager dans une maternité. Un clin d’œil à notre temps où certaines femmes veulent une maternité privée des liens du mariage : les femmes célibataires,… pour ne pas parler des « couples » faits de seules femmes ou des « hommes seuls » et qui veulent adopter. Ne nous y attardons pas !

«Tu es venu Seigneur dans notre nuit, tourner vers l’aube nos chemins…»

Saint Paul nous rappelle que le Dieu de toute fidélité, le Dieu qui réalise son dessein de nous sauver au cœur de la nuit de notre péché et de notre endurcissement, ce Dieu accomplit sa promesse en Jésus-Christ. « Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils », nous révèle-t-il. L’enfant promis par Isaïe, le Messie annoncé par l’Écriture, est l’enfant Jésus ; le fils de Marie et de Joseph est le Christ. Il est fils d’Abraham et fils de David, il est le fils de Dieu couronné dans la gloire au matin de sa résurrection. Cette Bonne Nouvelle doit être proclamée pour éviter aux hommes d’entrer dans la même défiance qu’Achaz. Se préparer pleinement à Noël est entrer totalement dans la confiance en l’amour de Dieu, dans «l’obéissance de la foi » dont Joseph nous donne l’exemple parfait. Joseph est juste parce qu’il accepte en tout la volonté de Dieu. Or pour reconnaître en Marie l’œuvre de Dieu, pour entrer dans l’obéissance, Joseph a posé un acte d’humilité. Humilité qui exige le total détachement. Humilité qui exige d’être plongé dans une nuit où la seule lumière est la parole de Dieu. Qui exige d’entrer dans la nuit de Noël où la seule lumière est un enfant fragile, le Verbe fait chair.

Au début, Joseph l’appellera « Jésus » Dieu-qui-sauve, (Mt 1) et à la fin de l’évangile, Jésus réalisera l’inclusion sémitique en s’appelant « Emmanuel », Dieu-avec-nous : «et moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps » (Mt28). Notre péché nous a privés de rester en présence de notre Dieu ; voici le temps de la liberté et de la proximité avec Dieu. Voici le temps de Noël.

Saint Joseph, toi qui as préparé la crèche où le sauveur du monde a été déposé, nous te confions l’ultime préparation de nos cœurs à la joie de Noël. Apprends-nous l’humilité qui rend Dieu puissant dans nos vies, apprends-nous l’obéissance qui permet d’accueillir dans sa plénitude le don de Dieu, obtiens-nous de recevoir le Seigneur tel qu’il se donne, fais de nos cœurs une crèche où l’enfant-roi trouvera son repos et sa joie.
Amen.

Quand l’Eglise patiente avant d’entrer dans le débat.

On parle souvent de la lenteur de l’Eglise, du moins son magistère, quand les débats se chauffent en société, surtout quand il s’agit de la politique où toutes les parties se mobilisent, ceux qui sont au pouvoir et qui, naturellement veulent y rester et ceux qui y prétendent. Pourquoi alors cette «lenteur» ? S’agit-il au juste d’une lenteur ?

D’habitude, les débats se chauffent petit à petit. Mais les controverses sont une chose normale au niveau politique, puisque sans de telles confrontations d’idées, la politique n’existerait pas. Ceux qui ont des positions à soutenir durcissent le ton quand les jeux d’intérêts se profilent. C’est alors que l’on commence à recueillir les avis des acteurs sociopolitiques : la société civile, les médias commencent à sortir des édito à travers lesquels ils se rangent, sans oublier la parole de l’Eglise qui est et qui a une force morale indubitable. Je suis en train de suivre les appréciations des uns et des autres sur la contribution de la Conférence des Evêques du Burundi au sein du débat actuel, et certains disent qu’elle avait tardé à s’exprimer. Pourquoi alors il vaut mieux se retenir avant d’entrer dans le débat ? Comment y entrer ? De quoi faut-il tenir compte ? La matière est délicate, certes.

Partons d’un exemple banal : deux camps d’une controverses entre les prohibitionnistes et les anti-prohibitionnistes de la drogue. Les premiers voudraient pénaliser les trafiquants de la drogue et leurs clients tandis que les autres ne l’entendent pas ainsi. Le débat paraitrait facile, mais au regard de certains réseaux de drogues au sein desquels on trouve, je dirais par surprise, même des personnalités haut-placées au sein du pouvoir, il n’en est pas ainsi.

Se lancer dans une telle controverse exige un préalable : il faut connaître qui en a fixé les paramètres, les termes, les intérêts en jeu. Pour cela, il faut un recadrage, un «re-framing» du débat. Quand les termes du débat sont fixés d’une façon binaire (pour ou contre), avec des rôles et étiquettes prédéterminés, il faut prendre un peu de distance pour plus de perspicacité. Cela aide à reformuler les termes du débat, à envisager d’autres options qui sont ignorés ou dissimulés par les intervenants au sein du débat. Pour reprendre notre exemple, est-ce que le débat sur le mal de la drogue se réduit seulement au pour et au contre ? Ne faut-il pas penser à mettre en doute les paramètres mêmes du débat et explorer d’autres pistes ? Récupérer les drogués, leur insertion sociale, la dignité de ces personnes qui ne sont souvent considérées que comme des délinquants sans aucune valeur, …

Pour cela, il nous convient de bien évaluer ce qu’on appelle «la lenteur» des institutions ecclésiales, surtout au sein des débats politiques animés. J’estime que la pose des termes du débat et la compréhension des enjeux qui sont derrière les débats, qu’ils soient dissimulés par les intervenants ou ignorés de ces derniers : il s’agit d’un recadrage du débat, d’un re-framing. Il s’agit d’une pré-persuasion qui ne se limite pas seulement au contenu du débat, mais essaie d’en saisir le cœur, le nœud. Est-ce toujours cette raison ou bien une autre similaire qui nous pousse à ne pas parler directement ou bien c’est une fausse prudence qui inspire réticence du moment qu’on ne fait rien entre-temps pour comprendre un peu plus ? Ne se garde-t-on pas de parler en espérant que le feu s’éteigne plus tôt au lieu de se mettre à analyser la situation pour y intervenir si cela se retenait nécessaire ? Que vous en semble ?