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Archives d’Auteur: Patiri Lambert

« Si quelqu’un n’a pas de pitié pour son semblable, comment peut-il supplier Dieu pour ses propres fautes ? » (Ben Sirac le Sage).

IMG_8098Aux yeux du sage qui s’exprime dans la première lecture, il existe un lien étroit entre le pardon humain et le pardon divin : «Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? » Cette logique, Jésus la prend pleinement à son compte dans l’évangile de Matthieu. Alors que Pierre pensait faire preuve d’une grande magnanimité en évoquant un pardon renouvelé sept fois, Jésus demande à ses disciples la démesure et l’excès. Pourquoi ? Parce que telle est l’attitude de Dieu envers nous. La parabole du serviteur impitoyable est un commentaire dramatique de la demande du Notre Père : «Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à son débiteurs. » Je ne puis invoquer le pardon de Dieu si je poursuis mon frère de ma vindicte.

Dans la première lecture, Ben Sirac le Sage insiste sur le fait que la norme de la conduite humaine c’est d’abord jugement de Dieu : l’homme sera jugé avec la mesure qu’il aura utilisée pour ses frères. S’il se venge, s’il entretient sa rancune, s’il n’a pas de pitié, comment peut-il espérer le pardon et la guérison de ses fautes ? Mais la norme de la conduite du peuple élu est surtout l’Alliance du Seigneur. Parce qu’il a choisi Israël pour son peuple, qu’il lui a commandé de vivre dans l’amour fraternel, (suite…)

« Fondés dans le Christ, oeuvrons pour la paix dans la vérité et le dialogue » : message des Evêques à l’issue de leur Assemblée Plénière ordinaire de septembre 2017

Visite ad Limina

Prélats du Burundi en Visite ad limina

Au cours de l’Assemblée Plénière ordinaire de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi tenue dans les enceintes de l’Archevêché de Bujumbura, du 06 au 08 septembre 2017, les Evêques ont élaboré un message adressé aux fidèles et à tous les Burundais. Ils ont ordonné que ce message soit proclamé pendant les messes dominicales de ce 10 septembre 2017.

Ce message porte le titre suivant: « Fondés dans le Christ, oeuvrons pour la paix dans la vérité ». Il s’agit d’un prolongement du message que les Evêques avaient publié le 09 juin 2016 où ils avaient rappelé qu’il ne peut y avoir de paix que fondée dans la vérité et la justice. Le présent message vise principalement à préciser l’identité et la mission de l’Eglise catholique et à donner des conseils au peuple burundais pour trouver des solutions adéquates à la situation d’impasse  que vit le pays.

C’est par l’amour qu’ils  portent pour leur cher pays et en vertu de la mission qui  leur est confiée en tant que successeurs des Apôtres, que les Evêques s’adressent au peuple burundais, en sachant que leur mission spécifique est  d’éveiller les consciences.

Les Evêques précisent que l’Eglise catholique est la famille de Dieu fondée sur Jésus Christ crucifié parce qu’il a refusé de trahir la  vérité et l’amour, qui est mort et ressuscité, s’avérant ainsi la pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs mais qui est devenue pierre d’angle. Il n’y a donc pas d’autre Messie, ni d’autre Sauveur que le monde puisse avoir pour se substituer à Jésus Christ. « L’Eglise que nous formons, insistent les Evêques,  est née sur la croix de l’amour, une fois pour toutes ». « Elle est fondée sur les Apôtres  Saint Pierre et ses compagnons ».

Les Evêques rappellent qu’ils sont les successeurs des Apôtres et que leur rôle est (suite…)

Une Eglise sentinelle qui avertit, dénonce le mal et annonce le salut pour gagner nos frères au Christ.

IMG_8098La communauté chrétienne est faite d’hommes et de femmes baptisés, mais toujours faibles et fragiles. Le Seigneur ne l’ignore pas et nous le savons nous aussi, qui devons l’expérimenter dans notre chair, quand nous trébuchons et tombons, quand nous devons affronter des offenses et des séparations.

« S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère ».

Dans les communautés auxquelles s’adressait l’évangile de Matthieu, il a dû exister des tensions pouvant conduire à envisager l’exclusion de tel ou tel autre membre. Chaque croyant était comme la sentinelle à laquelle, dans la première lecture, le livre d’Ézéchiel compare le prophète. La mission de celui-ci est d’exhorter le coupable à abandonner sa conduite mauvaise. Chacun se doit d’être le gardien (vigilant, mais discret) du frère ou de la sœur qui s’égare. Ne pas essayer d’empêcher le mal revient à s’en rendre complice. Faut-il donc épier et dénoncer ? Loin de nous donc l’idée moderne et absolue de vie privée selon laquelle j’ai le droit de faire tout ce que je veux pendant que personne n’a le droit d’en dire quelque chose. Combien de fois nous irritons-nous, nous fâchant contre celui qui me fait une remarque au lieu de voir l’objet de la remarque ?

Le rôle du prophète est d’être continuellement en éveil, prêt à dénoncer le mal, non pas d’abord pour confondre et humilier celui qui est faible, mais pour le provoquer à se convertir en préservant sa (suite…)